CHAPITRE IX CÉLÉBRITÉS LOCALES
Broué, quoique d'cten-
e, a donné naissance à ombre de pei*sonnages qui se sont illustrés dans les lettres, les snîenees. les arls ou In carrière militaire.
Parmi tes lettrés du moyen-âge, on peut citer un grand nombre de rurés nés à Broué et qui ont exercé leur ministère dans la paroisse ou dans d'autres localités.
Ce sont :
Robert Faguilon qui fut principal du collège de Dreux et curé de la collégiale de Saint-Ktienne du dit Dreux oii il mourut.
Robert UL Pré, curé de Broué en 1.5IU, C'est lui qui Ht faire la dédicace de l'église par M*' Rîcoul, èvêque de Termes.
Gauthier Gukroust, qui fut curé de sa paroisse natale vei'S 1530.
Gauthier Bbhthanu, curé de Broué en 1567, devint chanoine de Dreux, et mourut de la peste en 1583.
Jean Beranger, neveu du précédent. Il fonda la Charité en 1589 et mourut en 1611.
Marin Beiiaxceii, mort en 162;i.
BHOUf', lH7
Marin Kstard, chapelain chez M. <le Montmor, à Paris, néà Broué le 2 février 1590.
Guillaume Maillier, né en l;>94, mort en 1670. II est l'auteur du vieux Mortuologe, livre dans leqnel nous avons puisé de nombreux renseignements.
Gilles EcASSE, né à Broué le 31 septembre 1698, devînt curé de La Chapelle Fora i n vil lie rs. décédé en 1732.
Gilles Marais, né à Brotié, le 2 avril 1613 qui mourut curé des Pinthières.
Claude MoRizE, néà Broué le 23 février 1624, mourut à Thionville où il était curé.
Guillaume MoRizE, néà Broué en 1631) ou 1631, devint chanoine de Dreux.
Guillaume E(;as8k, né à Broué le I2juiîlet I64i>,fut curé de Croisilles.
Jean Haret, qui fut vicaire tl'.Vbondant, était néà Broué le 23 mars !««.
Claude Béranceh. né le 8 avril 1639 fut curé d'.\nnet sur Marne.
Gilles ViDiE ou Nicolas Vidie, curé de Marrhezais,
Honoré AuLET né et décédé à Rroué. Il mouruten 1704 y j'aide de 65 ans,
Gilles Charles Allkt, mourut à Marollcs en 1850.
Au nombre des autres célébrités de la commune, il convient de citer au premier rang la famille llureau de
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SBNARMONT,qui fut pendant loTigtempB propriétaire du château de Badonviile.
Quelques-uns de ses membres y sont nés, d'autres virent le jour à Dreux ; mais tous avaient des liens dans la localité.
En retraçant en quelques mots Thistorique de cette famille nous n'établirons donc pas de scission entre les Uns et les autres
Dans l'analyse des archives de la ville de Dreux, par M. Merlet on lit :
« Le mardy 17 août 1723, j'ay fait la célébration du maa riage de messire Claude Alexandre Hureau, escuîer, a sieur de Senarmont, capitaineau régiment de Vendosme, « homme veuf, et de damoiselle Marie-Anne-Adrienne du a Rosel, fille de maistre René Rosse, sieur du Rosel, a fourier vétéran de la maison du Rôy, et de dame M athu- « rine Absolut. »
A cet extrait, M. Merlet joint la note personnelle suivante :
« De ce second mariage de Claude Hureau de Senar- « mont naquit Alexandre-François Hureau de Senarmont, a chevalier de Saint-Denis et de la Légion d'honneur, « général de division, inspecteur général d'artillerie. « commandant en chef l'artillerie de l'armée des Indes a orientales, mort en retraite le 25 septembre 1805. Son <c épitaphe, avec celle de son fils, le général de division, a Hureau de Senarmont Alexandre Antoine, se voient a dans la chapelle de X.-D. -de-Pitié, en l'église Sainta Pierre de Dreux. >»
Claude Alexandre fut tué au siège de Spire en 1755. (( Un de ses oncles était mort frappé de sept coups de a feu à la bataille de Cassano en \ 705 ; un autre avait c{ péri au siège d*Albi en Savoie en 1697 ,
« L'an 1760, le samBiiy lU' janvier, j'ay fait la célébra- « tiondu mariage de Messire Claude, Alexandre-Charles « René Hureau, écuyer, sieur de Senannont, capitaine au régiment de Vaubecourt, lils de feu Messire Claude- « Alexandre Hureau, écuyer, sieur de Senarmont capta taine au régiment d'Oury, ci-devant de Vendôme, chea valîer de Tordre royal et militaire de Saint-Louiit, et de a feue Marie-Anne-Adrienne-Mathurine Rosse du Roscl, « et de damoiselle Hélène Léveillard, fille de maitrc a Guillaume Léveillard, docteur en médecine, conseiller « procureur du lloy au bailliage et siège royal de Dreux < et de dame Héleine Legrand. »
« L'an 477ô,lejeudi l7aoust, avons baptisé, Aiiiédée, a lits de messire Alexandre- François Hureau deSenarmont a écuyer, sieur des Grenets, capitaine au corps royal de « l'artillerie au régiment de Strasbourg, chevalier de « l'ordre royale et militaire de Kaint-Louis et de Dame « Marie Léveillard. Le parrain messire Nicolas Radulphe o de Gournay, chevalier, ancien capitaine au régiment de « Royel-Navarre cavalerie, chevalier de l'ordre royal et « militaire de Saint-Louis ; la marraine, dame Hélène a Léveillard, épouse de messire Alexandre Claude-Chartes
;{20 imouÉ
« René Hureau, écuyer, sieur de Senarmont, ancien capi- « taîne d'infanterie au régiment d'Aunis, chevalier de (( Tordre royal et militaire de Saint-Louis ». , M. M erlet ajoute :
« Amédée Hureau de Senarmont, marié à Broué, le « S germinal an V, avec Amélie Rcy, d'abord officier « d'artillerie devint président du conseil général d'Eure- « et-Loir ».
« Il eut pour fils Henri Hureau de Senarmont, né à « Broué le (i septembre 1808, ingénieur des Mines, pro- « fesseur à l'Ecole polytechnique, membre de T Académie « des sciences, mort à Paris le 30 juin 1862. »
C'est M. Henri de Senarmont qui conseilla Pasteur. 11 disait à Biot quand ce dernier voulait détourner notre grand savant de ses recherches sur les générations spontanées : « Laissez faire Pasteur ; soyez tranquille, s'il ne « trouve rien dans cette voie, il n'y restera point ; mais « je serais surpris qu'il ne trouvât rien ».
L'espérance de M. de Senarmont n a point été trompée.
En 1890, M. Frédéric Dagron publiait la notice ci-dessous que nous reproduisons textuellement.
a La famille Hureau de Senarmont estune des meilleures a et des plus connues des environs de Dreux. Elle a con- « quis, par le mérite de plusieurs de ses membres» une a véritable gloire, et par la bonté de tous, l'afFection et « l'estime de notre population locale. »
« Aussi apprenait-on avec tristesse, le 22 juillet I88Î), « la mort de M. Georges Hureau de Senarmont, conseiller (i référendaire à la Cour des comptes. »
« M. Georges Hureau de Senarmont avait à peine 52 « ans quand il a été emporté par une cruelle maladie, (c sans que les soins les plus dévoués aient pu conjurer a ce coup de la destinée. »
" Le père du défunt, M. Henri Hureau de Senarmont, (c était né au château de Badonville. commune de Broué, le 6 septembre 1808. Il fut élevé à Dreux, d'où îl par- « tit à l'âge de 14 ans pour se rendre à Paris afin de com- " pléter ses études, commencées sous les plus Iieureux « auspices. <•
•I Doué d'une intelligence large et vive, épris de science et amoureux du travail, M. Henri de Senarmont entra bientôt à l'Ecole polytechnique dont il fut un des plus brillants élèves. »
« Devenu ingénieur, il fut bientôt rappelé à l'école des
mines pour y professer la minéralogie. II occupa cette
; chaire avec éclat, et ses nombreux travaux, qui le clas-
'■ sèrent au premier rang parmi les savants français, lui
BBOul (775+15 c.) 51
« «ouvrirent les, portes de rinstitut où il succéda. à Tillustre « Beudant. »
€ Il aivait été nommé ingénieur en chef en 1948.
« La mort le prit à Paris, le 30 juin 1862.
« Le père du grand ingénieur, M. Amédée de Senar- (c mont , avait débuté dans la vie par le métier des « armes. A 21 ans, il était capitaine d'artillerie. Obligé de a renoncer à la carrière militaire à cauie d'une infirmité, « il vint se fixer au cbâteau de Badoaville, à Broué dont « il fut maire de 1813 g 1830. Nommé conseiller général « à l'unanimité, U appiartint pehdaDt 27 ^ns, de 1803 à « 1830 à rassemblée départemeniale qui le choisit suc- « cessivement pour son secrétaire et son président. »
c( MM. Aleitaodre- Antoine et Amédée de Senarmont « étaient nés dans la maiaon pateniaUe, qui se trouve à « Dreux, dans la rue à laquelle on a donné leur nom, et « qui est aujourdliui la propriété de M. Laval. »
« Mais le plus illustre dea membreade la famille Hureau <r de Senarmont était Alexandre' Antoine» frère du précé- « dent. C'était un dea meilleiirs officiers d'artillerie de « l'époque des grandes guerres de la Révolution et de « l'Empire. Il eut une fin digne de sa glorieuse carrière. « Il fut tué à l'ennemi le 26 octobre 1810, devant Cadix c( dont il poursuivait le siège en qualité de commandant « en chef de notre artillerie. »
« On voit que Dreux et Broué peuvent s'enorgueillir " avec raison d'avoir été le berceau de la famille de Sé- « narmont. »
'< Ajoutons que celui des membres de cette famille qui rr «st mort en 1889 avait.hérité non seulement .par l'inte!- « ligence, mais encore par le cœur, des ^ïeux dont nous « venons de retracer rapidement l'histoire, tierviable et « généreux, il était très aimé à Broué où les électeurs lui
« renouvelèrent fidèlement^ depuis 1865, te mandat de « conseiller municipal, qu'il remplissait d'ailleurs avee a une exemplaire assiduité. »
« A la Cour des comptes, il avait su conquérir Testime « et Taffection de ses collègues, ainsi qu'en témoigne ce « concluant hoittrtage que rendait à sa mémoire, lors de « la récente rentrée, M. le Procureur général Georges « Renaud :
flr La perte de M. de Séiiarmont, disparu dans toute la « forcé de l'âge, a été aussi un coup bien sensible pour la M Cour, à laquelle il appartenait depuis vingt-sept ans. « Il y était entré comme auditeur en 1862. Parvenu à la K i'* classe de l'auditorat en 1868, il était devenu, six ans M plus tard, conseiller référendaire de 2* classe. »
« Par son activité laborieuse, par la sûreté de ses véri* « fications et le dévouement qu'il apportait dans l'accom- (( plissement de sa tâche, il s'était créé parmi nous une « situation des plus honorables. Et puis, en dehors deses « mérites professionnels, que de charmantes qualités chet « notre excellent collègue ! Aimable, plein de courtoisie « en toute occasion, d'un esprit fin et cultivé, d'une nature « essentiellement loyale et bonne, il attirait et savait re- « tenir toutes les sympathies. »
« Les affections dévouées qu'il s'était conciliées et qu'il « méritait si bien, ont certainement adouci l'amertume « des longues heures où il eut à lutter contre une impla- « cable maladie. Par un sentiment d'extrême modestie, à « là sincérité duquel nous devons rendre hommage, M. de « S^énarmont a voulu que tout éclat, toute délégation of- « ficielle, fassent ééartés de ses obsèques. Mais ses amis « y étaient accourus en foule et l'émotion de toute l'as- « sistance a été le témoignage le plus touchant des regrets « durables que notre collègue laisse derrière lui. »
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« Il ne reste plus aujourd'hui, pour représenter la fa- « mille de Sénarmont, outre M"' Rossard de Mianville, « née Amélie Hureau de Sénarmont, que M. Paul Ilureau « de Sénarmont cousin-germain de Georo-es et petit-fils « du capitaine Amédée. »
M, bagron avait déjà publié, dans le Glaneur de 1884, une autre notice sur un personnage également remarquable et né, lui aussi, à Broué. C'était le colonel Mar\is.
« Le colonel Marais naquit le 13 octobre 1826, au ha- « meau de Marolles, dépendant de la commune de « Broué. »
« De bonne heure, il avait manifesté un goût prononcé « pour Tétat militaire. Petit-fils d'un compagnon de La u Fayette dans les guerres d'Amérique, il avait dans les « veines un sang généreux qui voulait être dépensé dans « les glorieux hasards de la carrière des armes. »
« Le 4 décembre 1845, il entrait à Técole de Saint-Gyr. « Le 15 octobre 1847, il en sortit avec Tépaulette de sousu lieutenant. »
«< Il fut incorporé au là** de ligne où un de ses oncles, « Hubert Breton, retraité plus tard avec le grade de colo- « nel et mort à Dreux en 1876, servait alors en qualité « de lieutenant.
« Peu après, ce jeune officier quitta Laval où le 12* de m ligne tenait garnison à cette époque, pour se rendre « en Algérie où il fit un premier séjour d'assez courte « durée.
« Le 30 novembre 1851, il était nommé lieutenant, et <* le 25 avril 1855, capitaine. Le 10 octobre suivant, il « retournait en Algérie par permutation avec un capi- « taine du IS*" bataillon de chasseurs à pied. Le 17 oc- « tobre 1859, il prenait part à Taffaire de Beni-Snasseni « et s'y conduisait de telle façon que le 8 décembre de la
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u m(^me année il recevait pour sa récompense la croix u de la Légion d'honneur. »•
« Le L") juillet 18G4, pendant une manœuvre au camp «< de Châlons, le capi,taine Marais fut grièvement blessé « aux reins par suite d'une chute violente qui mit ses «< jours en danger. »
u Cet accident éloigna le brillant officier de la carrière u des armes à l'heure même où il pouvait ouvrir son ame « aux plus hautes espérances. Le 13 juin 1868, il dut « prendre sa retraite. Il comptait alors 22 ans de services « et i4 campagnes. Il était proposé depuis trois ans pour « le grade de chef de bataillon. »
« En 1870 malgré le triste état de sa santé qui ne s'était t< jamais rétablie, il ne put entendre sans y répondre le « cri d'alarme de la patrie menacée. Le 7 septembre, il a prenait le commandement des mobiles d'Eure-ét-Loir « avec le grade de lieutenant-colonel. »
« L'âme virile dompta le corps malade. Le colonel t< Marais déploya dans ce poste une énergie merveilleuse. « Dans plusieurs actions engagées au milieu des circonsa tances les plus difficiles, il conduisit au feu ses jeunes c< compatriotes. »
« Le 14 mai 1872, il était promu, en raison de ses ser- '< vices pendant la guerre, au grade d'officier de la Légion v( d'honneur. »
.< Le 7 avril 1883, il mourait dans sa maison à ce même n hameau de Marolles où il était né 57 ans auparavant. »
« L'homme privé était aussi bon que le soldat était u brave. Tous ceux qui l'ont connu savent qu'en dépit H de ses souflVances il ne se départit jamais de son admii< rable égalité d'humeur et d une aménité d'esprit qui «< lui conquéraient toutes les sympathies »
« La mémoire d'un tel homme mérite qu'on Thonore,