Blondeau, id
Elle possédait 12 arpents 98 perches de terre et 17 livres 3 sols 6 deniers de rente.
(1) Tournois de Boniievallet.
BROUÉ (775+15 c.) * 26'
202 BROUÉ
Voici, d'après M. Tournois de Bonnevallet, quels étaient les us et coutumes de cette confrérie.
(' Le prévost est deux ans en charge. »
« Depuis trois ans, les bons frères se sont ingéré de « nommer un prévost sans aucun consentement du curé. « C'est à la Saint Sébastien. »
« Ce jour là on fait un gros pain bénit pesant au moins (( 18 ou 20 livres. »
c( Ce jour, ils communient presque tous ; c'est un peu « tard quand on ne s'en approche qu'une fois. »
« Ce jour, ils soupent et souvent la dépense va jusqu'à « ^ livres 10 sols par teste, et les amendes de l'année « servent à payer le fricot. »
« Autrefois, le bâtonnier de Saint-Roch sy rendoit (( gratis.
« La veille et le jour de ce saint, on va processionnel- « lement chercher le bâton et on le reconduit avec la (( mesme cérémonie, la veille et le jour, dans la maison « du bâtonnier. »
« Là, sont plusieurs gâteaux et les conducteurs man- H gent, et boivent plusieurs bouteilles de vin avec des « saints et trinquent ensemble. Grâce au ciel, cette gour- (' mande coutume ne subsiste plus.
« Quand il meurt un frère, huit jours après et la veille (( du service, le tout est annoncé par la sonnerie de trois « cloches. »
« Quand un frère est mort, on le veille la nuit deux à « deux avec les deux flambeaux toujours allumés et la « croix au pied du corps* »
« Leur usage est d'enterrer les corps des personnes qui M sont enregistrées dans leur confrérie, quelquefois jusu qu'à 7 lieues. »
BROUÉ 208
« Ils prennent x;e que on leur donne. La coutume des « parents est de leur donner une légère collation.
« Ils vont sai>8 estre assistés d'aucun prestre ».
« En partant ils vont cérémoniallement jusqu'à ce qu'ils « ayent passé le village, et en chemin sans aucun ordre, <( sinon qu'en arrivant ils vont en corps. »
<( Un autre mauvais usage, c'est qu'un frèreest frère de « la charité tout le temps de sa vie, et, après sa mort, « c'est ou son fils ou son frère qui prend la robbe. Ce qui « est «cause que la rohbe reste plus de cent ans dans la « même famille, ce qui fait murflaurer bien des parois- « siens qui désireroient qu'après 5 ou dO ans ils fissent « place à un autre. »
« Voilà à présent les coutumes, sans rapporter d'autres « que je passe sous silence, qui seront un jour la cause « de la décadence de tout le corps. »
La prophétie de M. Tournois de Bonnevallet devait se réaliser, car l'un de ces festins pantagruéliques du jour de Saint-Sébastien, que nos bons frères consommèrent un vendredi, fut la cause de la suppression de la confrérie par M. Tramblay, curé de Broué.
TV. — Maison presbytérale et maison vicariale.
Comme nous l'avons déjà dit plus haut, les titulaires de la cure de Brouté ne résidaient pas dans leur paroisse, à rcMception toutefois de ceux qui y étaient nés, qui tous logeaient dans leur maison paternelle.
Quand le curé Aulet Honoré résigna ses fonctions en fa^veur de Esprit Charpentier, qui était d'Oulins', la paroisse dût pourvoir à son logewient.
204 BROUÉ
Déjà vers 1600, Jean Oudard laisné, fondateur de la confrérie des SS. Sébastien et Roch, avait fait don à cette confrérie d'une maison destinée à loger son chapelain. Ce Jean Oudard et sa femme partirent pour faire le pèlerinage de la Terre sainte, à Jérusalem, et jamais ils ne reparurent dans le pays.
La fabrique échangea cette maison pour des terres qu'elle céda à la Charité, suivant acte dressé par Chenel, tabellion à Dreux, le 27 mars 1645.
Le 21 mars 1614, la fabrique vendit sa maisoi\ à Robert Berranger, charron, moyennant 240 livres, et elle n'eut plus de presbytère.
Le prix servit à payer les ouvriers qui édifièrent la tour du clocher.
Le curé Esprit Charpentier fut donc obligé de forcer la paroisse à lui procurer un logement.
Voici le procès-verbal de l'assemblée qui eut lieu à ce sujet.
« En 1706, le dimanche 18 avril, à l'issue des vespres c( dites et célébrées en l'église paroissiale Sainct-Martin (1 deBroué, au son de la cloche, en la manière accoustu- <( mée, se sont assemblés en commun, au devant de la
« grande porte et principale entrée de la ditte église, les « habitants de la ditte paroisse de Broué quy sont : « Urbain Marais, syndicq perpétuel de laditte paroisse, (( Philippe Geffroy, l'aisné et le jeune, Gilles Geffroy, « Honoré Aulet, procureur fiscal dudit lieu, Nicolas France cois, marguilier en charge, laboureur, Jean Barbier, « journalier, Jean Bonnet, chartier, Louis Bonnet, labou- (( reur, Julien Délaisse, boucher, Estienne Desvaux, tail- <( leur d'habits, Jean Guinant, Nicolas Bellejambe, Jean (( Souillard, cordonnier, François Chérier, Charles Souil-
BROUÉ 205^
a lard, laboureurs, Marin Brenou, maistre d'eschole, « Pierre Bonnet, Nicolas Guillaud, laboureurs, Alcime « Vallée, marchand, Gilles Egasse, officier du Roy, « Gilles Petitpas laboureur, Pierre Hébert, maréchal ; « Guillaume Bérenger, fermier des dixmes, laboureur, et u Louis Desvaux, aussy maréchal, tous habitants de laditte « paroisse, assemblés, comme dict est, au devant de la « ditte église le dict jour dix huit avril mil sept cent six, « issue des Vespres, lesquels après avoir esté avertis à la « messe paroissiale de rassemblée à la ditte heure « d'issue des vespres pour délibérer ensemble des affaires « de laditte paroisse et notamment sur une assignation « quy leur a été donnée à la requeste de M** Esprit Charce pentier, prebstre et curé dudit lieu, par Belois, huissier « royal, le dimanche 28® jour de mars, an présent, aux fins « d'estre condamnés conjointement, solidairement et en « commun de faire faire incessamment un presbitaire et « maison où ledit curé puisse faire sa demeure, confor- « mément aux déclarations du Roy et notamment sui- « vant Tarrest de la cour du parlement de Paris, du « 14 mars 1673, et une déclaration du Roy du 18 fé- « vrier 1661, et après avoir conféré et délibéré entre u eux sur laditte assignation, ont représenté audit sieur « curé qu'ils étoient tous hors d'état, pour le présent, « de faire construire à neuf un presbitaire tel qu'il est en « droit de demander, suivant laditte déclaration du Roy « et ledit arrest du parlement, et que de fait il demande « par laditte assignation. Auxquelles considérations le- « dit sieur Curé a bien voulu suspendre les poursuites de « sondit exploit et faire sa résidence dans une maison ap- « partenantà la faibrique dudit lieu, laquelle estant entrés « mauvais estât, comme il paroit par un procès-verbal <i de visite quy a esté faict de la ditte maison par le
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« sieur Terrier, curé de Houdan, en vertu d'une ordon- « aance de Monseigaeur Tévesque de Chartres, estant (( au bas d'une requeste à luy présentée pour cet <( effet, laditte ordonnance en datte du 13 mars 1704 ; « laditte requeste présentée par ledit sieur curé de « Broué et marguilliers estant pour lors en charge. « Lesdits habitants pour éviter une seconde visite « des Juges royaux que ledit curé estoit prêt de laire « faire, ont reconnu laditte requeste et procès-verbal « juste et approuvé dans tput leur contenu, et comme « de droict, il tombe à leur charge de loger ledit « sieur curé, et nuiietnent à la fabrique, ont consenti « que laditte maison soit réparée et mise en bon et suffi- « sant estât, afin que ledit sieur curé y puisse aisément « et commodément loger, et pour cet effet, ont authorisé « les niarguilliers de délivrer les sommes de deniers qu'il « conviendra pour parvenir à faire les réparations néces- « saires à laditte maison, à la charge, par lesdits mar- « guilliers de tirer acquit et quittance des ouvriers pour « leur en estre tenu compte et ont promis de dédomma- « ger laditte église en tems et lieu, si besoin est, et re- « noncent à jamais inquiéter ledit sieur curé, ou les ayant- « cause, au lait des réparations grosses et menues dela- « dite maison, tant présentes que futures, le tout sans « déroger aux dits édits et arrest cy-dessus déclarés, dont « et de tout cecy lesdits habitants m'ont demandé acte à « eux accordé ; et ainsy et dont ils promettent, et s'o- « bligent, et renoncent ; et ce fut faictet passé et arresté ff audit Broué, au devait de la gramie porte «et principale « entrée de Téglise duditlien, 'Cn la présence «de Marin « Lavigne, laboureur, demeurant aux Pinthières, et <le a Marin Brenou, élève, demeurant audit Broué, témoins <* qiiy ont signé avec lesdits habitnnts et ledit curé, sui-
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« vaut Tordonnance et la minutte des présentes, Idditte (( minutte contrôlée à Beu le 19 avril 1706(1). »
Signé Bled, quy a reçu 5 sols 6 deniers.
Signé Marchand.
La fabrique était rentrée en possession de la maison vendue en 1644, en payant aux, héritiers Béranger la somme de 650 livres.
En 1711, M. Du Manselle, seigneur de Badonville, fît un don de 650 livres à la fabrique pour différentes fondations.
Avec cet argent messire Esprit Charpentier fit l'acquisition de plusieurs immeubles notamment d^une maison appelée depuis la maison curiale et qui est ainsi désignée :
« Un lieu et maison en quatre creux de logis sous un « mesme toit, savoir deux chambres à cheminée, une « grande boutique et un grand cellier dessous sur la rue « et un four à l'autre bout sur la mare, le tout couver de « thuile avec une cour et jardin et un clos contenant ce environ demi quartier, le tout tenant d'un costé la rue « tendant au moulin ou à MaroUes, d'autre les hoires de « Nicolas Besnard, d'un bout la rue tendant au chemin (c de Mantes, d'autre bout ledit chemin du moulin, esti- « mé 250 livres, et en la censive de M. de la Salle, nou- « veau seigneur dudit Badonville et du sieur doyen de « Meung (2).
Cette maison a été acquise des héritiers de Catherine Béranger par contrat passé devant Marin Marchand, notaire à Broué, le 13 octobre 1712.
En 1772, cette maison était encore la propriété de la cure car nous trouvons une note dans laquelle le curé
(1) D'après Esprit Charpentier.
(â) La maison curiale appartient aujourd'hui (1902) à M. Besnard- Dagron et est habitée par M. Narcisse Bellois.
Tournois se plaint d'avoir dépensé de ses propres deniers, 300 livres à faire reconstruire les murs.
Nous avons vu plus haut qu'en 1732, Guillaume Olivier avait fait don à la fabrique d'une maison qu'il avait acquise de Philippe Geffroy.
Cette maison, appelée depuis le vicarial, consiste « en « une grande grange couverte enthuile, à côté une autre « petite grange ouverte par deux portes ; de plus unquarré « large de douze à quinze pieds couvert de carreaux, une « grande chambre à cheminée, un petit cabinet séparé (( par une cloison de sapin avec des ais pour soutenir des « bouteilles qui ont été laitte avec les fourneaux vers « 1770 ; une autre chambre quarrée ouverte sur le jardin, « et de plus une autre chambre auquel on y monte par « deux marches de bois ; de plus une autre petite grange « pour mettre du bois, longue de 14 pieds, élevée de « près de 20 pieds, et une cave voûtée ouverte par la « mesme grange ; des commodités faittes vers 1770, deux « greniers de la longueur de la maison bourgeoise, le (( premier quarlé en son entier et le second, d'un, bon « pied plus élevé, couvert de terre grasse. Du temps de « M. Olivier il y avoît une grande mare sous la fenestre « dans le coin du mur de la rue, pavée en dedans, pro- « fonde et large qui a été détruite et comblée après la « mort du dit vicaire. »
Le mobilier appartenait à la maison et les vicaires qui se succédaient se servaient des mêmes meubles et du même linge.
Nous avons trouvé deux inventaires de ce mobilier, le premier fait en 1768 par M. Lemaire, vicaire ; le second, le 17 mars 1792 par l'officier municipal en présence de M. Brossin, vicaire.
Ce mobilier fut vendu aux enchères le 7 octobre 1 792
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et le produit servit à acquitter les frais de construction de la sacristief.
La maison elle-même fut vendue depuis. Elle existe encore aujourd'hui (1902) et appartient à M. Camu-Dagron.
A propos de la maison presbytérale, nous avons trouvé une transaction faite par le curé avec les habitants de Broué, le 9 octobre 1768.
En voici la teneur.
« L'an mil sept cent soixante-huit, le dimanche neuf- « viesme jour d'octobre, à l'issue des vespres paroissiales « de la paroisse de Saint-Martin de Broué, par devant « moy Nicolas Maufray, notaire royal juré commie à Groi- « sille, Broué, la Chapelle Forainvillîers, Goussainville « et autres lieux, sous le principal de la principauté d'Ace net, demeurant audit Groisille, soussigné. »
« Furent présents et sont comparus en leurs personnes « M* Jacques Joseph Tournois de Bonnevallet, prestre « curé de Broué, y demeurant, d'une part, et Claude Gi- « lard, chartier et marguillier en charge ; André Mohier, « sindic ; Jacques Aulet, laboureur ; Marin Richard, bourcc geois ; Gilles Egasse, laboureur; Jean Marais, laboureur ; « Nicolas Contet, laboureur charpentier ; Jean Haslé, me- « nuisier; Jacques Blondeau, chartier ; Gilles Hébert, dra- « pier ; André Hébert, aussy drapier ; Pierre Loizon, ma- « réchal à Marolles ; Jean Hubert, serrurier; Jean Ma- <c réchal, chartier; Nicolas Pichot, chartier; Estienne <c Prunier, couvreur; Thomas Cholet, chartier; André « Mohier, père du sindic et autres manants et habitants « de la dite paroisse de Broué faisant et représentant la « plus grande et la plus sainne partie des dits habitants, « d'autre part. »
^ « Etant ce jourd'huy assemblés à la tablette de l'œuvre « et fabrique de Sainct-Martin de Broué au son de la
BROUÉ (775-}-15c.) 27
210 BROUÉ
« grosse cloche en la manière accoutumée, après que j3u- « bliçations des choses cy-après déclarées ont été faittes <i par trois jours, celui-ci compris, aux prosnnes de la « grande messe paroissiale dudit Broué, par ledit sieur « curé dudit lieu, lesquelles sieur curé, sindic, marguil- (( liers, manants et habitants de la ditte paroisse de Broué, « après avoir conféré et tenu conseil ensemble et pour « entretenir paix et amitié entre eux et pour éviter les « contestations qui pouroient arriver par la suitte, ont « aujourd'huy convenu, transigé et accordé entre eux a à Tamiable, en forme ce qui suit :
« Premièrement que selon la plus commune oppinion a comme d'un temps immémorial, il appert que ny dans « les anciens contracts de la fabrique de Broué ny dans « ceux de la cure dudit Broué qu'il n'y a jamais eu de pre- « bistère (curiale), attendu que les prédécesseurs curés de- « meuroient autrefois dans des maisons particulières de « laditte paroisse, sinon le sieur Esprit Philippe Char- « pentier qui a fait sa poursuitte juridique en entrant « contre les habitants qui par un accord fait avec luy « ont permis et authorisé audit sieur Charpentier de de- « meurer dans la maison dépendant de la fabrique de « Broué qui servoit de maison pour les chapelains de la « confrérie. »
« Vu aussy les procès pendant au Parlement intentés (( par les marguilliers, habitants et autres contre les héw ritiers du feu sieur curé Charpentier pour les obliger « par leurs poursuittes à faire faire les réparations de « laditte maison, usufruitières, et lesdits héritiers s'en « déffendent par un accord fait avec lesdits habitants, « lequel procès dure depuis dix ans sans estre ny vou- « loir poursuivi de part et d'autre. »
« Vu aussy que le sieur curé Delaselle son successeur
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si qui a demeuré pendant deux ans et demy sans vouloir « y intervenir dans leur dit procès concernant les répa- « rations de laditte maison, et que ledit sieur curé actuel « avant que d'y entrer a fait sommer par le sieur Morize, « à Houdan, à la sortie de lagrand'messe, les marguilliers, « si ndic et habitants^ qu'il entre dans laditte maison en « contestation sans s'y obliger aux réparations passées, « présentes et avenir jusqu'à ce qu'il soit décidé autrec< ment par la cour à ce sujet ; comme aussy il a été pré- « sente par les plus notables habitants, marguillier, sin- « die et autres, et curé de laditte paroisse que la mesme « maison étoit dans une grande ruine par la couverture « et sur le moment de tomber et d'être non logeable, sur « la réquisition dudit sieur curé, que il a exposé q.ue sa « vie n'étoit pas en surté, et en danger si on n'y remédie, « lesquelles ruinnes seroient par la suitte très dispen- « dieuses pour laditte fabrique et très coûteuses pour la ce paroisse et dans ce cas, de demander un nouveau logées ment aux paroissiens. »
« Vu tous les motifs et les présentations qui ont été « exposés à la tablette, en ce jour et en conséquence de « ce, sans cependant déroger aucunement aux droits que « prétendent les marguilliers ou héritiers pour les procès « en litige ou prévus contre ledit logement, en y interve- « nant nullement dans leurs dits procès intenté et indécis « au parlement de Paris, les marguilliers de laditte face brique, proviseur, avec l'agrément de messire Antoisne (f de La Salle, haut et puissant seigneur de laditte paroisse ce et autres lieux, sindic, habitants, curé dudit lieu dans ;< une assemblée d'habitants pour ce sujet, publié aux « prosnes des messes paroissiales par deux dimanches <c précédant et celuy-cy, convoqué et assemblé au son a de la cloche paroissiale dudit lieu à la tablette ce jour-
212 BROUÉ
« d'huy neuf octobre de la présente année, lesquelles par- « ties ont unanimement et conjointement, sans aucune « opposition ny empêchement, consenty et approuvé les « clauses et conditions qui suivent : »
« Premièrement qu'il sera fait au dit bâtiment une « bonne, valable et loyable visitte de réparations grosses « et usufruitières et locatives par un expert ou deux au « choix du marguillier actuel, lesquelles visittes sans « autres formalités se feront seulement sur tous les bâti- « ments dépendant de laditte fabrique sans y adjoindre « les autres bâtiments appartenant aux héritiers du dé- <L funt sieur curé Charpentier. »
« SECOMDEME^T authoriseut les dits habitants le marguil- « 1er en charge, consentent et approuvent qu'il soit fait a un devis avant lesdittes réparations et que lesdittes « réparations soient faittes au choix respectives des ha- « bitants et marguillier en charge soit par tâche, journée « ou adjudication au rabais à la volonté et intention « desdits habitants. »
« Troisiesmement avant le payement des dittes répara- « tions il sera faitte une seconde visitte par le marguil- « lier en charge et autres ; lesdittes réparations faites cn- « (in, il sera présenté au marguillier en exercice un juste w et exacte fidel compte par les ouvriers pour constater (( lesdittes réparations qui seront faittes. »
« Quatriesmement pour ne point diminuer le revenu et « ménager les intérêts de la ditte fabrique chargée déjà « de trop grands employs qui la mettent déjà hor d'état « de subvenir aux frais de Téglise dudit Broué, les susdits te habitants, sindic^ marguilier en charge et proviseur du « saint Rosaire authorisent et consentent et permettent « aujourd'huy et par la suitte que pour la confection des- « dittes réparations qui seront faittes à laditte maison il
« soit pris par le marguillier en charge la somme qu'ils « conviendront avec l'ouvrier sur les deniers du thrésor « du saint Rosaire, déposés chez M. Hébert, ancien mar- « guillier comptable dudit rosaire, de la somme de huit à a neuf cents livres, plus ou moins, demeurant le dit Hé- « bert à Broué, pour payer les ouvriers des réparations « faittes à la ditte maison, et si il advenoit que les de- « niers dudit thrésor ne fussent pas suffisants, ils autho- « risent le marguillier et les dits ouvriers d'avoir recour « à celuy de la fabrique dudit lieu jusqu'à achèvement du « payement. »
« CiNQuiESMEMENT le payement pour la ditte maison vi- « sitée et réparée comme il sera convenu et dû aux dits <' ouvriers et avec luy se fera en deux paiements pendant (c deux années entières, le premier payement commencera « le premier janvier mil sept cent soixante et neuf jusque « au mois de décembre inclusivement de la mesme an- « née, et le deuxiesme depuis le mois de janvier mil sept « cent soixante-et-dix jusque au mois de décembre en « suivant de la mesme année. Les dits ouvriers seront « tenus de ne point poursuivre le marguillier en charge « avant l'eschéance convenue. »
« SixiESMEMENT Icsdits habitants présents et acceptant u s'opposent aux poursuittes juridiques qui pouroient se a faire par la suitte par le marguillier en charge, par luy « ou par d'autres qui demanderoient que laditte maison « fut diminuée, entendent et consentent, les mesmes i< habitants que la ditte maison demeure en son entier « sans changement ny augmentation. »
<( Septiesmement que ledit sieur curé, luy et ses suc- « cesseurs dès à présent et pour toujour demeureront « paisibles possesseurs de laditte maison^ et ny aucun « marguilier, ny luy ny qui que ce soit ne les troubleront
214 BROUÉ
« ny inquiéteront point, ny luy, ny ses successeurs, ny « directement ny indirectement, ny exigeront en aucune « manière les loyers de la. maison réparée ny la donner « à loyer selon la présente transaction. »
« HuiTiESMEMENT pouT empeschcr toutte contestation « qui pourroit arriver pour la division et partage des bâ- « timents appartenant à laditte fabrique d'avec les héri- « tages des héritiers dudit défunt sieur curé Charpentier. (( adjoignant à laditte maison communément regardée « curiale, et authorisent le marguillier en charge sans « autre formalité qu'il soit fait une muraille de division « à la dilligence et aux poursuittes de quy il appartiendra, « ayant examiné auparavant les contracts des deux « parties. »
« Conditions du sieur curé, ce quy suit :
« Premièrement le sieur curé actuel pour entretenir la <t paix avec ses paroissiens siguiRe aujourd'huy pour tou- « jour que son intention est de n estre poin compris ny « dans les frais du procès quy a été avant ces présentes « pour les réparations de laditte maison ny en aucunne « manière dans les anciennes réparations pour la raison « que ny luy ny le sieur curé Delaselle ny ont point in- (( tervenu en aucunne façon dans leur dit procès. »
« Secondement le dit sieur curé après les réparations « urgentes et nécessaires et visitte de laditte maison ré- (( parée loyalement promet et s'oblige dès à présent et <c pour toujours à ses frais et dépens, luy et ses cohéri- « tiers à faire faire les réparations selon les ordonnances « du royaume, usufruitières et locatives, sans touttefois « s'obliger aux grosses réparations, promet également (( d'entretenir la ditte maison dans son entier sans dimi- « nuer ny augmenter sinon à ses frais et dépens, ny en- « semblement de ne point inquiéter les habitans pour
BROUÉ 215
u demander un nouveau preshitère, se trouvant contant
« et satisfait de laditte maison qui doit estre réparée. »
« Troisiesmement que ledit sieur curé ne sera poin
M compris dans les frais ny dans les payements pour les
« réparations actuelles et constatées aujourdTiuy, attendu
ce qu'il a trouvé laditte maison en entrant en ruinnes,
« n'étant poin l'hauteur des dégradations faittes avant
« luy, sans toutte fois s'exempter nullement des répara-
« tions ordinaires après que laditte maison sera rétablie
« comme il s'est engagé dans l'article second. »
« QuATRiESMEMENT le sicur curé sans aucunne interrup-
« tion s'oblige et s'engage d'année en année de s'ac-
c< quitter sans exiger rien de la fabrique des messes et
« offices dits des trois Maries qui doivent estre acquitées
« en deux fois seulement, fondées par les fondatteurs de
«c laditte maison qui doit estre réparée, consent que le
« marguillier pour lors en charge que sur la somme de
a cent quatre-vingt livres de ses honoraires il luy soit
« déduit les dittes messes et offices fondés pour laditte
<€ maison par le fondateur desdits bâtiments appartenant
c< à la ditte fabrique selon le dernier règlement de Mon-
« seigneur l'évesque de Chartres.
« GiNQuiESMEMENT couseutent et permettent lesdits
« mesmes habitants assemblés que la maison de l'es-
« choie soit rétablie et logeable et que le maistre d'es-
« choie quy doit y venir jouira sans aucun changement à
« la mesme condition de Hébert, approuvé par le sieur
« curé et la paroisse et que les réparations constatées
(c seront aux charges et aux dépends de laditte fabrique
H sans qu'il soit besoin d'un nouveau consentement des
« habitants. »
« Enfin lesdits habitants, sindic, marguillier et le sieur
« curé de laditte paroisse assemblés consentent que le
216 BROUÉ
<r présent accord fait aujourd'huy entre luy et les paroîs- « siens cy dessus dénommés, demeure notable, perma^ « nent, fiice pour toujours, sans aucun trouble ny discu- « tion pour le sieur curé et ses successeurs, et sera déli- « vré unne expédition des présenttes en parchemin es « mains du marguillier en charge |îOur estre mis au thré- « sor de cette fabrique et une expédition es mains du (c sieur curé aux frais et dépends d'icelle fabrique, de « laquelle transaction d accord ledit sieur curé compa- « rant nous avoit requis et demandé acte à eux octroyé <( pour serviret valoir en temps et lieu ce quede raison. »
« Fait, passé et arresté audit Broué, à la tablette de « Téglise dudit Sainct-Martin dudit lieu.
« Le sieur Curé et habitants présents ledit jour et an « que dessus en présence de Jacques Philippe Letartre, « maistre d'eschole, demeurant à Serville et de Remy « Maréchal, tailleur d'habits, demeurant à Chaudon qui « ont avec partie desdits habitants et le sieur curé et « nous notaire signé; et la minutte a esté controllé à « Dreux le dix-sept octobre audit an mil sept cent soi- H xante et huit par le sieur Delangle qui a receu treize « sols, et a signé avec paraphe. »
(c Plus basa signe.
« Mvui-RAY, notaire à Croisilles, pour Broué, »
La visite fut faite le 24 février 1769 par Jacques Gontet charpentier ; Jacques Venard, maçon ; Jean Haslé, menuisier; Chenel, couvreur ; en présence de Claude Gillard, marguillier, et de Maufray le jeune, écrivain.
Ces experts jugèrent que des réparations étaient urgentes et en dressèrent immédiatement un devis s'élevant à la somme de 651 livres.
En Tan H, Guillaume Durvie, maçon, fit encore des répa-
DU rHbSDYli,»t DE BHOUÉ fc.N IBTlH
ftnor^: 219
rations importantes au presbytère ; elles se montèrent à 3aO livres.
Le 22 mai 1808, il fut procédé à Tadjudication au rabais des travaux de réparation et de construction d'un four neuf au presbytère. Le travail fut entrepris par Guillaume Dagron moyennant 150 francs.
En 1826, Pierre Contet refit la charpente d'une partie du presbytère de Brouè
Une nouvelle adjudication au rabais eut lieu le 20 juin 1858 et le sieur Nicolas Pouchet, maçon à MaroUcs soumissionna pour une dimininution 0^02 par franc sur le montant du devis qui s'élevait à 693 francs 05 centimes.
Enfin en 1901, il fut procédé à la réfection complète de la couverture et à l'appropriation intérieure de la plupart des chambres d'habitation. Les travaux dirigés par M. Avard, architecte à Dreux, ont été exécutés par MM. Maurice et Pasquier, entrepreneurs à Houdan, et Auzanne, menuisier à Germaînville. Ils s'élevèrent à la somme d'environ 4000 francs.