KCAISON SAINT-MICHEL A CHARTRES
pemeot d^une œuvre appelée à rendre les plus grands sarTîces à
la classe pauvre de la ville de Chartres. »
<« Il a été procédé à l'installation des six sœurs, leur supérieure est une des sœurs de l'hospice attachée à cet établissement depuis quatorze ans. »
(' A l'entrée de la mauvaise saison, au moment où vont se rouvrir les cicatrices à peine fermées depuis I hiver dernier, nous sommes heureux d avoir ù signaler l'acte de générosité par lequel M"*** Duchon ont hâté Tépoque où devaient se réaliser les dispositioDs charitables de M. Vintant en faveur des pauvres de la ville de Chartres. »
Ce rapport, d'une coneordanoe absolue avec les documents officiels conservés aux Archives de rHôtel-de-Ville, mérite quelques observations supplémentaires.
La Supérieure du nouvel établissement, déjà si heureusement connue à Chartre*^ eut bientôt la contiunce générale. La sœur Rose, dans le monde M"* Rose .louanneau. gouverna sa maison avec prudence, et lui donna tous les développements désirables. Elle eut à C hartres une popularité sans égale, et quand Dieu lui donna l'éternelle récompense, le 22 décembre toute la ville
voulut accompagner ses dépouilles mortelles à leur dernière demeure sur cette terre. Elle avait servi 14 ans à l'HAteUDieu. de i839 à 1854, son cinquantenaire fut célébré dans rintimité en 1889, et sa pieuse chapelle enrichie à cette occasion d*un bel ornement d'or qui porte les dates de 1890 1889, et d'une plaque placée au pied du tabernacle de l'autel avec cette inscription : <> A sœur Rose les Chartrains reconnaissants de 50 années de dévouement. » A sa mort, en 1893, elle avait 56 ans d'un service tout de dévouement et de charité, sans que les pouvoirs publics n'aient pensé jamais à honorer d'une distinction spéciale une si longue carrière de sacrifices et d abnéj^ation.
Son (Buvre a été continuée avec le même succès par les sieurs Marguerite Alolinittc. Marie de Ligonnès, 1895-1902,
«t Laure de Narp depuis 1902.
La maison choisie tout d'abord comme si^e de l'œuvre était située au n* 2 du Tertre Saint* Aignan. aujourd'hui occupée par M. Rous8eao,arthiteete. Elle fftt aménagée aux frais de M"* PAris
MAISON SAINT-MtCHBL A ClIABTnES
et des demoiselles Duchon, légatnires maisellc ne put suffire bientôt aux développements pns par la charitable institution. Cette résidence était, de plus, « d'un accès difficile et même dangereux en hiver ».
Les bienfattricea a'enttplojèrent actÎTement à chercher un autre local, et s'empressèrent d'offrir une somme de 22.000 fr. pour l'acquisition d'une maison mieux située, au n*0 du cloître Notre- Dame, en foce le portail royal de la Cathédrale, et tout près de l'Hôtel-Dieu. Elle appartenait alors aux demoiselles £ulaUe- Marie-Jeanne, Marie-Augustine Caroline et Laure-Marie-Fran-> çoise de la Perelle, filles de M. Michel de la Perelle, ancien chirurgien major des hôpitaux militaires à l'Ile-de-France, et de demoisf'Ilo Catherine Chereau. Elles la Tendirent pour la somme de2(t.(Kh» fr . le H décembre IH:>:>.
C'était une maison » faisant autrefois partie du ci-devant Chapitre de Chartres «, illustrée surtout par le séjour du célèbre chanoine Plumé, qui y fit imprimer en 1482, le premier missel destiné aux offices solennels de la Cathédrale.
Nous en donnons ici une gravure si fidèle qu'une religieuse de la primitive fondation,8œurVincent,ra reconnue de prime abord sans hésitation en décrivant toutes les parties, et montrant avec émotion sur la façade les fenêtres de l'oratoire (1).
Les travaux du liur< au de bienfaisance ne pouvaient suffire au zèle et à la charité des tilles de saint Vincent.
A peine installée dans la maison du cloilre de Notre-Dame, la sœur Rose, voulant d'ailleurs en cela répondre aux désirs de généreux bienfaiteurs, se résolut à fonder un ouvroir « dans le but de moraliser les jeunes filles de la ville et de leur apprendre le travail ». Il fut ouvert le 19 juillet 1858. L'abbé Legendre.
(i) Voici d'ailleurs ce qu'en disent les titres de propriété:
• La maison n* 9. cloître Notre-Dane, était coini»os<e de 2 parties. La
l"donnant sur le cloître Notrt-Daino. consiste au rcz-de chaussée en cuisine, salie à manger, chambre à feu et cabinet, salon de compagnie et plusieurs chambres. La 2* partie se compose au rez-dc-^hauaade d'une cuisine, ofHce à côté, d une c curie : au 1'^ étage, d'une salle à manger, saloit de comp^Kme et h chambres dont 2 à feu. Cette seconde partie donne sur la rue de I Hùtel- Dieu. Grenier sur le tout. Petit jardin derrière cette maison, qui joint d'un coté la rue de l'Hôtel-Dieu, d autre côté Leyasseur, d'un côté le cloître Notre- Dame, d'un bout l'Hospice de Chartres.
MAItOK 8AIHT-MICBBL A CBARTRBB
un des promoteurs, organisait une loterie pour coit%'rîr les frais d'instailation d'une œuvre si utile. GrAco a Dieu, cette œuvre aussi a prospéré d'abord sous la main, toujours indulgente, de sœur Eulalie. et depuis 1859, sous la direction aussi ferme que dévouée de la mi^ur Clotilde. Un orphelinat complément nécessaire de toutes ces œuvres, réunissait déj& dans la roaist n même des religieuses, quelques jeunes filles orphelines ou pauvres, auxquelles une éducation chrétienne était ainsi assurée. La sœur Joséphine s'y dévoua tout entière et sut inspirer A cette petite famille aimée un doux esprit de confiance et d'intimité.
Ces deux œuvres, si conformes à l'esprit de saint Vincent de Paul, prirent rapidement une extension toujours plus grande et déjà l'on se trouvait à l'étroit De plus, le projet de démolition de THÔtel-Dieu et de dégagement de la façade delà cathédrale était aussi chose arrêtée. Non seulement «< le local était insuffisant, mais le re/-de-chauss('e surtout, humide et en contrebas du sol extérieur, offrait des dispositions peu convenables, notamment pour recevoir les personnes qui consomment sur place les portions de la société alimentaire . il fallait acquérir un immeuble qui par son étendue et le genre de construction permit de satis* foire à toutes les exigenoei du service du bureau de bienfaisance. Enfin Tadministration était heureuse et empressée de profiter de la coopération bienfaisante d'une personne qui s*engageait à supporter tous les frais du nouvel établissement.
Précisément M. et M *" Ribot annonçaient l'intention de vendre leur maison sise rue Percheronne, n" 2. Cette maison d'une superficie de 12 ares iiO centiares s'étendait d'un côté jusqu'à la rue de l'Hospice (aujourd'hui rue Fulbert) et de l'autre bordait une partie de la rue Serpente. Klle fut acquise le 5 mai 18(>G. au prix de llô-OO) francs tandis que la maison Plumé était vendue 18 000 francs, le 11 janvier 1809, pour être bientôt après rasée au niveau du sol.
Ce local définitif avait été, comme le précédent, une dépendance du Chapitre (1).
(1) Cette maison était occupée avant ia Révolution par le chanoine Cormier. Le 1:1 janvier 1791 elle était vendue parle district k M"* Thérèse-Joseph Garnier, à Jean-Philippe Garaler-Ugaudrjr, à M. Chartei^Vietor Dattia et à Merie*Aanc-Victoire Garoier. «on épouee. M. MaximUiea-Lonie-ImnMaad