‹ Archives du diocèse de Chartres (volume 4)Chapitre 50 sur 63 · VII. — Hameaux et Selgneuriet · texte numérisé non relu

VII. — Hameaux et Selgneuriet

'p.sT du sommet de cette montagne que le regard embrasse les flèches aériennes de la cathédrale et la riche et gracieuse vallée chantée par le jeune poète :

1* Le Moussbau

« Lorsque nous revenont des gais râlions de Lèves (1) »

Nous avons vu les origines du Mousseau, témoin de la déroute des Normands, et de la délivrance définitive de la cité chartraine des incursions de ces barbares.

Le nom moderne est évidemment une corruption du mot latin que nous trouvons dans les titres anciens.

Le Monê Leagarum, siège d*un monastère de moniales au IX* siècle, et thé&tre de la victoire des Chartrains en 911, n*était en réalité qu'une petite montagne : moncellum, le Monceau, aujourd'hui le Mousseau.

Le chapitre de la cathédrale j avait de nombreuses possessions (2), aussi, en vertus de ses privilèges l'avait-il exempté de toutes servitudes civiles, et là, comme à Lèves le comte de Chartres n^avait rien à y voir : « Moncelium et villamde Leugis in quibus cornes nihil habet videre (3). »

Les chanoines y avaient établi dès avant 1215, six hôtes ou fermiers pour cultiver leurs terres dont les revenus formèrent avant 1236 un bénéfice ecclésiastique ou prestrière, suffisant pour l'entretien d'un prêtre (4). Aussi ravaient-ils surnommé le Monceau Notre-Dame.

1) Alfred Lefoitrnter : Fleurs de mai. I'all^, D. Jouaust, 1889, p. 41.

2 CarluUiire de \olre-Dame, 1. pages 79. 290, 428, et 111, p. 12U. . [•V) Ibidem, p. 53 .

(4) /Mtf«m, p. 79.

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On y cultivait presqu'exclusivemeiit la vigne, comme d'ailleurs sur tout le territoire de la paroisse.

Avant 1090, Warin, chanoine de Chartres, donnait à la cathédrale 2 arpents de vignes, au Monceau (1).

En 1156, Guillaume, évéque de Chartres, approuvait raccord survenu entre Yves dllliers et l'abbaye de Salnt- Evroult au sujet de 3 muids de vin donnés à cette abbaye par le chevalier Girard, de la célèbre famille Boel.

Ce Girard Boel était l'aïeul de Geoffroy d'OuarvilIe, chanoine de Chartres « Girardi dicti Boel, avi mei militis », qui en l'i-'io prenait à ferme de nombreuses terres, de la prétrière du Munceau, de Miscouard et de Penchât, pour le prix de KX) livres lO. 1 1.")*); ; en 12i0 il se reconnaissait redevable d'une rente de 'lO sols, payables le samedi avant les Rameaux j)our la ferme desdits muids de vin ; et en 1255, il confirmait le don de son ancêtre. Los neveux de Geoffroy d'OuarvilIe, Réginald, Jeanne alors veuve, Ysabelle avec son mari (ruillaume de Chavernay, et Ysabelle leurmère, alors remariée à il uj^ues La mer, chevalier.amortissent de tous les droits qu'ils pouvaient prétendre, au prix de '27) livres, la dime de vin sise en la paroisse Saint- Maurice, au Monceau, apud Moncellum Leuijnrum, par acte sur parchemin passé en l'an de grâce 1258. Puis l'abbaye de Saint-Evroult vendit ses 3 muids de vin au chapitre Notre-Dame pour 3() livres tournois en l'2G0, (G.1141) avec l'approbation de Foulques, évéque de Lisieux. De même en !27o, le chevalier Geoffroy d'OuarvilIe et sa femme Engélise vendirent à Guillaume des Bois, chanoine de Chartres, quelques dîmes de vin sises aux Graviers de Lèves, au pressoir du Vau, à Chavannes, à la Houssière, au Monceau et à Penchât (G. 1153) (2).

Jean de Minières, chanoine, en 12^, léguait au Chapitre

(1) Un manoscrtt da XI' tiiele, par MM. Clerval et Merlet, p. 1G4. (fi Vtn ItM» GarîD d« Penchât «vec son fils Hervé, et Herbert de Penchât «ont témoins dan» une ebnrte de Jmaphat.

SA1NT-LAZAB£ DE LicVES* ÉGLISE ET PAROISSE

une dîme de son héritage sise dans le territoire de Lèves, du Monceau et de Chavannes.

Les chanoines eux-mêmes achètent, toujours au Monceau, des rentes en 132() de Guillaume de Canton et de Gillette sa femme, fille de Gilles Barbou, de Chartres; en 1367, de Philippot Oylard et de Marguerite, sa femme, savoir une maison au Monceau tenant à Pasquier de Saint-Lomer, juxte Guillaume de la Lt^e (G. 1141); en 1481, de Pierre Goupillon, demeurant an Monceau de Lèves, le terroir appelé le Grand-Clos; en 1619, de messire Pierre Minguet, demiBurant au Monceau de Lèves, paroisse Saint*Lasare.

A la même époque, en 1C22 et 1628, messire Ix>ui8 Chicoianeau, chanoine de Chartres, archidiacre de Dunois et abbé- de Saint-Eloy-Fontaine, diocèse de Noyon, léguait à son abbaye et au chapitre de Chartres, par indivis, une maison sise au Monceau, avec les terres y attenantes alors baillées à ferme à Charles Poussemotte,

L*Hôtel-Dieu de Chartres possédait aussi plusieurs lots de terre au Monceau, légués par de généreux habitants du hameau, citons en 1687^ Héiène Piguerre, qui donnait 2 8etiers; Philippe Goupil, clerc de Tœuvre de Notre- Dame en 1677 ; Laurent Lebeau, chanoine et pénitencier en 1729, etc.

En 1207, Geoffroy, seigneur de Lèves, avait donné Texemple en offrant aux pauvres malades de l'Hôtel- Dieu, sa vigne de Flaville.

Ces grandes administrations faisaient parfois dresser des plans de leurs possessions, et le dessinateur, quelcjue peu artiste, donne certains croquis, évidemment d une exacUtude relative, dont voici un spécimen des plus pittoresque.

Le Monceau a-t-il été le ciief-lieu d'un fief seigneurial privé? Toujours est-il que les chartes nomment plusieurs personnes avec le titre de : du Monceau : Girbert du Monceau en 1148, Chrétien et Haoui du Monceau en 1250 (Josaphat, ch. 187).

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