PIERRE TOMBALE DE JEAN V DE LAMIRALLT
u Tombeau de pierre, à gauche, tout contre le Chapitre dans le cloilrc de Coulombs. >>
{Bibliothèque yalionale, Estampes, Oargnières, Fe. In. f. 8o à 86).
ÉTIENNE II BERTHIER ALLé de Coulombs de iiGG a HiH)
« Tombeau de pierre à gauche à costé du Chapitre dans le cloistrc de l'abbaye de Coulombs. »
{lUhliothi<iue Nationale. Estampes, Pe. lu, f . 80 à 85).
KGU:>K .\MUATIALK liK Col'i.itUlts
ÉfiLlSB ABBATIALB DM NOTRB-DAMB DE COULOMBS il
profaner les tombeaux et à brùier les ossements qu'ils en retirèrent. La Révolution de 1789 a achevé ce que les guerres étrangères et religieuses avaient si bien commencé. L'église n'existe plus et le peu qui reste des bâtiments de l'abbaye qui sment par* venusjusqu'à nous, permettent cependantdejuger deson andome magnificence. C'est d'abord un très beau portai! en pierre conçu dans le meilleur stjrle du XI" siècle qui attire l'attention de l'archéologue, à gauche sont les fondements d'un clocher appelé jadis la Grosse tour de Coulombs dont on distingue l'escalier et les fenêtres à plein cintre ; cette tour est dans la partie attenante au porche, couverte par le lierre qui a e&yalii ses pierres effiritées, et de l'autre elle est encastrée dans une maison de construction moderne qui la défigure totalement. Lors de la reconstruction de l'abbaye à la fin du XV" siècle elle renfermait un autel qui fut abandonné par les religieux au vicaire perpétuel de Saint-Chéron remplissant l'office de curé, et servit ainsi d'église paroissiale pendant un certain laps de temps. Dans cette tour étaient les cloches de l'abbaye renommées par leur harmonie et qui avaient donné lieu à une parodie empruntée au carillon de Tabbaje delà Trinité de Vendôme, fondée au XI* siècle ;
Les moines, moinillons Les moines de Coulombs
L'Abbâ fou Les moinbs rrouT Vbmdomb, Bbaugency Notbb>Damb bb Clért Les moinbs, moinillons,
LbS moinbs DB CotTLOMBS.
La plus petite des cloches était appelée Nolre Dume ou Sainte Marie, et avait été fondue en 1491 par les soins de Gatien de Courceuil (1) et était sonnée en cas d'incendie. £lle portait l'ins-
(1) Gatien de Courceuil, religieux profès de l'abbaye de Coulomb-: prieur de SsInt'Gerinain en Laye et de Muzjr, fut abbé de Coulombs de WJi à 1503, il portait pour armes : ÉevMi itargeni el d'«s«r.
i2 ÉGLISE ABBATIALE DE NOTR%>DA»tB DE COULOMBS
cription suivante : (nili.iniis de Coarceail, ahhas hajut monàtlerii, Hnno /Jomiiii MflCCCXCl . primo sni inqrexsus, fabricari me fecit. »
D'après le plan do Jean Lamirault successeur de Ferrand de ^lontreuil. 1 é'j;lise devait avoir quatre travées soutenues par dix colonnes, les écussons sculptés et peints aux deux clefs de voûte du rond-point portaient les armes, l'un de Charles VII : « d'azur k (rois peur* de lys d'or », l'autre celles du dauphin depuis Louis XI : " D'azur à Irais fleurs de lys d'or, au chef de même char- (fé d'un dauphin d'nzur, lampassé, oreUii et bârbeii de ffuealee. » La 3* travée portait pour clef de voûte Técussoa des de Bréxé-Maulévrier, seigneurs de Nogent-le-Boi : « D'^tur à an ieoagon d*or vidé rempli d'argent en cœar^ à Vorle de huit eroiwttes d*or S en chef^ i en flene et S en pointe ; la 4* travée portait les armes de Guillaume d*Hargeville (2) : «• n'usât à trmenneteis d'or. » Derrière l'abside on établit cinq chapelles, on voit encore les restes de Tuiie d'elle dans la propriété Brochard, comme ta base d*une des colonnes de la nef qui est encastrée actuellement dans un mur de eldtore donnant sur la place de la Mairie. L'église fat entièrement achevée en 15£)0« elle consistait seulement en chœur et sous-ailes autour, avec huit chapelles, plus les cinq autour de l'abside^au total treize chapelles ,* elle était construite dans le goût le plus parfait du style ogival flamboyant et dans les proportions les plus soignées. Le chœur couvert en ardoises avait 90 pieds d'élévation sous la voûte. Miles d'IHiers, premier abbé commandataire de Tabbaye, concourut aussi à la construction de Téglise ; on voyait ses armes dans la dernière chapelle de droite et dans la clef de voûte du bas-côté qui y correspondait, ce qui indique que la chapelle et les bas-côtés ne furent terminés qu'en 1526, époque à laquelle Miles d'IUiers fut appelé à Tévéché de Luçon et qu'il se démit de son abbaye. Lorsque les bénédictins écriai) Jean V'I Lamirault fut élu abbë de Coulombs concurremment avec Guillaume Edeline en 1442, mais l'évèque de Chartres conArma tan élection, prédicateur du roi Louis XI. il fut «bM de Conlomht de 1462 à janvier 1486, il portait pour armes : D'»rgent à la ro9« de jimeale* an chef dt même,
(2) Guillaume d'HafK^vîtio fut 6]n abhâ dr Coulombs en octobre 1503. il résigna en 1514 son abbaj^'e à Miles d'iiiiers sous réserve d'une pension, il mourut en mars 1518 ou 1&19.
PIERRb: TOMHALE DE GUILLAl ME MOKHIEB
« Tombeau de pierre en relief dans la chapelle du Saint-Gilles derrière le chfi'ur de I église de l'abboyo de lloulomb^^. Le» mêmes armes sont aux vitres : De gueules à Li fasce d'or, nccomitaijnëe de six coquilles en argent. »
niHioihèque Nationale, Estampes. Pe In, f . 80 à 85).
bOLlSb ABBATlALfc: DE NOTHI -UAME Dli COULOMBS
▼irent leur GmIUh Chrittiêtui, elle n'était pas encore terminée* il q'7 avait d'entièrement fioi que le chœur avec l'abside et les chapelles qui Tentouraient. En 1668, le chœur de l'église fut «umé d'une nuignifiqne baUerie en eœur de chine, avec deux rangs de stalles, et d'un maitre-autel de la plus él^ante architecture. Le rétable que l'on fit exécuter suivant la mode du temps était supporté par deux colonnes d'ordre corinthien, il a été détruit avec l'église ; quelques stalles ont été épargnées, elles sont aujour* d'hui l'ornement de la petite église de Ouerre. Twute la décoration était aussi riche qu'élégante et l'église pouvait sans crainte être comparée aux plus célèbres basiliques.
Quelques seigneurs de Nogent-le-Roi se firent »itérrer dans l'église de l'abbaye. Une pierre tombale du XIII« siècle trouvée par M. Coche en 1846, lors des fondations qu'il fit faire pour rétablissement dtun mur, est actuellement transportée dans l'ancien entrepôt de la navigation au XVI* siècle à Nogent-le-Roi, faubourg de Valmorin et actuellement la curieuse demeure de M. et M"* Remet; elle se dresse le long d'un mur, et représente un chevalier, revêtu d'une robe de bure, téte nue, les mains jointes dans l'attitude de la prière, la statue est entourée de douse blasons gravés dans la pierre, et le peu que l'on peut lire de l'inscription à demi effacée pourrait laisser supposer qu'elle appartient à un de Thony ou Tony, seigneur de Nogent-le- Roi (1). Deux ans après le meurtre de Charlotte de France par son époux Jacques de Brésé, son corp» fut rapporté de Rouvres (2) à l'abbaye où il fut inhumé dans le chœur (1477). Jacques de Brexé étant décédé en 1494, fût enterré à côté de sa femme et, par son testament, laissa trente livres de rentes à l'abbaye pour célébrer chaque année un service pour le re-
(1) M. Paul Gillard a reproduit cette pierre tamuteir* p«r une MiKfolte dans la 1" série des Sotivenirs d' Eurt-^l- Loir .
(2) Rouvres, petit village dépendant delà priui:ipauté d'Anet; sur le coteau qui dlomiiMit le viltage «'«levait un chàteau-fort dont les reatigee n'ont disparu que depuis quelques annexes, les rois de France y ont s<»j(mrnc* è différentes reprises ; de ce village dépend la ferme de la Couronne dans laquelle Jacquce de Bréaé conaomma le meurtre de aa fémuie Charlotte de France qu'il «urprit en flagrant délit d'adultère.
16 ÉGLibis AUbATlALb UK NOTUE-DAMfc: CUt'LUMBS
pos de son âme. Cette rente fut continuée à être payëe Jusqu'à la Révolution par les dijfférents seigneurs qui se sont succédé à Nogent^le-Roi. En 1530, après la consécration de la nouvelle église, cérémonie qui fut présidée par quatre évéques, plu> sieurs abbés et personnages importants, Louis de Brezé, seigneur de Nogent-le-Roi et grand sénéchal de Normandie, obtint de révéque de Chartres d'alors, Louis II Guillard, la permission de foire transporter les corps de ses père et mère Jacques de Brezé et Charlotte de France, fille naturelle du roi Charles Vil et d'Agnès Sorel, dame de Beauté, dans la nouvelle église, où il les fit inhumer dans le chœur au-dessous de l'aigle. On posa sur leur tombe une plaque avec Tinscription suivante : Cy-gisl hwt «I paiiiMi ttignêar^ Momieur Jêcqtiê$ de Breté^ comte de Mêulévritri Aaron dé Bêt>Ctêêpin «t dê JKsBny, nignaur du H»ol B&eht, PUmêf Anet, Brival, MoatchMattet et Nogent-te^Boi, oà il mourui ie /4* jour d'êouei 1494^ et Madtme Chtlotlede Freaec, m femme^ qui mourut le 3 juin 1475, Louis de Breséeut son cœur déposé dans Tabbaye, son corps fut inhumé dans la cathédrale de Rouen.
En 1661, Louis de Compans, seigneur de Deuil et de Brichanteau, obtint la permission de se faire enterrer avec sa famille dans la chapelle de Notre-Dame de la Pitié où se voyaient jadis les armes de sa maison : d^taur à treie toure d'or moeuriee et po* eéeeieti.
En 1671, Jacqueline de Havard (1), femme de Louis de Compans, l^ua 150 livres à l'abbaye pour être employées à la décoration de la dite chapelle de Notre-Dame de la Pitié. Une permission analogue fut accordée quelques années plus tard aux seigneurs d'Atgreville. On voyait au siècle dernier à Coulombs la pierre tumulatre de l'un d'eux avec cette inscription : « Cy-
(1) La maison de llavaid pst iino ancifnnf' fariiilli- originaire du pay» Chartrain ; dès le XIV * siècle elle posaédmt les seigneuries de V'raiOViUe et
de SéUDtea, puis celles du Thuillay, jd« Reacièrss, de Ver lès Chartres, de
Fr8\'eroMes, dp Boipnrvillc , de Saint-Martin de NigeUes et autres lieux. François de H. obtint en Uibt l'érection de sa terre de Sëoaates eo marqui* aat. Ames s Dê ynaalet à la bandé dW fntU* dm «aèJe •< eecemfegeée 4e ria éoquiUetd^Mrgmnt poUts «a orU, S en cAe/ et S en pointe»