ÉGLISE DE SAINT-HILAIRE DE NOGENT-LE-ROTBOU
(CheTet, eut actuel) .
En 1673 Bertrand Moreau prie qu'on veuille bien l'enterrer « devant Vimage de saint Louis en l'ëglise de Saint Hilaire )>.^
Il y avait aussi pour la décence des sépultures une confrérie de chanté, possédant quelques rentes, puisqu*en 1657 elle dût poursuivre Macé Davoys pour le forcer à payer une rente annuelle de 30 sols, légué par feu Guillaume Guillin, et en 1661 M. Robert Pinceloup pour dix livres léguées à ladite charité.
L'église de Saint-Hilaire ne possède aucune pierre de consécration ; aussi en 1718, mcssire Charles deTruchi, prêtre docteur en Sorbonne, chanoine, archidiacre de Vendôme, en vertu de la commission qu'il avait reçue de la part de M^^ Tévéque de Chartres, procède à la cérémonie de réconciliation de l'église de Saint-Hilaire de Nogent « qui ne paraît par aucun document ou tradition avoir été consacrée ».
Le clocher de Saint-Hilaire est postérieur à l'ensemble de l'église. L'acte suivant que nous reproduisons dans ses passages essentiels, nous en doune la date précise :
« Du quatriesme jour d'apvril l'an mil cinq cens quarante huict, après Pasques.
Furent présents en leurs, personnes Adrien Ferrier, demourant en la paroisse de Saint-Laurens dudit Nogent. Jehan et Pierre les Ferrets, perriers, demourant en la paroisse de Saint- Hilaire dudit Nogent, lesquels et chacun d'culx, l'un seul et pour le tout, renonçans au bénéfice de division, etc. volontuifement ont vendu, gaigé, promis, baillé et livré à honestes personnes Jehan GrouUaut et Michel Noury, trésoriers à Saint Hilaire dudit Nogent, qui les ont acheptées pour ledit trésor, c'est assavoir le nombre et quantité de trois cens pierres d'apareil, cent quatre pierres pour cent, dont y en aura vng cent ouquel seront comprins les clères voyes des galleryes qu'il faut faire sur les establemens de la tour de Saint-Hilaire, et le reste dudit cent servira à faire quatre pilliers qui seront faicts aux quatre coings de ladite tour, et le reste dudit cent fournir des pierres comme celles qui en seront délivrées par les massons qui besognent à la tour, et les deux autres cens convenables à faire quatre pignons^ ayant chacune pierre partie deux pieds de long partie
UDg pied et demy et vng pied et demy de teste, et partie deux piçds de teste, propres à faire creste et rempars, bien quarrées... le tout bon et suffisant, loyal et marchand... (lesquelles pierres) seront parées, livrées et rendues près et joignant l'église dudit Saint-Hilaire, moytié devant la Pentecoste et Tautre moytié et reste au jour saint Jehan-Baptiste, le tout prochain venant. Ce faict moyennant la somme de trente troys livres quinze sols tournois... desquelles sommes ont confessé en avoir receu quarante cinq sols, et le reste des sommes... seront payées duzdits vendeurs en livrant lesdites pierres, etc. au prorata de la livraison... Promettant lesdites parties , etc.. Présents : Guillaume Brenelle et Michel Valloys, demourant audit Nogent, tesmoings, etc. »
Inutile de faire ici une description détaillée de cette belle tour. £lle est terminée par un dôme surmonté d*une lanterne^ divisée dans sa hauteur par des cordons de pierre à larmier en 5 étages, dont le supérieur^ ajouré par quatre larges baies ogivales à deux meneaux, ne renferme aujourd'hui qu'une seule cloche.
Elle en possédait jadis au moins trois, car le 30 octobre 1669^
Nicolas Luiier, sieur du Clos, maître fondeur de cloches (1) à
Saint- Victor de Reno, faisait marché avec les gagiers pour la
fonte de la cloche moyenne de Saint-Hilaire, s'engageant de la
rendre sonnante et accordante avec la grosse dudit clocher»
quinze jours après la fête de la Toussaint prochain venant,
moyennant que lesd. trésoriers et gagiers fourniront le métal,
bois et charbon, terre, pierre, suif, chanvre, bourre, cire et
autres matières nécessaires, même d'un maçon pour faire le
fourneau et manœuvres pour faire les trous à mettre les
moules, et de lui payer cent livres. »
Ces doches furent brisées pendant la Révolution. Le 15 pluviôse an II (3 février 1794), le citoyen Le Roy fit soumission à 600 # pour descendre les cloches de Nogent... « à la charge par luy de descendre la grosse cloche de Saint-Hilaire avec toute
(1) En 1729 M. François Jolly, fondeur de cloches, demeurant ocdinai rement è Breuvannes en Lorroine, voyait s'opérer la saisie réelle de ses meubles et effets, à Nogent-le-Rotrou.
hj.
la précaution possible, pour qu'il ne lui arrive aucun accident, sous peine d*en être responsable en son propre et privé nom. Il lui sera permis de jeter par les fenêtres des tours dans les cimetières les autres cloches de Saint-Hilaire et de Saint- Laurent, sans être responsable de leur fraction. »
La grosse cloche était sans doute destinée à l'église de Notre- Dame du Marais, qui était conservée comme Tunique paroisse de Nogent : mais ce ne fut pas certes un spectacle banal de voir les autres cloches tomber ainsi du haut des tours^ décrire dans les airs de fantastiques paraboles pour s'échouer avec un sourd gémissement sur une tombe.
La cloche actuelle provient de l'ancienne collégiale Saint-Jean, comme le révèle l'inscription qu'elle porte en son pourtour et dont voici le texte :
NO™' ANGELIQVE PAR MONS»"*^ PAVL GODET EVEQVE DE CHARTRES ET D"*" ANGELIQVE DES TAMPES DE VALENCAY AB"** DES CLAIRE Il 1700, INTER NATOS MVLIERVM NON SVRREXIT MA10R lOANNE BAPTISTA, lAI ESTE REFAITTE DV TEMPS DE MESSlRbS MATTHIEV PHILIPPE DOYEN || ARMAND HERVE CHANTRE, GVILLAVME BORDEL TRESORIER, GILLE DE BRY PREVOST, NICOLAS TRAVERS, lACQVES FRANÇOIS BORDEL, BONAVENTVRE || BARRE, LUVIS HERVÉ, lOVLIEN CHENEBRVN, PIERRE GODEFROY CORTIN TOVS CHANOINES.
VITO ET lACOBO LES G LASSONS
PATER ET FIL1US MONT F^" -j- E. R.
Diamètre 1" 47 — Hauteur 1" 25.
Au-dessous de l'inscription est gravée une croix soutenue par un soubassement de quatre degrés, et les branches terminées par une fleur de lis.
Cette tour est accostée d'une autre tourelle octogonale qui sert de cage à Tescalier, mais dont la construction est postérieure à la tour elle-même.
Nous en avons des preuves évidentes depuis la base jusqu'au sommet. En effet cette tourelle obstrue en partie une des fenêtres du chevet de l'églisC; qui sans elle serait en plein jour ; elle cache
le pied-droit et les moulures de la baie ogivale du premier étage de la tour, et presque la moitié de la fenêtre géminée du troisième étage, et enfin les moulures de la superbe fenêtre de Tétage supérieur.
Dans le détail de la construction, il faut encore observer que les assises de pierre ne correspondent pas à celle de la tour ; que les cordons à larmiers de la tour se transforment sur la tourelle en bandeaux ornés de figurines et de feuillage, d'oves et de pommes de pin, finement sculptés, et profondément fouillés ; enfin que le dôme de celle-ci est soutenu par une galerie aveugle à plein cintre et non pas à baies ogivales. C'est donc une œuvre de la Renaissance à son déclin, presque de style classique du XVIII* siècle.
Jadis la sacristie était à l'angle formé par cette tour et le chevet de réglise, elle a été transportée de l'autre côté du chevet et construite dans un style imitant quelque peu celui de Téglise elle-même. D'ailleurs toutes les restaurations modernes de ce beau monument ont été faites avec un soin digne de toutes louanges.
Il nous suffira de les énumérer : en premier lieu la voûte, lancée avec ses ogives hardies et légères, dans la nef jadis trop nue et disproportionnée, par Thabile architecte M. Prochasson, d'Orfin ; les autels des bas côtés, avec leurs jolis bas-reliefs, d'une richesse et d'une facture artistiques peut-être supérieures à celles du maître-autel, et qui font grand honneur au ciseau de M. Gardien, sculpteur à Limoges, 1899-1902; le vitrail de la chapelle de Saint-Joseph et ceux de la chapelle du Sacré-Cœur, peints par M. Lorin de Chartres avec toute la perfection de Fart moderne.
Signalons encore le gracieux monument en pierre qui abrite la statue de Saint- Antoine, placé au bas de la petite nef de droite, les fonts baptismaux, dans le même style ; les belles statues modernes et surtout le groupe du Christ et de Saint-François d'Assise sur un riche pilastre en pierre sculptée, placé derrière le banc-d 'œuvre, et si admiré par tous les pieux fidèles; et au point de vue de la salubrité de l'église le calorifère perfectionné
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qui assure^ outre le bien-être des assistants^ la conservation du mobilier et du monument lui-même. Ces travaux, exécutés en quelques années depuis 1899, sous l'attentive direction du zélé pasteur de Ja paroisse, ont été couverts par les généreuses offrandes des paroissiens, qui depuis si longtemps ont donné tant de preuves de leur amour pour la beauté de la maison de Dieu : Domine, dilexî flecorem Jomus luœ.
. C MUTAIS
CHAPELLE DE LA t'ERBIERK AU VAL GERMOND