‹ Archives entomologiquesChapitre 163 sur 231 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

Sommaire. — La propriété scientifique. — A quoi recoiinait-on un propriétaire?— Divers genres de preuves. — Impossibilité oii est M. Guérin- Méneville d'en fournir une seule. — Les larmes de M. Guérin-Méneville. — Le danger de porter un nom saxon — Linnée et Fabricius. — Reproche que je me permets d'adresser à quelques successeurs de ces deux grands hommes. — La modestie de M. Guérin-Méneville. — Le Monïicnr et les journaux. — M. Guérin-Méneville part. M. Guérin-Méneville revient. — M. Guérin-Méneville, la santé des chenilles, et l'avenir de la sériciculture française. — La réclame — L'entomologie en actions. — M. Guérin- Méneville directeur d'une maison de santé pour les vers à soie. — La grippe des chenilles. — La fàtc de Nufé et le sirop de Lo.ctncarutm appliqués à l'entomologie.

La propriété d'une œuvre scientifique est aussi sacrée que celle d'une œuvi'e littéraire, artistique ou industrielle, s'écrie avec chaleur M. Guérin-Méneville, et il a parfaitement raison. Ce n'est pas moi qui m'inscrirai jamais en faux contre cette assertion. Seulement, il faut que la propriété soit la propriété, qu'elle n'appartienne qu'à un seul individu. Ces Coléoptères sont à moi! Rien de plus facile à dire. 11 s'agit maintenant de le prouver. Je les ai publiés le pi'emier. Voyons la preuve. M. Guérin-Méneville se gardera bien de la donner, car, il me serait trop facile de lui montrer que les genres dont il parle, ont été décrits par d'autres que par lui, bien avant la rédaction de son fameux travail (1). En vérité, il y a de quoi rire des larmes que verse mou célèbre confrère en entomologie, en songeant qu'on pourra l'accuser de m'avoir emprunté ses descrip-

(1) Voir p. 365.

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lions; qu'il se rassure à cet éj^ard. que la paix et la tranquillité rentrent dans son âme troublée ; qu'il cesse de réclamer une propriété imaginaire, et des biens qui ne sont ni à lui ni à moi.

Surtout qu'il daigne prendre en patience mou nom dont la consonnance saxonne paraît agacer horriblement ses nerfs si sensibles. J'ai le tort grave de faire suivre de ce nom, que je ne croyais pas si barbare, mes descriptions d'espèces nouvelles, ou réputées nouvelles, comme il dit avec une si ingénieuse malice. Où est le mal, je vous le demande? Linnée et Fabricius, répond-il sévèrement, n'agissaient pas ainsi ; et pourtant leurs noms sont parvenus à la postérité. Linnée et Fabricius, dont j'honore la mémoire, et surtout quelques-uns de leurs successeurs, auraient peut-être mieux fait d'épargner au lecteur la peine de feuilleter une centaine de pages pour chercher leurs noms, qu'on ne parvient pas toujours à trouver. M. Guérin-Méneville, qui prêche la modestie aux autres, devrait bien songer un peu à lui-même. J'ai entendu bien souvent les gens sérieux s'égayer aux dépens de mon adversaire, et de la manie qu'il a de mettre son nom sous les yeux du public. Le Moniteur et d'autres journaux constatent avec le plus grand soin, tantôt que M. Guérin-Méneville vient de partir pour le ÎMidi, tantôt qu'il est de retour. Le but de ces voyages est sans doute fort important. 11 s'agit du salut des chenilles, et de l'avenir de la sériciculture française; mais mon docte confrère me permettra de croire, cependant, qu'il n'est pas tout à fait étranger à la publicité donnée à ses excursions. Linnée et Fabricius n'auraient pas agi ainsi ; mais, de leur temps, on ne connaissait pas la réclame, on n'aurait point songé à appliquer l'entomologie, ni surtout à la mettre en actions. Puisse du moins la santé des chenilles profiter des pérégrinations de M. Guérin-Méneville. Ilélas ! les journaux annonceront bientôt le départ de mon adversaire pour le Midi, car on m'assure que

les malheureux vers à soie soumis à l'entomologie appliquée dans la maison de santé de M. Ciuérin-Meneville sont décimés par une épidémie. Espérons que ce ne sera que la grippe, et que leur médecin les tirera facilement d'affaire en les traitant par la pâte de Nafé et le sirop de Lactucarium.

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