‹ Archives du diocèse de Chartres (volume 3)Chapitre 19 sur 55 · II. — La cure, les curés et les vicaires · texte numérisé non relu

II. — La cure, les curés et les vicaires

La paroisse de Broué a toujours fait partie derévèché de Chartres. Cependant à Tépoque où cet évêché fut momentanément supprimé, c'est-à-dire de 1801 à 1821, elle fut rattachée à Tévèché de Versailles. A l'origine, la paroisse de Broué était comprise au point de vue religieux, dans Tarchidiaconé et le doyenné de Dreux et faisait partie de la conférence ecclésiastique de cette même ville.

« Pour Téglise de Broué, au regard premièrement de « la Cure, il y est dict cy devant dans la convention oc longtemps faicte entre les susdicts de Meung et de « Coulombs et auparavant la confirmation de Louis VI% « H 19, en un mot : Conventio olimfacta^ que les susdits « sieurs établissoient des prebstres pour les fonctions « ecclésiastiques dans les églises paroissiales de Broué a et de Germainville. Preshytery per nos^ etc., quy pour « lors, comme il semble n'estoient pas qualifiés curés. »

« En suite de cette convention où il semble que ces ce prebstres estoyent par eux nommés en commun et « receusavec serment de fidélité dans leur Chapitre, ils (L en présentèrent alternativetnent et où ils les nomce mèrent curés. On y voit une transaction à Meung quy

(1) Le même Guillaume Dagroii, qui a construil le pavillon du presbytère de Marchezaisen 1774, a tracé également deux cadrans solaires que Ton remarque encore sur la façade sud de l'église de cette commune.

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OC se commence en ces mots : Ego Siephanus, etc., « alternis vicibus, »

« En 1204, le sieur abbé de Coulombs présenta à la « cure de Broué un nommé Christianus. »

« En 1237, le Chapitre de Meung y présenta messire « Guillaume de Chastelet, qualifié curé en une sentence « rendue par Albéric, évesque de Chartres, au profit du « dit du Chastelet, plaidant contre les susdits de Meung « et de Coulombs pour augmentation de sa portion a congrue, où ils sont dits : Patrony communes^ patrons a communs. Cette portion luy fut augmentée, mais de « peu, scavoir : six septiers de grain sur tout ce qu'il y « en a, quy ne se consiste qu'en 64 minots de bled et 48 a d'avoine, mesure de Dreux, revenant à 46 de Houdan « et 36 d'avoine de la même mesure. Cette sentence en « latin et sur parchemin est scellée et dattée du 3 sepa tembre 1240. »

a En 1510, année que Téglise dudit Broué fut dédiée, a messire Robert de Pré, natif dudit lieu, estoit curé, veu a Tacte dressé pour la dédicace. »

« En 1516, Simon Berrenger. »

« En 1522, il mourut ; le Chapitre de Meung y présenta ft un nommé Alexandre Perault ».

« L'abbé de Coulombs y présenta aussy un nommé « messire Simon Ilouy, maître ès-arts, le 7 octobre audit « an et son grand vicaire y avoit présenté messire Gaul- « lier Guéroust, prebstre natif de Broué, le nom duquel a est escrîpt en trois lettres M. G, G. sur une pierre quy « soutient l'image de sainte Barbe à Tautel du Rosaire (1). a Ce Gaultier Guéroust permuta avec un nommé André « Menu. Après la mort de Menu-, le Chapitre de Meung

(l) Cette inscription n'existe plus aujourd'hui.

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« y présenta encore un nommé Jean Lecoq. Après la c( mort dudit Lecoq, le grand vicaire de Coulombs pour a Rodolphe, abbé, y présenta M* Kstienrie Bocheron.

« Kn 1558 mourut curé messire Jean Planche. M. Es- « tienne de Brézé présenta M. Mathias Gaubert, manda- « taire. Le chapitre de Meung présenta messire Philippe « de F'Iexelles, chanoine de Nostre-Dame de Paris, sur « quoy procès au Ghastelet de Paris. L'abbé de Coulombs « y soutenant que le Chapitre de Meung n'avoit aucun (( droict de présentera \adiie cure (propter nos). Le Chaa pitre, au contraire. De là ils transigèrent devant Lin- « giran et Mauperic, notaires au Chastelet en octobre a 1558, et par la transaction il fut accordé que la présena tation des curés de Broué et Germainville seroit alter- (( native entre Meung et Coulombs ; que le sieur abbé (( présenteroit à la première vacance, d'où il semble que « Flexelles présenté par le Chapitre de Meung, demeura « possesseur de la dite cure de Broué. Pour lors estoyent a vicaires M. Thomas Meneré et Philippe Manuel. »>

« On ne lit rien de sa résidence, ny d'aucun curé de ce « temps-là ».

u Ensuite jusqu'à 1567 que messire Gaultier Bertrand « prel)stre natif du dit Broué, chanoine de Saint-Estienne « de Dreux, estoit promeu dans la dite cure et résidoit (( audit Broué, ce quy se justifie entre aultres escripts par « une désignation quy est aux papiers de l'église, faicte a dans ia maison dicte l'Ecole, donnée à la Fabrique par (t messire Pasquier rEspicier,en datte du 3 juin audit an (( 1567, ou le dit messire Gaultier Bertrand est qualifié a curé parle tabellion, nommé Bobert Bérenger, démente rant audit Broué et la dite désignation acceptée par (c ledit Bertrand audit nom de curé et luy présent ».

u De|)uis 1567 et dès auparavant, comme il est à croire.

BROUÉ- 178

a jusqu'en 1583, ledit messire Gaultier Bertrand posséda « toujours la dite cure de Broué. Il mourut subitement de « peste en octobre de la dicte année 1583. Messire Jean « Beranger, son nepveu, lui succéda par résignation. Il <c y eut pourtant quelques présentations données, mais « sans effet >» .

« Depuis 1583 jusqu'en 1611, ledit sieur Beranger dea meura curé et il résigna, en la dite année, à messire Ma- « rin Beranger, son vicaire quy prist possession en 1613, « incontinent après Pasques, et son résignant mourut en « Taoust suivant en la dite année ».

a Depuis 1613 jusqu'en 1623, ledit messire Marin Bé- « ranger fut toujours curé et il mourut sans résigner, le « 4 janvier 1623. »

«» Après sa mort, Thomas Rosse, bachelier en théoce logie, reporta comme gradué sur Coulombs la dite « cure. Il en eust les collations et en prist possession. « Tn autre gradué, nommé Marette, reporta aussy et fust « pareillement promeu. Un nommé messire Pierre Yvet, a curé de Coulombs, en prist aussy possession. Il y eust oc |)rocès au Chastellet entre ledit Rosse et Marette, et a leurs provisoires veneus de part et d'autre, Marette « fust évincé, sans davantage plaider ensemble. »

« Cependant messire Guillaume Maillier, prebstre, na- « tif dudit Broué, nepveu dudit feu messire Beranger, (( eust advis de se faire pourvoir parle chapitre de Meung. tt II en obtint la présentation et sur scellé des collations « à Chartres le 13 juin audit an 1623. »

« Il eust aussy quelques advis que le seigneur temporel a dudit Broué avoit quelque droit de présenter et ainsy à a toutes fins il eust deluy présentation. »

M II fust assigné au Chastelet à la requête dudit Rosse « et pour éviter ce procès ledit sieur Maillicr, estant curé

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a de Germainvîlle par résignation de feu M. Nicolas Haa var, décédé en 1622, les susdits Hosse et MaiHier sac- « cordèrent ainsy qu'il ensuit, et à sçavoir qu'ils permu- « tèrent ensemble. »

Ledit Rosse bailloit audit Maillior la cure et droicts a qu'il avoit à Broué, comme gradué, et le dit MaiHier cé- « doit la cure de Germainville audit Hosse ; il y eust si- « gnature à Rome de part et d'aultre. »

« Le dit Rosse ensuite résigna Germainville à messire a Mailloisquy en a jouy paisiblement, et sans que le dit « Rosse en eust pris possession ny collation auparavant. »

« Ledit MaiHier se contentant de la signature de Rome, a de la Paix de Rosse et des promissions du Chapitre de a Meung, n'en leva pas davantage, et ainsy a-t-il jouy de « la dite cure de Broué depuis 1629 jusqu'en ces jours, a Cet estât dressé en 1666. » (1).

« En 1676 mourut M. MaiHier, âgé de soixante et dixce sept ans. H a été curé cinquante-trois ans et est enterré « sous une tombe devant l'autel de la Vierge, à costé des « MM. Bertrand et les Beranger, ses parents. C'est a M. MaiHier à qui la Fabrique est redevable de tant de a donations de biens. »

« En 1676 succéda M. Aulet Honoré, natif de Broué. « Il gouverna la cure de Broué pendant vingt-cinq ans et « est mort âgé de soixante-cinq ans ; il est enterré à côté « de M. MailHer, son résignant. Il demeuroit dans la a maison actuelle de la veuve Aulet devant l'église où « Ton voit encore son petit presbytère qu'il avoit fait bâ- « tir dans le milieu de sa cour. Là il possédoit toutes les « dîxmes des gros décimateurs et faisoit valoir ses biens a par lui-mesme. On le disoit extrêmement riche. H est <( mort en 1704. »

. (1) Manuscrit de M. Guillaume MaiHier.

« En 1704, M. Charpentier Esprit Philippe eut la cure a de M. Aulet par résignation. 11 étoit natif de Oulina, a proche Anet ; il avoit été vicaire à Bû. C'est luy de « tous les curés qui a le plus augmenté tes hiens de la « cure par des testaments et des donations. II a le prea mier commencé à habiter la soi-disant maison curiale. « C'est luy qui a fait un livre pour les biens de la Fabrique, a qui est un chef d'œuvre que la postérité n'oubliera a jamais. Il a toujours gouverné sa paroisse très paisi- « blement, sinon à la fin de ses jours où il a vu déjà « l'orage gronder. Il est mort âgé de quatre-vingt-sept a ans ou environ, le mardy gras, ayant été saisi par un « froy très sensible en faisant un baptesme le soif du « lundy gras. H ne fut qu'un jour malade. »

H Dans sa maladie, étant tombé en paralysie et apo-

o plexie, il ne put, comme c'était son intention, résigner

« la cure à M. Legrand,curé de la Chapelle Forainvilliers,

« mais la mort prompte y a mis obstacle. Il est enterré

rt devant les fonts dans la grande nef. II avoit de son

« vivant la plus riche bibliothèque estimée .5000 livres.

« II est mort ayant gouverné la cure pendant cinquante-

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« six ans. C'est peut-estre le seul, et sera le seul qui av a été si longtemps curé (1). »

M En 1757, M. Charpentier étant mort, Tabbé de Couce lombs, Salabery, nomma le chapelain de Badonville « qui prit possession de la cure. Sur ces entrefaites, le a chapitre de Meung, informé de la mort du curé, nomma « M. Delaselle. C'est Tévesché qui termina le différend a en faisant voir dans le catalogue des successions des « curés de Broue que la nomii^ation alternative apparte- « noit de droit au Chapitre de Meung. Ainsy donc M. De- « laselle déposséda le sieur Cantuel, chapelain et curé, « originaire d'Irlande, par une autre possession plus « légitime. »

« En 1757, M. Delaselle, natif d'Orléans, étoit vicaire <L de Saint-Paterne d'Orléans quand il fut nommé curé. Il a eut des procès avec les marguilliers, les paroissiens et a les héritiers du défunt curé. Tous ces procès ont été a gagnés excepté au Parlement où ils sont encore demeu- « rés, sinon celuy du vicaire, gagné provisoirement. Ena fin, las, dégoûté et maté par tant de disputes et procès, « il a jugé à propos de permuter avec moy. Nous poua vons dire à sa louange que c est le plus brillant, le plus a pénétrant et le plus sçavant curé qu'il y eut à Broué. « Il a quitté la cure en 1761 pour s en aller être curé de ce Lestiou. »

« En 1761, moy Jacques Joseph Tournois de Bonne- « vallet, natif de Beaugency sur Loire, entre Orléans et « Blois, au sortir du sacerdoce, ayant été sept mois à la « Trappe puis curé dans la paroisse de Lestiou^ proche a Beaugency, diocèse d'Orléans, autrefois la plus belle

(1) II existe encore aujourd'hui des nieiiibres de lu fauiille Charpentier, notamment M. Challes-Morize à Marcherais.

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ce paroisse et la plus riche de tout lé diocèse ; maintenant « la plus misérable et la plus désastreuse. M. Delaselle et « moy, étant tous deux mécontents dans nos paroisses, a nous avons aveuglément permuté à Orléans, chez son « oncle, syndic du chapitre de Sainte-Croix, sans remé- « dier à nos maux inséparables. »

« Notre permutation a été en cour de Home. Il y avait « déjà quatre mois que l'acte étoit faitte que la paroisse a n'en était point informée. »

« Je suis aussy pourvu de la chapelle de Saint-Jean- « Baptiste de Quirieux en Dauphiné sur le Rhône, à huit a lieues au delà de Lyon, nommé comme patron laïc à la <c dite chapelle par mon frère aisné à cause de M*'* de « Flocard de Port-Dieu, sa femme. >' (I)

Le curé Tournois de Bonnevallet avait prêté serment à la Constitution civile du clergé, mais il se rétracta et mourut en 1791 à Tàge de 65 ans.

Son vicaire, Paul Fallot, lui succéda et quand Téglise fut fermée pendant la Terreur, il exerça successivement les fonctions d'officier public et d'adjoint.

A la réouverture de Téglise il fut agréé comme ministre du culte à Broué et exerça jusqu'en 1803, année en laquelle il fut nommé curé de Prouais.

En 1803, vint Martin Simon Henri, natif de Houdan. Successivement vicaire de Neauphle le Vieux et de Boutigny en 1784, il s'était caché pendant la Révolution. Martin se retira en 1818 dans sa ville natale où il mourut en 1821 à Tâge de 68 ans.

En 1818, Aulet Gilles-Charles, né à Broué, qui en était vicaire depuis deux ans fut nommé curé et exerça ses fonctions jusqu'au l®"" juin 1856. Démissionnaire et retiré

(1) Manuscrit Tournois de Bonnevallet.

BROutf: (775+15 c.) 23

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à Marolles^ il avait été marié. De ce mariage était née une fille morte en bas-àge et une seconde, mariée à M. Job. Gilles Aulet mourut en février 1857 à 1 âge de 82 ansi

En 1856, fut installé M. Marneur Pierre Antoine, né à Saint Germain de Lézeau, décédé en 1873, à Tàge de 68 ans.

Il eut pour successeur M. Thirant Louis Eugène Liphard, né à Montboisier en 1847. Il a quitté la paroisse en 1879 et fut remplacé par M. Tramblay (Constant Lubin Denis, né à Magny en 1847. Il fut curé de Broué de septembre 1879, au 1" janvier 1883. A son départ Tintérim lut confié à M. Bouvigny, curé de Goussainville.

En cette année 1884, fut nommé M. Harranger Louis, né à Illiers en 1858, qui resta curé de Broué jusqu'au 22 juillet 1894.

Il fut remplacé par M. Coquard Jean Louis, né en 1855 à Trucy l'Orgueilleux (JVièvre).

Nous avons vu plus haut, <[ue d'après M. Guillaume Maillier les curés ne résidaient pas toujours à Broué.

Il faut en excepter toutefois ceux qui étaient natifs du pays et qui habitaient dans la maison de leur famille.

Le service du culte était alors assuré j)ar les vicaires.

Voici la liste de ceux dont nous avons pu retrouver les noms.

1510. — Thomas Méneray.

1540. — Philippe Manuel et Thomas Méneray.

1567. — Pasquier F Epicier, qui donna à la fabrique la

maison dite les petites escholesqui consistait en deux creux de logis et six perches de terre.

1585. — Jean Beranger.

1588. — Catin.

1590. — Bilheux.

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1593. — Marin Beranger jusqu'en 1612.

1615. — l>ebovoii ou Dehavac.

1626. — Jean Berenger.

1627 — Caillet.

163U. — Letimonville ou Letîmonière.

1638. — Nicolas Leroux.

1639. - id. et Caillé.

1641. — id. id. et N. Berenger.

1643. - - Pilors ou (lalois et id.

1645. - Gilles Kgasse et id.

1648. — Noël Berenger.

1651. — id. et Etienne Délaisse.

1665. — id id. et

1666. — (]laude Berenger chapelain de la. Charité, Es-

tienne Délaisse.

1679. — Alexandre Courbiet ou Corbel.

1681. — Plancbard ou Pinthard.

1682. — Hachet.

1684. - Mot vaux.

168^1. — Dujardin, puis Leroux et une 2* fois Dujardin.

1685. — Launionier ou Meunier.

1687. - Javielou Faviel.

1689. — Lotallier.

1692. — Jean de Navaîlle.

1697. - De Chalevois.

1697. — Nicolas Caillet.

1705. — Lambert.

1706. — Bernay. (était curé d'Epîeds).

1706. — Boisnard.

1708. — Guillautue Olivier, ne au Mesnil-Simon en

1678. « Selon le rapport de tout le monde, il ne confessoit point. Il avoit refusé la cure de La Chapelle parce qu'il avoit des

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terres dans Broué (jiril taisoit valoir. 11 a donné en 1632 la maison des vicaires qu*il avoit achetée de Philique Geuffroy dit Le Gras^qui y demeuroit comme fermier. » (1) déc. le 23 juin 1733.

1735. — Gilles Petit Pas, natif de Broué, nommé ensuite à la cure de Germainville.

1738. — Estienne Lemoyne, natif de Houdan, nommé

plus tard curé de Prunay-le-Temple.

1741. — Pierre Bonnet, né à Champagne qui devint

plus tard curé de l'église collégiale <le Saint-Etienne-de-Dreux.

1741. — Paul Brion, natif de Dreux, qui fut ensuite

curé de Croisilles.

1745. — Pierre Buisson, né près de Mantes, devint

prieur de Saint-Robert de Fossard en Perche. Après avoir été à laTrappe,il est mort dans son prieuré valant 800 livres, d'une chute qu'il a faite de dessus une échelle.

1752. — Caillou natif de Houdan. Il venait des Chàte-

lets, près BrezoUes, oii il avait été curé, puis il devint curé de Houdan.

1753. — Jacques Legoux, né près de Mantes, nommé

en 1754, curé d'Orvilliers.

1754. — Margat, né à Charpontet« mortpomonique à

a Escublay chez ses parents ».

1775. — Foissy, né à Monchauvet, eut des démêlés

avec le curé.

1759. — Richer, né à Courville,fut nommé curé de Saint- Nicolas des Champs. Il n'avait été que sept ou huit mois à Broué et le curé Dela-

(1) Tournois de Ronnevalet.

BROUÉ 181

selle « dans le feu de ses procès et pour

« punir la paroisse luy avait interdit de

a dire la première messe. »

De 1760 à 1764, toujours pour punir les paroissiens de

leur entêtement, il n'y eut à Broué « ny

vicaire ny capucin ».

1764. — Bernard Pipereau, né à Dreux, frère utérin du

principal du collège, fut nommé curé de

Germainville.

1767. — Hobert Michel Leniaire, natif de Senonrhes,

précédemment vicaire de Vîllette et Gam-

bais, devint régent du Collège de Nogent

le Rotrou, puis curé de la Charité sur Loire

où il mourut.

1776. — Péteil, natif de Saulnières, fut nommé con-

férencier de philosophie au séminaire d'Orléans puis curé de Sainte-Egobille, près Dourdan.

1777. — Bernard Caynier, natif de Dreux qui devint

curé de Bois le Hoy.

1779. — Marc Lelièvre, né à Bù, copieux versificateur

dont les poésies ont été imprimées dans les affiches ou gazettes de Chartres.

1783. — Paul Fallot, né à BuUion, près Dourdan, dont

nous avons déjà parlé plus haut.

1792. — Brossin, nommé vicaire le 10 mars.

1813. — Béguin, natif de Guitrancourt près Mantes,

nommé ensuite curé de Germainville.

1815. — Gilles Aulet, né à Broué en 1775, qui ne se

mit dans les ordres qu'après le décès de sa femme, née Maillard, de la Musse, commune de Boutigny. Ce fut le dernier vicaire de Broué.

^^ BHOUÉ

Indépendamment des ministres du culte cités ci-dessus, différents prêtres ont exercé leur sacerdoce dans la commune.

M. l'abbé Letellier d'Orvilliers, chanoine de Vernon, venait passer trois mois de Tannée dans son manoir d'Orvilliers, et il disait la messe dans la chapelle de sa maison seigneuriale.

Le P. Bourolle, gardien des Cordeliers de Vernon, a été aumônier et chapelain de Badonville peadant douze ans.

II avait succédé à M. Cantuel, Irlandais qui, étant aumronier du château, avait pris illégitimement possession de la cure de Broué.

Rêve Fi us de la Cure,

« Le titre le plus ancien que Ton trouve touchant la IL cure de Bi'oué est un accord qui fut fait entre le sieur « Guillaume du Chastel,curé dudit lieu, et les chanoines «t de Meung sur Loire et Tabbé et les relligieux de « Coulombs au sujet du gros et des dixiiies dudit Broué, a le dit accord passé devant Albéric ou Aubry qui a été « le 7()"évesque de Chartres et vivant Tan 12^i6 comme il « est marqué dans la table des évesques dudit Chartres des a (Euvres diverses de Fulbert, qui a été le 5^** évesque « dudit lieu, le KJ septembre 1240, en ces termes latins a contenus en un titre en parchemin escrit en gothique a où est encore attaché le sceau en cire. » (l)

(1) « Alhericus, dîviua inîseralione Ganuitensis episcopus, présentes

« littvras îuspeeluns, saluteiu in Domino. Noveritisqiiod eun» contre -

a versia seu Us coram nobis verteretur inter OuilleriBum de Ga9tel,recto-

« rem ecclesiae parochialisSanti Martini de Brodeto, actorem, ex una, et

« relligiosos vivos abbatem et conventum de Colunibis, nostre diœcesis,

« nec non decanum et capitulum MagdunensJs eooïesiîE, Aurelianensis

•( diocesis, patronos in conimuni praedirta* ecclosia» de Broeto, ex

« Il ne paraît par aucun autre titre qu'il y ait eu du « changement par rapport à la pei>ce})tion du gros de « la cure de Broué qui se paye encore sur ce pied « en 4714. Je n ay point trouvé non plus d'acte qui « marque la raison pourquoy les gros décimateurs ne « prennent point les deux parts des menues dixmes, « comme il est porté par le titre ci-dessus, ny pourquoy n le sieur curé suivant ledit titre ne dixme en troisième « partie les jx>is et lesauti^s grains ronds qui sont cen-

« altéra, super eo videlicel quod dicliis Giiillerrnus dicebat el asserebal « coram iiobis iii judicio se portionent minus congruaiii, minus suffi- « cientem liabere, eo quod in minutis deciniis prH^dicta sua parochia « nihil percipiebatel in |)ra'dialibus derem et octo sextaria grani dum- <f taxât per annum babebat etpercipiebal. Tandem dicta^ parles, noslris « authoritate et assensn, composuerunl in niodum qui sequitur, videli. « cet quod dictus reclor et ejus successores canonire banc parorhiaiera a ecclesiam iutrantes percipient et babei)unt de cetera singulis annis « tertiam partem per iiitegrum miniitarum deciniarum prîedicta? paro- M cbia» tam lanarum, agnorum, pellinm quam pisorum, fabaruro. Uni, « canabi et hortorum, duabus parti biis ipsaruui decimarum dictis reli-- « giosis de CoIuml>is, decano et capitulo Magdimensi praïdictis réservais tis in perpetinim et retentis ; insuper pereipient el babebunt dicti « reclor et ejus successores amodo annis singulis in festo santi Martini « hîenialis super dictis decimis pra^dialtbus ipsius parocliife per manus « actoris dictorum relligiosorum et dictoruni de Magduno apud dictuni a Broetum aut alterius^ de eoruni jussis et ordinatione, duos modios gra- « ni boni et sufficientis ad meiisuram Drocensem, videlicet sexdecim «( sextaria bladi et octo sextaria avene, quo mediante promisit ipse i< i^ctor nunquam de cetero inquietare dictos religiosos et capilulum <c Magdunense pr«dtctuin seu successores eorum super ipsa portione « congrua quam, ut promittitur, ratam habuit et gratam. Nos autera die- « tam compositionem de partium consensu gratam, firmamet stabilem « in perpetuum habentes et ad eorum petîtionem et successorum eo- « rujndem iaudavimus, approbavimus et ratificavimus. In quorum tes- « tiiaonium présentes litteras nostras ad rob<ir perpetuum praeraisso- « rum praedictis partlbus dedimus sigillo nostro sigillatas. Datum anno « Domini millesimo ducentesimo «| ndragesimo, décima tertia mensis « septembris, »

184 BROUÉ

a ses menues dixmes. Il est manifeste que, si les gros déa cimateurs exécutaient ponctuellement toutes les clauses « et conditions de cette ancienne transaction, les curés (( auroient certainement plus d'augmentation de dixmes.

<( A Tégard des dixmes des moutons et agneaux, il y « a eu un changement car il paroit par un papier journal « du nommé M'' Marin Beranger pour Tannée 1613 qu'il a jouissoit pour lors et recevoit la dixmes des toisons en (( essence et celle des agneaux aussi en essence, comme il il |)aroit par quantité de quittances escrittes de sa main (f dans ledit journal. Messire GuillBume MaiHier, son a neuveu et successeur, qui avoit beaucoup de parents « laboureurs audit Broué, fit un accord avec eux qui por- « toit que dorénavant et dans la suitte ils ne payeroient « plus les dixmes de moutons, brebis et agneaux que a sur le pied de douze deniers par chacune beste et que « chaque laboureur qui auroit un troupeau luy fourniroit a une journée de sa voiture ou harnois, et c'est ainsy « qu'elle s'est toujours payée depuis cet accord. Il y a eu « mesn\e sentence rendue à Iloudan contre le nommé (( Jean Loizeau qui refusoit de payer la dixme en essence, c( lequelfut condamné de payer suivant laccord fait par (( ledit sieur Maillier.

« Voici la sentence. »

« A tous ceux qui ces présentes lettres verront, Jé- « rosme Forest, conseiller du Roy Nostre Sire, bailly préce votai, lieutenant particulier criminel, assesseur au siège ce royal et bailliage de Houdan, Salût, savoir, faisons (( (lu'en la cause de messire Guillaume Maillier, curé de a Broué, diocèse de Chartres, demandeur, selon l'exploit c( de Caillou, sergent royal en ce bailliage le 19 juin 1652 a comparant en personne et par M. Etienne Guibourg, « son procureur, d'une part, contre Jean Loizeau, labou-

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« reur, fermier de la terre de la Bouillière, paroisse de a Dame Marie au nom et comme héritier à cause de a Sainte Blot, et Jean Hervé aussy à cause de Catherine <c Blot, de Guillaume Blot, leur père, deffendeur compa- (( rant par iM* Robert Guibourg, leur procureur, d'autre ce part. Ledit demandeur a persisté en ses fins et conclu- « sions, soutient y estre bien fondé en se faisant, confor- (( mément à deux sentences et jugements donnés en pa- (( reîl cas. L'une et première donnée de Monseigneur Téc( vesque de Chartres, le 13® jour de septembre 1240, entre a les doyens et chanoisnnes et Chapitre deMeung et les (( relligieux, prieurs et couvent de Coulombs d'une part, a et de messire Guillaume du Chastel, curé de Broué ; « et l'autre donné du sieur officiai de Chartres le 22 fé- « vrier ItilW au profit de messire Nicolas Vidie, curé de « Marchezais, et certain arrest de la Cour du Parlement « le 26 may 1619, donné entre messire Yves Charpantier (( curé du Meny sousMontfort de TAmaury, d'une part, et « messire Henry de Gondy, évesque de Paris, comme <i abbé de Saint-Magloire, et une sentence donnée en la a prévosté royale de Gambais, le 29 octobre 1630, entre « messire Pierre Carchois, curé dudit Gambais, Georges « Prévost, Gilles Lanquet, Michel Lerute Taisné et autres (( parts ; que lesdits défendeurs soient condamnés à luy a payer la dixme dont il leur y fait demande en essence, (( savoir : la 13** toison des moutons et brebis châtrées et <L le 13° agneau, la brebis afTranchie et aux dépends. Et « par lesdits défendeurs qu'il n'en a jaimais vu payer (( audit demandeur la dixme dont est question en essence <( comme il prétend, mais seulement à raison de 12 deniers a par chacunne beste à laisne tant moutons, agneaux que m brebis avec une journée de harnois par chacun débiteur « et par chacun an environ la Saint Jean Baptiste, ce qui

BRoufc (775+15 c.) 24

188 BRoué

(( a* toujours été observé et effectué entre ledit demana deur et ses paroissiens depuis qu'il a été curé, suivant a quoy ils offrent le satisfaire de laditte dixme [)Our ce « qui a été nourry et hébergé par ledit feu Blot en la « ferme d'Orvilliers, dépendante de la paroisse de Broué, « pendant les années 1651 et 1652, et que par iceluy dece mandeur a été répliqué que à la vérité, pour vivre à « lamiable et traitter doucement les paroissiens dudît « Broué, ses compatriottes, il avoit fait laditte convention V avec Toussaint t)ucliesne, Fleury Pelletier, Thomas « Souillard, Pasquîer Egasse et plusieurs autres princi- (( paux habitants dudit Broué sans tirer à conséquence a pour les controvenants audit égard et remise faite gra- « tieusement par ledit demandeur pour conserver paix (( entre luy et lesdits habitants, et |)artant que ledit feu a Blot et lesdits défendeurs ses enfans n ayant voulu ef- « fectuer laditte convention ny satisfaire ledit demandeur a de quelque façon que ce soit, soutient que lesdits dé- « fendeurs doivent estre condamnés à payer la susditte (( dixme en essence et aux dépends de l'instance soute- (( nue, et persiste au contraire lesdits défendeurs pour (( les raisons et moyens par eux ci-dessus allégués. »

« Sur quoy et lecture faitte de touttes les dittes pièces, (f il est que suivant et conformément à la convention faitte (( entre eux ledit demandeur et ledit Diichesne et con- (( sorts que lesdits défendeurs sont et les avons condam- « nés à payer audit* demandeur le droit des dixmes de (( moutons, brebis et agneaux que ledit feu Blot a nourris a et hébergés en la ferme d'Orvilliers pendant les années (( 1651 et 1652 à raison de 12 deniers par chacunne beste (( à laisne tant moutons, agneaux que brebis, ensemble (( deux journées de harnois pour lesdittes années 1651 et « 1652 et ne tirer à conséquence pour les contrevenants

BROUÉ 187

a à I avenir, et en outre avons iceux défendeurs condamné a aux dépends taxés à huit livres pariais. Si donnons en a mandement au premier huissier sergent royal en <ce « bailliage ou autre sur ce requis que ces présentes il a mette en due et entière exécution de point en point a selon leur forme et teneur et de .ce faire iuy donnons a pouvoir et commission, demandons à tous à qui il apa jmrtiendra qu'à Iuy en ce faisant il soit obéi. En témoin a de ce, sous le scel royal établi audit bailliage, cy rais a et donné par nostre Juge susdit le sainedy vingit-et- (c uniesme jour de mars mil six cent cinquante-quatre, a au plaid ordinaire ledit jour, tenu en l'auditoire royal a dudit Houdan, délivré audit demandeur ce requérant tf pour Iuy servir ce que de raiscm. »

« Srelli' le i ) juillet ifir* ^t . »

Signé : Fauquet.

Dur me autour des maisons de Jiroué,

c< Pour ce qui regarde les autres menues dixmes comme a chanvre, lin, cochons de lait^ clos et dosages, le sieur dc curé de Broué les dixme seul en 1714, et au territoire a de Broué il dixme seul tous les derrières des (champs « qui sont le long delà rue du Bois de Broué jusqu'à la a maison de Charles Macé et à celle appartenant à Nicolas a François qui est sur le chemin dudit Broué à MaroUes ; « tous les derrières qui sont auAsydes maisons de laditte « rue du Boifi du coté de Chartres. Il y a sur le ciiemin « dudit Chartres un grand enclos dit communément le « clos au Curé qui est aussy de la dixme curialle. »

a Le grand enclos de la ferme dit communément la flc mare Brûlée, contenant environ â arpents, dépend aussy

188 BROUÉ

<( de cette dixnie avec tous les derrières de la maison et « ferme appartenant aux héritiers de feu Charles Souil- « lard. »

« Il y a tout joignant l'endos appartenant en 1714 à a Pierre Venard qui se dixme aussy par le sieur curé les <( terres qui sont entre le dit clos et ferme du sieur Dureau, c( de Dreux, nommé les Gourdinières. »

(( La terre dépendante de la ditte ferme et qui est der- « rière se dixme de mesme jusqu'à un morceau de terre ce dans les champs dépendant de la ferme de Badonville.»

« Il y a aussy touttes les terres de derrières les mair « sons vers le creux chemin du côté dudit Badonville qui « se dixme de mesme. »

« Vers les enclos et démolitions d'un lieu au bout du « village par le chemin creux, appelé la Pcrsilletterie, a contenant environ trois quartiers, appartenant à Gilles « Marais Taisné, qui sont aussy derrière la maison de feu a Gilles Egasse jusqu'au chemin en allant à Marolles. »

« Il dixme aussy seul les clos d'Etienne le Houx, vis-à- « vis la mare Brûlée, et les derrières des maisons qui vont a vers la croix du chemin de Rosay, ditte des pèlerins, et (( les enclos de Jean Souillard jusqu'au bout des fondau tions de mur et jusqu'au cheuiin de la Chapelle ».

Fief de Saint-Martin.

a II y a entre Broué et Marolles un quartier de terre sur « le chemin du milieu qui appartient, en 1714, au nommé <( Philippe Geoffroy l'aisné, à cause de Marie Brunet, sa a femme, tenant d'un bout les terres de la ferme de « Marolles et d'autre bout le chemin du Milieu, lequel est « en la censivc du sieur curé de Broué et se nomme pour « cela le quartier de Saint-Martin. Le sieur curé de Broué

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« en reçoit seul la dixme, les cens, lots et ventes. H y a « deux déclarations qui en ont été passées, la l"^* par « Gilles Egasse Tayné en ces ternies : »

« C'est la déclaration des terres et héritages que Gilles « Egasse Tayné demeurant à iMaroUes, au nom et comme a tuteur des enfants mineurs de défunt Remy Geoffroy « et de Barbe Egasse, déclare audit nom qu'il tient et « avoue tenir à titre de cens annuel et perpétuel d'hon- « norable et discrette personne messire Guillaume Mail- « lier, prestre et curé de Broué, à cause de la ditte cure, « les héritages qui en suivent, iceux héritages portant « cens, lots, grands saisinnes et amendes et tout autres a droits seigneuriaux, quand le cas y eschet suivant la coua tume du bailliage de Chartres, dont la teneur s'ensuit.

« Premièrement, une pièce de terre labourable au tera roir de Marolles contenant un quartier mouvant du a propre audit mineur, tenant d'un côté les hoires de « Guillaume Blot, d'autre côté le sieur de Sancourt, d'un « bout les terres de la ferme de Marolles et d'autre bout <( le chemin du milieu à Broué, chargé de cens envers « leditsieur curé au prix de douze deniers tournois par u chacun an pour toutes charges, payables le jour et feste m de Saint-André, ensemble de la dixme, le tout juste et « suivant le contract d'acquêt qu'avoit ci-devant fait le- « dit Egasse.

« Fait le huitiesme Jour de février J6ô(k »

Signé : Egassk.

La seconde déclaration est le bail de la mèiue pièce de terre consenti dans les mêmes conditions, le i7 décembre 1674, à Jacques Brunet, marchand demeurant à Broué.

« Les autres dixmes que possède le sieur curé sont des

WO BROUÉ

€ iioyalles qui sont situées à Badonviile, la (irîguetterte, a laDnQuetterie, Bécheret, MaroUes, les déserts du hais « de Broué, le clos Cattin et le clos d'Orvilliers.

Dixme de Badonvitle.

« l^r les différents baux des dixmes curiaUes faits par 4x les sieurs curés de Broué au seigneur de Badonville et tL .a«x «fermiers en différents temps, on coanoîstra que les c -petittes dixmes se sont augmentées à mesure que l'on a iy défriché des taillis et pâtures qui étoient autour du « bois qui est encor planté audit lieu.

« <Le premier bail qui est de 1609, porte ces termes :

K ifixtratt des registres de Fiacre François, taibellion « à Orotté, substitut juré etcomis, et tabellion audit lieu « stouft les sceaux royaux du comté et bailliage de c Dreux. »

« fit premièrement, du quatriesme jour de jawvier de- « Tant midy en la maison dudit juré en 1609, fut présent « honneste pei*sonne Guillaume Maillier, ferm^ier et recèle veur de la terre et seigneurie de Badonville, lequel a « reconnu et confessé que ci-devant il aurait pris j^ar « titre de ferme et pension d'argent de vénérable et dis- « crette personne messire Jean Berranger, curé, »et fa- « brique de M. Saint-Martin de Broué, c'est à sçavoir ce « qui étoit de laditte ferme de Badonville, tenu en dixme € à cause du bénéfice de la cure dudit Broué. »

« Premièrement, une pièce assise au bout du bois de « Badonville, appelée le Cul d'Enfer, contenant dix-neuf « arpents ou environ ; une autre pièce le long du bois « idu côté vers Champagne, contenant dix-sept arpents «ou € environ ; une autre pièce en pointe du messne cété, « trois arpents ou environ, tous les clos en général dudit

«' BadDayille et par spécial tx>ut ce qui est en dixmeB et <i qui doit dixme audit Béranger, curé, suivant les anciens « baux et aussy pour raison des menues dixmes du corps a du logis résultant du ménage de la maison comme moua tons et autres bestiaux et ce pour le temps et terme entre ce eux composé. Et donc pourquoy étant ainsy de luyfaitte « par ledit Maillier, que ledit Maillier Ta bien et duement a payé du prix entre eux convenu qui est de la somme de « dix huit livres et un voiag« de bois chacun an, ledit Bé- « ranger 1 a acquitter et déchargé de toutte ladîtte prise et a de fait a promis Ten tenir quitte vers tous et contre tous, a présent et passé, et sans ])réjudice de Tannée dernière a et avenir, qui est en terre, pour lequel ledit Maillier sera <c tenu payer, promettant, obligeant, renonçant, etc. »

« Fait es présence d'Anthoine Clément, demeurant à c( Marchezais, de Jean Guerout, clerc demeurant à Broué, « témoins qui ont avec ledit juré et lesdits Maillier et « Béranger signé la minutte des présentes suivant Tor- « donnance.

Signé : François.

Le deuxième bail, consenti à Nicolas Gauthier est daté du 10 février KvM.

Indépendamment des pièces désignées dans le premier, il est question a d'une pièce de huit arpents ap- (c pelée le petit Badonville ».

Le troisième bail est un acte sous-seing privé passé le 17 juin 1657 entre Guillaume Maillier, curé de Broué, et messire Charles Dumansel, chevalier, seigneur de Saint- Léger, Badonville et Broué, moyennant une redevance' annuelle de 150 livres tournois, payée par ledit seigneur.

a Pour ce qui est des trois arpents en pointe situés au- « dit Badonville, il y a eu un gros procès pour raison de

192 BROUÉ

<c la dixme 1698. Bernard Forest, curé de Boutigny qui « prétendait les dixmer contre le sieur Honoré Aulet, curé « de Broué, qui soutenoit l'avoir toujours dixmé, Tavoir a toujours été par ses prédécesseurs. Enfin après bien (( des frais et des escritures de part et d'autre, ils s'acc( cordèrent entre eux. »

Après la démolition des maisons de la Giguetterie, vers 1692, les terres nouvellement ensemencées furent considérées comme novalles et, comme telles, relevèrent de la cure de Broué pour le paiement de la dîme.

Il en fut de même de la Drouetterie et des clos d'Orvilliers nouvellement défrichés.

Le 23 novembre 1758, il fut dressé par Hemy Maréchal, notaire à Broué, un inventaire des titres et papiers de la cure.

De Texamen de cet inventaire, il ressort que la cure de Broué possédait 22 arpents 30 perches de terre et une maison. Sur cette quantité il y en avait 576 perches de Tanciea domaine de la dite cure qui étaient exemptes de dîmes.

Revenus de la FahrU/ue,

D'après le papier terrier de la Fabrique dressé en 1773 par Gharpantier, elle possédait à cette époque 42 arpents 26 perches de terre.

Un inventaire des titres, dressé par M. Legrand, curé de la Chapelle, nous apprend qu'elle avait autrefois 98 arpents 56 perches de terrain, mais il a dû en être aliéné pour acquitter les travaux d'agrandissement de l'église et de construction de la tour.

En 1704, le même inventaire accuse la possession de 88 livres 3 sols de rente, représentant un capital d'environ 1760 livres.

BROUÉ 193

1 10 titres en parchemin et 42 en papier, dont le détail existe en l'inventaire ci-dessus mentionné, ont été remis le 27 octobre 1793 au procureur syndic du district de Dreux par les soins de M. Dablin, maire de Broué.

En Tan III, il n'est plus question que de 3 arpents 17 perches de terrain. Les récoltes qui &y trouvaient furent vendues aux enchères et ont produit la somme de 3584 livres.

Comme la plupart des églises, celle de Broué fut dépossédée au moment de la Révolution d'une partie de son mobilier.

Nous avons déjà dit plus haut ce qu'il avait été fait des cloches ; voici de nouveaux renseignements en ce qui concerne d'autres objets.

Le 15 octobre 1792, le citoyen Louis Egasse, maire, procéda à l'inventaire des effets d'or et d'argent servant au culte.

11 trouva.

Une croix d'argent avec le dépouillement de son bâton pesant ensemble. (> livres.

Deux pommes de bannière, aussi d'argent, pesant ensemble, I livre 1/2

Un plat d'argent avec ses burettes pesant ensemble. 2 livres.

Le 1 1 frimaire an 11, le Conseil général de la commune arrêta que cette argenterie serait portée à la trésorerie nationale, « pour estre employée à l'utilité de là République «.

Le 18 pluviôse an 11, les objets suivants furent portés aux membres du Directoire révolutionnaire du district de Dreux :

Deux calices en argent pesant 6 marcs 2 onces 6 gros

Deux patènes 1 — I — 3 —

BROUÉ (775+15 c.) 26

194 BROUÉ

Un ciboire 1 marc » onces (> gros

Un soleil [ :} ^ 7

Une custode 2 — l —

Une coquille 3 — I —

Deux vases à huile 1 marc 2 onces

Le reçu est signé : Lemaître, Dagron et Hequet.

Le 21 pluviôse an II, furent vendus aux enchères difierents objets tels que cordes de cloches, pierres d'appui des croix de Bécheret, du bois de Broué, du Moulin, etc., lambris et autres croix pour la somme de 15 livres 7 sols.

Le 3 ventôse an II, il fut procédé à l'inventaire de tout ce qui restait dans la ci-devant église.

Tous les objets, croix, bannières, chandeliers, vêtements sacerdotaux, draps mortuaires et autres ornements au nombre de 27-^1 furent envoyés à Dreux.

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