III. — Confpépies
Dans le catalogue des bâtons des confréries adjugés en 1771, nous relevons les suivants :
1"* Le bâton de saint Martin, adjugé à M. Dablin.
2"* Le bâton de saint Roch, à M. Augustin Berranger.
3*" Le bâton du Rosaire, à M. Jacques Aulet.
4** Le bâton de saint Sébastien, à M. Gilard.
S"* Celui de saint Jacques, à Pierre Contet.
Comme on le voit ci-dessus, il existait à Broué plusieurs confréries.
Les deux plus importantes étaient celles du Rosaire et celle de la Charité ou de Saint-Sébastien.
« La confrérie du Rosaire fut érigée sous le gouvernea ment de M. Maillier, curé de Broué, en 1632, sur la re- <( questre présentée à Monseigneur Tévesque de Chartres
BROUÉ 195
« qui a répondu par son grand vicaire, et érigée par le a révérend père Lefebvre, prieurdes Jacobins de Chartres, a le dimanche le 12 septembre audit an, acte passé pour « le tout. »
« Il est manifeste que dans sa création, on n'a pu la ce former sans auparavant obtenir de Rome des indul- « gences accordées dans touttes les confréries pour en- « courager ceux qui veulent s'initier. »
« D'un temps immémorial on n'a jamais vu de pro- « viseur, sinon du temps de M. Delaselle, curé, qui étaa blit le père André Hébert, drapier, qui a été gardien de a plus de 800 livres données par les héritiers de M. Ghara pentier qui, de son vivant, fut régisseur et receveur de c( la ditte confrérie. »
« La nomination du Rosaire se fait conjointement a celle « des marguiliers de la fabrique par le même acte. »
« 11 demeure proviseur en charge pendant deux ana nées consécutives. » (| )
D'après le papier terrier de cette confrérie on constate qu'elle possédait vers 1770 : 6 arpents 94 perches de terre, et 9 livres 5 sols 3 deniers de rente.
Le titre le plus ancien que l'on trouve touchant les do-
nations faites au Saint-Rosaire est un parchemin passé devant Gauthier François, notaire à Broué, le 25 mars
Par cet acte, messire Nicolas Vidie, curé de Marchezais, natif de Broué, donne une somme de 32 livres « pour « estre constitué à rente au profit dudit Rosaire et pour (f estre la surté et assurance perpétuelle d'une messe pour <t les parents dudit sieur Vidie, qui doit estre dite à la dé- (i charge dudit Rosaire tous les ans dans le mois de mars
(1) Manuscrit Tournois de Bonnevallet.
196 BaouÉ
« ainsy qu'elle est marquée dans le vieux Mortuologe, au a 24* jour dudit mois. »
La confrérie de la Charité de Broué était placée sous l'invocation de saint Roch et de saint Sébastien.
« On ne peut contredire que rétablissement de cette a confrérie est très pieuse et très sainte, si on en suivoit « Tesprit et les sages règlements. »
« Son institution a commencé, selon le vieux Mortuologe, en 1583, le 29 octobre, érigée par contract devant Gauthier François, confirmé à Chartres le 12 mai 1585 et authorisé à Rome par une bulle d'indulgence à perpétuité, le 15 février 1611, receu et approuvé à Chartres en may
Voici le texte de cette bulle :
« Pardon général deplénière réiuission el autres indulgences spéciales octroïées à perpétvilé par nostre Sainct Père le Pape Paul cinqviesme, à tovs les confraires, et sœurs de laConfrairie Messieurs Sainct Sébastien, Sainct Roch instituée et érigée en léglise de Monsieur Sainct Martin de Broiïé, es iour cy après déclarés, portés par la bulle de Sa Sainteté.
« Paul kvesqle Serviteur des seruiteurs de Dieu, à tous fidelles chrestiens, qui ces présentes lettres verront. Salut et Bénédiction Apostolique. Estans sur terre Lieutenàtde celuy qui c'est luy mesme offert pour nous expier, et purger par sa mort et nous donner à tous accès, et entrée en sa patrie céleste, nous élargissons volontiers ses dons, qu'il nous a acquis et laissez en très grande abondance par son sang, à tous fidelles, affin de les exiter plus ardemment à la Religion et piété enuers Dieu. Partant, comme ainsi soit (selon que nous auonsesté certiorez) qu'il y ait en 1 église parrochialle de Saint Martin de BroCié, diocèse de Chartres, vue pieuse, et dénote con-
BROUÉ i97
frairie des fidelleB chrestiens de Tvii et l'autre sexe, canoniquement érigée, et instituée soubz l'inuocation de Sainct Sébastien, et Sainct Roch, à la louange de Dieu tout puissant, au salut des âmes, et au souslagement du prochain, non toutefois spéciale pour les viuants, les confraires de laquelle nos chers et bien aimez enfans ont coustume d'exercer beaucoup d'œuures de piété, charité, et miséricorde : Nous donc, désirans, que ces confraires de la dicte confrairie, et ceux qui y seront en leur temps, soient entretenus en Texercice de ces œuvres pieuses, et cy après soient incitez de plus en plus à les exercer, et autres fidelles chrestiens à entrer en icelles confrairie, et que la dicte église, ou bien Tautel de la dicte confrairie dressé et posé en icelle soit en plus grande réuérence, et fréquenté plus honorablement et déuotcmêtd'iceux fidelles chrestiens : Nous confians sur la miséricorde d'icelluy Dieu tout puissant, et sur l'auctorité de ses benoists apostres sainct Pierre et sainct Paul, donnons et élargissons, de l'auctorité apostolique par la teneur des présentes à tous et chacuns iidelles chrestiens de l'vn et l'autre sexe, vrais pœnitens, et confes, qui cy après entreront en celle confrairie, au iour de ceste leur première entrée, indulgence et rémission plenière de tous et chacuns leur péchez, pourueu que auparauant d'y entrer ils aient receu le tressainct sacrement de l'Eucaristie.
« Item, la mesme indulgence, et remission plenière à Tarticle de la mort, tant aux susdits que à ceux qui sont de présent, et seront chacun son temps, confraires d'icelle confrairie : au casqu'ils soient aussi vrais pœnitens, etconfez, et repeus de la sacrée communion, si faire se peut, si non au moins qu'ils soient contrits : pourueu qu'ils inuoquent et réclament de cœur, s'ils ne le peuuent faire de bouche, le sainct sacré nom de Jésus.
198 BROUÉ
n Item, aux mesmos contraires semblablement vrais pœnitens, confez, et refectionnez de la mesme communion qui visiteront tous les ans la susdite église de Broilé en la feste de solemnité dudit sainct Sébastien, depuis les premières vespres iusque à soleil couchant du iour de ceste feste, et là feront deuotes prières à Dieu pour l'extirpation des hérésies, le salut et santé du Pape, la conuertion des hérétiques, Texaltation de la saincte Eglise, et pour maintenir la paix, concorde etvnion entre les princes chrestiens, la mesme indulgence et rémission plénière à chasque faite susdicte, qu'ils feront ce que dict est. Plus nous donnons, et élargissons aux mesmes confrères, lesquels pareillement vrais confez et repantans, et ayans receu le mesme tressainct Sacrement de TEucharistie , visiteront la dicte église es iours , festes et solennitez dudict sainct Roch, de Toussaint, du dict sainct Martin et de la Nativité de sainct Jehan Baptiste, et prieront comme dict est cy deuant, sept ans et autant de quaranteines de vrays pardons.
« Finallement parla mesme teneur des présentes et de la mesme auctorité apostolique nous relâchons misericordieusement en Nostre Seigneur a iceux confrères toutes et quantesfois qu'ils assisteront comme frères seruans au seruice diuin, qui se fera en la dicte église, ou aux congrégations, et assemblées tant publiques que particulières, (jui se font pour exercer quel œuvres de piété, ou aux processions tant ordinaires, que extraordinaires, soit de la dicte confrairie, soit quelconques autres, qui se feront par le congé, et permission de l'ordinaire, ou à ensepuelir et inhumer les trespassez, ou accomj^agneront le tressainct sacrement de rEucharistie, lorsqu'il est porté à quelque malade ou qui estans empêchez de ce faire au son de la clochette qui en donne le signe et aduertissement, à ge-
nous fléchis diront un Pater nosfer et un Ave Maria pour ce malade, ou réduiront quelque personne à la voie de salu, et enseigneront les commandemens de Dieu et toutes autres choses, qui consernent le salut de Tàme, à ceux qui les ignoreront, à chaque fois qu'ils exerceront aucune de ces bonnes œuures, soixante iours des pénitences, qui leur auroient esté enioinctes, ou autrement, aux quelles en quelque sorte que ce soit-, ils seroient tenus et obligez, les présentes estans à perpétuité pour ladvenir ; vray est que
nous voulons, que si la dicte confrairie aesté cy deuant,
ou est ci-après unie, associée et annexée en quelque manière que ce soit à quelque Archiconfrairie, pour obtenir ses indulgences, ou y participer, ou pour quelque autre raison et occasion que ce soit, les premières et toutes autres lettres apostoliques, ne luy puissent aucunement seruir, ains seulement celles cy, toutes autres luy estans nulles en effet dès à présent.
« Que si autrefoisà cause des choses susdictes, ou pour quelque autre occasion, nous auions concédé et octroïé aux susdicts confrères quelque autre indulgence à perpétvité, ou bien pour quelque temps non encores finy, expiré et accompli, nous voulons et entendons, que cesdictes présentes ne soient d'aucune force et valeur-. Donné à Rome à Sainct Pierre, Tan de Tincarnation de nostre Seigneur mil six ces vnze, aux Ides, c'est-à-dire le treiziesme iour de Feburier : Et de nostre Pontificat Tan
septiesme.
Signé : lo. B. GORONATVS.
Et, sur le reply, Nadot.
« Scellée en plomb auec cordellettes de fil rouge et iauneà double queile.
a Nous soubzsigné préstrc lirentier rs droicls, chanoine et archidiacre en Têglisc de nostre Dame de Chartres ; vicaire général en spirituel
200 BRoué
et temporel de réuérendissime pèn* en Dieu, messire Philippe Hurault de Cheverny, évesque de Chartres ; après auoir veu les indulgences octroyées par nostre Saincl Père le Pape Paul cinquiesrae, par sa Bulle cy dessus donnt'e à Rome, à Sainct Pierre, le treiziesme iour de Feburier mil six cens vnzc, Tan septiesnie de son pontilicat : A tous ceux qui visiteront l'église parrochialle de Sainct Martin de Broiié, suiuant et conformément à l'intention dudict Sainct Père, auons permis lesdictes Indulgences estre publiées es églises parrochiales de ce Diocèse. Si mandons aux curez et vicaires d'icelles les recepuoir et |)ul)li(!r au prosnes de leurs grandes messes parrochialles. Faict à Chartres, ce huicliesiiic iour de mav mil six cens douzo.
Ainsi signé : Girakdot.
Kt plus bas : Mollot.
« Les îours ordonnez pour gaigner les pardons et indulgences sont les iours et festes de saint Sébastien, de sainct Jehan Baptiste, de sainct Roch, la Toussainct et sainct Martin, depuis les premières Vespres iusques à soleil couché de chacune desdictes festes. »
Au dessous, on lit :
« lléimprimé pareil à l'original par les soins de Claude Hébert de Broiié, Prévôt de ladite confrairie, ce 20 janvier 1777. >»
Kn tète de cette bulle réimprimée existent trois vignettes : celle de gauche représente les armes du Pape Paul V ; dans celle du centre sont agenouillés deux pèlerins invoquant la sainte Vierge et saint Joseph; enfin, celle de droite nous donne les armes de la maison royale de France.
u Les fondateurs dans le point de la création de. la « confrairie, ont établi des lois sages et des statu très « conforme à aporter Tédification dans le publique et le « bon ordre et Tunion étroitte entre eux. »
« Mais ils ont dégénéré de ces fins de la charité, ils c( ont voulu effacer les traces sages de leurs ancêtres en
BROUÉ 201
(f instituant des nouvelles coutumes bizarres qui causent « les désordres et les partialités. »
« Ils épuisent souvent leur thrésor par des fondations (( insolites telles qu'ils veulent que dans leur corps, à la « mort des femmes des frères de charité, on leur fasse « un service aussy solennel que à l'inhumation d'un « prestre. »
« Or, quels services rendent ces femmes, sinon de a blanchir leur rabat. »
<< La dignité de frère devient à présent héréditaire à « leur famille. » (1)
Cette confrérie comprenait en 1777.