STATUE DE LA VIERGE, AU BOIS VK T.ÈVES
;Voir page 40^.
de Chartres un hébergement à Cha vannes dans la paroisse de Lèves : « apud Chavanez, in parrocbia de Leugis (I. B, 294S
Le mercredi, 8 juillet 1394, Jean des Moulins-Neufs, chanoine, donne à bail un verger « devant le moustier de Saint-Ladre ». La même expression se trouve encore en 1397, (G. 1135). Le mot moustier désigne évidemment non seulement une église mais aussi la résidence d'un ou deux prêtres, pour y célébrer l'office divin. Les chanoines de Saint-Maurice avaient donc délégué quelques-uns des leurs pour vivre près de la chapelle.
Le 28 février 1450, le Chapitre fait saisir une maison, située à Lèves « tenant au presbytaire, et abutant d'un bout au frou ou rut de devant ledit presbytaire et l'église de Saint- Ladre, et d'autre bout à la rue ou chemin tendant du carrefour dudit lieu de Lèves à l'abbaye de Josaphat (G. 1138). On voit par ces trop brèves expressions le développement du centre religieux s'accentuer d'un jour à l'autre.
•Si peu sensible qu'il soit, ce développement n'était pas sans porter ombrage, et si l'église mère se montre bienveillante et dévouée pour Téglise annexe, elle est à bon droit jalouse de ses prérogatives. D'ailleurs, certaines tentatives d'indépendance de la part de cette dernière n'étaient pas sans motiver une prudente réserve.
Comme nous allons le constater la chapelle de Lèves était parvenue à se munir d'un conseil de fabrique qui l'administrait et ne craignait pas, pour la sauvegarde de ses intérêts, d'appeler devant les tribunaux les chanoines de Saint-Maurice.
Le mardi, 26 mars 1453, les gagiers (fabriciens) de Saint- Ladre de Lèves viennent plaider contre ceux de Saint- Maurice, devant les « eslus à Chartres sur le fait des aides ».
Un certain Jehan Moreau, avait consigné et baillé en mains des gagiers de Saint-Ladre un certain argent, dont
les gagîers de Saint-Mfeurice demandaient et requéraient la délivrance, « disant que la maison en laquelle demeure ledit Jehan Moreau est de leur paroisse de Saint-Maurice de tout temps et ancienneté, et parce que est ledit Moreau contribuable avec les autres paroissiens d'icelle. Les gagiers de Saint-Ladre de Lèves disans au contraire que ledit Jehan Moreau est demourant en ladite paroisse de Saint-Ladre et qu'il a voit toujours payé les tailles du roy avec les autres paroissiens de Saint- Ladre. »
Les juges, « vu les dépositions des témoins produits tant d'une part que d'autre », jugèrent que la maison était de la paroisse de Saint-Maurice et condamnèrent les gagiers de Lèves à rendre l'argent (1).
(1) Archivée dépéri, d^Sure-el-loir, G, 3907.