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IV

La physiologie, la manière d'agir de l'appareil digestif n'est pas dilficile à comprendre, et cependant quelques organes de cet appareil ont des usages sur lesquels les auteurs sont divi-' ses d'opinion. Je n'essaierai pas de tourner les difficultés que leur étude soulève, je les aborderai de front.

Il est évident que les parties de la bouche divisent l'aliment, pro])ablement végétal, dout VAnthaxia se nourrit, les mâchoires aident faiblement à cet usage. La pulpe qui en résulte s'amasse dans l'œsophage et dans les poches annexes, ainsi que je l'ai vu. D'après la structure de ces poches, je ne crois pas qu'elles aient

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d'aulrc «sage que de servir de réservoir. Klies ont un conduit allant à ropsopliagc et non dans la bouche, impropre, par conséquent, à verser dans l'orifice buccal un licpiide analogue à la salive. Peut-être la pulpe des poches destinée à être digérée au fur et à mesure des besoins de l'insecte, peut-elle remonter dans la bouche et y être mâchée de nouveau, ruminée. Ce n'est pas impossible.

Les épaisses cellules du ventricule chylifique ramassés dans CCS bosselures latérales destinées à multiplier les surfaces, indiquent un riche appareil glanduleux. Ce sont là, ce me semble, de véritables glandes gastriques ou gastro-duodénalcs. Je sais que les auteurs allemands prétendent qu'elles représentent le foie, mais leur situation me paraît bieu plutôt les faire correspondre à ce que j'ai dit qu'à un organe hépatique.

Les vaisseaux de Malpighi ont pour usage de sécréter un liquide digestif et en même temps de dépurer le sang au milieu duquel ils flottent, et la fonction dépurative s'exerce surtout à leur extrémité correspondant au fond de l'abdomen près des organes générateurs et contre l'intestin. On admet généralement en Allemagne, que ces vaisseaux représentent le rein des insectes. La raison majeure est qu'on y a trouvé de l'acide uriquc. Mais si on veut bien invoquer, ainsi que l'a fait M. L. Dufour (Ann. Se. Nat. , loc. cit.), la loi des connexions anatomiques, on ne peut voir en eux que l'analogue du foie. La bile, d'ailleurs, en même temps qu'elle est un liquide digestif, n'est-elle pas aussi un liquide destiné à être rejeté en partie?

On dit encore que les insectes à l'état parfait rejettent une grande quantité de liquide épais, accumulé dans le gros intestin. Mais n'est-ce pas là l'analogue du méconium et le méconium ne vient-il pas de la bile et du foie ?

M. le professeur Cl. Bernard, dans sa thèse pour le doctorat ès-sciences, adopte l'opinion que je défends, et je me rappelle

l'avoir aulrofois soumis à mon illustre collègue de la Sociélé de Biologie , pour le travail dont il s'agit.

Enfin M. i'abre, d'Avignon, dans un récent et beau mémoire sur les Sphégides (Annales Sciences Naturelles k" série, tome VI, page 170 et suivantes, 1857), ne prouve-t-il pas que les lobes du corps graisseux, que le ventricule chylifique lui-même sécrètent de l'acide urique ou un uratc pendant l'état de larve et de nymphe? Or la présence, que j'admets, que j'ai constatée moi-même, d'un sel urique dans les vaisseaux de Malpighi, ne prouve pas qu'ils soient, parce qu'ils dépurent le sang, forcément et uniquement un rein, mais bien plutôt à mon avis une glande qui a aussi cette qualité, c'est-à-dire le foie ou une glande analogue au foie des vertébrés.

L'intestin grêle et le gros intestin achèvent la digestion de l'aliment, et dans le dernier se forme le résidu excrémentitiel ou fécal qui s'échappe par l'anus.

Je terminerai en examinant les usages de la mince couche commune externe. Est-ce entièrement une séreuse comparable au péritoine? Sans doute, elle a pour usage de permettre aux autres organes de venir toucher le tube digestif en glissant sur lui, de former à celui-ci un vernis protecteur, mais n'oublions pas que dans l'insecte la cavité de l'abdomen, de même que celle du thorax et de la lêlc, renferme le fluide nourricier, le sang au milieu du([uel nagent tous les organes. 11 y a là une disposition identique à celle de la mince couche revêtant les sinus veineux du cou de certains poissons plagiostomes, ou bien les sinus vci neux chez plusieurs mollusques signalés par De Blainville, etc.

Aussi je regarde cette membrane comme analogue à la tunique interne du système circulatoire ou tunique de Bichal; dans ces grandes lacunes vasculaires, conmie on les a appelées, il y a des parois, et ces parois répandues sur tous les organes forment leur en volop|)e extérieure.

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.le ne voii\ pas (MilropiTiidir ici la (iiioslion si dillicilc cl si conirovcrsco de la circulalion des insectes, mais je consUUe (luc le licitiido nourricier esl rcnrernié dans do ^'''Tx'^ espaces clos par une nîend)raiie, de même que dans un grand bassin on met partout une couche de ciment. Les sucs nutritifs clai)()rés surtout dans le ventricule cliyliliquc, traversent cette couche en dernier lieu pour se trouver directeuienl mêlés au santç.

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AlMV\lii;il. DE LA (jilMÎn.vnoN.

(Yoy. pi. XII, fig. 1 à 12).

Gel appareil doit être étudie séparément cliez VAnlliaxia nmnca du sexe mâle et chez la femelle.

L'appareil (jénérateur mâle (fig. 1 à 1), se compose des testicules ou organes spermatiques et de leur canal déférent, des ijlandes (iHnpx^M (désignées sous le nom collectif de vésicules séminales), du canal éjaculateur suivi de l'armure çjénitale ou copulatrice.

Eu ouvrant par la partie supérieure de l'abdomen un Anthaxia c? , on aperçoit deux gros corps arrondis, jaunes, situés chacun sur le côté de l'abdomen et près du milieu de sa longueur. On trouve ensuite deux autres corps d'un beau blanc, réniformes, placés en avant des premiers. Si on a le soin d'enlever avec précaution l'ensemble de ces organes, après s'être débarassé du tube digestif, on voit qu'à chacune des dciux masses jaunes succède un conduit ou canal déférent qui se réunit à celui du côté opposé, et qui, après avoir reçu les attaches des deux corps réniformes blancs et être devenu canal éjaculateur, se continue jnsiiu'au d(>riiier segment abdominal.

Les testicules (fig. 1 a), assez régnlièrcnienl arrondis, oui une couleur d'un beau jaune parfois un peu orangé, mais on reconnaît qu'elle est due seulement à une enveloppe ou péiidvlyme d'une grande finesse. Sous cette membrane on trouve une agglomération de tubes d'une excessive ténuité, enroulés dans tous les sens et qui vont se rendre au même conduit après avoir formé six dilatations à leur base. On pourrait encore exprimer cette disposition en disant qu'il y a six renflements, six sortes de capsules séminifères, et que chacun d'eux est suivi d'un long tube qui va former avec ses pareils des lacis inextricables. La figure 2, de la planche XH, l'eprésente cette disposition, et je ne puis m'empècher de faire remarquer l'analogie de ces six dilatations avec les six gaines ovigères qui aboutissent aux trompes chez la femelle (fig. 8 a).

Le canal excréteur (fig. 1 b), de chaque testicule ou canal déférent, est renflé à sa base et il commence au point de réunion des six troncs principaux auxquels vont aboutir les longs tubes séminifères enroulés du testicule.

Le canal déférent, après un court trajet, reçoit un long tube difficile à dérouler et terminé par une extrémité renflée en massue (fig. 'I c). Il ne s'agit point ici d'enroulement propre du canal, d'une sorte d'épididymc, mais bien d'un organe annexé. Plus haut nous trouvons le canal excréteur d'une grosse masse d'un blanc laiteux (fig. 1 d), constitué par deux vésicules symétriques ayant la forme du rein humain ou d'un haricot placé obliquement. Enfin après avoir reçu les canaux excréteurs des doux glandes aimexées, le canal déférent devenu catial ijaculateur, se recourbe en haut et se rend à re\trémité de l'abdomen oîi il se termine par l'armnre copulatrice.

Nous avons déjà prononcé le nom de vésicules séminales, pour désigner les deux paires de glandes annexées, et nous nous conformons ainsi à l'usage généralement reçu, mais la texture

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(le cos organes el leur eoiilemi n'in(li([i)eiU pas de vérilal)les réservoirs (le semence.

l.es canaux lUfîrents, de nii^-nie (jne le canal èjamlatenr (fig. 1 e), ont (les parois umscnleiiscs, et ce dernier a une solidité assez grande ([iii niaiiilient son calibre toujours ét^al.

A rc\trémité de l'abdomen, on voit sortir, en exerçant une expulsion modérée ou même spontanément sur les insectes morts, un corps d'apparence cornée, pointu et dans lecpiel la loupe montre plusieurs pièces. C'est l'extrémité de Yarmure (jénitak (jui peut ici porter le nom de copulatvice, puis(|u'elle sert unif[ucment à cet usage (lig. 1, 9 et 7).

V armure copulatrice se compose de' trois pièces (fig. 7), presqu'entièrcment cornées. L'une, médiane, est le fourreau de la verge ; elle a la forme d'un cylindre très obliciuement coupé en biais à son extrémité, de la(iuelle sort un corps mou qui est la verge elle-même. En haut de cette pièce médiane vient se fixer l'extrémité du canal éjaculateur.

De chaque côté du fourreau médian on trouve une pièce latérale. Chacune d'elles a la forme d'un demi-cylindre irrégulièrement contourné, ayant une apophyse d'articulation en haut, spatuliforme en bas. Leur ensemble est symétrique et constitue une sorte de gaine pour lenveloppe cornée de la verge.

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