LE MONCEAU OU LE MOCSS£AU
Nota- — A l'intersection de la route de Paris et de l'ancien chemin de Oraux s'élevait Jadis la Choix de Luoon, actuellement renversée. >
LÉVC3 10
SAIMT-LAZARB DB lAvIS, ÉOU8S VT PAROISSE
Cê hameau en effet a toujours été riche en maisons de campagne, dont le séjour en été est avsst agréable que salubre. Quelques habitants ne dédaignaient pas de prendre le titre de seigneur du Mousseau, tel messire Bertrand de Glauzel, maréchal de France, baron de TEmpire, qui au commencement du XIX* siècle « possédait en Eure-et-Loir l'ancien fief du Mousseau à Lèves, près Chartres (1) ». Sa fille -fut une des bienfaitrices de Téglise.
2* Lb bois ob LèvBS
Nous avons dit plus haut la fondation de la chapelle Saint-Gilles et Saint-Loup, par la vidamesse Marguerite, dame du Bois de Lèves.
Cette seigneurie semble avoir existé dès le commencement du XI^ siècle. Nous trouvons en effet en 1123 (2) un Hugue du Bois, et vers 1150, un Robert du Bois et ' Goscelin, son fils, se portant cautions pour Ebxard de Lèves. Mais ces indications sont trop incertaines.
Toutefois, vers la fin du XII* siècle, une vidamesse de Chartres avait donné à Josaphat un deml-muid de blé au Bois de Lèves (ch. 304).
En tous cas, l'incertitude disparaît en 1201, Milon le Jeune du Bois « Miloju vents de Ne more » avec sa femme Berthe et ses filles Marguerite et MabtUe, légaait è Josaphat pour son anniversaire, 20 sous de rente. Il était cousin de Geoffroy, seigneur de Lèves qui approuva sa donation (ch. 310). Or ce Milon avait épousé une Berthe du Bois « de Nemore >* (ch. 363) qui sans doute lui avait apporté en dot la seigneurie du Bois-de-Lèves, dont il prit le nom,
(I) Rietstap, Armoriai. — Bertrand de Clauz-l portait : Ecàrlelé «a 4d'*sur à trois étoiles d'argent, nnr 9 et S d'azar à di'ui: chevrons d'or nrcotnpàgnéê dé trois mains dexlrts appaamées d'urgent, au 4* d'or à trois crabts de guêultê, U» imAiliêê «n h»aL
OS) Cêrtulàirt dê /otcpAal. ch. 8.
SA1NT*I.AZARB DB LÈVES
tout en conservant encore celui de Lèves (1), car il porte dans les chartes indistinctement ces deux dénomina-
tions.
Ce Milesavait eu un fils dit Geoffroy et deux filles : Mabile, mariée deux fois d*abord à Guillaume de Ferrières et ensuite à Hugues de Meslay^ et Marguerite également deux fois mariée, d'abord à Jean vidame, d*où sa qualité de vidamesse et ensuite à Garîn de Friaize.
Mabile et Marguerite possédèrent par indivis le domaine du Bois de Lèves « gaagnagium de Nemore Leugarum ». Mais Hugues de Meslay» époux de Mabile, prévoyait déjà en 1220 que sa belle sœur mourrait sans enfants et^ se faisait assurer la propriété de tout le domaine. Lui-même eut deux enfants Geoffroy de Meslay et Marguerite, femme de Robert de Tachainville.
Ce fut cette noble et généreuse dame qui fit construire et dota le petit sanctuaire de Saint-Gilles et voulut qu*un chapelain y résida constamment pour y exercer le service religieux.
Il serait trop long de suivre dans toutes ses ramifications cette famille de Meslay, qui ne semble pas avoir toujours conservé cette terre en sa possession. Vers 140(), Mathieu de Bérou en était sans doute seigneur, car il donnait au Chapitre 12 livres 10 sols sur la terre du Bois de Lèves [2).
Est-ce de ce dernii r (jue Pierre, comte d'Alençon, aurait acheté le Bois de Lèves, déjà érigé en l)ar(>iiiii( ? toujours est il que le 2Vi nu»i 1403, le Chapitre de Notre-Dame, signait un acte solennel d échange passé entre lui et Pierre,
(1) Ch. 310 : Milo juvenis de Nemore, Berta uxot, filise : MarfariU et Ma-
bilia (12U1).
Ch. 3^ : Milo juTcni» de Nemore (1216).
Ch. 3G3 : Milo de Leugis... Lerthft de Nemore uxor, mftter Margarit»
vicedoraioe (1218).
Ch. 380 : Milo de Leugis, pater Mebiliae... gaagnagium de Memor» Leugerum (1220).
(2} Carl«(4U>e de A*efre-Diim«, 111, p. 16.
éGUSB ET PAROISSE
comte d'Alençon, seigneur de Fougières et de Galardon, vicomte de Beaumoat. Par cet acte, le Chapitre cédait, au comte d'Alençon et à ses successeurs, les terres de Germonval%t de la Bretonnière près Galardon, qui lui appartenaient par échange avec Hervé Lecoicq, et les délaisse audit Pierre, comte d'Alençon, pour et contre la seigneurie du Bois de Lèves près Chartres « naguères par nous, comte d'Alençon, acquise ». Cet échange était consenti par les Chanoines, v parce que cette terre du Bois de Lèves leur est aussi aisée et profitable pour leur église ». La cession comprenait les maisons, justice, fieux, arréfieux, terres, prez, bois, garenne, rivière, moulins, estang, cens, rente ; et « seront tenus les dits chanoines de célébrer par chacun an au grant autel de lad. église, pour le salut de Tàme de nous, comte d'Alençon , nos prédécesseurs et successeurs, deux messes, Fune de Notre-Dame et l'autre du Saint-Esprit qui seront chantées & l'autel des corps saints, derrière le maltreautel, la vie de nous durant, et après notre mort seront icelles deux messes converties en un anniversaire solempnel et perpétuel, auquel sera fait sonnerie et luminaire comme il est accoutumé à faire pour les royaulx
Fait Fan de grâce 1403, le XXIX* de may. »
(Scel sur lacs de soye rouge et verte perdu) (îj.
Le Chapitre d'ailleurs s'empressa d'arrondir le domaine par différentes acquisitions de terres voisines : Nous trouvons ainsi, en 1421, la vente au Chapitre par Jean Ravault, d'une maison à demourer, granche, un four, court, vergiers et une fosse à poissons, au boys de Lèves, abutant au chemin du lioy et au claus du Colonlbier de la prestrière de lioys de Levés. »>
Ces revenus furent aussi allée: tés, sous le nom de prestrière, à l'entretien d un des chanoines, mais le Chapitre se réservait les droits seigneuriaux, et en cette qualité
(1) Anhi99ê d'Earê'et Loir, G. 1144.
SAINT-LAZARB DK L£V£S
recevait les déclarations pour les fiefs dépendants de sa baronnîe.
Parmi ces fiefs nous citeroas'celui de la Salle de Poisvillîers, pour lequel firent acte de foy et hommage en 1577, Claude de Harville, gentilhomme ordinaire de la chambre du ro}-. m i^neur de Palaiseau, baron deNayville,
Fresnay le Gilaicrt, la Salle de Poisvilliers, où l'on voyait encore « les mazures de l'ancien château •> ; V'iacre de Harville, Loise de Harville, sa sœur. Mathurin de Harville, abbé de Saint-Martin de Trouard et de Notre-Dame de Clairefonlaine, par suite de la succession de leur père Esprit de Harville et de Henry de Harville, leur frère; et pour le rachat ils payèrent 3(M) livres iG. 1140).
Le Bois de Lèves relevait du duché de Chartres et ressortissait pour la justice à Loens : mais il avait aussi ses vassaux : le Jehan Couttes dict Minguet, escuyer que tient h présent N. H. Fiacre de Harville, seigneur de Palaiseau à Poisvilliers.
Le 2" vassal messire Henry Le Cuech, chevalier, à Gezanville, p"* de Prnnay le Gillon.
Le 3* vassal, Jehan Laisné.
Le4« vassal. Jehan de Coûtes qui tient nuement son hébergement sis au Bois de Lèves, que tient è présent maître Regnault de Gy vès, prévost de Chartres.
Le 5" vassal, Denysot Amy.
Les chanoines exerçaient d'ailleurs ces droits seigneuriaux avec grande douceur, et nous les voyons en 1630, faire remise k plusieurs habitants de Lèves « d'un droit de terceau, à cause de la gelée survenue sur les vignes >i.
Cette seigneurie n'était d'autre part, qu'une fort belle maison de culture dont ils firent dresser avec soin une description, au XVII siècle. La voici :
« Notre prestriëre terre et seigneurie du Bois de Lève se consistant en un grand corps de logis consistant en manoir, bastiment et clo$,scîs au Bois de Lèves, juxte au levant le chemin de Thréon, juxte au couchant le chemin
/église et paroisse
du Bois de Lèves à Levesville et en partie les jardins de M. des Ligneris, dont la desrription s'ensuit.
(irand portail d'entrée couvert de tuillei. chambre sur icelui et petit grenier au-dessus, grand corps de logis en entrant à droite dont i escalier est hors œuvre, salie basse, cuisine a costé, deux chambres hautes, grand grenier au dessus, petit corps de logis en suivant qui sert de sellier avec une chambre a cheminée au dessus icelle chambre lambrissée et servant de cuisine aux chambres hautes, la tout couvert de tuile ; petit jardin à costé garni de ses huisseries et porte. En entrant, à gauche, etables à chevaux, vaches et moutons, non doublées, contenant 15 à 16 toises de bâtiments couverts de chaume, grande cour, au milieu de laquelle est une bergerie de 3 à 4 toises de large sur environ 8 toises de long, non doublée, couverte de chaume. Colombier à pied près la bergerie à gauche couverte de tuile, garni de tous ses boulons et de son échelle tournante, poulailler à droite de la dite bergerie, un espace pour voiturer à la grange entre deux; ledit poulailler couvert de chaume ainsi qu*un petit bas coté à sa gauche servant d^étable k vache. Fournil plus loin- sur mesme ligne que ladite bergerie, laquelle tient au mur du clos, ledit fournil couvert de tuile et doublé, petit grenier au-dessus. La motte du four aussi couverte de tuile et en avance dans le clos.
H A gauche et par delà ledit fournil dans l'angle petit bastiment couvert de chaume, à deux huis, avec séparation d'icelui, dont un côté sert de souille à porcs et l'autre d écurie à taureau. Au fond de ladite cour grande grange à bled contenant six espaces, aiant pouslil à costé de sa porte charretière, couverte de tuile et talvée en Tune de ses pointes du costé septentrion. Pioche ladite grange à gauche, charterie ouverte de 4 toises et le surplus de murs de bauge, couvertede chaumeetappl |u e à l'autre poinie d'icelle grange. l*etit clos au delà du ïmid de ladite cour et autour de ia grange, garni d une huisserie avec sa
SAINT LAZARE DE LËVfiS
porte, icelui en friche. Sur l'aile droite de ladite cour, clos où l'on entre par deux huisseries garnies de leurs portes, ledit clos un tiers en cerisaie, le surplus en chencvière. I.e loRi^ du mur de së{)aration duquel et en retour de celui sur rue sont douze ormes tant a;ros que petits. Autre grand clos ou jardin lequel a une principale entrée au bout d'en haut près le vivier, et une petite issue qui ouvre le chemin de Thréon, vis-à-vis la garenne delà prestrière, dans lequel grand clos le long du couchant est une allée de charmille renaissante, un cabinet ou gai] Ion à l'un des bouts et à l'autre bout un grand creux ou vivier de 10 à 11 toises de long sur 8 à 9 toises de large, tout ledit grand clos garni despallierde muscat et arbres fruitiers tout le long du mur — et dans son étendue, planté la moitié en vignes, le surplus partie en arbres fruitiers partie de terre labourable — garenne d'environ 2 septiers» fermée de bayes vives en laquelle sont de gros arbres tant de chênes que autres, etc. » (G. 1145).
Cette terre était affermée pour un prix relativement modique, savoir en 1632 pour 620 livres, et en 1638 pour 850 livres.
La grande ferme sise près de la chapelle Saint-Gilles, était comme celle du Chapitre très étendue. Un acte de 1629 rappelle le fief du Four^ assis au Bois de Lèves, ap- • partenant à Pierre Legrand, escuyer, archer des gardes du corps du roy et de sa garde écossaise, qui l'avait ac* quisde Jean Boullay, bourgeois de Paris et de Madelaine Moulin sa femme.
Ce fief du Four consistait « en une maison à demourer, où il y a deuae chambres à cheminées, un fournil, un^ garde-robbe, astables, grange, sur l'entrée de laquelle il y a une voUière, bergerie, toit à porcs, portail, cour, jardin, mare, eu un tenant clos de murs, contenant 5 septiers de terre ».
En 16G0. ce fief était habile et jjossédé par messire Michel Beurier, escuyer, sieur de Hosville ou Hauville,
éCLISB ET PASOISSB 97
mart?schal des logis de Son Altesse royale mademoiselle de Montpesnier, souveraine de Dombes.
Sa fille Marie-Anne Beurier de Hauville, avait épousé messire Jean«Baptîste des Lîgnerîs, chevalier, seigneur de Beauvais, le 4 avril 1707. Les époux habitaient leur domaine, et y firent de nombreuses acquisitions.
Louis-François des Lîgneris, fils des précédents fut obligé de signer un accord avec le Chapitre « pour la mitoyenneté d*un mur entre la ferme du Bois de Lèves et la maison dudit des Ligneris, le 11 juillet 1744. Il habitait sa terre en 1739 comme ses pères, mais il se retira à Chartres et donna  ferme sa métairie, contenant 28 muids, pour 950 livres.
La justice de la baronnie du Bois de Lèves fut réunie, vers 1757 au bailliage de la chàtellenie de Lèves.
3° CUAVANNBS
Les documents historiques sur ce hameau sont assez rares. Toutefois quelques personnages portent ce nom soit à titre de fief, soit comme lieu d'origine.
Le premier semble avoir joui d une certaine influence, c'est Richard de Chavannes, Uicardu^ de Cavennis. Il paraît en 113(> et vers H'iO dans une charte de Goslein, seit;n«'ur de Lèves en faveur de son abbaye de Josaphat, avec Goslein de Mervillc, Barlhéiemy du Boulay, Guerry Baise-Diable M , et dans une ciiarte de l abbaye de Saint- Denis de Nogeat-le-Rotrou donnée par l'évéque Geoffroy de Lèves et «on frère Goslein (Ch. 63).
Plus tard en 1150. une pauvre femme de Chavannes. nommée AlbnrL^is, donne à .To'; i j hat sa viorne pour le repos de l'âme de son mari défunt» Guillaume, avec Tas-
(l)Ch. VZet m.
SA1NT*LAZARB DE LKVES
sentiment de ses fils Pierre eiGilon, en présence de Chrétien du iMonceau et Landry son gendre (1).
Le chapitre Notre-Dame. avait reçu avant 1180 du chanoine Robert de Pignosa 23 sols de cens sur les terres de la Roussière et de Cha vannes près Lèves.
£n 1248f Jean de Mignières donna ses dimes de Cha- A'annes.
£n 1275, Guillaume des Buis, chanoine, achetait une dlme de vin à Cha vannes et à la Roussière. Enfin un acte de 1331 parie d'une acquisition faite par les clercs de la Cathédrale (Cartul. de N.-D., Il, p. 427) « en la censive de la dame de Cha vannes
Le plus fort propriétaire de. Chavannes était l'Hôtel- Dieu de Chartres. En 1391 Barthélémy Le Couturier donnait pour les pauvres malades « un hébergement à Chavannes » : « apud Chavanez, in parrochia de Leugis, » et 2 maisons dans la rue Muret.
Cet exemple fut suivi par Jean Lange, chanoine de Saint-André, qui donna 27 sous 6 deniers de rente.
Les administrateurs tinrent régulièrement leurs registres censiers et terriers pour la' perception de ces revenus, de 1429 jusqu'en 1647. Hemarquons toutefois qu'en 1545 les cens furent perçus le jour de la Saiht-Prest (15 octobre) et à Lèves, « pour le danger de peste quiavoit cours au lieu de Chavannes ».
Selon le langage si usité à cette époque, ce domaine était assez considérable pour porter le titre de seigneurie; ét les rédacteurs de ces registres ne l'oublient pas : « Cens, revenus et dépendances de la sei^rneurie de Chavannes, — terrier de la seifçnourie de Chavannes ^ i 'i29-l 'i30). «
Mentionnons pour simple mémoire le château ou lief delà Uoussière, nomme [dus haut dans l'acte de 1180, situé au bas de Cha \ an ries, non loin du cliamn de tir actuel , luitiurd hui il n en reste même plus les ruines : « Etiam periere ruina*. >»
(l}Cli. 1S7.
ÉGLISE ET PAROISSE
4» LONGSAULT
Ce hameau, pittoresquement situé entre le coteau abrupt et la rivière, prend place dans les vieilles archives à cause de son moulin.
Jadis la ri\ ière t'iait lilire cl comme nous l'avons vu au X* siècle, aucun moulin n'en barrait le cours.
La 1'*" mention que nous en font les chartes remonte à liG't.
Par devant Robert, évèque de Chartres, le chevalier Engenold du Coudray, avec le consentement de Marie sa femme, de Bernard. Huçrups et Ginburj^es. ses enfants, vint dans le chapitre de Josaphat et donn.i à I abbaye la nioili('' (lu moulin d'Illiers « de Illioriis ou lleiis ». En sii^ne d investiture et de cession parfaite et irrévocable le donateur remit à lahhé un couteau « investi vit per cultellum Le titre original de cette donation, onserv(' avec s«>in par M. Torcheux. propriétairt^ actuel de ce moulin, ne laisse aucun dout<^ sur ridenliticalion. car au dos du parchemin est écrit : « cjuod nunc dicitur de Lont^saut?: : tjui maintenant est appelé Longsaulz. •» — « Ils entendent, dit un mémoire duXV" siècle, Je mot Illeis de la l"" charte de leur moulin de Longsaulx, parce qu'ils n'en ont jamais eu d'autre que celuy de Longsaulx.En 1273 Baudoin de Maii^nonville vendait aux religieux une partie du moulin de Longsault (le 3' quart) qu'il avait de .son héritage ; le 4* quart fut acheté par les moines en 1283 à Jeanne Destrouz pour 30 livres chartraines.
Le 2'" moulin de Longsault fut vendu à Josaphat le 18 mars 132(>, par Ciilles, vicomte du Tremblay, et Jeanne sa femme, pour 40 sols. Ce moulin, dit une note inscrite au dos de l acte, est démoli et on en voit les fondations au fond de la rivière. »
Trop rapproché du moulin de Lèves, ce moulin fut en butte à une suite pour ainsi ininterrompue de difficultés
100 SAINT-LAZABB DB LÈVES
et de contestations. En 1190, Tbibault comte de Blois et de Chartres, faisait conclure un accord entre les moines et Geoiffoy, seigneur de Lèves, pour établir une ligne de démarcatîon pour la hauteur de l'eau des moulins de LoDgsaulx, qui « sera déterminée par une borne en pierre, arec trois écluses pour le cours de l'eau depuis ia saint Remy jusqu'à la saint Jean, et deux de la saint Jean à la saint Rémy* »
L'affaire se compliqua bientôt de la grave question de la navigation de TEure.
''Le 21 janvier 1442/3, le roi Charles VII portait une ordonnance adressée à ses bien amés les gens d'église, bourgeois et manans.
<c Notre ville de Chartres... ne petit être secourue et aidée sinon à charrois, à somme, ou à col^ et ainsi que Tadversité des guerres qui longuement y ont régné et par la fortune en quoy il a toujours été, le pays chartrain esjt comme tout dépopulé... La rivière d'Eure peut aisément, par creuser et approfondir en aucuns lieux, être mise en état de porter navire, et que bateaux en navigant y pouroient monter et descendre et mener denrées et marchandises... si vous mandons vous souffriez iceux ... qui de leur volonté, sans contrainte, voudroient élar^^ir et approfondir ladite rivière es lieux ou métier en sera. .. au proffit et utilité de la chose publique du pays. Car ainsi nous plaît et voulons être fait. Donné à Montauban ».
Le 5 octobre le même roi constate avec joie que M les habitants de Chartres à très grands frais ont fait tellement disposer ladite rivière depuis Chartres jusqu'à Norçent le Roii que la rivière pourra jxirter aussi grand navire e » rune elle porte au-dessous dudit Nogent,.. si n'était le contredit d'aucuns, à cause de leurs moulins et pêcheries ». Le roi maintient sa 1'" ordonnance et la confirme à nouveau pour mettre 'on état de navigation) 1 idite rivière, sans toutefois démolir ni abattre aucuns moulin ou édiitice. »
éOtlSB n FAROnSB
Le 6 avril 1459, nouvelle ordonnance prescrivant aux habitants de Chartres de compenser les pertes éprouvées par les religieux de Coulombs, et autres. »
Les religieux de Josaphat avaient reçu du Parlement, dès 1450, un règlement pour les droits qui leur étaient dûs pour le 'passage par la porte (à bateau) des moulins de Longsaulx.
« Les meusniers des moulins de Longsaulx... pren^ dront pour chacune fois qu'ils feront ouverture de la porte ' pour chacun batteau montant ou devallant par la rivière d'Eure, douze deniers tournois seullement et non plus.
« Et pour chaque flouée d'eau que lesdits meusniers prendront des batteliers douze deniers tournois, montant ou devallaiil et [)oi iera la flouée et ouverture d'icelle porte l'espace de demi heure.
a Laisseront \a porte ouverte aux ivaUcaux a\dilans, apiès le dernier batteau avallé et passé la porte, par le temps et espace de deux heures, pour donner eaue aux batteaux availans.
« Sitost que les batteaux montants seront au-dessus de la porte, seront tenus clore la porte et tenir les esseaux de leur moulin esclous, jusqu'à ce que les battaux seront montez jusques à la prochaine porte ensuivant, pour donner eaue aux battaux montants. »
Ce droit de péaj^e était relativement peu élevé, s'il est vrai qu'une ordonnance de Louis XI, datée de 1402, établissait que chaque bateau, depuis Chartres jusqu'à Nogent, payerait lU sols en descendant et 5 sols en remontant. Nos religieux voyaient donc d'un œil très favorable la navigation de leur rivière. £t cependant en 14U7, ils pouvaient faire remarquer avec justice « que. quand les bateauxsont passés, Teauest une journée entière à revenir, ce qu'ils estiment leurs préjudicier de plus de 40 livres par an ».
Quand, après un arrêt de 20 ans, la navigation fut reprise sur l'ordonnance de François l**', du4 décembre 1538,
SAINT LAZARB OB L&VES
nos moines maintinrent cette faible taxe et la firent approuver par lettres royales du 9 avril 1548. On y ajoute que « les meusniers seront tenus, chacun en son égard, entretenir en bon et suffisant état les portes, escluses et guatses desdits moulins, eh façon que la navigation soit continuée et que les bateaux puissent monter et avaler »,
La navigation de l'Eure cessa par suite des troubles causés par les protestants en 156^, mais d'autres difficultés surgirent précisément à cau«e de la porte à bateau, avec les fermiers du moulin de Fontaine-Bouillant.
Cette porte devait être percée de 12 trous (voire même 20), de 18 lignes chacun de diamètre, afin d'alimenter d'eau le canal du moulin de Fontaine-Bouillant. Le meunier de Lonssaulx se permettait de boucher les trous avec de paille, du foin ou des herbes, tl où [>rocès cl sentences ou transactions qui durèrent depuis U)57 jusqu'à la Révolution, et se renouvelèrent même depuis » (1).
Un accord survint entre les religieux et le sieur Faget, seigneur de Saint-Prest et do la Forte-Maison, etc. le 19 novembre 1727 ; mais pour peu de temps et la querelle reprit en 1755 avec le nouveau seigneur de Saint-Prest, messire Nicolas. Hyacinthe de Mf>ntvallat. chevalier, cf)mte d" h'ntra^ues, etc. Les deux })arties produisirent leurs moyens de défense par »lt s mémoires imprimes.
Le sieur Mathurin Mauzaize était alors fermier du moulin; son fils Noël Mau/ai/c s'en rendit ncquéreur le 28 février 1701 {)our 57. 1(K) livres. M, Torcheux en est aujourd hui le paisible possesseur.
Voici d'ailleurs une liste des meuniers des deux moulins de Longsaulx : Marin-André Marchand. 1618; Nicolas Lévin, venant du moulin de Gorget, l(i50, lfô9 ; — Nicolas Souin, KibO; — Florent de Maure. l(U)8; — Vincent Berthier, 1G93; — Jean Clouet, 169'î ; — Etienne Provostt 1707 ; — Macé Prunelle, venant du moulin de la
(1) Bibl. de Chartres. Mss. 1310. 286 v.
DigitizecUîy ÇûQ^e
KGLISK ET PAROISSB
Barre, 1710, 1719 ; — Robert Thomin, 1726 ; — Jean Guyboust, 1737 ; — Mathurin Mauzaize, venant du moulin des Graviers, 1745, 1752; — Marie«Claire Fizelier, veuve du précédent, 1751 ; — - René Mauzaize, 1770, 6 juin ; — Cathe« rine<£lisabeth Grandin, veuve de Nicolas-Michel Baudouin, venant du moulin de Fontaine Bouillant, 3 novembre 1770; — Jean Baudouin, 1780; — Louis Baudouin, 1782,17»} ; — Louis Isamhert, 1795 (29 vendémiaire an IV) ; — Lonis-iDésiré Isambert par Marie -Madeleine Landry, veuve de Jean Noël Mauzaize, propriétaire 1815.
L*abbaye de Josaphat avait droit de justice haute, moyenne et basse sur tout le hameau de Longsaulx, d'où il résulta ([ue le lieutenant des moines eut à juger une cause qui lit grand bruit dans toute la contrée. « Te jeudi 1498, entre les deux, heures après midi, le pourceau de Jean de la Lande et de sa femme, demourans près la maison de Pierre Le Borgne, à Longsaux, avait tué une jeune fille de l'Age de un an 12. Matry Rougeau, lieutenant de messire Simon Cognet, licentié es loix, bailly de Josaphat, Charles Brice, greffier et Jean Brnvères. sergent se rendirent sur les lieux et firent prisonnier ie jeune pourceau de l àge de 3 mois, taché de noir en aucune partie de l'œil, près la tt^to, et le surplus blanc: et ladite femme de Jean de la Lande. A'j,i'c de 2G ans. ([ui ciit qu'il y a en\ iron 3 mois l'enlanl nommée Gilon, [lar un nommé Michel Péant. lui fut apportée par un homme de Chartres; que jeudi, elle coucha i enfant à une heure après-midi dans son berceau, ayant fermé la porte avait été un moment chez un de ses voisins. Le pourceau avait renversé le berceau et mangé les mains jusqu'au bout du gros os du bras et avait commencé à lui manger les lèvres et une partie du nez, dont elte avait été courroucée... que Tenfant mourut le len« demain. »
Après de nombreuses comparutions i la sentence fut rendue le 13 avril 1499. La Lande et sa femme, d'abord emprisonnés^ puis mis en liberté sous caution, furent con-
SAINT-LA2AIIB DS LÈVES
damnés à l*amende et le pourceau à être pendu et exécuté par justice. Mais la potence n'étant point érigée, le cochon fut pendu & la potence de Generville.
5* Le clos Bbsnin, bt la maison dbs orphblinbs
Ce clos situé au centre de Lèves était l'objet de transactions des l'i'iO. Etienne, fils de Bigot le cordonnier, vend à son frère (»ilon la moitié d'une maison située au carrefour Tei me ou (J raviers de Lèves, dans la censivedu chevalier Nicolas d Orphin (G. Il35i.
Mais le lundi 6 octobre 1401. Pierre de Capduz, tuteur de Pierre Oyiart, de Jehanne dite Amoureuse et de duérinne, femn-ie de Guillaume du Val, enfants de feu Gilles Ovlarl et de iJouIce sa femme, vendit ce domaine à Guillaume (le Sainl-Iiégnin : i i chanoine. Il était alors composé « d'un grand verL;er avec deux arpents de friches, d'un petit verirer le long de la rue ; les maisons étaient pour la grcii^eure (la ]dus i;rafide partie en ruines et désertes chariîées de jjlusimirs arrer;i^es envers les seigneurs de î-ève-; Le conseil tle famille Jehan le Maire, bour-^eois de Chartres, Alain des Kourneaulx, Guillaume de Saint- Lomer avaient donné leur consentement à cette vente. Du nom du nouvel acquéreur, le clos s'appela désormais le clos Bénin, que le chapitre aliéna au XVI* siècle. Les archives départementales en conservent un plan : les jardins sont bien dessinés à la Française tels qu'on les voit encore aujourd'hui.
En 17(X). le clos lîenin appartenait à Louis Desvaux, seigneur de Levesville.
Par acte passé le 21 février 1785 devant M* Boisseau
( I) Le inercrodi, 3 octobre l'iOi. Mcssitc Guiliaumo dp Satnt-B,-nin achetait aussi des terres «o (riche sises à Lèves, de i^errinelle ia Martinello, maîtresse Jeanne la Fidée. Laurence La Verrière et Juliette La Herberelle » sueurs de rhoapital de Saiat-Lteufort et cr^rptes de l'église de Chartres. • (6. 1185).
éCLISB VT PAROISSE
flS D
t) La presbjtèra, à côté de I Rglise.
3} L*OriMMe, sur la place de l'Egliae.
Si L» Potfu dejaiUet i I angle d« la me de l*Egli«e «t de la rue de JoMpbat,
SAINT-LAZARB DB L&VSS
notaire à Chartres, le dos Bénin était acheté à M. Mathurîn^Louis Grandet par M. Louis- René du Temple de Chevrigny et Louise-Hortense^ Prévôt, son épouse.
II fut vendu le 13 juin 1814 à M. Benoit Norbert Romier de Padainville et à M"** Marie-Rose-Eiéonore Compagnon, son épouse, qui le laissèrent en héritage (1825- 1828) à leur fille Aîmée-Gabrielle Romier de Padainville, épouse de M. Etienne- Amable Salives* Celui-ci, en 1861, le vendit à M. Frédéric-Gabriel Duparc et à M"" Eltsa^ beth-Henriette Carême, son épouse.
En face le clos Bénin, aux graviers de Lèves, Madame « Jeanne de Yassé, demourant en la maison de Thèpital de Saint-André de Chartres, avait légué, le 9 septembre 1862, tous ses biens meubles et une maison. Heu et jardin scis aux Graviers de Lèves, à la maison ethospital de Saint- André, aux petites filles orphelines dudit hospital (1), en la personne de Charlotte de la Boissière, Tune des enfants de la ditte maison, qui luy succédera à la conduite de la dite maison, et après elles aux autres filles qui se succéderont les unes les autres à Fadministration, soin, gouvernement et enseignement des dites filles orphelines, sans que lesdits biens donnés puissent être divertis à autre fin que celuy ci-dessus. »
En 1717, les administrateurs du bureau des pauvres de Chartres, gouverneurs de la maison des filles orphelines, disent que la maison léguée par Jeanne Vassé, est scituée aux Graviers, paroisse Saint-Lazare de Lèves, juxte d'un côté le chemin de Lèves à Chartres, d'autres le pré de monsei^eur l'Evéque, d'un bout le château de Lèves, d uulre le coui h d eau. »
Le ly novembre 1779, cette maison est affermée, mais
(1) La testatrice veut en outre << que toutes les petites Biles orphelines qui seront audit bùpital.lors de son deceds, soient vestues et habillées de neuf, et pour cela donne 400 livres tournois. En 16S1, ces orphelines figurent à la grande procession de Josaphat. « souhs la direction de leurs inaltrcMea, veitues de gris avec des bonnets de même couleur. • {Ut Btàiutê dtuéc^éa)*
^GLISB BT PAROISSB
le preneur « s*ob1ige. souffrir les petites filles orphelines se promener dans ledit jardin, sans pouvoir prétendre aucuns dommages intérêts pour raison des dégâts que les petites filles pourroient occasionner aux herbes en se promenant dans ledit jardin ».
Cette maison « des orphelines de Chartres » existait encore au moment de la Révolution, mais la volonté expresse de M"» de Vassé fut alors violée et la maison vendue. Son emplacement est actuellement la gare du tramway.
.6* LbS CHANOINBS OB ChARTRBS, SBIGNBURS DB LÈVES
Par acte du 27 juin ÏM)7), le chapitre avait acheté de Jehan de Neeile, chevalier, sire d'Offemont et d'Ade de Mailly, sa femme, le chAteyu de Lt ves et ses fossés, avec tous ses droits et privilèges ; moulin, rivière, bois, justice haute, movonne et liasse, hel etc., pour le prix de 1.200 fr. d*Or du coiiii; du roi.
Sur les ruines de l'ancien château, les chnnoines construisirent une maison de campagne, et le clos tout entier fut transformé en jardin d'atçrément dont l'entretien était confié à un fei uiier ; ils se réservaient le droit rr d y venir avec leurs amis toutefois et quand ils jugeront à propos » pour s'y recréer et reposer.
Leur droit de justice était confié à un bailli qui avait son auditoire» proche le grand portail de pierre de taille»).
Le chanoine qui jouissait de ce bénéfice avait aussi « la maîtrise de tous les métiers dans ledit bourg de Lèves » c'est-à-dire, la charge de délivrer les diplômes donnant droit d'exercer un commerce ou un métier, après avoir fait preuve de savoir et d'honnêteté.
Voici quelques-uns de ces diplômes.
lOnovenibre 1476. « Pour le bon rapport qui fait nous a esté de l'expérience de Simon Lecomte, texierendrap, de
SAtMT*LAZAIlB DB LÈVES
ses sens et bonne industrie, l'avons institué et par ces présentes l'instituons texier en drap et lut avons donné po* voir, congé, licence et auttorité de besongner, j.oïr et user dudit mestier en la paroisse et châtellenie de Lèves... et a fait serment de bien et loyalement exercer ledit mestiâr. » (G. 1138).
29 novembre 1503, semblable institution est faite en fa^ veurde Thomas Court, texier en toiles.
Le 20 septembre 150(), Hector Le Sachier, prévôt de Lèves, proclame Vincent Laurent, « demeurant au carrefour de Lèves, comme mestre barbier et ctrurgien pour joyr et user dudit mestier. »
Le 22 septembre 1707, le même magistrat institue Guillaume Fouletrye, « maistre parchemynier et gantier, avec droit de Joir et user dudit mestier après avoir prêté le. serment de bien et deaement se gouverner audit mestier ».
Le 20 avril 1599, v Jacques Renou, est mys et institué maistre boucher, chercutier, gressier et mercier en la ch&tellenie de Lèves. »
Le 19 mai 1609, Jacques Berger est proclamé maistre maréchal au bourg de Lèves.
Le Cha|)itre possédait encore, outre le Bois de Lèves, les seigneuries, d'ailleurs, sans importance, de la Grappe et de Miscouard, celle de Coula ns, au delà du clos Bénin (aujourd'hui couverte par la propriété de M. Albert Niclausse) et quelques autres terres.
L'exercice de la justice a laissé de nombreuses archives, mais comme toujours peu codifiantes;; désordres dans les auberges et dans les veilloirs ; violences, vols, etc., rien à rappeler en tout cela au souvenir de lu postérité.
Siiiiialons dans un autre ordre d'idées une enquête « au sujol d une crue iiubile de la rivière qui a ealrainé un carrosse et noyé un jeune homme ».
En eflei, le seul pont existant a Lèves étant celui construit sur le Couasnon, près la maison du Clos- Bénin ; 1 Eure était traversée à guet près du moulin de Lèves et
ÂGLISB ET PAROISiB
du moulin de Longsault. Celui du moulin de Lèves était particulièrement dangereux à cause de sa longueur; la rivière faisait tourner deux moulins et le cloaque d'eau, derrière le déversoir, occupait tout Tespace entre les deux ponts qui existent aujourd'hui.
En 1717, rhôtellerie de l'Image Saint- Jean était mise en adjudication ; en 1736, on y avait volé Targenterie.
Visite de maisons, en partie ruinées par les inondations, près le cimetière de Lèves et dans la ruelle du clos abbatial de Josaphat (vers 1660).
Sentence fixant le prix de la cuisson du pain à 18 sols parsetier de farine.
Etat des portes causées aux viornes par la grêle en 175(».
En 1757. lu justice de la baronnie du Bois de Lèves avait été réunie au Ijailliage de la chAtellenie de Lèves (B,1784).
Les délits graves étaient sans doute très rares, puisque le carcan ou poteau de justice avait disparu depuis longtemps, quand le 9 novembre 1735, les magistrats se décidèrent à en faire ériger un nouveau, < au coin de la maison des enfants de feu François Jumentier iqui précisément avait ét('» bailli en même temps que tabellion, et chargé de rendre la justice , juxte d'un côté la rue qui va à l'église, d'autre la rue qui va à Josaphat. Nous y avons fouillé un trou de largeur de 5 pieds et de profondeur de 3 pieds, et y avons planté le poteau de hauteur de 8 pieds hors de terre, ayant quatre faces, sur chacune des quelles sont les armes de l'église Notre-Dame, auquel poteau du côté de la place publique a été attach'' un collier de fer avec sa chaîne par Nicolas Laye, maître charpentier, a» (G. 1138 et B. 1773).
. A ce poteau étaient aftiçhées les sentences et ordonnances d'intérêt public, et quand il y avait lieu, les condamnés à des peines infamantes, comme Joseph Larbelle qui pour vol d'argenterie à l'hôtel de l'Image Sa'int-Jean fut condamn*^ à être battu et fustigé de verges, marqué d'un V et banni pendant 5 ans du bailliage de Lèves.
SAINT* LA ZARB DE LÈVES
7" L'AUUAYK DE JOSAFIIAT
L'histoire de Tabbaye nous fournit quelques di^tails qui se rattachent à la vie paroissiale, et que pour cela nous devons mentionner rapidement.
La belle église de Jasaphat était en effet un lieu de pèlerinage très fréquenté, et à certains jours, surtout aux fêtes de Notre-Dame, le peuple y affluait en foule.
On y venait invoquer Notre>Dame et puiser de Teaa « à la belle fontaine aux eaux limpides et sanitaire dont la source semblait jaillir des fondations de la chapelle consacrée à la Vierge. Cette eau était emportée chez soi, ou même consommée sur place par les malades, car elle était réput<''e pour les maladies du sang se portant à la poitrine (pour les fièvres de poitrine, clisait-on encore, pour désigner la terrible phtysie). On ra[)pelait encore la Bonne Fontaine. L'ne jjetile madone placée dans une niche audessus de l'ouverture du bassin semblait lui avoir donné son nom. Un tronc placé à coté servait pour déposer les offrandes. Cette fontaine existe toujours; mais la chapelle de la Vierge et les pieux pèlerins ont disparu. >»
Dans les l'ouilles (jue nous avons faites ces dernières années, nous avons pu mettre à jour une preuve évidente de ce recours populaire à la protection de Marie. Car derrière l'autel, fut trouvée l'ouverture cjui permettait de puiser, de l'intérieur même de la chapelle, l'eau de la fontaine sacrée.
L'aVjbaye possédait une relique de la sainte Couronne d épines. En 1338, le roi Philippe VI de Valois l'avait fait déposer momentanément dans l'église, par le chevalier Vafran ; une épine en avait été détachée et donnée au monastère. Jean IH Pasté, évêque de Chartres, était venu célébrer la messe devant le prince. La population voisine y était accourue en très grand nombre, et en souvenir de
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ce fait, chaque année, dans la nuit du jeudi au vendredisaint, les chartrains venaient nombreux, revêtus de Thabit de pénitent, y passer la nuit en prières. La porte restait ouverte , et on entrait et sortait à volonté , et tout s'y passe avec beaucoup d'ordre et de dévotion.
Toutefois, en 1749, le bailly de Chartres fut bien et duemenl informé que certains désordres et scandales étaient . commis par des personnes ainsi travesties en pénitents. Le 27 liuirs, il j^ortuit une ordonnance « faisant pr«hil)iti()n au prieur et aux religieux de Josaphat et au sieur curé de Saint- Lazare, de laisser la [)orte ouverte, ains prescrivait de la tenir fermée ; avec di'fense à toute personne de quelque condition et qualité qu elle fut de se travestir &OUS 1 habit de pénitent et d'aller en cet état en ladite abbaye de Josaphat. Knfin il fut enjoint aux i)ortiers de ia ville de iernier les portes ?i l'heure ordinaire, etc. >»
« Le 3" but de pèlerinage était le tombeau de l'abbé* Girard, mort en odeur de sainteté. Ce tombeau était situé à l'entrée du cfrand chieur. sous le jubé, du côté de lépitre, vis-à-vis le tombeau de 1 évèque Geoffroy de Lèves. On y v^ait de ^ous côtés, et les fiévreux s'en retournaient guéris. » • *
Une 4" affluence de personnes religieuses avait un motif plutôt de récréation. Elle était connue sous le nom de chevauchée ; elle avait lieu chaque année, le l"" dimanche de mai. « MM^deî'ofâcialiu» de la cathédrale, avec je promoteur, les procureurs, 1( s chantres et enffants de chœur venaient à cheval à Josaphat^ entraient en l'église sur les neuf heures du matin, ou, après une messe basse, on chantait le Regina eali. Libéra et De Profundis. Après quoy, on leur servait un diner qui consistait en deux jambons et deux quartiers d agneau de chacuh 5 à6 livres, avec du pain et du vin, bon et suffisant. »
Une seconde chevauchée avait lieu le mardy après Toctave du Saint-Sacrement , en Taveur du chef de musique, chantres et enfants de chœur; ils se rendaient à
SAINT-LAZARE DE LÈV£S
l'église à 10 h. du matin, chantait le Salvr rojin.i dans la chapelle de la Vierj^c ; après quoi les moines leur servaient à déjeuner, savoir deux jambons tant seulement de chacun environ à 6 livres <« Sous sa serviette, le maître de musique trouvait 2<) sols tournois. >» Celle dernière chevauchée était parfois trop bruyante, 1p<î excursionnistes revotaient des vêtements bizarres, des coillures de toutes formes, portaient l'épce au côté, au lieu d'un cheval montaient un àne, taisaient entondie des cris et des chants entremêlés des sons discordants des liâtes et des trompettes, etc. C'était en somme une bande de joyeux écoliers en vacances, dont nul ne se scandalisait. Danâ les temps de calamités publiques, ils savaient d'ailleurs s'en abstenir, comme le 10 mars 1615, le 16 juin 1723.
Ces expéditions joyeuses et bruyantes mettaient tou* jours en émoi le peuple Lévien.
£nûn nous de%'ons signaler au premier rang les solennelles processions de la sainte châsse de la cathédrale à Notre-Dame de Josaphat, dans les circonstances de grandes calamités, surtout pour obtenir de la pluie dans les temps de sécheresse excessive. Toutes les autorités religieuses et civiles y venaient avec leurs insignes, suivies par une foule innombrable.
Les plus anciennes connues sont celles de 1314 :
« Robert de Joigny ayant ordonné pareille cérémonie pour les mesmes causes, la sécheresse, eut la consolation (célébrant la messe en Tégltse de Josaphat) de voir qu'au moment de la communion, les nues ouvrirent leur sein et laissèrent tomber une pluie si fructifiante que la terre en ayant esté larg'ement arrogée, et, de stérille qu*elle estoît par la sécheresse devint féconde par Thumidité. »
Puis celles des 17 et 19 mai 1509 pour les succès des armées françaises contre les Vénitiens ; la 3* le 7 juin 1567, pour obtenir de la pluie; la 4* le 13 juin 1583 contre la peste ; la 5* le 1*' août 1599, qui fut pleinement exaucée,
SAINT-LA/ARK DE LEVES
TOMHtAU DE JEAN DE SALISKUKY f ll8(l
(Voir page 115).
ËGLlSfc; ET i'AHOlSSli
car «. dès lors cessèrent les grandes challeurset plut chacun jour ung peu ».
On raconte encore celles de 1615. 1«i28, du 7 mai 1G21) pour remercier Marie de la préservation de la peste, du 18 juin 1636 contre la sécheresse.
La plus solennelle fui celle du 18 juin 1G81. On s'y prépara par un jeûne de 3 jours ; elle partit de la cathédrale à 6 h. du matin, tout le clergé était revêtu de chappes, les rues tendues de tapisserie, les troupes en armes accompagnant les autorités et gardant la sainte châsse et tous les reliquaires ; labbaye avait déployé toutes ses richesses et ses plus beaux ornements.
Celle de 1694 fut racontée en vers par Claude Savart.
La dernière connue eut lieu le 11 septembre 1708 et ne fut pas moins brillante que celle de 1681 . Nous regrettons de ne pouvoir reproduire in exttnto le procès-verbal d'une de ces manifestations de foi religieuse si aimées de nos pères.
Des splendeurs de Téglise abbatiale, nous ne pouvons rien dire ici, et nous renvoyons au rapport que nous espérons publier prochainement sur les découvertes précieuses faites pâr nous il y a bientôt deux ans. La gravure du tombeau de Jean de Salisbury en donnera du moins une idée des plus exactes.
8* L'HospicB MariG'Thbrèsb bt l'asilb d^Aligrr
Le 20 septembre 1807, sur la demande du baron Delaitre, préfet d'Eure-et-Loir et du cônseil général, une loi autorisait l'acquisition des bâtiments conventuels et
de Venclos de Tahbaye de Josaphal, alors possédés par M. Delaperelle. pour 43000 fr. et d une petite maison
contigue appartenant à M. Ozeray pour 5620 fr.
On voulait y former un établissement d'incurables du département. Les événements politiques empêchèrent la réalisation immédiate de ce projet.
IIÔ SAINT- LAZARK DE LàVES
Par iuite d'an incendie le dépôt des enfants trouvés^ situé à Chartres, fut transféré provisoirement dans l'autiqae monastère en janvier 1816. Cette disposition devint définitive par une ordonnance royale du 31 janvier 1818.
Le projet primitif n'était pas pour cela abandonné, çt le 10 février 1818» le département achetait dans ce but aux sif urs Gros et Poîsy-Bellancourt le palais-abbatial* 9itmé près U porte d'entrée pour 27000 fr,
Ia princesse Marie-Thérèse de France, duchesse d'AngQUléme« permettait que le nouvel établissement prit son nom ; et bientôt fondait elle-même un lit. Une souscription publique dans le même but produisit 93201 fr. 03.
En 1828, il y avait 32 lits fondés.-
Le 16 mai de cette mAme année, la fondation de Tasile d'Ali<rrc allait modifier et assurer l'existence de l'hospice.
Un arrêt prt'fectoral du 2i mars 1 821» attribuait à l'IIôtcl-Dieu de Chartres le dépôt des enfants trouvés, et y transférait le Tour établi primitivement à Josaphat. L'application de cet arrêté ne fut complète qu'en 1840.
L'ilospice Marie Thérèse compte actuellement 76 lits fondés, Voici les noms des s^énéreux fondateurs :