‹ Archives entomologiquesChapitre 162 sur 231 · CHAPITRE l · texte numérisé non relu

CHAPITRE l

A sommaire, sommaire et demi. — Le toniierre-iiuéria. — Je suis l'exemple de mon adversaire. — Terribles accusations. — Ni regret ni repentir.

— Où le lecteur doit frémir. — Souvenir classique. — Collaboration et repentir. — Rapt de Coléoptères. — Histoire d'un manuscrit. — M. Guérin-Méneville inventeur de l'entomologie appliquée. — La Revue zoologique. — M. Guérin-Méneville s'indigne contre le luxe en matière d'entomologie. — Je me permets de lui donner un conseil à ce sujet. — Longanimité de M. Guérin-.Méneville. — La Providence veille heureusement sur lui. — L'inventeur de l'entomologie appliquée et la postérité.

— Les flèches du Parthe.

Avez-vous lu le foudroyant sommaire qui précède le factum de M. Guérin-Méneville (1)? C'est un roulement en quarante lignes, le bruit lointain annonçant le tonnerre près d'éclater. J'ai suivi

(1) Bec. et Maij, de ;ool., IS.'S?, p. 565.

l'exemple (|iii niélait donné, el je nie suis lancé dans le sommaire à mon tour. J'ai lail comme mon adversaire, qui en tire un assez bon parti, lisez plul(M son article : Longanimité. — Endurcisscinmt. — M . Thomson ne manifeste pas même le regret d'avoir posé un confrère en plagiaire, etc., etc. Terribles accusations! L'bonnnc longanime, c'est M. Guérin-Méneville, cela va sans dire; rendurei, le relaps, l'Iiomme qui ne témoigne aucun repentir, pas même un simple regret, c'est moi! et pourtant j'ai exposé mon confrère à l'odieuse accusation de plagiat. Le lecteur frémit déjà, sans doute, et ne prononce plus mon nom qu'en tremblant. J'espère qu'il voudra bien cependant m' écouter un moment sans trop de défaveur ; il verra peut-être que je ne suis pas aussi criminel que M. (iuérin-Méneville veut bien le dire.

Deux entomologistes vivaient en paix, trois Eumorpindes survinrent, et voilà la guerre allumée. Amour, tu perdis Troie ! il s'agit ici de l'amour des Coléoptères, amour que je porterais jusqu'à la frénésie, puisque, selon mon adversaire, je ne reculerais, poiu" l'assouvir, ni devant le rapt , ni devant la violence. Rassurez- vous, lecteurs, ma passion ne saurait aller jusque là; elle ne perd jamais le calme et la dignité qui conviennent à l'ami véritable de la science. Mais revenons aux deux entomologistes en question.

lis vivaient en paix, ai-je dit, non seulement en paix, mais en intimité scientifique assez grande, puisqu'ils poussaient cette intimité jusqu'à la collaboration ; les deux noms de Guérin-Méneville et de Tliomson devaient être inscrits fraternellement au bas d'un mémoire sur les Enmorphides. En partant pour le Midi, oii il allait, s'il faut en croire une lettre dont nous parlerons, faire de l'entomologie a])pliquée, science nouvelle dont il est l'inventeur, M. Guérin-Méneville me confia le manuscrit d'un travail rédigé en I80/1, sur la collection Dejean, el ayant pour titre : Matêrinurpoiir une minmgniphie du (/""(, cdes Eiiniorpliida:, que je lui aAais

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deniaiidé, dit-il, pour riiisi'-rcr lel qu'il rtait, avec mciiliou de sa date (18;^/i), dans njcs^)T/iiiYsc)i/o)(io/o^iq«es. Ces pauvresiiiT/iiDes, pour le dire en passant, ne sont pas tout à l'ait du goût de l'invenleur de renlomologic appli(iuée ; ce puritain de la science s'en prend au luxe des planches. Ce luxe, pourtant, !\1. Guérin- Méneville ferait peut-être sagement de l'imiter. Sa Revue ne s'en trouverait pas mal ; j'ai entendudireà biendes gens, que 25 francs par an, c'était payer unpeu cher quelques descriptions d'insectes, surtout lorsque le texte ne rachète pas toujours la faiblesse des dessins. Mon adversaire n'épargne pas non plus le texte des Archives, contre lequel il lance, en fuyant, quekpies tlèches de Parthe; cependant, il veut bien reconnaître que, grâce au mérite des peintres, ce modeste recueil n'est pas sans rendre quelques services à la science, notamment, lorsqu'il insère les travaux de M. Guérin-Méneville. Ceci nous amène au fatal mémoire. Arrêtons-nous un instant, et prenons des forces pour continuer ce récit.

Le mémoire était donc entre mes mains. Qu'ai-je fait de ce dépôt sacré ? Je l'ai violé, et, au lieu de le publier dans mes Archives, j'ai frauduleusement copié la description de plusieurs genres et espèces, dont je me suis donné comme le légitime propriétaire, enlevant ainsi à M. Guérin-Méneville la gloire de ses patientes et laborieuses recherches. C'est là ce qui s'appelle jouer un mauvais tour à un savant. M. Guérin-Méneville me l'aurait pardonné, cependant, à ce qu'il assure. Cet homme longanime m'aurait laissé à mes remords et à la vengeance quelquefois tardive, mais toujours sûre, de la Providence, s'il ne s'était agi que d'une question d'argent ; mais il s'agissait d'une question de réputation, et, sur ce terrain, M. Guérin ne transige pas. L'inventeur de l'entomologie appliquée plagiaire ! Que dirait la postérité.

Examinons pourtant les choses de sang-fmid, et passons au chapitre sui\ant.

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