VUE DE L EGLISE DE BBOUÉ
BROUA 123
« crucifix, au milieu de Téglise pour la brusler de fond en a comble. Sur ce malheureux dessein intervint une ha- <( bitante nommée Perrine Richart quy s^escria : « au feu ! « au feu ! eh quoi ! messieurs voulez-vous brusler nos <( maisons en bruslant ce lieu ? t> sur quoy et gaignez par a ses cris ils portèrent le tout autour de la grande croix « quy estoit au milieu du cimetière, et là, le feu y estant a mis tout fiit réduit en cendres. »
« Une grande couppe quy est de cuivre doré qu'on voit « encore au tabernacle avec une petite quy sert à porter « le Saint-Sacrement aux malades, fust conservée, estant a cachée dans la grande maison de Jacques Béranger à la a diligence de Noël Bérenger, gagier, y demeurant pour a lors. » (1)
« Les vitres de Téglise, quy estoient fort belles, furent a presque toutes cassées par ces impies. j>
On lit en marge :
a On remarque sur une des boittes d'étain où sontrena fermées les reliques de saint Savinien, sous le nom des- « quelles Tautel de saint Liphardde Féglise de Germain- « ville fût dédié et consacré en 1537, avec Téglise et les a aultres autels, que les Huguenots faisoyent des dégâts icy à costé (Broué) en 1567. »
« 11 y a escript de la propre main de feu messire Hua bert Assire, curé de Germainville. Les Huguenots en <c 1567. Messire Hubert Assire, curé de Germainville. »
« Ces troubles cessèrent par la mort du Prince de Condé, a chef desdits Huguenots, tué à la bataille de Jarnac, a sous Charles IX, témoin le quatrain.
« L'an mil cinq cent soixante et neuf « Entre Jarnac et Chasteau-neuf
(i) Ces vases sacrés ont probablement été détruits au moment de la Révolution, car ils n'existent plus aujourd'hui.
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« Fust porté sur une asnesse
a Le grand ennemy de la messe. »
Quoi qu'en dise messire Hubert Assire, la mort de Gondé ne mit point fin aux troubles de la guerre religieuse.
Vers 1583, les horreurs de la peste s'unirent aux horreurs de la guerre. La population fut décimée et le curé Gaultier Bertrand fut atteint par le fléau et en mourut au mois d'octobre.
En 1595, Prouais eut à soutenir un nouveau siège et le 10 novembre de cette même année Broué fut occupé par les troupes assiégeantes et traversé par six compagnies qui se rendaient à Berchères.
Le blé, au mois de mai, 1595, valait 21 livres tournois ou 7 écus le septier ; l'avoine a varié de 25 à 34 sols.
« En 1601, la tour fust commencée, et de là continuée « dan en an jusqu'en 1615 qu'elle fut achevée. Messires « Gilles Marais, Guillaume Belois, Gilles Petitpas, Mat- « try Croix, Jacques-François estant gagiers ; Toussaint « Touzé, Noël Dieuzist, Gillot Egasse et Nicolas Egasse a estant marguilliers. if>
Au-dessus de la fenêtre de la tour, vers le nord, se trouve une pierre portant cette inscription :
lE SVl PIERHE CHARGÉ PAR MESSIRE MARIN
BERRA^'GER lE ESTÉ ICI AMENÉE ET SVI MA FOI
ICI PO/ER lEHAN BERRANCiER ETANT GAGER EN l'aN 1604.
Commencée en 1601, comme il est dit ci-dessus, elle atteignait en 1604 la hauteur du premier cordon de pierre ainsi que le témoigne le millésime, 1604, gravé dans une pierre du contrefort nord-est de la tour, au niveau du dit cordon.