I. — L'Eglise
Nous avons dit que Broué avait déjà son église an XII' siècle.
(Vêtait un rectangle long de l(» mètres et large de 10, ronstruit en maçonnerie de silex et Hanqué de 10 contreforts en pierre de grès.
Elle avait une grande porte, celle qui existe encore, dans la pointe, vers le couchant, et deux portes latérales au midi.
L'une, qui donnait accès dans le sanctuaire ou dans une petite sacristie derrière l'autel, est indiquée aujourd'hui par un pilier et un cintre en moellons.
Klle était éclairée par dix petites fenêtres en plein cintre placées à quatre mètres au-dessus du sol.
Son clocher était une petite pyramide placée à cheval sur le faite, à l'extrémité, vers le couchant.
Cette église de la plus pure architecture romane, où l'on voit exclusivement du plein cintre : voi'ile, portail, fe-
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nêtres, porte son cachet d antiquité dans Tadoption de son patron, saint Martin. Ce saint fut en elï'et vénéré dans les temps les plus reculés des Gaules.
Au commencement du XVP siècle, cette première église fut jugée insuffisante pour contenir tous les fidèles. Elle fut alors agrandie en longueur et en largeur. Voici comment M. Guillaume Maillier dans son Livre-journal expose les travaux exécutés.
a Pour l'église dudict Broué quant aux bastiments et a édifices, on peut assurer qu'elle est aussy ancienne a qu'il y a eu des prebstres, curés, vicaires et habitants « catholiques et qu'ainsy les sieurs de Meung et Cousît lombs en estant patrons, cette église fut bastie long- « temps auparavant leur convention cy-dessus confirmée a par le roy en H19. »
a Elle a esté bastie en plusieurs fois, ce quy se voit à a la diversité des murailles. »
a Le grand corps de l'église à deux fois : le bas ne a s'estendoit en longueur que la moitié ou environ. On ce peut cognoistre cecy à vue d'oeil aux entablements du « costé du midy et à un fondement de petites pierres quy a est dans terre, traversant la dicte église le long de la « cloison de bois par dans le chœur, de la muraille du « costé des vitres jusqu'à la seconde arche de pierre. On « ne peut pas dire le temps qu'elle a esté aggrandie en « sa longueur. »
a Pour l'aultre édifice nommé la petite église, jointe a au grand bastiment, les deux soutenus au milieu par a sept piliers de pierre avec cinq arches de même maa tière, il a esté basty environ Tan 1516. Il y a apparence a que cet édifice n'estoit pas commencé en 1510 que « l'église fut dédiée; on en a quelque connoyssance par « un chiffre escript à un des pilliers au bout vers soleil
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a levant où il y a : Messire Simon Bérenger pr'"* 1516 (I) a et pour le faire on rompit la muraille où sont les gros <K pilliers en rond au milieu des deux églises, dont les a fondements en sont restés dans terre. »
<c La dédicace de l'église dudict Broué faicte le onzième ce de juin 1510, à la diligence de Messire de Pré, curé, « Thomas Méneré, Michel Petitpas et Guillaume Boul- « langer, gagiers, par Révérend Père en Dieu, Messire a Jacques, évesque de Termes, et du consentement de « Révérend Père en Dieu Erard de la Mark, évesque de « Chartres. »
a Une partie du cimetière prise pour Taugmenter, fust « besnite ensuite le 16 novembre 1557, par R. P. en Dieu, a Messire Jean Lunet, évesque de Sebaste, à la prière de a Messire Thomas Méneray, et Philippe Manuel, prebstres « et vicaires, Roch Bérenger, Pasquîer Blacour et Phi- « lippe Manuel, gagiers, dont acte quy est aux papiers a de Téglise. »
a En I5^i0 et 1543, les antiphoniers, graduels et mor- « tuologes en velin, furent escripts et nottez à Dreux par a Messire Claude Barrois, prebstre ; les dits sieurs Mea neré et Manuel estant vicaires, Tassin Clavellier, « Jacques Beranger et Martin Petitpas, gagiers, suivant « cet escript qu'on lit en l'un des dicts antiphoniers a avant l'office de saint André.
u Mil et cinq cens après l'an quarante
« Le jour treizième de febvrier, bien m'en vante
u feut apporté ce livre, en un matin
« en cette Eglise de Sainct-Martin.
u Par un de Dreux nomme Messire Claude
u Barrois, lors prebstre, et, dont plus le collaudc
(1) Cette inscription n'est plus apparente aujourd'hui.
u iisl el iioUa, par le coiisentciueiil
<i des gens de bien, et principalement
« de nos viraires, Philippe Manuel
(( Quy donna bien de son manuel.
« Mesyire Thomas Méneré aussy bien.
(( En ce lemps^là estoyent, je le scay bien,
K pour lors gagiers Tassin le Clavellier
-( et aussy Jacques Déranger, oublier
« il ne convient, pourtant s'il est trespas
M Ce tant bon homme, c'est Martin Petitpas
« quy on leurs jours ont sy bien aimé Dieu
'( qu on le cognoisl en regardant ce lieu.
« leur entreprise tant bien faicte au compas
« fislet signa un Michel Petitpas.
« Je vous supplie, vous quy serez gagiers
« après ceux-là sans être gagés
« Vous gouverner comme ceux-là on faicl.
« L'homme est cogneu après que Tœuvrc a faicl
« Vous prière/. Dieu pour leurs labeurs et peines
(t Que Dieu leur donne lesjoyes souveraines. »
Après la bataille de Dreux, en 1562 où les Huguenots furent vaincus, la commune de Broué eut à soutfrifdes troubles de la guerre civile religieuse.
En 1567 (1), les Huguenots « s'estant ralliez et ayant « faict une armée assez forte, ils bruslèrent et ruinèrent « quantité d'églises, principalement Tabbaye de Gran- « champ et un clocher sur la tour de Prouez. »
a Et quant à cette église de Broué, ils y bruslèrent les a images, renversèrent les autels, les prophanèrent et les «•reliques renfermées en iceux au temps de la dédicace, t( faisant des riches ornements quy y estoient des casaques c( à leurs laquais ; ils mirent en pièces un beau calice d'arec gent dans la maison de Badonville. Ils assemblèrent oc la cloaison de bois, les images et les bancs au pied du
(1) Il faut lire 1508.