PIERRE TOMBALE DE GUILLAUME MOHHIËII
• Tombeau de pierre en relief dans la chapelle du Saint-Gilles derriire le chœur de l'église de l'abbaje de Coulombs. Les mêmes armes sont aui vitres : De gotutet à la fasee d'or, accompagnée de tix coquiltei en argent, i iBMÎolhèqae Nationale. Estampes. Pe In, f . 80 b 83).
virent leur Gallia ChrUtUna, elle n'était pas encore terminée, il n*y avait d'entièrement fini que le chœur avec Tabside et les chapelles qui l'entouraient. En 1668, le chœur de Téglise fut orné d'une magnifique boiserie en cœur de chêne, avec deux rangs de stalles, et d*un maitre-autel de la plus élégante architecture. Le rétable que l'on fit exécuter suivant la mode du temps était supporté par deux colonnes d'ordre corinthien, il a été détruit avec l'église ; quelques stalles ont été épargnées, elles sont aujourd'hui Tomement de la petite église de Ouerre. Toute la décoration était aussi riche qu'élégante et Téglise pouvait sans crainte être comparée aux plus célèbres basiliques.
Quelques seigneurs de Nogent-le-Roi se firent enterrer dans l'église de l'abbaye. Une pierre tombale du XIII* siècle trouvée par M. Coche en 1846, lors des fondations qu'il fit faire pour l'établissement d^un mur, est actuellement transportée dans l'ancien entrepôt de la navigation au XVI' siècle à Nogent-le-Roi, faubourg de Valmorin et actuellement la curieuse demeure de M. et M"*' Ramet; elle se dresse le long d'un mur, et représente un chevalier, revêtu d'une robe de bure, tête nue, les mains jointes dans l'attitude de la prière, la statue est entourée de douze blasons gravés dans la pierre, et le peu que l'on peut lire de l'inscription à demi effacée pourrait laisser supposer qu'elle
appartient à un de Thony ou Tony, seigneur de Nogent-le- Roi (1). Deux ans après le meurtre de Charlotte de France par son époux Jacques de Brézé, son corps fut rapporté de Rouvres (2) à l'abbaye où il fut inhumé dans le chœur (1477). Jacques de Brezé étant décédé en 1494, fût enterré à côté de sa femme et, par son testament, laissa trente livres de rentes à l'abbaye pour célébrer chaque année un service pour le re-
(1) M. Paul Gillard a reproduit cette pierre tumulaire par une eau-forte dans la 1'* série des Souvenirs d'Enre^^et-Loir.
(2) Rouvres, petit village dépendant de la principauté d'Anet; sur le coteau qui dominait le village s'élevait un chàteau-fort dont les vestiges n'ont disparu que depuis quelques années, les rois de France y ont séjourné à différentes reprises ; de ce village dépend la ferme de la Couronne dans laquelle Jacques de Brézé consomma le meurtre de sa femme Charlotte de France qu'il surprit en flagrant délit d'adultère.
pos de son âme. Cette rente fut continuée à être payée jusqu'à la Révolution par les différents seigneurs qui se sont succédé à Nogent-le-Roi. En 1530, après la consacration de la nouvelle église, cérémonie qui fut présidée par quatre évéques, plusieurs abbés et personnages importants, Louis de Brezé, seigneur de Nogent-le-Roi et grand sénéchal de Normandie, obtint de révéque de Chartres d'alors, Louis II Guillard, la permission de faire transporter les corps de ses père et mère Jacques de Brezé et Charlotte de France, fille naturelle du roi Charles YII et d'Agnès Sorel, dame de Beauté, dans la nouvelle église, où il les fit inhumer dans le chœur au-dessous de l'aigle. On posa sur leur tombe une plaque avec rinscrjption suivante : Cy-gist haut eî puissant seigneur, Monsieur Jacques de Brezé, comte de Maulevrier; baron de Bec-Crespin et de Mauny, seigneur du Haut Rocher, Planes^ Anet, Bréval, Montchauvet et Nogent-le-Roi, où il mourut le iii^jour d'aoust 1494, et Madame Charlotte de France, sa femme, qui mourut le ^ juin 1475. Louis de Brezé eut son cœur déposé dans Tabbaye, son corps fut inhumé dans la cathédrale de Rouen.
En 1651, Louis de Compans, seigneur de Deuil et de Brichanteau, obtint la permission de se faire enterrer avec sa famille dans la chapelle de Notre-Dame de la Pitié où se voyaient jadis les armes de sa maison : d*azur à trois tours d'or masurées et posées 2 et i ,
En 1671, Jacqueline de Havard (1), femme de Louis de Compans, légua 150 livres à Tabbaye pour être employées à la décoration de la dite chapelle de Notre-Dame de la Pitié. Une permission analogue fut accordée quelques années plus tard aux seigneurs d' Aigreville. On voyait au siècle dernier à Coulombs la pierre tumulaire de l'un d'eux avec cette inscription : « Cy-
(1) La maison de Havard est une ancienne famille originaire du pays Chartrain; dès le XIV* siècle elle possédait les seigneuries de Vrainvill« et de Sénantes, puis celles du Thuillay, de Roncières^ de Ver lès Chartres, de FraveroUes, de Boigneville, de Saint>Martin de Nigelles et autres lieux. François de H. obtint en 1651 Térection de sa terre de Sénantes en marqui* sat. Armes : De guéules à U bande d'or freitée de sable et accompagnée de ai» coquille» d^argent posées en orle, S en chef et 3 en pointe»
DEUX PILASTRES DR l'ÉGLISE ABBATIALE DE COULOMBS
gisl Jacques Goguyer (1), ecuyer^ seigneur d'Aigreville^ décédé le 18 mai 1695, âgé de 67 ans. Gilles Collet, en 1697, bailli de Coulombs, fut inhumé dans Téglise de l'abbaye devant le porche du chœur; Léonard de Sahuguet d'Amarzit d'Espagnac, 51* abbé de Coulombs, fut inhumé en 1781 au milieu du chœur de l'église abbatiale sous une dalle de marbre qui fut transportée, en Tannée 1816, dans l'église paroissiale. L'histoire relate en outre l'inhumation en 1115 de Thorold (2), abbé de Coulombs, décédé au prieuré de Saint-Germain en Laye, dépendant de l'abbaye, il fut déposé devant l'autel du chapitre ; son épitaphe était ainsi conçue.
Theoroldus^ vir magnœ honeslatis et mansuetudinisy vullu et aspectu angelicisy quiquum Columbensem ecclesiam rexisset XIX annis, paulo post obiii apud Sanclum Germanum in Leici^ anle allare et in Columbensi capilulo iumuiatus est XIII novembris.
Dont voici la traduction :
« Théorold, homme d'une grande probité et d'une grande dou- « ceur, d'une figure et d'un aspect angéliques, après avoir pen- « dant dix-neuf années gouverné l'église de Coulombs mourut « peu après à Saint-Germain en Laye, et reçut la sépulture le 13 «c novembre devant l'a utel dans la salle capitulaire de Coulombs » .
Un chevalier nommé Adam fut inhumé dans l'abbaye quelque temps après Thorold, par l'abbé Roger. L'abbé Roger qui fut un des bienfaiteurs du monastère y fut inhumé, une épithaphe moderne loue ses vertus et ses talents administratifs, elle est ainsi conçue : « L'abbé Roger, ami de la piété et de l'ordre, gouverna « pendant soixante années l'église de Coulombs comme un excela lent économe et plein de vertu, parvenu à la centième année « de son âge, il émigra vers Dieu et fut déposé ici près de ses « pères le sept janvier 1167. »
(1) La famille de Gogujrer ou Goguier d'Aigreville a possédé les seigneuries de Brichanteau 1694, de Frémicourt, de Plaine, de Moncourt, elle avait pour armes : D'azur à on cygnt dargent
(2) Thorold fut abbé de Coulombs vers 1105 il mourut le 20 octobre 1115 {Mémoires de M. d'Bspsgnae),
m É&LtSB AÔBÀtlÂLb Dé NOrkE-DAMB '6È cbULbkB§
Ëllëtttle Itl de Brë^é (1), âbbé de Coiilombd, fiit ihhiitné dank 18 chôpfelle de la Vierge. Ori lui grôrà i'iiliicriiJlibh suivante :
Christo Salvatori S(acrum)
Stejihano Brezaeo, viro fclai-Issimd, àd[ipiicurrt libêllbf-liiii lium Yiiit (in) regia magistrb cônsdllisâiHab él HetiHcd tl tîàlloFliiâ régi, cum priiliis charo tribriaâtfeKi cœBobiâch* ^iiiàfeimd, ^i-bbiâsimo, honôratisàlrho, brthodbxâs i-eli^iddniS cUItbH cbb^latili^âiino et id {iauperëé largltdH libéralii^âiino, Egidiiiâ Làddbrttijr et MëdardUs de Hëhz, hit! Càrnotensià, iste Pkrisiensi^ eccieâise cânonicus, patrono charissimo ex demortui testamentb et (jécuâià hocce sacellum exornari, anniversarium fundari, monumentUm istud adponi officiosi et maerentes curavere. Viicit annia LXXVIIIi menses VII, dies VIII. /
Autour de la pierre tombale on lisait :
Cy gist Révérend père en Dieu messire Estienne de Brezé, en son vivant abbé de céans, conseiller éi niàistré des rèqùestes ordinaire de Thostel dd Roy Henri deuxiètue, qui tre&pasfta le séiziesme jovr daovst mil cinq cens soixadte et Img. Priez Dieu pour luy et pour les autres trespasse^.
Cette inscriptioil et les armoiries qui raccbmpafenaièht fdt-ent détruites en lISSj le corps protégé par le catéàd qui le? Hstiferrtiàit fut déposé depuis dans l'église de Coulombs.
Lorsdes fouilles qui furent faites par M. Séguin, sur une partie de l'emplacement de la première église abbatiale, pour y établir f un jardin potager en 1870, les ouvriers mirent à jour, le 17 mai, une superbe pierre tombale, d'une conservation parfaite, qui fut offerte à l'église de la paroisse, ainsi qu'on en lira le détail dans la notice de cette église.
Une autre pierre tombale en grès trouvée parmi les décombres par M. Coche est aujourd'hui la propriété de la Société Archéologique d'Eure-et-Loir. Elle a pour inscription les mots suivants : Avelot la Bovrrelière cvi.,: qui ne dohheht aucun rbn-
(1) Etienne deBrézé, 40* abbé de Codlotxlbs, nidltrë deà tequètëâ, frère flS Loiiis de Brézé, gratld sénéchal de Nbrnlandlë. flit ëlU abbé en 1547, il mdurut dans la maison abbatiale de Coulombs le 16 àbût 15Bi.
PIERRE TOMBALE d'ÉTIENNE DE BRÉZÊ (SO" abbé de Coulombs.)
cuivre au milieu de la chapelle de la Vierge derrière le chœur de l'église de Tabbaye de Coulombs. •
{Dibliothiqae Nationale, Estampes. Pe In, f . 80 & 85).
seignement sur son origine, le graveur n'ayant pas terminé la phrase, elle paraît appartenir au XIIP siècle; au-dessus de rinscription est une croix flanquée de deux fleurs de lis sculptées en relief.
Guillaume de Mauvoisin, seigneur de Rosny, fut inhumé dans le cloître de Tabbaye en 1133 ; ses armes sont : « D'or à deux fasces de gueules à une molette de sable ».
Arembert, aïeul d'Arembert le jeune, qui a donné son nom à Nogent-le-Roi, gouverneur de cette dernière ville, fut inhumé dans le chapitre de Coulombs vers 1150.
Dans la chapelle Saint-Gilles, derrière le chœur de l'église, se trouvait le tombeau de Guillaume le Morbier, seigneur de Villiers et de Saint-Piat. Cette tombe fut détruite en 1790, le dessin en a été conservé dans la collection Gaignières et publié dans les dalles tumulaires d'Eure-et-Loir par la Société Archéologique, tome L Ses armes étaient : De gueules à la fasce d'or accompagnée de six coquilles d argent 3 en chef et 3 en pointe.
Parmi les autres débris provenant de l'abbaye, on voyait encore au commencement de 1904^ dans une propriété particulière, située à Lormaye et appartenant à M. Albert Legrand, deux pilastres servant de soutènement à une porte de jardin donnant sur le Roulebois. Ces pilastres étaient composés de colonnettes en spirales formées de rinceaux et d'entrelacs agrémentés de motifs des plus variés : personnages fantastiques, monstres marins, sirènes, animaux, tout cet ensemble devait tendre à figurer les vices. Le chapiteau du premier pilastre représentait la nativité, Jésus dans son berceau, avec la sainte Vierge et saint Joseph, puis l'adoration des bergers^ représentés par trois bergers et leurs moutons et enfin l'adoration des mages, un ange apparaissant aux trois rois mages couchés dans leur lit et ayant auprès d'eux leurs chevaux. Le deuxième pilastre était encore plus riche d'ornementation, mais malheureusement tellement détérioré et mutilé qu'il est presque impossible d'en reconnaître exactement les sujets. Ces deux morceaux de sculpture sont de remarquables spécimens de l'art français au XI* siècle et ils appartenaient inconstestablement à l'église d'Odolric. Ils ont été acquis au décès
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de M. Legï^^nd qui n'avait jappais vpiJilu s*ct d^ç^ajs.ir, pur m nnapcitaud d«i cuni;^9ité$ inoyennant 2.Q0Q franco ; iU f^r^l r§7 vendus avec i4p impprtant bénéQpe è) la Société de$. A^^i^ d^ Louvre et offerts à notre musée national en avril 19(\Ji,
L'abbqj§ fqt un d^§ prepoi^y 3 lai^ps natip^ft^^ YWd.H^ ^fl Y^tu des dé«r^t5 de 1790. pn jç^pyieF 47Ç|1, Ml^. les adromisty^tevir^ du district de Dreux mirent en vept§ 1^ nr^^isp^ ^^bf^tif^l^T V^li^^ f^ les awtres béilim^pts pt dépend«ipces, trqis, quarjiefs (ie p.r^ eptre la digwe et le çî^nal, ^p^ çay^i sitviée 3pus leyoç d§«5 \^ jeu 4f paume de Coulombs, qw\ fuf^pf ^4)V\gé^ ^P^ Vin^ qïU^ à prjj( d^ l(]t.Q(X) livres à 40.100 livres au sieuip Jfean-Bapti^t^rHye^cjp^^e- Mari§ Pptertre de ^apçé(l), suiyant prpçès-y^ï-b^l d'ftdjudic^T tion du IQ février 1791^. Çe^ ii^meub)^s pa^s.^r^t enspite 9 M*?' Yepv^ de !§ Barre d\\ Tilleul, p^e Marie- ApperQ^n^yièv^ Dutertre de S^ncé qui l§s «lyai^ ^çueii(isi de Ifi spcpession d^ p^^e^rqpU de Ssinç^. \^^ coipte^se de Ifi Parre di) Tillfi\il ^es vepdit par apte çouç §eipg priyé dp 30 déçep^lffp 181? 2^ '^: Pi^rre-Théodpre Mérqvée ïfpèl et cqpsor^.
M. Npel fut pQ vandale pppr la p;^£^lheurepse abli^aje ; il fit rf^s.er Us b^tip^ppts qui res.taient encqr^ debqpt, ftt dép^Qlir Y^&^'^^^ Çlpflt i) fit piler l^s vitrap:!^ dans des cuviers. pour ep ç^^tf^ife le plp^U. Une partie de§ ipaité^^l^u^ ^^^vit à Is çppstryctio^ ^@ \^ Çbapelle rqyale de Qreu:^, et avpç le r^te d^^ ïpp^llpn^ d^ v^nér^fele ipftT na^t^p, il fit construire des maisons bourgeoises çX ^çi\^^aniexit cpUe qui s'^lèyp ^ Ift place gu'oçgvipait jftdis les dép^ndaBçe^ de l^flbtpjp et qpi fpt «çqpisg \^ 9 f^vper 4^, ^ppjenpan^ 45Q.()0p firanc^ par açtep^ssé deyant pqaîtrçîlefnsird.^ ppt^ire ê| Jftap^bftpillet,, par M- Cfe^rles-JPeppît Çoçhp^ d?Ht la feeUe-ftHp, W- YeMYfi pdï?o^<* C?c^er Wi e^t act\iellen[^ent j^-pgri^ta.ife p.aç spitp d^fçSflgerpepts da fftP^ille. ]\I, I^pp| yei\^it ft\i pfiarqpi^ d'Aligrf, le çloîtr^ ^ç V?t^bajp qw i^\ PP^nflPei^cé à 1^ An du XV» siècle etre3tç\\\ré çtn ^65i4, ce cloître fat ci^^ ^utr^qispar la
(1) Jean-Baptiste-Hjacinthe Dutertre, marquis de Sancé, maréchal de camp, demeurant ^u Breuil, paroisse de Qatanciàres, département de Sein«e^-Pi^ÇL
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ÉGLISE ABBATIALE DE NOTBE-DAUE DE COULOMBS 27
pureté de son architecture. Le marquis d'AIigre (1) le &t réédifier dans l'asile qu'il venait de fonder à Lèves sur l'emplacement de l'ancienne abbaye de Josaphat, à l'exception de quatre travées, qui sont restées dans la propriété de M'* Coche, dont elles sont le plus bel ornement. En 1866 M. et M" Coche morcelèrent leur domaine, une nouvelle route en traversa l'extrémité, la municipalité acheta la partie où s'élevait autrefois le chevet de l'église abbatiale pour en faire une place, dans une autre partie elle construisit la Mairie et l'école communale des garçons, d'autres terrains furent vendus, des villas se sont élevées sur l'emplacement des parterres et des cloîtres du monastère. La vie mondaine a succédé à l'austérité monastique sur ce sol, et du monument élevé par la foi et la piété des grands et des humbles de la terre, & la gloire du divin Rédempteur, sous le vocable de son auguste mère Notre-Dame, il n'en reste plus qu'un souvenir que les archéologues s'efforcent de sauver de l'oubli.