INSTRUCTION PUBLIQUE
l'^. — Création et installation des écoles.
HACE aux archives que nous avons pu consulter, nous avons reconnu que de temps immémorial, la commune de Broué a été dotée d'une école.
Primitivement, ce devait être une école de charité tenue par les vicaires ; elle semble n'avoir été dirigée par un maître que depuis 1567.
Aux termes d'un acte dressé par Robert Beranger, notaire à Broué, le 3 juin 1567.
'< Messire Pasquier rKpicier, prestre à Broué, a donné « à la Fabrique une maison, appellée les petittes escholes, « contenant deux creux de logis et six perches ou ence viron, entre levicarialle et Jean Marie pour sa maison, « et devant la ru, les dittes esclioles eschangé en 1710 « par la fabrique avec Marie Rose qui pour les escholes « a donné un creux de logis avec ses dépendences dans « la cour prebisteral, et laditte Marie-Rose estant en « possession par eschangé des petites escholes les a « vendu à messire Charpantier moyennant une somme
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M fort modique, vers 1724, par acte devant Garnier, no- « taire à Saint Laurent de la Gâtine. » (1)
Cette maison servit d'école jusqu'en 1769.
a A l'arrivée de Michel Allain, en cette année I7.GÎ), « la fabrique luy a loué une maison avec le jardin proche, <( touchant la maison du sieur Claude Harang, chirurgien, « louée par M. Letellier laboureur à la Chapelle sur le « pied de 23 ou 24 livres. (]ette maison venait de Charles « Geffroy, tourneur qui Ta eschangée avec Letellier pour « un bon arpent de terre vers la mare brûlée. » (1)
Le i''" décembre J771, les habitants de Broué, réunis à la tablette firent « une transaction ou nouvelle condition « pour les escholes de la paroisse de Broué » dont voici les deux premiers articles, touchant les locaux scolaires et le mobilier.
« Phemiêremext comme d'un temps immémoriale la fart brique de Broué a toujours logé gratuitement ses « maistres d'eschole, comme il apert par la maison de (( monsieur Pasquier l'épicier, eschangé par la fabrique " avec une autre, qui a toujour été occupé par les maistres, « consentent et permettent lesdits paroissiens que ledit « marguillier en exercice payera le loyer de laditte mai- « son que occupe maintenant ledit Laisné, et cela annuel- " lement aux dépans de laditte fabrique sans rien exiger « dudit maistre pour ce loyer, vu que la maison que oc- <' cuppoit Alain ancien maistre d eschole est insuffisante « et incapable de contenir tant d'escholiers. »
« Secondement, lesdits habitans consentent aussy que u le marguillier en charge fasse placer au dépend de la « fabrique deux longues tables, chacune de quatorze « pieds de longueur sur deux pieds et demie de largeur,
il) Arrhivos de la labriquc.
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la 1" pour les garçons, la 2" pour les filles et plusieurs autre bancs, tant pour assoir les escrivains des deux
< côtés des dittes tables que pour servir aux petits, tant
< garçons que filles, et qu'il tirera mémoire des dits bancs
< qui seront inscrits audit registre pour que ledit maistre
< ou son successeur en rendent compte et lesdîts bancs i resteront pour toujour aux escholes dudit Broué. » (1)
La maison de Nicolas Laîné parait avoir servi de maison d'école jusqu'à la tourmente révolutionnaire.
A cette époque, l'école de Broué fut fermée, puis réouverte en ventôse an II, mais dans un autre local ainsi que le témoigne la délibération suivante.
« Aujourd'huy vingt-huit ventôse, l'an second de la u République Française, une et indivisible, en vertu de la « loi du 29 frimaire dernier qui destine au soulagement de a riiumanité souffrante et à l'instruction publique les « presbitaires des communes qui ont renoncé au culte « catholique, nous étant transportés en la maison ci-de- « vant presbitérale de cette commune, à l'effet de faire la « visitte des différentes chambres existante en la dite .. maison, et pour en destiner les différents emplois. >»
« Sur ce ouï Tagent nationale révolutionnaire » :
(f Nous avons délibéré que la première chambre au midi K seroit destinée à tenir les séances du commité de sur- «* veillance révolutionnaire. •»
« 2'' une autre chambre à cauté destinée à tenir les séances de la municipalité. »
« 3** Une autre chambre destinée pour la maison d'ins- « truction. »
« 4" Une petite chambre à feu et deux cabinets y at- M tenant, un buchet, cave dessous, destinée à Tutilité de
il ■ Arcliives de la fabrique dv Broué,
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« rinstituteur, plus un jardin attenant à ladittc maison a dont lesdittes chambres ouvrant sur ledit jardin, aussi u destinée à Tinstituteur si la loi le permet. »
« Fait en la maison commune de Broué, séance pu- « blique même jour et an que dessus. »
Signé : Dablin, maire ; Dagron, officier; J. Laire, officier ; Prunier, « agens nasionalrevaulutionnaire », Cornillon^ notable ; Roger, not. ; Hébert, not. ; Tunas. not. ; Maîtrejean, officier ; Pierre Contet, officier ; Lefèvre, not. ; Louvet, not. ; Blondeau, sec. gref.
Bien dans les archives ne nous indique jusqu'à quelle époque le presbytère servit de maison d'école.
Il est supposable qu'il en fut ainsi jusqu'au 10 messidor an III, date de la réouverture de Téglise de Broué au culte catholique.
Cependant la paroisse ayant été desservie par Paul Fallot, curé constitutionnel, qui resta à Broué dans une maison particulière pendant la période de troubles, il est permis de croire aussi que ce Paul Fallot ne réintégra le presbytère qu'<*n 1797, à l'arrivée de Prunier comme instituteur.
iM. Prunier possédait une maison à Broué, il y fit la classe et par une délibération du 19 vendémiaire an XI, lui fut accordée une indemnité de logement de 75 francs.
D'après le rapport d'une élève de M. Prunier, encore existante, en 1897, le mobilier consistait en deux tables formées de planches brutes posées surdes tréteaux eten bancs mobiles. Une table ordinaire de cuisine servait de bureau pour le maître.
Cette situation dura jusqu'en 182^i.
l-.e 7 décembre 1823, le conseil municipal de la commune de Broué vota l'ac^quisition, moyennant le prix de
Cour