‹ Archives du diocèse de Chartres (volume 2)Chapitre 54 sur 69 · III. — Lèves du XIIP au XVI^ siècle · texte numérisé non relu

III. — Lèves du XIIP au XVI^ siècle

1® Fondation de la chapelle de Saint-Gilles et de

Saint- LoiTp.

,^ L fallait alimenter les sentiments religieux d'une population disséminée qui s'augmentait chaque jour de plus en plus. Une noble dame, la vidamesse Marguerite, petitefille de Milon du Bois-de-Lèves, d^une branche cadette de la famille de Lèves, épouse de Robert de Tachainville, voulut y pourvoir.

Elle chargea discrette personne maître Mathieu, sousdoyen de Téglise cathédrale, son exécuteur testamentaire, de faire construire, du consentement des prêtres de l'église *de Saint-Maurice et sur le territoire de leur paroisse, au Bois-de-Lèves, une chapelle qui serait dotée sur ses biens. L'office divin y serait célébré chaque jour par un chapelain résidant, qui en recevrait les revenus, sauf les oblatîons des mariages, des sépultures et des relevailles qui appartiendraient au curé de Saint-Maurice. La chapelle aurait son campanile et sa cloche. Elle était donc destinée au culte public. Le revenu constitué par la généreuse fondatrice s'élevait à 40 livres, dépassant alors de beaucoup la valeur de 500 francs de notre monnaie actuelle (1).

(i) Voici cette charte inédite, mais malheureusement incomplète.

Universis présentes litteras inspecturis, Henricus, miseratione divina episcopus Carnotensis, salutem in Domino. Noveritis quod nos cupientes cultum divini nominis ampliare, ad petitionem venerabilis viri dilecti et fidelis nostri Mathei, subdecani Carnotensis, et aliorum executorum testamenti bone memorie Margarite vicedomine Carnotensis, consentientibus presbjrteris ecclesie S. Mauricii Carnotensis etejusdem loci capitulo approbante, volumus et concedimus quod infra metas parochie Sancti Mauricii

i^ SAINT-LAZAH1-; l)K LEVES

En avril 1246, l'évêque de Chartres, Henri de Grez, veilla lui-même à Texécution des volontés de la vidamesse défunte, dans la confiance que le culte divin en serait grandement amplifié.

Moins de six ans après sa fondation, cette chapelle avait été donnée à l'abbaye de Saint-Vincent-au-Bois qui en fit un de ses prieurés. En faveur de ce sanctuaire, Hugues de Meslay, sa femme Catherine et ses enfants : GeoJBfroy etHéloïse, vendaient une terre sise au terroir de la Haye de Gouville, pour 50 livres chartraînes, avec lapprobation de son frère Geoffroy de Meslay, de Mathieu, vidame de Chartres -et de Jean de Bruières, seigneur de Lèves, en septenfibre 1252 (1).

aUpradicti^ videlicet âplid Boscum Leugarum, fiât et construatur quedam capeila de bonis ipsius Margarite, in qua capella pro anima dicti defuncti (sans doute Robert de Tachainville, son époux) et aliorum fidelium defunctorum divina in ]>erpetuum celebretitur a presbitero ibidem instituendo, qui in eadem capella residentiam faciet corporalem et omnes oblutiones undecumque obvierint que in dicta capelia offerrentur, integraliter habebit, exc6ptls oblationibus celebrationum matrimoniorum, obsequiarum defunctorum etpurificationum muliefum%le parochianis dictorum presBiterorum Sancti Mauricii provenientibus, que propria quiète et libère dicti presbiteri Sancti Mauricii remanebunt. Prefati vero e&ecutores in recompensatîonem prcdictorum contulerunt presbiteris ecclesie Sancti Mauricii predicti, de bonis dicte defuncte, XL libras Carnotenses ad emendos redditus ad opus pfesbiterorumSancti-Mauricii supradicti. Freterea dô assensu et voluntate dictorum presbiterorum Sancti Mauricii volumus et concedimus quod in dicta capella campane habeantur et ponantur. In quorum omnium memoriam et munimen presentibus litteris sigillum nostrum dutîmus apponendutn ActUm anno Domini MCCXLVi, mense apriti.

Ctte fondation fut approuvée par une autre vidamesse de Chartres, He« lisende, veuve de Geoffroy, pour le salut de son âme, de celles de son mari etdtf ÈtB ancêtres. L'acte incomplet n'a plus de date.

Universis présentes litteras inspecturis, Helisendis vicedomina Carno* tensis, salutem in Domino. Noveritis quod ego pro j-emedio et sainte anime meœ et Gaufridi bone memoriae quondam mariti mei et omnium antecessorum meorum dono et concedo venerabili .. (le reste manque).

(1) Universis présentes litteras inspecturis, Hugo de Mélleio, miles, Salutem in Domino. Noveritis quod ego de voluntate et assensu Catherine, carissime uxoris mee, Gaufridi et Ueioisis liberorum nostrorum, vendidi et nomine venditionis concessi pro quinquaginta 11 bris Carnotensibus, de quibus m^ teneo plenarie pro pagato, religiosis viris abbati et conventui Sancti Vincentii deNemore, nomine capelle de Bosco Leugarum, scptem arpenta etdimidium terre que ego habebam, moventia ex hereditate mea» sita in loco qui vulgariter nuricupatur Ûaye de Gouville, ex parte Bosci Leugarum. Prête

Ce sano4uaire recevait encore une généreuse donation en juin 1588, par un pieux chanoine de Notre-Dame, discrette personne maître Mattry Cailleau, appartenant à une famille du pays toujours existante. Il donnait un quartier de vigne et terre labourable au Vau de Lèves, à charge de prières en Téglise Saint-Lazare et de faire habituelle procession en la chapelle Monsieur saint Gilles et saint Loup fondée au Boys-de-Lèves (1).

Cette chapelle était en ruines quand , vers 1850, plusieurs habitants du hameau, MM. Tellier et Doublier, attristés de cet état de choses, firent élever sur son em-» placement un calvaire en briques, dans le sommet duquel fut ménagée une niche pour une statue neuve de S. Gilles. Le buste de Tancienne statue en pierre fut recueilli avec respect et placé dans le pignon d'une maison du Mousseau, appartenant à M™* Amy.

Mais un autre débris de ce sanctuaire existe encore au Musée de Chartres, donné par M. Gérondeaq, jardinier à Lèves. C'est une statue en pierre de la Vierge, d'un mètre

rea e^o Gaufridus deMelleio (Mellay) miles, frater dicti Hugonis, a quo idem Hugo dictam terram in feodum tenebat, ego Matheus, viGedominus Cai^ notensis miles q que idem Gaufridus predictam terram tenebat in feodum, et ego Johannes de Brueriis. dominus Leugarum, cirmiger, a quo idem Mi^theus predictam terram ante tempus venditionis ejusdem tenebat in feodum, venditionem, quitationem et concessionem dicte terre a di^'to Hugona predicto abbati et conventui in augmentatione dicte capelle de Bosco Leu* garum, ut dictum est, volumus, laudamus, concedimus et approbamus. Datum anno Domini MCCLU, mcnse septembri.

(1) 11 septembre 1600. Contrat passé devant Thomas Minet, tabellion juré des lieux, bailliage et seigneurie du Bois de Lèves, entre Toussainçt Beville, m^ hostellier au bourg de Lèves, Jacques Eglehout et Michel Guyard, vignerons demeurant au Monceau, comme gagera et trésorier de Totayre at. fabrique de M. Saint-Lazare de Lèves, donnent à bail à vénérable et discrette personne Michel Delalande, prestre curé la dicte église de Saint-Lazare, d'un quartier de vigne et terre labourable au Vau de Lèves, cy devint dooné par deffunte Martj'ne Gadde, et pareille rente fondée en ladicte église Saint- Lazare de Lèves par vénérable et discrette personne maistre Mattry Cailleau, naguère» chanoyne en l'église Nostre-Dama de Chartres, enjuin 1586, à charge de faire dire prières en l'église Saint-Lazare et faire habituelle procession le dimanche emprès le jour et feste de saint Gilles et Loup, en la chapelle Monsieur saint Gilles et saint Loup fondée au Boys de Lèves, et moyennant 3 livres tournois et 4 sols tournois. {Arch. dépéri., G, 406?, parchemin).

30 de haut, dont le visage a été malheureusement dégradé. Elle porte sur le bras l'Enfant Jésus tenant en sa main une grappe de raisin, sans doute comme le protecteur divin de la vigne, jadis universellement cultivée dans la contrée. La statue est d'une bonne facture avec une certaine recherche d'élégance et peut remonter au XV« siècle.

Il résulte de cette pieuse fondation de la vidamesse Marguerite qu'en 1246, le droit paroissial de l'église Saint- Maurice s'exerçait toujours souverainement sur notre territoire de Lèves.

2** Indices de vie paroissiale.

Dans tout ce long espace du XIII* siècle nous trouvons à peine une mention de la paroisse de Lèves-, toujours englobée sous le titre curial de St-Maurice. En 1258, les neveux de Geoffroy d'Ouarville, Reginald et Jeanne, alors veuve, Ysabelle avec son mari, Guillaume de Chavernay, Ysabelle leur mère, alors remariée au chevalier Hugues Lamer, amortissent la dîme de vin donnée par leur oncle Geoffroy d'Ouarville et leur ayeul Girard Boel, à l'abbaye de St-Evroult et revendue par elle au Chapitre de Chartres. Or, cette dime était située en la paroisse Saint- Maurice, au Monceau de Lèves : « in parochia Sancti- Mauricii, apud Moncellum Leugarum (1). »

Le XIV* siècle n'est guère plus riche en renseigne- •ments ; toutefois la constitution de la paroisse avec service régulier commence à paraître.

En 1387, Jean d'Autheuil, chanoine, achète une maison « devant l'église de Saint-Ladre de Lèves (2) ».

En 1391 Barthélémy le Couturier, donne à THôtel-Dieu

(1) Arch. départ., G, 1141.

(2) Arch. départ., G. 1135.

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