ÉGLISE DE LA VILLE-L ÉYÉQIE
L'antique église de la Vine*l'Evéque, ou Bourg^Robert, dédiée à Notre-Dame, aurait été fondée par Robert, évéqae de Chartres. On lit dans son obit, daté du 24 septembre 1164, qu'il acheta de ses deniers, à des laïcs, une terre près Berchères sur Vègres, pour augmenter le domaine de l'Evéché, et dans le but d*j créer une villa «< ad villam ibi œdificandam »;deià son nom deBouig- Robert et de la Ville-I'Ev(5que.
Il ne reste rien de la primitive construction du XII* sièclf. L'édilice qui est encore debout date du X.Vr siècle. TI a 2K nu tr s de long sur 6 m 90 de large: il a la forme d'un parallélogramme parfait, accosté au sud d un clocher mesurant 4 m. 40 sur4m.2t^ et d une ceinture de 14 ccntreforis en pierres de taille.
La voûte du sanctuaire est en maçonnerie de caillou avec nervures en pierres de taille : celle de la nef n est qu'un plancher plat supporté par & poutres ou entraits.
Cinq fenêtres éclairent Téglise; les deux que montrent la gravure, sont en grande partie murées ; elles s'épanouissaient jadis en trois baies plein cintre, séparées par des meneaux en pierre surmontés par des rosaces, style renaissance. L'église en effet serait toute entière de cette époque et aurait été consacrée en 1519, comme l'indiquent et les croix de consécration, coloriées, et l'inscription suivante «gravée sur une pierre : « Dedicatio ecclesia^ S Mariœ virginis de Villa Kpiscopi, anno Domini millesimo quinquagesimo decimo nono, die sexta mensisjulii. »
La porte d'entrée est surmontée d un oculua..
Le clocher contient une seule cloche, nommée en 1610 M.nie Sara, par Loys de Vialart, chevalier, seigneur de Ville-l'Evéque, parrain, et par Marie SaradeBarthomier, son épouse, marraine, et bénite par messire Charles Pieudonné Célien, curé dudit lieu.
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Le mattre-autel est onié d'un tableau de saint Louis et d'une statue de la sainte Vierge.
Sur les murailles on voit gravés deux écussons portant l'un une croix de saint André et l'autre un chevron, ce sont sans
doute les armoiries de Loys de Vialart et de sa femme.
Quelques pierres tombales dans le sanctuaire sont illisibles.
Cette église, dont le revenu s'élevait en 1738, h (J50 livres, n'a pas été rétablie comme paroisse lors du Concordat. Délaissée depuis, elle tombe misérablement en ruines.
Nous trouvons dans les registres plusieurs seigneurs de Ville l'Evéque qu'il nous suffira de citerici dans l'ordre chronologique. £n 1408, Simon de Hichebourg, sieur de Herces, jouissait d uq llef assis à Ville-I'Evéque. Il portait quatre chevrons sur son écu.
Les Vialard, cités plus haut, en 1610, eurent pour successeurs Louis de Vialard, leur fils, 1630, Jean de Vialard, 1653, Anne de Vialard, 1608. Enfin nous trouvons en 1736 Charles François Pellerin de Mojencourt, également qualifié de seigneur de la Ville-l'Evêque.
Depuis le Concordat, la Ville-l'Evêque ne forme plus qu'une paroisse avec Berchères-sur Vesgres. On montre encore sur te
territoire de celle-ci la Mairie du Chnpiire. dont les titulaires jadis étaient comme des intendants chargés de l'exploitation et de la surveilî-ince des biens du Chapitre. Le plan ci-joint a été reproduij d après l'origmal dressé au XVllF siècle conservés aux archives départementales, ^oici quelques noms de ces officiers : 1616, Jean de la Grey ve, sieur de la mairie de Berchères et de LaiodreviJle ; 1625, Gédéon du Buc-Ricbard. seigneur de la msirie de Berchères ; 1770, Charles Hecquart de Bessigny, seigneur de Herces et de la mairie de Berchères.
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N0GHNT-Li:-1<0 l'ROU
Lc^li^»^' àii Sairil'Hilaire de Nogent-le-Kolrou, la plus vaste et la plus belle des trois églises de cette ville est au&si la plus anciennement connue dans l'Histoire. Le vicomte Geoffroy, dans Ih charte de fondation de l'abbaye de Saint-Denis, en i(YM . la donne au nouveau monastère : « £cclesiam S. Hilani qua- est sit;i super Yogine alveum. Elle peut donc remonter comme pfiroisse au X* siècle. Elle conserve d'ailleurs quelques traces de sa construction primitive, comme nous le verrons plus loin.
Placée à l'entrée principale de la ville, elle attire ugréablemenl l'attentHin du vo^'agcur par sa vaste nef et son cMégant clocher, surmonté d'une lanterne à jour, et bientôt par les pignons aigus de 1 aile ^'auche. discrètement cachés par les arbres verdoyants du jardin du presbytèr»-.
La ro'jte, détournée de sa direction primitive par la constructum récente et le déphicement du pont, la montre aujourd'hui sous son aspect le niduis gracieux. Le contrebas produit par la chaussée en détruit les élégantes proportions et la fait paraître massive et écrasée. Les pignons aigus, revêtus de crochets et de rampants à moulures profondes terminés par des gargouilles grimaçantes si finement ciselées par les sculpteurs du XVI" siècle, ne découpent point la ligne trop rigide de ce côté droit de l'église, et la toiture uniforme et monotone descend trop bas et semble écraser tout le monument. Le côté du presbytère, jadis si heureusement dégagé par la rue qui contournait l'église à gauche, en se dirigeant vers le vieux pont à l'arche cintrée, la révélait sous
teUSE DK SAINT-HII.AIHE
un aspect tout différent* gracieux, svelte et mouvementé» dans toute l'élégance et la hardiesse du stjrle ogival flamboyant.
De vieux dessins du temps en donnent seuls une idée fidèle, nous les reproduisons avec empressement.
Dans son ensemble, TégUse Saint-Hilaire est ogivale, agrémentée par quelques détails de la Renaissance. Mais sa construction primitive remonte au XP siècle. Nous pouvons sans crainte attribuer, h cette époque reculée, les gros piliers ronds du clocher, dont les chapiteaux sont à peine ornés de quelques feuillages grossièrement dessinés, et dont la base est aujourd'hui cachée par le pavage plusieurs fois rehaussé. Dans l'un de ces piliers, du côté de la grande nef, est encastrée une tête d*une facture antique. La voûte soutenue par ces piliers, avec ses nervures à boudin unique, est postérieure, de la fin du XII* siècle. C'est là tout ce qui reste apparent de la primitive construction.
L église se compose de deux parties bien distinctes.
Le chœur et le sanctuaire remontent au XV* siècle. Les sept fenêtres ogivales géminées, surmontées de rosaces à quatre lobes, la voûte avec ses nervures retombant sur des colonnettes élancées k chapiteaux ornés de feuillages ; à Textérieur les contreforts qui s'effilent jusqu'au faite par trois larmiers successifs, n'appartiennent pas encore au style flamboyant, malgré leur légèreté et leur extrême élégance.
Ce sanctuaire est séparé de la nef principale par un arc triomphal dont l'archivolte supérieure, enrichie d'une guirlande de feuillages entrelacés finement découpés, vient se reposer sur des piliers décorés de clochetons. Malheureusement il ne s'élève pas assez et pour une partie de l'assemblée des fidèles, il cache la vue des belles fenêtres de l'abside et surtout des merveilleuses rosaces qui les surmontent.
La seconde partie de 1 église, la nef, est du XVI* siècle. Les deux rangées de colonnes rondes dépourvues de chapiteaux . et i moulures prismatiques, les fenêtres ogivales à 2 ou 3 me> neaux sotttmant des flammes aiguës et contournées, les pignons pointus de la basse nef gauche à l'extérieur, avec les crochets à feuillages ei les gargouilles accusent cette origine.
D'autre part cette nef est antérieure au clocher dont un document nous donne la'date précise.
La façade toutefois semble avoir été remaniée ou ornée après coup. La porte d^entrée en effet n'est pas ogivale, mais à linteau recttligne, le bandeau qui se déploie de chaque cAté porte une sculpture très fine : des dauphins affrontés, à gauche, des cbtmères, à droite, soutenant un écusson.
Remarquons de suite sur le contrefort droit la pierre tombale en marbre, récente, dont voici l'inscription.
* Ici repose le corps - de — Jean Julien — Masson — prêtre, chanoine honoraire — de la cathédrale de Chartres — ancien curé de Saint-Hilaire de Nogeut-ie-Rotrou — d(?ci'dé en cette ville le 8 mai 1849 — dans sa nnnée — A la mémuire de leur vénéré pasteur — ses paroissiens reconnaissants. — Defanclus ndhiir liujuifur. Heb. C XI v. 4. — lté Profnndis. <.
Ceci nous rappelle que le cimetière paroissial entourait encore l'église en iH'iM, et le vénérable pasteui- dont on a re levé la pierre tombale serait enterré sous la tnaiclu- lIc 1h porte J entrée
Avant lie donner un- ilescn[>tion exacte du inobiiier, nous nous taisons un dcvo r tie transcrire ici en partie celle qui vers 18G9 a été faite par M. I abbé Delange, curé de Saint- Laurent.
" Le ch<eur de l é-glise avait été comme tant d o itres déshonoré par un retable dans le ^.^oùt du XVHl" siècle. C était la mode, et pour faire ressortir celle teuvre ei ailleurs riche en eile même, on rtvait supprimé et garni d'un m ortier tout ;i fa t priinilif cinq belles fenêtres du sanctuaire. l>ti niercment le rétable preo a tlisparu, les m«tulures mutilées ont ete refaites, les fenêtres sont redevenues ce qu elle*; étaient dans I origine, et quand le verre provisoire dont elles sont garnies aura fait place à de beaux vitraux cjui ne t;u <Jera guère, cmand un autel en rappor t avec tout le re>.te s élèvera au milieu du sanctuaire, ce sera un coup d œil \ l'ntablement magnifique >•
" Les deux coilalcraux sont voiités et garnis de belles fenêtres tlamboyanles, dans lesquelles figurent des vitraux modernes très remarquables, surtout du côté gauche, où sont reproduits
les emblèmes concernant la suinte Vierge et rappelés 4<tl^s les Litanies : Domas wrea. Ttirrù ebvrnea, etc. Le travail n'est pas fini, mais avec du temps, il finira, et i|en sera ainsi de la voûte de la nef principale qui n attend qu'un mot pour être lancée dans l'espace. Ce mot viendra et l église sera complète '•>.
" Les chapoUes terminnlos des bas-côtés sont garnies d'autels dans le sLjle grec ; les arcades de la nef supportent douze tableaux représentant les Apôtres. Ils ne valent pas ceux de Saint-Pierre de Chartres. LTne autre toile, donnée en 18(M) par l'Empereur, est une copie de saint Michel terrassant le dragon infernal de Kaphai l, due au pinceau de M. Dumoulin Lnfin un confessionnal moderne dans le stjje ogival «lu X.V' siècle attue l'attention du connaisseur. >»
Ces tableaux ont disparu déjà dL[iuis lonj^temps. Atteints profontiément par l'iuimidité. on lit venir de Pans un arliste d'un mérite inconi' --u'. mais il fut obligé de se rcconii.iitre 1 1 1 L;)uissant à les mncUre en bon état, car au premier attouclu-ment ils tombèrent litiéraK-mLiit en poussière. Les arts d'aditHirs m la piété n'avaient non à y perdre.
La plupart des vueux exprimés élans ce rapport sont aujourd'hui réalisés.
La grande ne! est n ikUll- lu liriques s<>us I aniique bardeau en bois, avec nervures i n pierre copiées sur relies des basses nefs. Cette voûte élancée et légère a eh iti^i de tous points I .ibpeci intérieur de l'église, toutelois les nervures eu retonir bant. non sur des cuis-dedampe. mais sur des colonnetteb ,k i olées aux piliers et descendant jif^quau s«d auraient peut i tre Ujiiuté encore, à cet ensemble déjà si harmonieux, une grâce nouvelle par une base plus riche, plus forte et plus naturelle.
Le maître auiei ^lec, liont le léiable fut vendu à l'église de C'ouloii^i p;e:5 LuaJ -■. a ta l place un autel en pierre de stvie ogival avec un rétable arli^slcnient sculpté et un tabernacle à clocheton. Le tombeau en est enrichi d'un bas-relief spwlpté représentant Jésus ;ui Tem[jle enseignant les docteurs.
Les sept lenétres du s^uciuaire simt ouvertes et garnies de vitram à grapds personnages. En voie» l'énumér^tiMi».
ÉGLISE DE SAINT-BIUklRC
1" fentHre. coté de 1 tvangiif. I" bau- s iint Pierre Damien et saint Léon pnpc : 2" baie : saint 'I homas d'Aquin et saint Anselme Dans la rosace : le Bnptème
2* fenêtre, i'" baie : saint Mathieu; 2' baie : saint Jean; rosace : la ConfîrmatioD.
> fenêtre, i" baie : saint Jean Chrysostonnc et saint Grégoire de Nazian/e : 2' baie : saint Athanase et saint Basile Le Grand : rosace : la Pénitence.
4' fenêtre, 1'" baie : suint Hilaire : 2^ baie : saint Félix; au-des sous : M"' Pie, évéque de Poitiers aux pieds de Pie IX, avec un M it'- évfque et un abbé ; rosace : la sainte Eucharistie.
xi' fenêtre. 1"» baie : saint Jérôme et saint Ambroise; 2' baie : saint Grégoire et saint Bernard ; rosace : T Extrême-Onction,
6' fenêtre, i'" baie : saint Marc : 2* baie: saint Luc; rosace : l'Ordre.
7* fenétre^l" baie : saint Pierre Chrysologue et saint Bonaventure; '2' baie : saint Alphonse de Liguoriet saint Augustin; rosace : le Mariage.
Ces vitraux peints parla maison Lorin de Chartres sont d'une bonne facture, d'un coloris vif et agréable, d une conservation parfaite, et donnent au sanctuaire un éclat d'une richesse et d'une splendeur incomparables.
Sept arcades ogivales à moulures profondes et prismatiques* s'ouvrent de chaque côté sur les basses-nefs et s'appuyent sur des colonnes rondes, sans chapiteau.
Ces collatéraux sont eux-mêmes voûtés dans le même style : les clefs-de~vi>ùte sont formées d'écussons soutenus par des anges, mais dont les pièces ont été effacées.
Dans le bas-côté gauche se trouvent les fonts baptismaux, d'une facture récente. Sur la paroi de cette première travée se voit un cartouche avec cette inscription : M. 1787, qui doit rappeler un travail d'ornementation exécuté à cette époque.
Les fenêtres flamboyants à meneaux sont garnies de vitraux peints qui faisaient en 1809 Tadmiration de M. Delange* curé de Saint- Laurent. Ces vitraux sont bien en effet consacrés à la
sainte Vierge et aux mystères du Rosaire, maïs ils n'ont pas conservé l'éclat primitif. La peinture, insuffisamment cuite, tombe en poussière ; les sujets sont à peine reconnaisaables et demandent une réfection complète.
La 3" travée est remplie par une chapelle de construction contemporaine à la nef elle-même. Elle est consacrée à Notre-Dame de la Compassion. VMc est munie d'un autel et éclairée au fond" par une large fenêtre à lobes flamboyants et de chaque côté par 2 petites feniHres plein cintre, sans doute postérieures Le pignon extérieur de cette chapelle a été l'objet de soins plus attentifs et a idjU i.nt pi is riche ornementation, en rapport évident avec la destinatitjn spéciale du petit oratoire.
Au fond de la nef, l'autel moderne est également consacré à la sainte Vierge, et la fenêtre qui l'éclairé à gauche est munie d'un bon vitrail des ateliers de M. Lorin, représentant Jésus à l'atelier de Nazareth.
Le cuUatéral de droite est d'une construction semblable pour les travées inférieures ; dans la 3'" travée s'ouvre une porte latérale. La travée est occupée par une chapelle pentagonale, construite au XVIII* siècle, On peut s'en convaincre à l'extérieur par les détails de la maçoiinerie qui ne se raccorde pas avec celle de tout le bas-côté, par la forme des fenêtres à plein cintre, par l'entablement ; enfin par les deux contreforts entre lesquels elle fut édifiée, et dont les attaches avec les murs de l'église sont encore visibles.
Les anciens registres paroissiaux nous font connaître la date précise et le motif de cette construction.
« Aujourd'hui, 2® jour de septembre 1702, nous soubzsigné Philbert Chasteau, docteur de la maison et société de Sorbonne, commis par M«' l'évéqu*» de Chartres, avons bénj, avec les cérémonies ordinaires, la cuapt Ue de l'Enfant Jésus, nouvellement construite, attenante h I s nef de cette église Saint-Hilaire. Faict en présence de M. I. ^i s Charpentier, curé de ladite église et M« Florent Lefébure, vicaire, et M= Bon François Pastoureau, qui ont signé avec nous. — Chasteau, — L. Charpentier. — F. Lefébure ».
Cette chapelle est aujourd'hui consacrée au Sacré-Cœur. Les deux petites fenêtres sont garnies de vitraux, véritable œuvre d*art, peints en 1902 par M. Lorin, représentant la réception de la sainte Couronne d'épines, et Jeanne d'Arc, mettant la France sous la protection de la sainte Vierge.
L'autel en pierre, tout récent, est enrichi d'un bas-relief dont le sujet est la fraction du pain devant les disciples d'Emmaus.
La dernière travée de cette basse>nef est une chapelle consacrée à saint Joseph. En effet l'autel de construction récente porte gravé sur son tombeau la mort du saint patriarche.
Toutefois la fenêtre du fond, ogivale mais irréguUère, est remplie par un vitrail du Sacré-Cœur. La fenêtre de droite est à 2 baies et d'une forme plus pure.
Le culte de saint Joseph dans la paroisse de Saint-Hilatre est en honneur depuis des siècles. En 1537, Pierre Masson élisait «I sa sépulture en l'église de Saint-Hllaire'de*Nogent près l'autel de saint Joseph. • Florent Denisot, sieur de Saint>Chereau. ex • primait le même vœu en 1637. Enfin un acte de juillet 1671 passé par devant notaire, déclare, « fondé un service solainel en l'honneur de saint Joseph dans ladite église Saint-Hilaire ».
Les vieux titres nous font encore connaître l'aménagement intérieur de l'église.
En 1561, Marin Honnard, prêtre, choisit sa sépulture en l'église Saint-Hilaire de Nogent, près les fond*,
Jean Delanne, vicaire de Saint* Hilaire, veut « être ensépulturé en ladite église en la chêpelie et dev»nl V image (/ciVbfre-ilsme,160B. » Fleurie Riboust veut aussi reposer devant i'ëutei de U wnU Vierge en 1661 ; de même François Rousseau en 17t9.
En 1614, bail moyennant 60 sols de rente, par la fabrique de Saint-Hilaire de Nogent d'un banc dans la nef de ladite église, au droit de la seconde vitre qui est sous rentei et image de Minl Michel^ et de deux autres bancs vers le coin de i'anle/ MÏji< Ehi,
François Delalande, peintre vitrier à Nogent, choisissait en 1626, sa sépulture devant C image de eaint Cbuide ; en 1646, Marie Nioulle veut également reposer devant t image de eeini CUude,
ÉGLISE DK SAINT-UILAIUE
En ld73 Bertrand Moreau prie qu'on veuille bien Tenterrer . « devant Vimuge de niai Loui» en l'église de Saint Hilaire
li y avait aussi pour la décence des sépultures une confrérie de charitéi possédant quelques rentes, puisqu*en 1657 elle dftt poursuivre Macé Davojs pour le forcer à payer une rente annuelle de 30 sols, légué par feu Guillaume Guillin, et en 1661 M. Robert Pinceloup pour dix livres léguées & ladite chanté.
L'église de Saînt-Hilaire ne possède aucune pierre de consécration ; aussi en 1718« «cssire Charles deTruchi, prêtre docteur en Sorbonne, chanoine, archidiacre de Vendôme, en vertu de la commission qu il avait reçue de la part de M*^ Tévéque de Chartres, procède à la cérémonie de réconciliation de l'église de Saint-Hiiaire de Nogcnt « qui ne parait par aucun document ou tradition avoir été consacrée ■».
Le clocher de Saint-Hilaire est postérieur k l'ensemble de i*église. L'acte suivant que nous reproduisons dans- ses passages essentiels, nous en donne la date précise :
« Du quatriesme jour d'apvril l'an mil cinq cens quarante huict. après Pasques. ,
Furent présents en leurs, personnes Adrien Ferrier, demourant en la paroisse de Saint-Laurens dudit Nogent, Jehan et Pierre les Ferrets, perriers, demeurant en la paroisse de Saint- Hilaire dudit Nogent, lesquels et chacun d'eulx, l'un seul et pour le tout, rcnonçans au bénéfice de division, etc. volonlairenrïent ont vendu, gaigc, promis, baillé et livrd à honestcs personnes Jehan Groullaut et Michel Noury, trésoriers à Saint Hilaire dudit Nogent, qui les ont achcptées p Air Ic lit trésor, c'est assavoir le nombre et quantité de trois cens pierres d apareil. cent quatre pierres pour cent, dont y en aura vng cent ouquel seront comprins les clères voyes des i?nlleryes qu'il faut faire sur l«.s cstablemens de la tour de Saint- Hilaire, et le rcsk- dudit cent servira à faire quatre piUiers qui seront faicts aux tjualre coings de ladite tour, et le reste dudit cent fournir des pierres comme celles qui en seront délivrées par les massons qui besognent à la tour, et les deux autres cens convenables à faire quatre pignons, ayant chacune pierre partie deux pieds de lon^ partie
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ung pied et demy et vng pied et dciny de teste, et partie deux pieds de teste, propres à faire creste et rempars, bien quarr<5es... le tout bon et suffisant, loyal et marchand... (lesquelles pierres) seront parées, livrées et rendues près et joignant l'église dudit Saint-Hilaire, moytié devant la Pentecoste et l'autre moytié et reste au jour saint .lehan-Haptiste, le tout prochain venant. Ce faict moyennant la somme de trente troys livres quinze sols tournois... desquelles sommes ont confessé en avoir rcceu quarante cinq sols, et le reste des sommes... seront [layées auxdits vendeurs en livrant lesdites pierres, etc. au prorata de la livraison... Promettant lesdites parties, etc.. Présents : Guillaume Brenelle et Michel Valloys, demourant audit Nogent, tesmoings. etc. » '
Inutdo de faire ici une description détaillée de cette belle tour. Elle est terminée par un dùme surmonté d'une lanterne, divisée dans sa hauteur par des cordons de pierre à larmier en 5 étages, dont le supérieur, ajouré par quatre larges baies ogivales à deux meneaux, ne renferme aujourd Imi qu une seule cloche.
Elle en possédait jadis au moins trois, car le octobre IGOi), Nicolas Lulier, sieur du Clos, maître fondeur de cloches (1) à Saint- Victor de iietnj, faisait marché avec les gagiers pour la fonte de la cloche moyenne de Saint-Hilaire, s engageant de la rendre sonnante et accordante avec la grosse dudit eioclier, quinze jours après la fête de la Toussaint prochain venant, moyennant que lesd. trésoriers et gagiers fourniront le métal, bois et charbon, terre, pierre, suif, chanvre, bourre, cire et autres matières nécessaires, même d'un maçon pour faire le fourneau et manœuvres pour faire les trous à mettre les moules, et de lui payer cent livres. »
Ces cloches furent brisées pendant la Révt)lution. Le 15 pluviAse an 11 (3 février 1794), le citoyen Le Roy fit soumission à "600 pour descendre les cloches de Nogent... <■ à la charge par luy de descendre la grosse cloche de Saint-Hilaire avec toute
(1) En 1729. M. François Jolly. fondeur de doch«t» demettrant ocdiaai rvment è Brruvannes en Lorraine, vojmU «'opérer la taisia réelle de ncublea et effets, ft Nogent-le-Rotrou.
ÉGLISE OB SAlirr-HlLAtRB
la précaution possible, pour qu'il no lui arrive aucun accident, sous peine d'en àirc responsable en s i^ [ ropre et privé nom. Il lui sera permis de jeter par les fenêtres des tours dans les cimetières les autres cloches de Saint Hilaire et de Saint- Laurent, sans être responsable de leur fraction »
La grosse cloche était sans doute destinée à l'église de Notre- Dame du Marais, qui était conservée comme Tunique paroisse de Nogent : mais ce ne fut pas certes un spectacle banal de voir les autres cloches tomber ainsi du haut des tours, décrire dans les airs de fantastiques paraboles pour s'échouer avec un sourd gémissement sur une tombe.
La cloche actuelle provient de l'ancienne collégiale Saint-Jean, comme le révèle l'inscription quelle porte en son pourtour et dont voici le te&te :
MO"" ANGBLIQVB PAR IIONSi^ PAVt GODET EVEQVE DE CHARTRES ET ANGKLIQVB DBS TAMPBS DE VALENCAY AB*" DES CLAIRE
Il 1700, IMTEB NATOS MVLIKRVM NON SVRBiXIT MAIOR 10 ANNE BAPT1STA, lAI ESTE REFAITTB DV TEMPS DE MBSSIRIlS MATTUIEV PHILIPPE DOYEN || ARMAND HERVE CHANTRE, GVILLAVME BORDEL TRESORIER, GILLE DE BRY PREVOST, NICOLAS TRAVERS, lACQVES FRANÇOIS BORDEL, BONAVENTVRE || BARRE, LUVIS HERVÉ, lOVLIEN CHENEBRVN, PIERRE GODEFROT CORTIN TOVS CHANOINES. VITO ET tACOBO LES CLASSONS PATER ET FILIUS MONT F*" ^ E. R.
Diamètre 47 — Hauteur 1" 25.
Au-dessous de l'inscription est gravée une croix soutenue par un soubassement de quatre degrés, et les branches terminées par
une fleur de lis.
Cette tour est accostée d'une autre tourelle octogonale qui sert de cage à l'escalier, mais dont la construction est postérieure à la tour elle-même.
Nous en avons des preuves évidentes depuis la base jusqu'au sommet. En effet cette tourelle obstrue en partie une des fenêtres du chevet de l'église, qui sans elle serait en plein jour ; elle cache
le pied-droit et les moulures de la baie ogivale du premier étage de la tour, et presque la moitié de la fenêtre géminée du troisième étage, et enfin les moulures de la superbe fenêtre de l'étage supérieur.
Dana le détail de la construction, il faut encore observer que les assises de pierre ne correspondent pas à celle de la tour ; que les cordons à larmiers de la tour se transforment sur la tourelle en bandeaux ornés de figurines et de feuillage, d'oves et de pommes de pin, finement sculptés, et profondément fouillés ; enfin que le dôme de celle-ci est soutenu par une galerie aveugle à plein cintre et non pas à baies ogivales. Cest donc une œuvre de la Renaissance à son déclin, presque de stjrle classique du XVIII* siècle.
Jadis la sacristie était à Tangle formé par cette tour et le che* vet de Téglise, elle a été transportée de Tautre côté du chevet et construite dans un style imitant quelque peu celui de Téglise elle-même. D'ailleurs toutes les restaurations modernes de beau monument ont été faites avec un soin digne de toutes louanges.
11 nous suffira de les énumérer : en premier lieu la voûte, lancée avec ses ofl^ves hardies et légères, dans la nef jadis trop nue et disproportionnée, par l'habile architecte M. Prochasson, d'Orfin; les autels des bascAtés, avec leurs jolis bas-reliefs, d'une richesse et d*une facture artistiques peut-être supérieures à celles du maltre-autel, et qui font grand honneur au ciseau de M. Gardien, sculpteur à Limoges, 4899-1902; le vitrail de la chapelle de Saint-Joseph et ceux de la chapelle du Sacré-Coeur, peints par M. Lorin de Chartres avec toute la perfection de l'art moderne.
Signalons encore le gracieux monument en pierre qui abrite la statue de Saint-Antoine, placé au bas de la petite nef de droite, les fonts baptismaux, dans le même style ; les belles statues modernes et surtout le groupe du Christ et de Saint-François d'Assise sur un riche pilastre en pierre sculptée, placé derrière le banc-d'oeuvre, et si admiré par tous les pieux fidèles; et au point de vue de la salubrité de l'église le calorifère perfectionné
20 ÉGLfSE DE SAINT-HILAttlE
qui assure. outre le bien-être des assistants, la conservation du' mobilier et du monument lui mémo. Ces travaux, exécutés en quelques années depuis |H!)<). sous l attentive direction du zélé pasteui ce la paroisse, ont été couverts par les généreuses offrandes des paroissiens, qui depuis si lonfjttmps ont donné tant de preuves de leur amour pour la beauté de la maison de Dieu : Domine, dilexi 'Iccorem domus tua'.
. C MUTAIS
Ch. hvn
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CHAPELLE DE LA KIHUlî-BK AU VAL GERMOND