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LE GENRE HEMIGL&DUS, DE LA FAMILLE DES LONGICORNES

Par M. Lucien Bcqiet.

Paris, le 8 octobre 1857.

Monsieur et cher Collègue .

Pendant plus de vingt ans, j'ai été assez heureux pour être admis à consulter, presque chaque jour, la riche collection de M. le comte Dejean, dont l'ordre parfait et le classement méthodique en rendaient l'étude si facile.

Bien que ses occupations multipliées et une mort prématurée, n'aient pas permis à ce savant de donner les caractères de tous les genres qu'il a créés, et dont bon nombre sont seulement inscrits dans son dernier catalogue, publié en 1837, chacun de? nous a pu apprécier cependant les services que ce catalogue

était encore appelé à rendre, attendu qu'il présentait à cette époque le résumé le plus complet des espèces de l'ordre des Coléoptères.

Là science, il est vrai, a fait de grands progrès depuis quelques années : quantité d'ouvrages importants ont paru successivement sur divers groupes de cette grande famille, sans parler du Généra de Lacordaire, dont nous possédons déjà quatre volumes, et qui est devenu le vade meaim de tout entomologiste sérieux. S'en suit-il de là que nous ne devions pas un souvenir à celui qui, disciple de Latreille, a guidé nos premiers pas avec une bienveillance qui ne s'est jamais démentie ?

Mû par un sentiment de reconnaissance, j'avais eu la pensée de publier les caractères des genres de Lon(]icornes, créés par M. le comte Dejean. Malheureusement le temps et les matériaux indispensables m'eussent souvent manqué, de sorte que je me suis vu dans la nécessité de renoncer à cette entreprise : mais voulant honorer autant qu'il était en mol la mémoire de cet illustre savant, je me suis contentéjusqu'ici de publier quelquesuns de ses genres inédits dans divers recueils périodiques, tels, par exemple, que les Annales de la Société entomoloijique de France, la Revue Ciiviérieune, le Magasin de Guérin, etc.

Le même motif m'a porté à m' occuper ces jours-ci d'un petit travail sur le genre intéressantci-après, peunombreuxen espèces, travail que je joins ici, dans l'espoir qu'il i)ourra trouver place dans vos Archives.

HEMICLADUS (Dej. Cat. p. 373, 1837) Buquet.

Caraclhes génériques. Tête arrondie, assez large, convexe et penchée en avant. Yeux peu saillants. Antennes de la longueur du corps chez le rf . un peu plus courtes chez la ? , de onze arli-

ENTOMOLOGIQI i:S. .VU)

rlos, le troisicuio et le plus long écliancré à rextrémilé, les quatrième, cinquième, sixième, septième articles à peu près d'égale longueur, aplatis et fortement élargis en dehors, en forme de lamelles obtuses; les trois derniers plus minces et plus étroits, et à peu près d'égale longueur. Mandibules médiocres, cachées en partie par le labre qui est avancé et arrondi à l'extrémité. Palpes filiformes, cylindriques, dernier article le plus long, terminé en pointe. Prothorax cylindrique, un peu plus large que long, avec un petit tubercule ou épine plus ou moins saillante, au milieu environ des bords latéraux. Plaque inférieure mésosternale en triangle allongé, légèrement concave. Ecusson très petit, triangulaire. Elytres allongées, convexes, coupées droit à la base, arrondies aux épaules et à l'extrémité. Abdomen composé de cinq segments, le dernier légèrement échancré dansles deux sexes. Pattes moyennes, cuisses plus ou moins renflées en massue. Tarses en triangle allongé, pnbescents en dessous.

Le caractère le plus saillant de ce genre d'insectes consiste dans la forme des antennes, dont les articles intermédiaires sont excessivement dilatés extérieurement, particularité que l'on n'observe dans aucun autre du groupe auquel il appartient, et que Dejean classe après les Tetraopes.

HEMICLADUS DEJEAMI Buquot.

Patrie : Cayenne. Long, 11 à 12 miU. ; larg. h niill.

Tète d'un noir mat, très finement pointillée, avec une ligue enfoncée au milieu du front. Yeux bruns, moyens. Antennes d'un violet très foncé, sauf les deux derniers articles qui sont d'un noir mat. Prothorax d'un gris verdàtre, un peu plus large que long, cylindi'ique, avec un petit tubercule à peine saillant un peu au delà des bords latéraux, ponctué assez inégalement et couvert

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d'un duvet court, serré, penefié en arrière. Ecusson très petit, excavé au milieu; élytres delà couleur du prothorax, coupées carrément à la base, avec une échancrure au-dessus des angles huméraux, légèrement déprimées au milieu, dans le sens de la longueur, fortement, mais inégalement ponctuées dans la partie avoisiuant l'écusson, cette ponctuation assez serrée formant ensuite plusieurs lignes très distinctes de points enfoncés qui se rejoignent à l'extrémité. Pattes et dessous du corps d'un brun foncé parfois rougeâtre, recouverts d'une pubescence grisâtre. Je dois cette espèce, aujourd'hui assez répandue dans les collections, à M. Leprieur aîné, qui le premier l'a découverte ù Cayenne.

HEMICLADliS THOMSONII Duquel.

Patrie : Bifeil. I.onp;. 9 ;i 11 mill. ; laig. 3 ;i 'i mil!.

Pi. l/i, lig. ti.

Tête d'un noir mat, très nncmcnt pointillée, avec une ligue à peine marquée au milieu du front. Antennes entièrement d'un bleu foncé presque noir. Prothorax d'un noir mat, couvert de points enfoncés très rapprochés, avec une épine assez saillanle dirigée en arrière, un peu au delà du milieu des bords latéraux. Ecusson petit, noir, excavé au milieu. Elytres légèrement pubcscentes, d'un brun rougcàtrc ou rouge brique, coupées carrément à la base, avec une échancrure très peu marquée au-dessus des angles huméraux, légèrement déprimées au milieu, dans le sens de la longueur, assez fortement, mais inégalement ponctuées en dessus, ne formant pas, comme dans l'espèce précédente, de lignes bien distinctes de points enfoncés. Dessous du corps et pattes noirs, recouverts d'une pubescence grisâtre.

Cette espèce fait partie de la belle collection de M. James Thomson à. qui je me suis fait un plaisir de la dédier. Elle se dis-

l'NTOMoi.cxnoriis. ;yil

lingue (le la Dejeanii par son prolliorav noir, plus épineux, d'uue ponctuation plus serrée, par la couleur des antennes et des pattes, enfin par celle dcsélytresqui sont d'un rouge brique.

HEMICLADUS CALLIPLS (Dej. Catal. p. 373, 1837) Buqiict.

Patrie : Brésil. Long. 12 inill. ; larg. 4 uiill.

l'I. 16. lig. ô.

Couleur générale d'un gris verdàtre avec un duvet court et très serré, qui ne laisse apercevoii* aucune trace de ponctuation ni sur la tète ni sur le prothorax. Antennes d'un bleu foncé, sauf les trois derniers articles qui sont noirs. Prothorax aussi long que large, uniépineux de chaque côté. Ecusson assez petit, excavé au milieu. Elytres coupées carrément à la base, à peine échancrées au-dessous des angles huméranx, très légèrement déprimées au milieu, dans le sens delà longueur, avec plusieurs ligues de très petits points enfoncés assez distants les uns des autres, que l'on aperçoit à travers le duvet très serré qui les recouvre. Dessous du corps noir et pubescent. Pattes d'un beau bleu, avec toutes les cuisses annelées de jaune. Ce dernier caractère, le plus saillant de tous, suffirait à lui seul pour distinguer cet insecte des deux autres espèces du genre.

Je vous réitère, Monsieur et clier collègue, l'assurance de mes sentiments afiectueux et dévoués.

Li'Cii'X Biquet.

DESCRIPTION

d'une

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