‹ Archives du diocèse de Chartres (volume 3)Chapitre 22 sur 55 · V. — Pèlerinages. — Confirmation et autres oépémonies · texte numérisé non relu

V. — Pèlerinages. — Confirmation et autres oépémonies

relijjieuses.

De temps immémorial, un certain nombre de paroissiens de Broué prirent l'habitude de faire le pèlerinage de Saint-Jacques de Compostelle en Espagne.

Indépendamment de Pierre Leguillon dont nous parlons plus haut et qui partit en 1660, il est évident qu'avant 1516, d'autres pèlerins avaient accompli le même voyage.

En efl'et sur l'un des meneaux d'une fenêtre du chœur de Téglise se trouve, sculpté dans la pierre, un écusson de Saint-Jacques, placé sur un bourdon de pèlerin et portant une besace sur son champ. •

" En l'année mil six-cens quatre-vingt-seize, partirent de Broué, en la manière et cérémonie ordinaire, pour faire le voyage de Suint-Jacques de Compostelle, Jean Contet, charpentier, et Jean Noi'l ; lequel Jean Noël mourut sur le chemin. A l'égard du sieur Contet il revint heureusement, bien fatigué, ayant party dans une saison bien fâcheuse. Il fust reçu à la Croix aux Pèlerins par honorable et discrète personne M, Honoré Aulet, prebstre curé de Broué, qui commença le Te Deum, et conduit devant le maître-autel où il rendit grâce à Dieu de luy avoir donné la force de revenir d'un si long voyage. »

a En l'année I7()i), le 27" jour d'aoust, partirent de 1 lipoué, avec la cérémonie ordinaire pour faire le voyage

du bienheureux Saint-Jacques de Compostelle en Es- : pagne, après avoir fait leurs dévotions dans l'église de

« Broué, assistés de leurs parents et grande multitude de ce peuple, la plupart ne pouvant leur dire adieu, fondant u en pleurs, les nommez cy après, scavoir Jérosme Bizeau, « René Brenou, Nicolas Dablin, Gilles Geffroy âgé de 19 « ans et le plus faible, et Guillaume Dagron. Les trois pre- « miers nommés reprirent la route vers leurs parentsaprès « avoir esté quérir des larmes à Vendosme. A Tégard de « Gilles Geffroy et Guillaume Dagron, ils firent heureuse- « ment le voyage en 4 mois et furent de retour le 2 jan- « vier 1701, et reçus par honorable et discrète personne, « messire Honoré Aulet, prebstre curé de Broué, avant c< la première messe, assisté de chantres, qui commença « à chanter le Te Deuniy et des officiers de la ditte église « scavoir, Urbain Marin, Philippe Geffroy, marguilliers, et « Louis Desvaux, maréchal et principal chantre, et con- « duits dans Téglise avec grande joie de leurs parents et n de tous les assistants quy pour lors estoient en grand c< nombre. Lesquels Geffroy et Dagron ont déclaré n'avoir « souffert beaucoup en leur voyage, et revenant ils renie contrèrent à Poitiers le triomphant et magnifique con- « voy du duc d'Anjou, fîlz de France, qui allait en Espace gne prendre possession du royaume en 1701, assisté de < toute la cour et noblesse de France, et ce sous le glo- « rieux règne de Louis le Grand de Bourbon, roy de « France et de Navarre. »

« Jeudy 10 de may 1781, à 4 heures du matin n'ayant « point été avertie que indirectement et incidemment, à c< cause d'une grande sécheresse qui désoloit toutte la « campagne, on a été à Sainte-Jamme par Mézières et par « Saint-Simphorienoù j'ay dit la messe haute. Dans cette « procession il y avoit les trois quars de la paroisse, « presque tout le clergé composé de six en me comptant, « sans compter les petits clercs de 7, et les frères de la

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« Charité en ordre. Dieu nous a fait la grâce d'avoir de (( l'eau et trois jours après une assez grande quantité a d'eau avec un furieux orage. » (1)

« Le mercredy, le 16 de septembre 1778, à midy trois « quarts, sans croix et sans bannière, moy et M. le vicaire a etlemaîstre deschoie, revêtus de nos surplis, nous « avons conduit en deux lignes droittes, savoir les gara çons et les filles, les petits garçons en teste et les pe- « tittes filles aussy en teste et chacun selon son rang et « son âge, à Havelu pour estre confirmés, dont le nombre a est de cent quatre-vingt-quatorze, depuis sept ans jus- « qu'à cinquante-huit ans. A trois heures a commencé la « cérémonie de confirmation dont nos gens ont été con- « firmes les premiers à Textérieur de Téglise de Havelu « avec ceux de Marchezais et de Serville, excepté ceux de « Havelu quy ont été confirmés dans Tintérieur de l'église « et après la cérémonie nous nous en sommes retournés « dans le mesme ordre en chantant les litanies des Saints, « et arrivés tous à nostre église excepté deux ou trois de « Marolles et trois de Bécheret quy se sont cschappés ; « arrivés à nostre église de Broué, nous avons chanté le « Te Deum et le Sub tuum pnvsidiuniy et cela à sept heures « du soir. » (â)

« Le jeudiG mai 1841, à neuf heures du matin. M*"* Claude « Hippolyte Clausel de Montais, évêque de Chartres, est M venu donner dans l'église de Broué le sacrement de con- « firmation. Il était accompagné de M. l'abbé Sureau, vi- « caire général, et de MM. Haran, curé de Prouais, Hu- « bert,curé de Boutigny, et Girard, curé de Goussainville, « qui y ont amené leurs paroisses et M. Tabbê Aulet, curé u de Broué. Ce même évêque avait confirmé la première

(1) Tournois de Bonnev{illet , {2) Idem.

ce fois à Broué au mois de mai 1825 et il y est venu dire la messe le 8 juin I8li5 qui était le lundi de la Pentecôte, ic ayant confirme la veille à Goussainville. »

u Le vendredi 3 juin 1859 à neuf heures du matin, •< M**" Louis Kugène Kegnault, évèque de Chartres, est c venu dans la même église donner le sacrement de con- « (irmation. Il était accompagné de M. Olivier, chanoine i' titulaire, secrétaire général de révèché, MM. llaran^ *< curé de Prouais, Perdreau, curé de Faverolles et Saint- »< Laurent-la-Gàtine par intérim, qui ont amené leurs con-» « firmants, et M. l'abbé Marneur, curé de Broué, qui pré- « senta sa paroisse. MM. les curés de Goussainville et << Marehezais ont assisté à la cérémonie, y (I)

Une cérémonie identique eut lieu dans Téglise de Broué en 189)1 au moment du passage dans la paroisse de M*"^ François Lagrange, alors évê({ue de (Uiartres, M. Tabbé llarranger étant curé de Broué.

« Le 10 avril 1859, M. Tabbé Lapierre, chapelain de '< Notre-Dame de Chartres, est venu à Broué faire Térec- '«.tion du chemin de la croix dans Téglise dudit lieu. i< MM. les curés de Prouais et Marehezais ont assisté, u ainsi que M. Tabbé Marneur, curé de Broué, à la dite u érection. »

Voici le récit de la cérémonie religieuse qui eut lieu le jour de Tarrivée de M. Hey, seigneur de Badonville et Broué.

«' Dimanche, le 10 de février 1782, M. Hé nouveau sei- «< gneur, est venu recevoir Thonneur seigneuriale à a l'église, au son du cariUon des cloches, au son des <* tambours, de trois violons, des fliHes et hautbois. « Sans aucunnc arme M. (*t M'"'" Ué sont venus en carrosse

il) Frcdërir J)agri)n.

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« chez moy à neuf heures trois quarts au matin. Alors « tous le clergé en habit d'église avec la croix et ban- « nière et les chantres revêtus de leurs plus belles « chappes, nous sommes venus les chercher chez moy. « Les nouveaux seigneurs étant dans le milieu du clergé " devant le célébrant, le diacre et le soudiacre revêtus <• de tuniques, excepté moy célébrant, revêtu d'un rocher '< camail, d'une estol et chappe en chantant Benedictus, (( Ensuitte à la porte de l'église, de celle des deux grands « batans, je luy ai fait mon compliment sur son éléva- « tion à la dignité seigneuriale ; après je leur ai donné « l'eau bénite par aspersion et leur ai donné Tencens. i' De là je les ai conduits en leur banc étant derrière le « clergé en chantant 7V Deum et quoique c etoit la Quin- " quazésime, on a chanté la messe au jour de ce dimanche « avec touttes les lumières devant tous les autels et avec (r diacre, soudiacre et les chantres, revêtus comme nous « des plus beaux ornements, en signe de joie et de recon- (( noissance, et après la messe toutte la paroisse les a « reconduits jusques à Badonville. Us ont donné aux « hommes quatre louis et à moy chez moy, six louis pour « les pauvres de Broué et de Béclieret. »

« Le mardy 12 février les femmes de Broué sont venues « au château de Badonville faire leur compliment en ver « avec quatre couplets de chanson (1) à la louange de « monsieur et madame et ont dansé, et ont receu deux « louis. » (2)

M. Tournois de Bonnevallet nous raconte ainsi qu'il suit les petits ennuis que lui créait son continuel désaccord avec ses vicaires.

(1) Nous aurons l'occasion de reparler de cette chanson an chapitre des Coutumes locales.

(2) Tournois de Bonnevallet.

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« Le dimanche IH de novembre 1781, M. Lelièvre a

« annoncé la Sainte Catherine sans m avertir, et luy ayant

« représenté que le jour dimanche à venir étoit un joui;

« solennel, qu'il ne pouvoit dire la messe de sainte Cathe-

« rine, mais celuy de la Sainte Trinité, et d'ailleur que par

« les status synodeaux, on ne pouvoit célébrer aucune

« confrairie, mais qu'il remit la confrérie au lendemain

« selon la rubrique, ou bien que Ton porta le pain bénit

« des filles sans aucune ostentation ny murmure. »

« Mais le samedy avant la Trinité, les filles me sont

« venu voir à 7 heures, scavoir la fille aisné de André Hé-

« bert avec la fille aisné de Pierre Contet et la fille de

« Denis la Ferté, ou malgré que je leur ai représenté le

« scandale qu'elles commettroient si elles mettoient des

i< lauriers et des bouquets à leur pain et je leur ai con-

« scillé qu'elles se contentassent de présenter leur pain

« à bénir sans aucune ostentation de laurier et lierre. »

« La Hébert Taisnée m'a effrontément répondu que le a pain bénit seroit orné de laurier, et c'est ce (jui est '< arrivé. »

« Le dimanche dernier de la Trinité, deux filles ont « porté leur pain bénit orné de trois branches de laurier « de la hauteur de trois pieds et des lierres. Il y avoit i< trois pain bénit accumulé les uns sur les autres pen- « dant la première messe, et pendant que nous chantions « Laudes le vicaire leur a bénit les trois pains. »

« Bien plus, la Hébert a poussé l'effronterie de pré- « senter elle-mesme du pain bénit dans un corbillon, à « moyen premier, dont jay refusé en luy disant qu'elle « me laissa dire mon biéviaire, et de cesser son chemin, « qu'il ne convenoit point à une fille de présenter du pain « bénit dans Téglise. Le tout s'est passé avec murmure et « trouble : le sieur vicaire a affecté de prolonger avant

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«t et pendant la première messe pour leur faciliter de (( donner leur pain bénit. »

« Knfin le mesme jour, les filles c'est-à-dire les domes- « tiques et d'autres de moindre maison, n'ayant aucune '< fille de laboureur, ont doAué, dit-on, un paih à inanger « avec les garçons et après vespres, les filles, pour cou- « ronner leur fête, ont été touttes ensemble présenter leur 'f chanteau à Denis Laferté le fils, non marié, et de plus « ont dansé dans le carrefour avec Tunion des garçons. »

« 11 est à remarquer que M. le vicaire s'est emparé des « offrandes à la messe ; il est vray qu'il a dit la messe de <( la Trinité. »

« Si ont veut croire la cronique publique c'est luy qui u en est le principal auteur. »

« La veille de Saint-André, c'est-à-dire le 29 de no- << vembre au soir, les garçons, scavoir 8 ou 10, sont ve- « nus me trouver et me commander la fête de saint « Nicolas, leur patron, avec promesse qu'ils ne met- (( troient point de bouquet au pain bénit et qu'ils ne << prieroient point les filles, uy qu'ils ne danseroient point, « et enfin que tout se passeroit avec la plus grande mo- « destie. »

« Vaincu par tant de motifs, je leur ay promis la feste, « mais ayant entendu par quelque personne notable que « leur intention étoit d'inviter les filles à la messe et <( porter leur pain béni avec la mesme pompe et que K les filles dévoient venir à l'offerte et bien plus qu'elles ff se dévoient trouver à leur banquet du soir. »

M. Tournois dit ensuite qu'il refusa de se prêter à Torganisation de « cette confrairie de galanterie » et qu'un pain bénit de 24 livres offert par les garçons <k ne fust point bénit ny par luy, ny par le vicaire ».

« Le 16 de novembre I78îi, j'ay fait lecture d'une lettre

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i< circulaire de Monseigneur révesque de Chartres par « laquelle il exhorte tous les curés à ne point soutt'rir à la « messe de minuit de Noël, rassemblée des bergers et a bergères avec agneaux. Cette cérémonie, il la regarde <c comme scandaleuse et indigne de la sainteté des mis- « tères et mesme imitante les orgies des payens. »

« Le mardy, 25 novembre I78;i, après avoir fait un ser- « vice solennel le matin avec encensement avec Texposi- « tion de la tombe dans le chœur, sur les trois heures et « demie du soir, sans avoir été averty, tout le clergé as- « semblé avec les frères de la Charité, nous nous sommes « avancés au delà de MaroUes à 400 pas du côté de « Goussainville, au devant des chariots funèbres couverts <c d'un drap mortuaire, à huit chevaux attelés aussy de « drap noir, où étoient les cercueils de MM. le comte et « la comtesse de Toulouze, deux autres cercueils qui ren- « fermoient le prince Lamballe, de Monseigneur le diic « de Pinthièvre, prince d'Anet. Son espouze étoit la duce chesse du Maine. Là, après avoir requis le prestre |)ar " plusieurs fois, Tausmonier des corps qui aparu après « avoir fait mon compliment de condoléance et les 12 cha- « riots étant arrestés et surtout sur celuy qui transportoit « les corps morts des princes, revestu en dehors de la hau- « teur de neuf pieds d'un grand drap mortuaire sur croix c( blanche de moire d'argent, le reste en velours quy pen- « doit jusqu'à terre ; accompagné de ses vallets de pied « en noir, au devant de quatre pages aussy en noir, « revestus de crêpe, portant des lances la pointe en bas « avec des crêpes. »

« J'ay demandé la permission d'accompagner les corps tf avec toutte la solemnité ecclésiastique. Ayant chanté f( devant les corps et fait laspersion d'eau bénite et les « encensements, dès que j'ay fini rorai8on,on fait avancer

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« les chariots avec un train de poste ; quoique nos croix « et nos bannières et aux frères de la Charité ayant suivi «^ avec la inesme vitesse que les chariots, j'ay céddé et je « me suis entourné seul, abandonnant le clergé, n'ayant u cependant aucune volonté de ne recevoir aucun argent. » « Cependant les chariots se sont arrestés un peu au <( delà de Marolles, m'ont demandé et m ont attendu de « temps un bon quart d'heure, et quand ils ont vu mon « absence, ils ont jette la valeur de six livres dans cet « endroit de Marolles, en pièces de douze sols et vingt- « quatre sols. »

« Les corps ont été transportés à la collégiale de Saintce Etienne de Dreux. »

« Cette pompe funèbre a coûté au prince l^iO.OOO a livres (1). »

Le curé Tournois nous apprend dans son manuscrit qu'il eut beaucoup de différends avec Louis Egasse, procureur fiscal.

Celui-ci, en qualité de marguillier, donnait des ordres dans l'église, supprimait des boiseries, en faisait établir de nouvelles, le tout sans le consentement du curé ni des habitants.

Un désaccord s'en suivit ; des assignations et des sommations par ministère d'huissier furent échangées de part et d'autre. La paroisse était dans le plus profond désarroi et ces discordes ne finirent que par la révocation du procureur fiscal qui. depuis, n'osa plus reparaître au lutrin où il était chantre.

M. Tournois de Bonnevallet nous raconte ainsi qu'il suit un fait scandaleux arrivé à propos de statues.

« Il plut au triumvirat, c'est-à-dire au sieur vicaire,

[l) Tourqois do Boiuieyallet.

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« procureur fiscal et un nommé Pierre qui étoient les « chefs et maistres al)SoIus de tous les ouvrages de l'é- « glise. de leur propre authorité déplacèrent saint Sébas- « tien et saint Roc de leur place dans le sanctuaire à « Taide des autres et selon le bruit commun que certains n vendirent ou du moins reçurent de l'argent ; et un autre « habitant voitura dans une brouette saint Sébastien, « parce qu'il étoit fait de piastre et haut de quatre pieds w passés ; mais le maistre du quidam contraignit le voi- « tureur du saint de le remettre dans l'église, mais une u femme par simplicité le fit emmener chez elle et saint « Koc fust emporté chez une autre femme, toujours avec « argent,et les chefs du triumvirat avoient l'intention d'en t« faire autant de deux autres chapelles et du Père Ëter- (( nel. »

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