‹ Archives du diocèse de Chartres (volume 4)Chapitre 47 sur 63 · V. — La paroisse au XVII* siècle · texte numérisé non relu

V. — La paroisse au XVII* siècle

ous pouvons, à partir de 1600, pénétrer dans le détail de la vie paroissiale de Lèves, grâce aux registres de catholicité dressés avec soin par les curés et les vicaires. Ces registres, enlevé^ à l'église par la Révolution, sont actuellement conservés à la mairie.

A peine quelques noms des curés antérieurs à. 1600 nous sont-ils parvenus :

PlBRRB DE ClAYB, 1^172. *

Mathieu Le Charpbntibr, 1391.

Jehan du Temple, 1494.

Jbhan Bbdiou, qui le 17 septembre 1530 achetait de Jehan Cailleau vigneron, un jardin abuttant au chemin de 1 église de Saint-Ladre.

Jehan Lbprvrb, curé de Saint-Maurice et de Saint-Lazare de Lèves, 1540.

Nicole Dupont, 1580.

Michel de La Landk, administra la paroisse de 1585 à 1615 avec le titre de curé. Nous l'avons vu en 1600 affermer (|uel(|ucs terres tle la chapelle de Saint-Gilles et de Saint-Loup, du l^ois de l-èves. Il parait aussi dans les registres de Saini-Maurice où Ton trouve à son sujet cette note : « Anciennement les curés étaient trois, maintenant ils ne sont que deux, desservant par tour Saint-Maurice et Saint-Lazare de Lèves. » Dans les registres de Lèves il s'intitifle toujours .< prêtre curé de céans ». L'alternat ne semble pas de son tem{)s avoir été strictement observé; cependant il parait encore comme curé après 1619 iArch. (lopart., H. 1775).

Les prêtres qui le secondent dans son ministère portent exclusivement le titre de vicaires. Ce sont :

Marye Jean, vicaire, 1599, 1600, 1609, 1620. — Thierry,

s MN I -LA/AHK DE LtVUS

vicairé, 1601*. — P. CoUet, vicaire, i606, 1613. — Huet,

vicaire, 1G14. — Chasteau, vicaire, 1614.

RoniiKT Piu NELLi; fut curé, d'abord en 16()8, puis en 1639 et mourut en IG'iO. Ses vicaires furent :

Robin, 1«)19. — Cuin, 1618, 1620. Doinel, 16'iO.

Le 1"" jour de l'an 1640, moi « 1*ii:iu<r Collet, je suis entré curé en la paroisse Saint-La/.uro de Louves par lu mort et tro.spas de feu niaistre Uuberl Prunelle. ->

Il ne vécut que (quatre mois, car « le H niay 1640 décéda messire Pierre Collet, presbtre vivant curé de Saint-Maurice et Saint-La/.are, son anntwe. et est enterré dans le cœur dudit Saint-Lazare pai* messire Broutelande et autres chanoines de Saint-Maurice. »

T! eut pour successeur Michkl Collet, son frère, qui vérut peu de temps dans son [K)ste. Le il novembre 1646, ino>-ii c Michel Collet, « presbtre curé de Saint-Lazare de Levés, ùiié de 71 ans ou environ, a rendu son âme à Dieu en la communion des Saints et ledit jour et an son corps a esté par moy. vicaire soussigné, inhumé dans l'église dudit Lèves. Si^riu' : G. .V\ rouin.

Ce veJK ral)le prélre n avait pas oublié sa paroisse dans ses derniers instants et avait légué une rente de 10 sols à la fahri^iue de Saint-Lazare.

Il fut précède ilans la tombe par un de ses vicaires, maistre Michel Duval, vicaire de Saint-Lazare de Lèves. â<îé de 60 ans environ, qui rendit son àme à Dieu en la communion dos Saints, le 17 octobre 1646, et le mesme jour a esté par moi, vicaire soussi«rné de Lèves, inhumé dans l'église dudit Lèves. Signé : G. Avrouin.

Nous trouvons comme vicaires, outre M. G. Avrouin, 1646-1649, Michel Duval, 1641-1646; Jean Challet, 1645; François de Philmain, 1646; Michel Levassor. I6V>.

Messire Antoine Mallht était curé de Lèves dès avant le 31 octobre 1646, car à cette date il si^ne un acte en qualité de parrain. 11 signe des actes en 1651, 1<)58, 1660, 1662,

ÉGIJSB ET PAROISSE

1669, 1672, 1680; il parait aussi comme curé de Saint- Maurice en lfô2.

11 alterna d'abord avec M. Philippe Pintard que nous trouvons faisant acte de curr le 21 février 1652« 1653, 1655, 17 mars, et qui mourut le 4 avril 1663 : « vénérable et dîscrette personne Philippe Pintard, prestre curé de Saint-Maurice (et de Saint-Lazare), âgé de 38 ans et succéda en sa place son frère maistre Jban Pintard.

Nous lisons dans le registre cette note. « Le 5 janvier 166%, je suis délogé. A. Mallet. » « Le 5* jou# de janvier, je commencera cure de Saint-Lazare jusquesàtrotsans, sy Dieu me conserve la vie pendant ledit temps. J. Pin^ tard. « Celui-ci, en 1665, avait béni 20 mariages ; en 1666, le 4 octobre il était parrain.

Le 8 janvier 1667, M. A. Mallet était revenu et devait, par raccord que nous avons mentionné plus haut avec son con* frère Jean Pintard, faire disparaître ce fâcheux alternat des pasteurs qui enlevait à leur ministère la stabilité si nécessaire à leur action et était si contraire à la législation de ri^lise, qui a toujours proclamé l'inamovibilité des curés.

Dans cette phase de 1646 À 1670 la liste des vicaires, qui semblent avoir suivi bien souvent leur curé, est assez longue.

Michel Levassor, 1646-1648.

François Challet, 1648.

François, 1647-1648.

Desclos, 1649.

Dojnel vint le l*' jour de mars 1650 pour « vicarier ». Ce fut lui qui célébra la sépulture « d'un pauvre passant, mort auprès de la planche du Vau, le 18 juin 1650, après avoir reçu l'absolution, qui disoit avoir nom Martin.ou Mathurin Lazcnay » ; et le 30 septembre suivant « Tenfant Etienne Le Tas, de Houx, qui mourut commesa mère passait et cherchait sa vie chez M. Gaudefroy. »

Guillaume Hamard, vicaire 1654, 1662, 1666.

Boullc, vicaire 4665.

64 SAINT^LAZAKK OK LICVKS

Michel Lcvassear, vicaire 1667-1670.

M. Mallet, dans cette période ingrate, avait su acquérir dans sa paroisse une grande influence. Aussi nous le voyons recevoir, comme le permettait d'ailleurs la législation du ro^'aume, les testaments d'un grand nombre de ses paroissiens et l'expression de leurs dernières volontés. Il inscrit dans ses registres les testaments de Barbe Montureau, femme de Claude (kiiard. vigneron à la Roussière, 30 mai 1651, — de Pantaléon Aubert, vigneron à Ouarville, 3 octobre 16B(), — de Martin Jambot, 16 juillet 1657, — de Barbe Baron, femme de Pierre Durand, 24 septembre 1658, — de Claudine Rondeau, femme de Jacques Chauveau, 5 mars 1659. — de Louise Mauguin. 27 février 1GG5, — de LéonoreCailieaux, veuve de Martin lioilleau, vigneronau Monceau, 11 mai 16G6, — de Mathieu Dunoyer. vigneron, 7 février 1667, — d'Hélène Brebier, femme de Michel Gaudefroy, à la Grappe, qui léguait à Saint-Lazare et à la CHARrré dudit lieu, 7 livres 18 sols, à charge de faire dire une messe haute chaque annéei 27 décembre 1657. — Le 9 avril 1659, Claude Harenger, veuve de feuClaude Guérinot demandait par testameat « à estre enterrée à l'église à la place de sa mère ».

C'était alors un déshonneur de mourir intestat, et nul ne voulait partir de ce monde sans avoir disposé de ses biens temporels, mais avant tout de son corps, pour lequel on demandait les prières de r£gUse et les honneurs d'une dernière bénédiction, et de son âme que l'on donnait à Dieu. Et cependant I on ne craignait pas alors la honte d'une sépulture dite civile. Voici d'ailleurs un extrait de ces testaments.

in nominê Domihi, Amen.

« Âujourd'fauy , disiesme jour de décembre mil six cent soixante et neuf, par devant moy Anthoine Mallet, presitre curé de Téglise Saint'M orice les Chartres et Saint- Lazare, son ann«e, fat présente Louise Bergerot, femme en seconde nopce de Laurent

éGLiSE £T PAROIS9B

Bigot, m'* mar6schal à Chartres, demeurant de présent au bourg de Leues, paroisse de Saint Lazare, laquelle dite Louise Bergerot, estant au lict inalade, saine toutefois d'esprit et.d'entcndcmont, laquelle recopnoissant T)y anoirrien plus certain que la mort ny plus inccriain que I heure d'icelle, et ne désirant partir de ce monde sans auoir dispost* de ce qu il a pieu à Di» u lui donner, après avoir participe^ comnme bonne chrétienne aux Saints-Sacrements de I Egli/e. rtctimmnndc son Ame à Dieu et aux prières de la glorieuse vierge Marie, à saint Lazarre son patron, et à tous les saints et saintes, a faîct son testament et dé« claré sa dernière volunté en présence des témoins et personnes cy après dénommés...

Premièrement elle désire que son corps soit inhumé dans h cœur de légiise de Saint'LasMre, en U place de eee enceetreef et que *ps obsèques el funérailles soient faietes honorablement selon sa qua^ Ittiet moiens, enfin selon que son mari Laurent Bigot en ordonnera suivant la coutume de l égiise dud. Saint Lazare. Quand pour ses biens temporels que Dieu luy a dtmnés elle veut entend quavanl de toutes choses l'on ait à satisfaire à toutes les debtes qu'elle pouroit devoir, àréparer tous le tort qu'elle pourroit avoir fatct à quelque personne que ce soit, etc. »

Antoine Mallet était un homme zclc et d une rare activité. La Confrérie de la Charité fixa particulièrement son attention.

Une sentence de Uîrûi maintenait la i^ltanlè de Saint- Lazare de Lèves en la possession d'une maison à elle léguée par Jean IMlHer B. 1778).

Nous Lavons vue en 1G57 mentionnée dans le testament de Hélène Jirebier.

Cette confrérie existait donc à Lèves comme en beaucoup d'autres paroisses du diocèse. Antoine Mallet n'en fut donc pas le fondateur, mais le sai^e réorganisateur (i^, avec le concours d un certain Jac4ues Petit, natif de

(t) Elle semble tn eff«t avoir existé en 1629, car le 8 octobre elle portoil

11' corps de Jeanne narruzier. fille de feu Claude BurruzifT, au cimetière

de Saiat-Lazare, de même le 13 octobre elle cooduisait le corps de Mario Baudouin.

LÈTIS 1

SAINT- L42 ARE DB LEVbS

Lèves et ancien compagaoa du père Claude, ermite du

Bois de Lèves. »

Nos recherches ne nous ont pas encore fait connaître ce Claude, ermite au Bois de L<'ves ; niais nous voNons figurer un Petit dans rinscription commémorati ve de la Charité, gravée sur pierre et encastrée dans le mur du bas côté de la nef latérale.

Trépassés Amovr de Dieu kt sa paix Soit avsc vous Amen

Fait an 1685 A Mallbt cvbé

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