DINE NOUVELLE ESPECE DE TRAGOCEPHALA
La description suivante, qui vient de ni'ètre adressée par 1\L L. Buquet, mérite assurément de trouver une place dans les Archives; je me lais donc un plaisir de la communiquera mes lecteurs. J. T.
Monsieur et cher collègue ,
Vous avez publié, dans le 1" volume de vos Archives entomologiqiics, page 28 et suivantes, une excellente monographie du groupe des Tragocephalites , avec des planches d'une exécution à peu près irréprochable, ce qui fait honneur aux artistes peintre, graveur, coloriste auxquels vous avez confié cet important travail.
Permettez-moi cependant de vous soumettre quelques observations que m'a suggérées l'étude de ce groupe de Cérambycides . pour lequel j'ai, vous le savez, une prédilection marquée.
Les genres m'ont paru caractérisés d'une manière complète, et par conséquent ne rien laisser à désirer. Quant aux descriptions, très soignées d'ailleurs, il eût été préférable peut-être, dans l'intérêt du plus grand nombre, qu'elles ne fussent pas seulement comparatives, ce qui oblige à un travail quelquefois pénible, quand surtout on ne ])ossède pas comme vous, Monsieur,
de nombreuses séries d'individus d'une même espèce. Une description plus détaillée eût obvié à ce léger inconvénient. Je n'exprimerai donc ici qu'un regret, qui, je le crains bien, sera partac,é aussi par d'autres amateurs.
11 est vrai, me direz-vous, que les figures sont là pour faciliter la détermination des espèces, point sur lequel nous sommes parfaitement d'acord, mais si cependant on devait s'arrêter à ce raisonnement d'une manière absolue, qu'arriverait-il? Insensiblement on supprimerait le texte dans les ouvrages iconographiques, pour ne plus donner que des planches, tandis qu'une description leur est un accompagnement indispensable, si non obligé, pour l'étude des insectes.
Ceci dit, je terminerai par où j'aurais dû commencer.
J'ai reçu de M. Blutel, vous le savez, un petit choix d'insectes du Gabon, nouveaux pour la plupart, parmi lesquels j'ai rencontré une espèce de Tiagocephahi que je crois inédite, de sorte que j'ai pensé que c'était le cas ou jamais de la publier dans vos Archives, comme faisant suite au travail précUé.
Je prends donc la liberté de vous en envoyer la description.
TRAGOCEPHALA BLUTELII Buq.
Pairie : Gabon. Long. 6 mill.; laig. IS mil!.
Couleur générale d'un jaune fauve plus ou moins foncé. Tête noire en dessus, jaune clair sur le front. Antennes noires. Prothorax jaune éraicment, uni-épineux sur les côtés, avec une largo bande lonytidinalc d'un noir velouté en dessus qui, de la base se prolonge en airitre un peu au delà de l'ccusson quelle recouvre entièrement, et se termine en s' arrondissant. Une autre bande de menir> couleiir, beaucoup plus étroite que la premi -rc, se ti'ouve de chaque côté, eu dessous, faisant suite
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aux yeux, qui sont grands vl assez saillanls. Elylros allongées, ryiindriques, coupées oarrénient à la base, arrondies à l'extrémité, avec trois taches noires ovales, placées transversalement sur la même ligne, au tiers environ de leur longueur, une au centre, la plus grande; une petite de chaque côté, et deux autres taches longitudinales de même couleur, légèrement écliancrées antérieurement, qui couvrent plus du tiers inférieur de cliaque élytre. Au milieu de chacune de ces taches, et dans le sens longitudinal, on en voit trois autres, qui consistent : la première et la dernière, en deux petits points d'un blanc de lait ; la troisième, celle intermédiaire et la plus grande, en une tache fauve étroite, allongée, oblique, qui, avec celle qui se trouve au-dessous, ressemble assez à un point d'exclamation.
Dessous du corps d'un fauve assez clair, la tète et le prothorax exceptés, une tache noire de chaque côté de la poitrine. Segments abdominaux noirs au milieu et sur les côtés. Pattes annelées de fauve et de noir.
Cette espèce doit prendre place après la T. Bunuetii Thomson, Arch. Ent. 1, p. 31, qui se trouve également au Gabon, et avec laquelle elle a le plus d'analogie de forme et de couleur.
Je l'ai dédiée à M. Blutel, entomologiste aussi modeste que distingué, qui a bien voulu en enrichir ma collection.
Je vous prie d'agréer. Monsieur et cher collègue, la nouvelle expression de mes sentiments affectueux et dévoués.
Paris, le U août 1857.
LucniiN BUQUET.