DU 29 NOVEMBRE
Doyen,
Sanson.
Chantre,
Gerogius.
SouS'doyen,
Hugues.
Sous-chantre,
GuÉRlN.
Chancelier,
VULGRIN.
Chambrier,
Raoul.
A rchidiacrc de Chartres,
Gautier.
Archid. de Chateaudun,
GOSLEIN.
Archid. de Pinserais,
Eudes.
Archid. de Blois,
Ansgerius.
Archid. de Dreux,
Zacharie.
Archid. de Vendôme,
i) Publié, rart. de Sainl'Jeanren-Vallée, n. 20 p. 13.
(2) Nous avons eu tort de dire (voir plus loin, p. 123) que l'on ignorait de quels archidiaconës étaient titulaires Landri et Bernard. En effet dans la charte de fondation de Tabbaye de Tiron, en 1114, les six archidiacres de
Prévôts,
Hugues.
Henri.
Chefcier,
Hugues.
Prévôts,
Hugues.
Hugues.
Serannus.
Henri.
Chefcier,
Bernard.
Du simple examen de ce tableau , on peut conclure qu'entre les années 1118 et 1119, il y eut, dans le personnel du Chapitre de Chartres, une sorte de mouvement administratif. La cause en fut le départ du doyen Arnaud, qui se démit de sa charge pour se faire moine en Tabbaye de Saint-Père-en- Vallée. Le sous-doyen Sanson fut alors élevé à la dignité de doyen, le chefcier Hugues devint sousdoyen , l'archidiacre de Vendôme Bernard remplaça Hugues comme chefcier. 11 est, d'ailleurs, possible de préciser davantage Tépoque où se produisirent ces permutations. Le il janvier 1119, dans la charte de fondation de Tabbaye de Josaphat [CartuL de Josaphat, p. 3 et 4), Arnaud est encore signalé comme doyen, Sanson comme sous-doyen, Bernard comme archidiacre et Hugues comme chefcier. C'est donc entre le 11 janvier et le 29 novembre 1119 qu'Arnaud se retira en Tabbaye de Saint-Père et que s'opéra le mouvement dont je viens de parler.
On peut encore constater, d'après le tableau précédent, que Landri, qui figure en 1118-1119 comme archidiacre de Dreux, est remplacé le 29 novembre 1119 par Tarchi-
l'église de Chartres sont présents : Gautier de Chartres. Goslein, do Châteaudun, Eudes de Pinserais, Ansgerius de Blois Baimbaud de Vendôme et Landri, qui par conséquent était archidiacre de Dreux (cf. Cartul. de JiVon, p. 2). Deroème, dansla présente charte de Saint-Jean-en-Vallée de 1118-1119, on voit figurer les six archidiacres, Gautier de Chartres, Goslein de Chàteaudun, Eudes de Pinserais, Ansgerius de Blois. Landri de Dreux et Bernard, qui par conséquent était archidiacre de Vendôme.
diacre Zacharie. Or, dans le titre de fondation de Josaphat du 11 janvier 1119, Zacharie n'apparaît que comme simple chanoine. Par conséquent, entre le 11 janvier et le 29 novembre 1119, Zacharie succéda à Landri, soit que ce dernier fût mort, soit qu'il se fût démis de sa charge.
On remarquera également que, dans la charte du 29 novembre 1119, le successeur de Bernard comme archidiacre de Vendôme n'est pas indiqué. C'est qu'en effet, après que Bernard eut été nommé chefcier, l'archidiaconé de Vendôme resta sans titulaire pendant quelque temps. L'évêque de Chartres, Geoflfroi, dans un acte daté de 1121, nous apprend que, depuis plusieurs années, il s'était réservé les devoirs et les profits inhérents à cette fonction(l) (Cf. Cart, de Marmoutier pour le Blésois, p. 139, et plus loin, p. 210).
Il est important de noter que Geofîroi de Lèves ait ainsi retenu entre ses mains, durant trois années, un des principaux offices du Chapitre. Le fait est insolite, et il appartiendra aux érudits qui étudieront l'histoire de ce grand pontife d'en rechercher les causes. Dès maintenant, il y a une conséquence à tirer de ce fait.
Nous avons publié, en 1893, M. l'abbé Clerval et moi, le texte d'un serment prêté par les chanoines de Chartres vers le début du XI P siècle (Cf. Un manuscrit chartrain du XI^ siècle, p. 196). Trente-neuf membres du Chapitre dont treize dignitaires ont signé ce serment. Voici la liste de ces treize dignitaires ;
(1) Cet acte est ainsi daté, Actum anno dominicae incàrnëtionu M, C. XXII, indictione XIIII, epaicta nuUa, régnante Francorum rege Ludovico, Oaufredo CtLrnolenti episcopatai praesidenle anno Vl^Guillelmo abbate Majus monasterium procurante anno XV, Ces données chronologiques ne concordent pas. L'indiction XIV, Tépacte O et la sixième année de l'évêque Geoffroi correspondent à Tannée 1121 et non pas à 1122 : comme il semble inadmissible qu'une faute de copiste se soit produite dans la mention epacia nuUa, c'est à cette donnée qu'il faut ajouter foi, et la date de 1121 doit être préférée à celle de 1122.
Sanson, doyen.
Gerogius, chantre.
Hugues, sous-doyen.
Raoul, chanihrier.
VuLGRiN, chancelier.
Gautier, archid, de Chartres.
GosLEiN, archid. de Çhàleaudun.
Eudes, archid. de Pinserais.
Salomon, archid. de Vendôme.
Hugues, prévôt.
Skrannus, prévôt.
Henri, prévôt.
B ERN AR D , éco lÂtre.
Les souscriptions du doyen Sanson et du sous-doyen Hugues rejettent après 1H9 la date de ce document. Bernard, qui est cité ici comme écolâtre, avait, en 1124, succédé àVulgrin comme chancelier (voir plus loin, p. 103). D'autre part, nous venons de voir que jusqu'en 1121,1'archidiaconé de Vendôme était entre les mains de Tévêque de Chartres, Par conséquent ce serment, qui a été signé par l'archi*diacre de Vendôme, Salomon, a été prêté entre 1121 et 1124. Cela permet de compléter nos listes en quelques points. Ainsi, il faudra reculer jusqu'en 1121 l'époque où paraissent pour la dernière fois dans les chartes le chambrier Raoul, le chancelier Vulgrin, l'archidiacre de Châteaudun, Goslein, et l'archidiacre de Pinserais, Eudes.
C'est le propre, d'ailleurs, des travaux analogues à celui que nous avons entrepris, d'être susceptibles de recevoir sans cesse des rectifications et des perfectionnements. On ajoutera certainement à nos listes de nouveaux noms; on y précisera plus d'une date; on y signalera même quelques erreurs.
Nous n'avons pu, en effet, écarter de notre œuvre toute chance d'inexactitude, et cela principalement en ce qui concerne la succession des archidiacres et des prévôts. Si l'on songe qu'il y avait dans le Chapitre de Notre-Dame de Chartres six archidiacres et quatre prévôts, et que ces dignitaires, chargés d'administrer des circonscriptions différentes^ ne sont presque jamais désignés dans les chartes
— xr —
par le titre de leur circonscription, on se rendra compte des difficultés que nous avons éprouvées pour les distinguer les uns des autres. Ces difficultés nous ont même paru quelquefois d'une nature si grave que nous avons cru devoir réunir en un chapitre spécial les noms des archidiacres et des prévôts, au sujet desquels les documents ne nous autorisaient pas à affirmer qu'ils avaient été préposés à tel archidiaconé ou à telle prévôté, plutôt qu'à tel ou telle autre. 11 est à espérer que de nouvelles découvertes compléteront sur ce point nos recherches person nelles. Dès aujourd'hui, je puis apporter quelques modifications à cette partie de notre livre.
Depuis que nos listes ont été imprimées, M. Tabbé Métais a fait paraître le tome P*" du Cariulaire de Vabbaye de Josapftâ/(l). Cette publication m'a permis d'analyser attentivement plusieurs chartes que nous n'avions encore pu examiner à loisir. Il en est une, entre autres, qui semble précieuse pour l'objet de nos études, et qui mérite d^étre signalée ici. C'est la charte n« CLXV (livre cité, p. 208], qui contient une confirmation des biens de Tabbaye de Josaphat par l'évoque de Chartres, Xioslein.
Cette pièce est datée du 6 octobre 1149, et elle est signée par do-uze dignitaires du Chapitre, dont voici les noms :
Robert, doyen, Hugues, chantre.
Hugues, sous-doyen, Robert, sous-ehanlre.
Miles, arch, de Chartres, RiCHER, arch. de Châieaudun.
GosLEiN, arch. de Puiserais.
Payen, arch. de Biais, • Henri, prévôt.
Raoul, prévôt.
Geoffroi, prévôt.
R A HIER, prévôt.
Lorsque nous avons fait usage de ce document, nous avons considéré comme exacte la date qui lui est attribuée
(1) Ce volume, imprimé aux frais de la Société Archéologique d'Eure-et-Loir a paru cette année (Chartres, Garnier, 1900, in-4% 'jOO p.).
par les diverses copies qui nous en ont transmis la teneur (1). Mais une observation plus approfondie prouve que cette date est inadmissible.
En effet, parmi les biens confirmés, il en est plusieurs qui ne furent donnés à Tabbaye que postérieurement à 1149. Tel est le cas de la terre de Flins (2) concédée par Raoul et ses frères le 23 mai 1151 (Cart. de Josaphat, p. 240) ; de la chapelle d'Osmoy (3) confirmée par Simon de Montfort le 6. avril 1152 {ibid., p. 243, note 1); de la dîme de Bienfol (4) abandonnée, par Guillaume Aiguillon le 22 juin 1152 ibid., p. 254|; de la chapelle de Saint-Jean de Bue '^5) fondée en cette même année 1152 avec Tassentiment du seigneur suzerain de Neauphle-le-Chàteau (/Aid., p. 253) ; de la dîme de Chatignonville (6) accordée par Ansaud de Chalo en 1156 {ibid,, p. 275) ; enfin de la dîme et de la terre de Douville (7. données par Henri et Guillaume avec l'approbation de Guillaume Aiguillon en 1162 et en 1163 (ibid., p. 282-285). — Par conséquent la confirmation des biens de Josaphat par l'évéque Goslein ne peut avoir été faite le 6 octobre 1149 : elle ne pourrait être que postérieure à 1163 ; mais , comme Goslein décéda lui-même le-1*' février 1156, il est certain que nous nous trouvons en présence d'un acte apocryphe, fabriqué dans le dernier tiers du XIP siècle. On va voir que Tétude des
souscriptions apposées au bas de l'acte conduit à la même
(1) La plus ancienne de ces copies date du XII' siècle (Bibl. Nat , ms. lat.9223 no lo) ; elle a Tapparencc d'une expédition authentique; car on voit, au bas du parchemin, plusieurs incisions par où passaient les attaches du sceau. Les souscriptions ne sont pas autographes, mais, disposées sur 3 colonnes de 4 noms chacune, elles sont écrites de la même main que le reste du document.
(2) Flins-3ur-Seine, Seine-et-Oise. arr. Versailles, canton Mealan.
(3) Osmoy, Seine-et-Oise, arr. Mantes, canton Houdan.
(4) Bienfol, h., commune Magny, Eure-et-Loir, arr. Chartres, cant. Uliers.
(5) Bue, Seine-et-Oise, arr. et cant. Versailles.
{ù) Chatignonville, Seine-et-Oise, arr. Rambouillet, canton Dourdan. (7) Douville, h., com. OUé, Eure-et-Loir, arr. Chartres, canton Uliers.
conclusion : plusieurs des dignitaires (1) mentionnés dans ce document ne pouvaient être en charge à la date du 6 octobre 1149.
Nous appuyant sur la fausse donnée chronologique que je viens de signaler, nous avions reconstitué le personnel de l'Eglise de Chartres, tel qu'il semblait avoir existé à la fin de Tannée 1149. En ce qui concerne le doyen Robert, le sous-doyen Hugues, le sous-chantre Robert, l'archidiacre de Pinserais, Goslein et les prévôts Geoffroi et Rahier, il n'y a pas de changement à apporter aux résultats que nous avions obtenus d'ailleurs. Mais il n'en est pas de même pour : 1 • l'archidiacre de Châteaudun, Richer ; 2"* l'archidiacre de Chartres, Miles : 3* l'archidiacre de Blois, Payen ; k^ le chantre, Hugues.
Les notices que nous avons consacrées à ces personnages ainsi qu'à leurs prédécesseurs demandent à être revues en détail (2). C'est ce que je vais tenter de faire maintenant. Ce travail de révision aura un double avantage. Il montrera d'q bord la méthode que nous avons suivie pour établir nos différentes séries de dignitaires ; il fera voir en même temps à quelles erreurs on est entraîné quand on utilise un document dont la date est fausse, et, par suite, quels soins scrupuleux il convient d'apporter à l'étude de ces problèmes de chronologie.
1" L'archidiacre de Châteaudun, Richer, alors qu'il n'était que simple chanoine, s'intitule medicus, médecin, dans un acte de 1123 (3). Il paraît pour la première fois
(1) Ces dignitaires sont Miles, archidiacre de Chartres, Payen, archidiacre de Blois et le chantre Hugues. Il faut remarquer encore que le prétendu original ne contient ni l'annonce du sceau ni celle des souscriptions.
(2) Voir plus loin, p. 33,128. 144, 178, 179, 194, 210.
(3) Cariai, de JosàphAl, p. 17.
comii3 archidiacre deDunois le 27 novembre H26 (1), et,
pour la de rni ère fois, dans une charte de Josaphat, datée
de il 51 (2j. Il en résulte que Richer mourut plus tard que
nous ne l'avions supposé. Son successeur, Guillaume,
n'est signalé comme archidiacre de Châteaudun qu'en
l'année 1156 (3) ; le décès de Richer, dont le jour est connu
grâce au nécro loge du Chapitre, est donc survenu entre
le 12 janvier 1152, et le 12 janvier 1156 (4 .
• 2'' Avant d'être archidiacre de Chartres, Miles, l'un des
souscripteurs de la charte apocryphe de Josaphat datée du 6 octobre 1149, avait rempli les fonctions de prévôt de Nogent-le-Phaye. Il appartenait à la puissante famille des seigneurs de Musy (5), dont plusieurs membres occupèrent, au XIP siècle, des charges importantes dans le clergé chartrain. — Rahier, seigneur de Musy, avait épousé, vers l'an 1100, Berthe, fille de Goslein, seigneur de Lèves, et sœur de GeofFroi qui devint plus tard évêque de Chartres (6). De ce mariage naquirent, entre autres
(1) Voir plus loin, p. 144. — Goslein, prédécesseur de Richer, mort à la date du 25 juillet d'après le nécrologe du Chapitre, vivait encore en 1121, voir plus haut, p.X.
(2) Car t. de Josaphat, p. 251.
(3) Cf. plus loin. p. 145.
(4) C'est par erreur que nous avons dit, M. l'abbé Clerval et moi {Vn m&nuscril chartrain du XI' siècle p. 87), que Richer était mort le 12 janvier 1150. Il s'occupa activement des travaux d'embellissement que Ton faisait alors à la cathédrale de Chartres : il décora Tune des portes d'entrée de cet édifice d'une statue de la Vierge richement peinte en or. (Voir son obit, Cartnl. de N.-D. de Chartres, III, 19). Depuis que nous avons avancé que Richer était décédé le 12 janvier 1150, cette date a été adoptée sans contrôle par divers érudits. Cf. M. Lanore, Reconstruction de la façade de la cathédrale de Chartres au XII' siècle (Extrait de la Revue de VArt Chrétien, t. XI, 1899-1900;, p. 12 du tirage à part; Alb. Ma^^eux, La façade de la cathédrale de Chartres du X* au XllJ' siècle (Extrait du tome XII des Mémoires de la Soc. Arch. d* Eure-et-Loir) p. 15 du tirage à part.
(5) Musy, Eure, c®" Nonancourt, arr. Évreux.
(6) Le 2 novembre 1107, Rahier de Musy, avec sa femme Berthe et ses fils, confirme diverses donations faites à l'abbave de Saint-Père de Chartres
enfants, Goslein et Miles, qui se destinèrent à la cléricature et qui furent tous deux nommés, vers 1125, chanoines de Chartres par leur oncle, Tévêque Geoffroi de Lèves (1).
Goslein de Musy, frère de Miles, eut une brillante carrière. Antérieurement à Tannée 1133, il apparaît comme prévôt de Nogent-le-Phaye dans un acte par lequel les chanoines de Notre-Dame de Chartres abandonnent aux religieux de Josaphat tous leurs droits sur les moulins de Jouy (2). Il conserva cette charge jusqu'en Tannée 1141. Vers cette époque, Tévêque de Chartres, GeoflFroi, confir mant les donations faites à Tabbaye de TEstrée par Rahier de Musy, s'exprime ainsi en parlant de son neveu Goslein de Musy : nobiscum erat Gollenus, prepositus ecclesie nostre, nepos noster et fîlius supradicti Raherii senis (3). En 1142 au plus
par ses beaux-frères, Goslein, Geoffroi et Miles de Lèves (Cari, de Vabbaye de Sainl-Père, p. 275 et 276). Vers 1120, il donna au monastère de Coulombs Téglise de Musy ; ses quatre fils Geoffroi, Rahier, Goslein et Miles souscrivirent cet acte (Gr&nd cariai, de Coulombs, p. 233). Rahier fonda, en outre, vers Tannée 1140 Tabbaye de TEstrée (C/*. Mémoires et notes de M. A, Le Prévost pour servir à l'histoire da département de l'Eure, publiés par L. Delisleet Louis Passj, Évreux, 186'*. in-8, t. ii, p. 431, col. 1). 11 mourut vers 1145 ; son fils aine Geoffroi lui succéda. Rahier, fils de Geoffroi, était déjà seigneur de Musy en 1158 (Le Prévost, livre cité, p. 431).
(1) Goslein et Miles de Musy souscrivent, de 1125 à 1130, plusieurs chartes de leur oncle, l'évèque de Chartres Geoffroi de Lèves; ils s'intitulent Goslenus canonicaSj nepos episcopi et Milo, fr&ler ejus, ou bien, et Milo canonicus, nepos episeopi {Cari, de Josaphat^ p. 28. 37, 100, etc.).
(2) Cari, de Josaphat, p. 29. — En 1155, Goslein, devenu évèque de Chartres, confirmant aux religieux de Josaphat cette donation des moulins de Jouy, rappelle qu'il avait autrefois suuscnt comme prévôt la concession primitive, me qaoque qui preposilus eram... et Sanson, venerabilis Hemensis archie^ piscopas^ qui tune ecclesie nostre decanus erat et magisler Oisleberlus canceUarius, quipostea fuit Pictavensis episcopus [Cart . de Josaphat, p. 270). — Dans un autre titre de 1154 environ, Tévèque Goslein nous apprend que c^était de Nogent-le-Phaye qu'il avait été prévôt, lempore quo preposituram de Nogento habebamas {part, de iV.-D. de Chartres, t. i, p. 15i). La dernière fois que Goslein est cité comme prévôt, c'est le 28 septembre 1141, dans une donation faite à Josaphat par le doyen Zacharie d'une maison à Chartres près de la porte Percheronne (Cari, de Josaphat, p. 145).
(3) Le Prévost, Mémoires pour .servir à V histoire du départ, de VEure, livre cité, t. II, p. 431, col. 1). — Cette charte a été datée après coup de 1144 , elle
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fard, Goslein céda sa prévôté de Nogent-le-Phaye à son trère Miles et fut promu à la dignité *d'archi diacre de Chartres (1) ; il était alors abbé de Saint-Étienne de Dreux (2). Lorsque son oncle Geofîroi mourut (24 janvier 1149), il lui succéda comme évêque de Chartres (février 1149) (3).
On a toujours donné à Goslein le surnom de Lèves ; on a cru sans doute qu'étant neveu de Tévéque Geoflfroi, il était de la même famille que cet illustre prélat. Mais son vrai nom, qu'il faudra dorénavant lui restituer, est Goslein de Musy (4).
Parvenu aux plus hautes dignités, Goslein ne se montra
pas oublieux de son frère Miles, entré en même temps
que lui dans le clergé chartrain. Dès Tannée 1136, Miles
est signalé comme prévôt du Chapitre (5); vers 1142,
■lorsque Goslein fut nommé archidiacre de Chartres, Miles
se démit de la prévôté qu'il avait administrée jusque-là et reçut en échange celle de Nogent-Ie-Phaye que son frère
doit être de quelques années plus ancienne, car, en 1144. Goslein était archidiacre de Chartres et avait déjà cédé sa prévôté à son frère Miles.
(1) Du vivant du doyen Zacharie. c'est-à-dire antérieurement au 15 janvier 1143, Goslein est cité comnae archidiacre dans une charte de Josaphat. 11 la signé ce document avec son frère Miles de la façon suivante, Goslenns archidiaconus et Milo, preposilus^ nepoles episcopi {Cart. de Josaphat, p. 147).
(2) Vers 1142, Goslein, archidiacre de Chartres et abbé de Saint-Étiennc de Dreux, obtient de &on oncle, Tévéque de Chartres Geoffroi de Lèves, la restitution au chapitre Saint-Étienne de l'église Saint-Pierre de Dreux {Cart^ de Saint-Étienne de Dreux, f * 2G i"). C'est par erreur que nous avons fait de Goslein, abbé de Saint-Étienne un archidiacre de Dreux (voir plus loin p. 194). Goslein de Musy n'administra jamais d'autre arcHidiaconé que celui de Chartres, et c'était Thierri qui était alors archidiacre de Dreux.
(3) Voir la lettre des chanoines de Chartres annonçant à Suger, régent du royaume, qu'ils ont élu comme évéque l'archidiacre Goslein, et la réponse de Suger {Gallia Christiana, viii, instr., col. 332).
(h) Les preuves de ce fait sont nombreuses ; j'en ai déjà cité quelques-unes. En voici une autre tirée également du Cartulaire de Josaphat. Le 13 juin 1151, Goslein, évèque de Chartres, mentionne la présence auprès de lui de son frère Rahier de Musy et de son autre frère le prévôt Miles (CarluL de Josaphat, p. 242).
l5) Cartnl. de Josaphat, p. 116 et 122. — Cf. ibidem, p. 145, 147, 161, 179, 242.
— XVIÎ —
venait d'abandonner. Il resta prévôt de Nogent-le-Phaye jusqu'en 1452 (l)^'rannée suivante, il parait, à son tour, avec le titre d'archidiacre de Chartres, et, en Tabsence de son frère, Tévêque Goslein, il règle, le 29 août 1153, une contestation survenue entre les moines de Josaphat et les héritiers du prêtre Etienne (2).
Nous venons de voir que, depuis 1142, le grand^archidiaconé de Chartres fut entre les mains de Goslein de Musy, qui résigna cette charge lorsqu'il fut élu évêque, en février 1149. De 1149 à 1152, ce même ar^îhidiaconé fut administré par un personnage, conrui sous le nom de Dreux Payen ou Payen d'Epernon, qui eut lui aussi une carrière assez mouvementée.
Dreux Payen, fils d'Amauri, naquit dans le dernier tiers du XP siècle, probablement à Epernon où sa famille possédait d'importants domaines. Le 10 avril 1108, étant déjà chanoine de Chartres, il fit don à l'abbaye de Saint-Pèreen- Vallée de l'église de Hanches (3), qui lui appartenait par droit héréditaire. L'évêque Ives de Chartres et les quatre frères de Dreux Payen, qui se nommaient Rahier,
Joscelin, Guérinet Amauri, ratifièrent cette donation (4).
Six ans plus tard, en 1114, Payen, du consentement de l'évêque Ives, retira cette même église d'entre les mains des religieux de Saint-Père et la concéda aux moines de Marmoutier, alors installés dans le prieuré d'Epernon (5). Dreux Payen figure fréquemment comme chanoine de Chartres dans les titres de Josaphat et de Saint-Père, de
(1) La dernière fois que Miles est cité avec le titre de prévôt, c est dans une charte du 6 avril 1152 {Csivinl, de Jos^ph&t, p. 243, note 1).
(2) Cumque ad diem Carnoti vespere êabbati, IIIl Kalendas septemhrit, convenissent, ei, epUcopo absente^ frairi ejus domino Miloni archidiacono se présentassent Cariai, de Josaphat^ p 260).
/3) Hanches, Eure et-Loir, arr. Chartres, c^" Maintenon.
(4) Guérard, (Cartal. de Saint-Père^p. 593.
(5* Cariai, de Saint-Thomas d'Epernon, p. 9-10.
1110 à 1125 environ : il prend indifféremment dans ces actes le nom de Drogo de Sparlone (1), Drogo quiet Paganus (2), Paganus Sparnonensis (3). — Le 27 novembre 1126, devenu archidiacre de Pinserais, il est témoin de la confirmation des biens de Tabbaye de Saint-Père par Tévêque Geoffroi de Lèves (4). Vers 1130, il s'intitule Paganus^ Pixiacensis archidiaconus : ilrestaarchidiacredePinseraisjusqu'enll49.
Nous avons prétendu (voir plus loin, p. 162) qu'il cessa ses fonctions d'archidiacre de Pinserais en 1144 et qu'il eut alors pour successeur Goslein, le futur évêque de Chartres. C'est une erreur que le Carlulaire de Josaphat va encore nous permettre de rectifier.
En Tannée 1144, Tévêque Geoffroi de Lèves, concédant aux moines de Josaphat les églises de Chalo-Saint-Mars (5) et de Sairit-Piat (6), a soin d'indiquer qu'il a obtenu au préalable l'assentiment de l'archidiacre Goslein, assensu et favore Gosleni archidiaconi (7). Or Chalo-Saint-Mars et Saint- Piat dépendaient tous deux de Tarchidiaconé de Chartres ; Goslein était donc archidiacre de Chartres, et, comme Dreux Payen a souscrit ce même document avec son titre à! archidiaconus^ il est certain que ces deux dignitaires ne se sont point succédé, mais qu'ils ont administré simultanément deux circonscriptions distinctes (8).
Il faudra par conséquent rayer Goslein de la liste des archidiacres de Pinserais. Comme je l'ai montré tout à
(i) CàrtuL de Josaphat, p. 17.
(2) /6idem, p.27.
(3) C&rtul. de Saint-Père, p. 326, 335.
(4) Ibidem, p. 264.
(5) Chaio-Saint-Mars, Seine-et-Oise, arr. et c®" Étampes.
(6) Saint-Piat, Eure-et-Loir, arr. Chartres, c^^ Maintenon.
(7) Cartul. de Josaphat, p. 161-162.
(8) C'est encore comme archidiacre de Chartres que Goslein, en 1147, approuve labandon fait à Josaphat par lé vèque Geoffroi de Lèves, des oblations des quatre principales fêtes dans Téglisc de Saint-Piat {Cartul. de Josaphat, p. 179).
rheure, Goslein ne résigna ses fonctions d'archidiacre de Chartres que lorsqu'il fut consacré évêque en février 1149. C'est alors seulement que Dreux Payen se démit de Tarchidiaconé de Pinserais et obtint en échange celui de Chartres. Cette permutation est attestée par plusieurs documents.
Entre les mois de février et d'avril 1149, Goslein, tout récemment élu évêque de Chartres, confirme à l'abbaye de Coulombs la propriété d'une terre à Carrières (1) ; l'acte est signé par Goslein, le nouvel archidiacre de Pinserais, homonyme et parent de Tévêque, Gosleno, archidiacono Pixiensi{2). A la même époque, Dreux Payen paraît comme archidiacre de Chartres, Paganus archidiaconus Carnotensis, dans une charte de l'évoque Goslein en faveur de l'abbaye de Fontaine-les-Blanches (3) ; il souscrit également, en 1152, un accord au sujet des dîmes de Chalo-Saint-Mars qui dépendaient de son archidiaconé de Chartres (4). Nous ayons vu, d autre part, que, le 29 août 1153, Miles de Musy avait recueilli sa succession (5), Dreux Payen, dont la longue carrière fut si bien remplie, mourut donc en 1152, ou en 1153, le 28 juillet d'après son obit (6).
3" La charte apocryphe de Josaphat, datée du 6 octobre 1149, nous a fait commettre une nouvelle erreur au sujet de l'archidiacre de Blois, Payen Pajot. En 1149, Payen
(1) CarrièresSaint-Drnis. Seine-et-Oise, arr. Versailles, c«" Argenteuil.
(2) Grand Cartul. de Coulombs, p. 239.
(3) André Salmon, Recueil des chroniques de Touraine^ p. 287.
(4) Cartul. de Josaphat, p. 256. — Dans un acte du 5 décembre 1150, Dreux Payen prend le titre de Paganus de Sparnone archidiaconus {Cartul. de Josaphat^ p. 220): il figure encore en 1150 comme archidiacre de Chartres dans un acte de Saint-Cheron. v. plus loin, p. xxui, note 2.
(5) Cartul, de Josaphat, p. 260.
(6) Cartul. de Notre-Dame de Chartres, III, 144. — La notice, consacrée à Dreux Payen dans le nécrologe du Chapitre, nous apprend qu'il légua aux chanoines de Notre-Dame de Chartres villam que dicitur Castellio in pago
Pajot (1) n'était encore que simple chanoine ; il y avait, d'ailleurs, longtemps déjà qu'il faisait partie du Chapitre de Chartres, car, de 1131 à 1149, il parait fréquemment avec son titre de canonicus dans les actes monastiques du pays chartrain(2). Il n'est signalé pour la première fois comme archidiacre de Blois que le 5 décembre 1150 (3).
Son prédécesseur se nommait Renier. Nous n'avons que peu de renseignements sur ce Renier ; aussi les documents où il figure n'en doivent-ils être étudiés qu'avec plus de soin. Il a apposé sa signature au bas d'une charte de Saint- Jean-en- Vallée que j'ai récemment éditée (4). Cette charte ne porte point de mentions chronologiques ; mais, en raison du grand nombre de dignitaires qui l'ont souscrite, il y a lieu de rechercher si l'on ne pourrait parvenir à lui assigner une date précise. Elle contient une confirmation des biens de l'abbaye dé Saint-Jean par l'évêque de Chartres, Goslein de Musy. Voici les noms des officiers du Chapitre ayant approuvé cette confirmation:
Robert, doyen, Hamelin, chantre.
Hugues, sous-doyen.
Robert, sous chantre.
Guillaume, chambrier.
Dreux Payen, arch.de Chartres.
RicuER, arch. de Châteaudun.
Goslein, arch. de Pinserais, Renier, arch. de Blois.
Jean, arch. de Vendôme.
Miles, prévôt.
Geoffroi, prévôt.
Rahier, prévôt.
Raoul, chefcier.
^parnoneTui ; c'était sans aucun doute un bien de famille. -— Chàtillon est un hameau de la commune de Saint-Martin-de-Nigelies, Eure-et-Loir, arr. de Dreux, canton Nogent-le-Roi .
(1) Ce surnom de Pajot servait à le distinguer de Dreux Pajen et de Payen Belotin qui étaient en même temps que lui chanoines de Notre-Dame de Chartres.
(2) Payen Pajot professa d'abord dans les écoles de Chartres ; il s'intitule magister Paganuâ Pajot dans un acte de 1131 environ {Cartal. de Josaphaty p. 104). — Cf. même cartulaire, p. 37 jet Cartul. de Saint-Père, p. 376, 389, 506.
(3) Cartal. de Josaphat, p. 220.
(4) Cartal. de Saint- Jean-en- Vallée, p. 32-33,
Au nombre des possessions confirmées à Tabbaye est mentionné le prieuré de Sainte-Foi de Chartres, item [concedimus] ecclesiam Sanciae Fidei. Or, entre les mois de février et de mars 1151, les chanoines de Notre-Dame accordèrent au prieur de- Sainte- Foi Tautorisation de prélever les droits paroissiaux sur le nouveau bourg de Châtelet (1). Depuis lors^ dans toutes les confirmations des biens de Fabbaye, la phrase citée plus haut est remplacée par les termes suivants, ecclesiam Sanciae Fidei cum parrochiali jure et novo burgo qui vocatur Castelleth. Cette formule apparaît déjà dans une bulle du pape Eugène III datée du 17 mars 1151 (2). Mais nous venons de voir qu'elle n'est point insérée dans la charte de Tévêque Goslein ; il s'ensuit que cette charte est elle-mémeantérieure au mois de mars 1151. Parmi les signataires signalés ci-dessus figure Renier, l'archidiacre de Blois, qui était déjà décédé le 5 décembre 1150, époque à laquelle Payen Pajot lui avait succédé (3). L'obit de Renier est inscrit dans le nécrologe du Chapitre à la date du 2 octobre ; Renier mourut donc au plus tard le 2 octobre 1150 (4). — Un autre signataire de notre document est Jean, archidiacre de Vendôme, dont le prédécesseur, Robert Ragan, vivait encore le 23 septembre 1149 (5). Robert Ragan étant décédé le 20 mars d'après Tobituaire de TÉglise de Chartres 6),
(1) Cartul. de Sainl^Jean-en- Vallée, p. 36.
(2) Ibidem, p. 34. — Cest par suite d'uoe faute d'impression que cette bulle du pape Eugène HI est datée de 1150 dans notre Cartulaire de Saint-Jenn-en- Vallée ; la date du 17 mars 1151 est certaine (Cf. Jaffé-Wattenbach. Hegesta
pontifieam romanoram, 2™« édit, n» 9462).
(3) Cartul. de Jotaphat, p. 220.
(4) Cartul. de N.-D. de Chartreê, m. 188.
(5) Cf. Cartul. de Josaphat, p. 207.
(6) Robert Ragan était déjà archidiacre en 1136 {Cart. de Josaphat, p. 122) ; il est fréquemment cité dans les chartes de 1136 à 1149. Dans un acte de la Trinité de Vendôme (février-avril 1149) il s'intitule lui-même archidiacre de Vendôme, archidiacon^s Vindocineruis {Cartal. de la Trinité, ii, ^9). Nous nous
Jean no devint archidiacre de Vendôme que postérieurement au 20 mars 115(). — Il en résulte que la charte de Saint- Jean-en-Vallée, objet de nos recherches, a été certainement expédiée en 1150 entre le 20 mars et le 2 octobre.
Il y a une conclusion importante à tirer de là, c'est que, les dates du décès des archidiacres Robert Ragan de Vendôme et Renier de Blois devant être respectivement fixées, la première au 20 mars 1150, la seconde au 2 octobre de la même année, Ton peut affirmer que tous les actes, où paraissentàlafoisJean, archidiacre de Vendôme, et Renier, archidiacre de Blois, ont été rédigés entre les mois de mars et d'octobre 1150.
J'ai trouvé deux docu;nents auxquels cette règle est applicable.
On sait que, dans les premières années de son épiscopat, Goslein de Musy introduisit des chanoines réguliers de Tordre de Saint- Augustin dans l'antique abbaye de Saint-Cheron-lès-Chartres ; il substitua un abbé au prévôt qui était alors à la tête du monastère, et, pour subvenir aux besoins des nouveaux religieux, il leur concéda l'église de Saint-Germain de Dourdan avec les droits paroissiaux qui en dépendaient. L'acte de donation de l'église de
sommes par conséquent trompés en faisant de ce personnage un archidiacre de Blois (voir plus loin, p. 178). Le surnom de Ragan lui est donné dans la notice nécrologique consacrée à sa mémoire par les chanoines de Chartres {Cariai de S -ù. de Chartres, u\. 66). Cette notice, datée du 20 mars, ne figure point dans le premier nécrologe dj Chapitre, .antérieur à 1130, que nous avons publié en 1893 dans Un manuscrit charlrain du A7« siècle. Il résulte de ce fait qu'on ne peut attribuer l'obit de Robert Ragan, postérieur à 1130, à un autre archidiacre de Vendôme, qui s'appelait aussi Robert et qui vivait de 1071 à 1101. Nous avons eu tort de faire cette confusion (voir plus loin. p. 209). Le décès de Robert Ragan est également inscrit au 20 mars dans Tobituaire de Josaphat ; or l'abbave de Josaphat, fondée en 1117, n'existait pas encore à l'époque où vivait cet autre Robert, archidiacre de Vendôme de 1071 à 1101.
— xxni —
Dourdan est conservé en original aux Archives d'Eure-et- Loir sous la cote H. 3065 ; mais il n'est point daté. Voici la teneur de cet acte, qui est, je crois, inédit :
Ego Goslenus, Dei gratia Carnotensis episcopus^ ccclesiam Sancii Carauni offlciose carilatis prcrogativa diligens, utpote quam ex seculari in regularem, domini pape Eagenii asscnsu (1), convertcram^ cogitavi ut Dei servis ibidem congregatis aliquofl munifice liberalitatis datant imper tirer. Quod opère complere satagens^ donavi eisecclesiamde Dordam cum capella de Granchiis, ita scilicet ut canonici regulares jugiter ibi deserviant et parrochialia intègre obtineanty salvo in omnibus, ut decet, tani episcopi quam archidiaconi jure. Et, ut hec nostra donatio nulla in posterum mutacione solveretur, nostro eam sygillo roboravimus, eorumque qui interfuerunt nomina subscripsim*is.
Ego GoslenuSy Carnotensis episcopus»
Droco archidiaconus, cujus conivcntia et asscnsu donum istud firmatum est (2).
Robertus succentor, Benerius archidiaconus, Johannes archi-* diaconnus, Willelmus camerarius Milo prepositus, Odo presbiter, Milo presbiter, Odo, canonicus et diaconus.
Cette charte, qui est souscrite à la fois par les archidiacres Renier de Blois et Jean de Vendôme, a été expédiée entre les mois d'octobre et de mars 1150. Par conséquent Tintroduction des chanoines réguliers en Tabbaye de
(i).L.es auteurs du Galliu Chriêtiana. ont publié une bulle par laquelle le pape Eugène UI confirme tous les biens de Saint-Cheron : la donation de Téglise de Dourdan y est mentionnée. C'est par erreur que les mêmes auteurs ont daté cette bulle de 1150 (Cf. Gai. Christ., viii» instr., col. 334) ; la véritable date*est le 20 mars 1151 (Cf. Jaffé-Waitenbach, Reg. pont, rom., 2*« édit. n« 9463). <— Diaprés la charte que nous publions ici. le pape Eugène UI aurait précédemment donné son assentiment à la réforme introduite à Saint-Cheron par Goslein de Musy ; mais cette première bulle ne nous a pas été conservée.
(2) Dreux Payen agit ici comme archidiacre de Chartres : l'église de Dourdan dépendait en effet de l'archidiaconé de Chartres. C'est une nouvelle preuve que ce dignitaire abandonna l'archidiaconé de Pinscrais et reçut en échange celui de Chartres quand Goslein fut élu évéque.
Saint-Cheron, postérieure à ravènement de Goslein de Musy, c'est-à-dire à février 1149, est elle-même antérieure au mois d'octobre de l'année suivante.
Les éditeurs du Cartul&ire de Notre-Dame de Chartres ont publié en 1862 (t. 1, p. 153) une autre charte émanée de Goslein de Musy et dépourvue elle aussi de mentions chronologiques. Ce document nous apprend que la vidamesse de Chartres, Elisabeth, étant sur le point de mourir, pria l'évêque Goslein de venir lui administrer les derniers sacrements, et, en présence des principaux dignitaires du Chapitre, assigna, en faveur de l'église Notre-Dame, une rente de 52 sous sur son four seigneurial, pour qu'on entretînt à perpétuité deux cierges ardents devant la sainte Châsse. L'acte fut signé par un grand nombre d'assistants, entre autres par Jean, archidiacre de Vendôme.
Elisabeth mourut peu de temps après. Son obit fut inscrit au nécrologe du Chapitre ; il est daté du 17 avril et est conçu en ces termes : Obiit Helisabeth vicedomina, que concessit huic eccleaiey pro redemptione anime sue, quicquid apud Mundamvillam tenebat de feodo ejus Stephanus , Raginaldi filius. Hanc concessionem matrissue concessit, defunctamatre, Guillelmus, episcopo Gosleno présente, et Roberto decano, et precentore Hamelino, et Hugone subdecano, et Milone preposito audientibus, et Renerio Blesensi archidiacono (1).
Ainsi, lorsqu' Elisabeth mourut, Jean était déjà archidiacre de Vendôme ; c'était donc après le 20 mars 1150. D'autre part, Renier, archidiacre de Blois, survécut à la vidamesse, et, comme il décéda le 2 octobre de cette môme année 1150, il en résulte que le jour précis de la mort d'Elisabeth est le 17 avril 1150. Ce fait n'a pas été connu des érudits qui se sont occupés jusqu'aujourd'hui de l'his-
(1) Cstrlul^de .V.-D. de Chartres, III. 91.
toire de la ville de Chartres ; il n'est pas sans intérêt, car la vidamesse Elisabeth a été, pendant la première moitié du XIP siècle, une des personnalités les plus marquantes de la cité chartraine.
4" Il ne me reste que peu de mots à ajouter au sujet du chantre Hugues, que j'ai signalé précédemment comme ayant souscrit la charte apocryphe de Josaphat datée du 6 octobre 1149. Son prédécesseur se nommait Hamelin, et Tobit de la vidamesse Elisabeth vient de nous faire voir que Hamelin exerçait encore ses fonctions de chantre postérieurement au 17 avril 1150. Hugues n'apparaît pour la première fois avec le titre de cantor qu'au début de l'année 1152 (1). Hamelin, dont le jour du décès est connu par le nécrologe du Chapitre |2), mourut donc le 9 janvier 1151 ou 1152.
Comme résumé des observ^ations que je viens de faire, voici, en tenant compte des rectifications énumérées cidessus, la liste des dignitaires préposés à Tadministralion des six archidiaconés de l'Elglise de Chartres pendant les épiscopats de Geoffroi de Lèves et de Goslein de Musy.
* Gautier de Bonneval, 1114-1131,
mort le 4 juin entre les années 1131 et 1142. Goslein de Musy, 1142-1149,
élu évêque de Chartres en février 1 149.
(1) CRrlul. noir de la Léproserieda Grund- Beau lieu, p. i)6
(2) Cartul. de A'.-D. de Chartres, 111. 16.
DiiEt'x Payrn ij'Kpeknon, 1149-1102 morl le 28 juillet 1152 ou 1153.
MiLKS DE Mi;sY, 1153-1181, mort le l" mai entre 1181 et 1 185.
ARCHIDIACRES DE CHATEÀUDUN
GOSLEIN, 1114-1121,
mort le 25 juillet entre 1121 et 1126.
RicHER, 1126-1151, mort le 12 janvier entre 1152 et 1156.
ARCHIDIACRES DE PINSERAIS
Eudes, 1087-1121,
mort le 7 avril entre 1121 et 1126.
Dreux Payen d'E^ernon, 1126-1149.
devenu archidiacre de Chartres entre fév. et avril 1149. GosLBiN, 1149-1151,
mort le 4 février entre 1152 et 1164.
ARCHIDIACRES DE BLOIS
Ansgerius, 1114-1139,
mort le 25 juin entre 1139 et 1149.
Renier, 1149-1150,
mort le 2 octobre 1150.
Payen Pajot, 1150-1159.
ARCHIDIACRES DE DREUX
Landki. 1108-1H9.
Zacharik, 1 119-1126,
élu sous-doven entre l I2(î et 1129.
Thierri, U31-11W,
mort le 5 novembre entre 1 148 et 1 150.
ARCHIDIACRES DE VENDOME
Raïmbaud de Chaunay, 1105-1115,
mort le 14 février entre 1115 et 1118.
Bernard, 1118-1119,
devenu chefcier entre janvier et novembre 1119. Facâ/ice du siège rf<? 1119 à 1121.
Salomon, 1123-1124,
élu chantre entre 1124 et 1128.
Robert Ragan, 1136-1150,
mort le 20 mars 1150.
Jean, 1150-1151.
Je me suis attaché, dans cette préface, à mettre en relief les services que Fusage méthodique de nos listes peut rendre à ceux qui étudient les chartes anciennes du moyen âge. En ce qui concerne les temps plus rapprochés du nôtre, ces mêmes listes seront consultées avec fruit par les personnes qui s'intéressent à Thistoire générale de TEglise gallicane. Parmi nos dignitaires, il en est, en effet, qui ont occupé de hautes situations dans le clergé de France : plusieurs évoques, archevêques et cardinaux illustres n'ont été d'abord que de simples chanoines de Chartres,
et Ton a souvent ignoré leurs modestes débuts. A d'autres points de vue encore, notre ouvrage aura peut-être quelque utilité ; mais il sera, je pense, apprécié surtout des érudits qui estiment avec raison qu'on ne peut écrire une page d'histoire, quand on n'a pas au préalable résolu les difficultés chronologiques qui s'y rattachent.
De toutes les branches de la science historique la chronologie est la plus ingrate en apparence : elle ne doit pas cependant être négligée, car, si elle a quelques épines, elle porte aussi beaucoup de fruits, et, pour ne s'en être pas assez occupés, de nombreux écrivains ont accumulé dans leurs œuvres erreurs sur erreurs.
On constate parfois, lorsqu'on lit un livre d'érudition, qu'en tel ou tel passage les événements ne s'enchaînent plus les uns aux autres suivant un ordre logique ; malgré la multiplicité des renseignements inédits qui y sont assemblés, il ne s'en dégage pas cette impression satisfaisante que l'on éprouve quand on se sent en possession de la vérité. Si on analyse plus à fond le récit, on s'aperçoit que les choses n'ont point eu lieu comme elles y sont relatées, et le plus souvent on découvre que la cause de la confusion qui règne en ce récit provient d'une simple faute commise contre les règles de la chronologie : car on ne peut intervertir le moindre fait dans la marche des événements sans s'exposer a tomber dans une série d'aberrations.
II me semble que l'histoire peut être comparée à un de ces instruments de précision, dont on fait usage en horlogerie et qui serait parfait s'il ne lui manquait certains rouages. Vous accroîtrez la valeur de l'instrument en y ajustant avec habileté l'une des pièces qui font défaut ; mais, si vous ne posez pas la nouvelle pièce exactement à l'endroit qu'elle doit occuper dans l'ensemble du mécanisme, vous endommagerez l'appareil, loin de raméliorer.
— Tl en est ainsi de l'histoire. Pour la modifier utilement, il faut que les faits nouveaux qu'on y ajoute soient mis à la place précise qui leur appartient dans la suite des temps, et toute œuvre, où cette loi est méconnue, est une œuvre inféconde, qui, au lieu de profiter à la science, lui fera plutôt accomplir un pas en arrière.
La chronologie n'est donc pas seulement une branche de rhistoire, elle en est comme la racine même, et Ton ne saurait trop s'appliquer à la mieux connaître. Mais les études, auxquelles elle donne lieu, exigent, de la part de ceux qui s'y livrent, une grande dose de patience, et elles conduisent fréquemment à des résultats qui paraissent de prime abord n'être qu'insignifiants. Nous nous sommes efforcés, mon père et moi, d'apporter une modeste contribution au développement de ces études ardues qui rebutent beaucoup de chercheurs. Bien que les questions que nous avons tenté d'éclaircir ne soient pas de celles qui touchent aux plus graves problèmes, j'espère que notre peine ne sera pas complètement perdue. Je ne me dissimule pas cependant, et je l'ai déjà dit, que la critique aura beaucoup à corriger dans les pages qui vont suivre. Trop heureux, si, malgré les imperfections de ce livre, nous provoquions d'autres travaux du même genre ! Le jour où l'on pourra former un Recueil chronologique des dignitaires de toutes les églises de France, les savants auront à leur disposition une source d'informations d'une richesse inappréciable ; et nous serions récompensés de nos efforts en songeant que nous avons été des premiers à entreprendre une œuvre susceptible de faire faire de nouveaux progrès à notre histoire nationale.
René Merlet.
Chartres, le 7 novembre 1900.
Nous avons cru intéressant d'ajouter à nos listes la reproduction des sceaux ayant servi à quelques-uns des dignitaires du Chapitre de Chartres pour authentiquer leurs actes. Nous avons obtenu de M. le Directeur des Archivas — et nous lui en témoignons ici notre sincère gratitude, — des moulages de tous ceux de ces sceaux qui figurent dans la belle collection des Archives Nationales.
Les Archives d'Eure-et-Loir possèdent aussi un certain nombre de sceaux, qui ont été sj^stématiquement détachés, au commencement de ce siècle, des titres originaux auxquels ils appartenaient. Il en est plusieurs qui concernent les membres du Chapitre, et qui, malgré leur mauvais état de conservation, offrent un réel intérêt.
M. Paul de Farcy, bien connu des érudits par ses savants travaux sur la sigillographie de TAnjou et du Maine, a eu l'extrême obligeance de nous dessiner, avec un soin consciencieux, ces diverses empreintes, et il en a rédigé en même temps la description technique. Nous reproduisons ci-dessous les notes qu'il a bien voulu nous compiuniquer.
Nous donnerons également, à la fin de cette étude, deux sceaux de la chancellerie du Chapitre de Chartres, Tun du XIP, Tautredu XIII* siècle. Le seconda été longtemps en uspige • le dessin du contre-sceau, représentant la Salutation angélique, se trouve encore aux XVIT' et XVIII* siècles sur les cachets du Chapitre.