HÔTEL DE VILLE D'ARKAS
,-(7;» A chronique de l'abbaje d'Ammaise ren- ^Jferme une touchante histoire dont les déntails se lient aux commencements de Baipanme. Cette chronique nous apprend que, Sdans les premières années du XI' siècle, un homme redouté par ses crimes et par son audace occupait le château de ^fiapaume ; depuis le pays de Thérouanne jusqu'aux environs de Péronne chacun parlait arec effroi de Bérenger; et voici par quelles circonstances le château de Kapaumr se trouvait en son
pouYoir. Un homme d*armes, dit la chronique, s'était présenté aux portes de cette forteresse en implorant un asile; le châtelain pratiquait Thospitalité et Tarait reçu au nombre de ses sénateurs. Une nuit, Bérenger et les siens pénètrent dans le château presque sans résistance; car Thomme d*armes que Ton rient d*accueillir est d'intelligence avec eux et leur a (rayé le chemin. Il y arait fête cette nuit-lâ au château de Bapaume; mais chacun fuit à. rapproche de Bérenger; on ^orge sans pitié le bon châtelain ; et sa fille chérie , dont rinnocence égale la beauté, est réservée aux plus grands outrages!... Cependant un pauvre ménestrel, commensal fidèle de ce manoir désolé, a su conjurer la fureur de Bérenger par ses chants et par ses merveilleux récits ; endormant ainsi la vigilance des nouveaux maîtres du château le ménestrel s*éloigne furtivement , va donner Talarme dans le pays et revient à Bapaume suivi de nombreux soldats qui délivrent la prisonnière et forcent Bérenger à s'éloigner. La tradition ajoute que long-temps ce dernier continua ses exactions dans la contrée; lorsqu'il mourut, son corps fut déposé près d'\rrouaisc au lieu qui, aujourd'hui encore, a retenu le nom de motte Bérenger. Vers Tan 1090, trois pauvres ermites jetèrent les fondements de la célèbre abbaye d'Arrouaise qui vint porter la paix et l'abondance là oii régnait la désolation. Le voyageur , depuis lors, put sans effroi traverser ce lieu autrefois le repaire d'une bande de voleurs, spelunca laircmum ^ dit la charte d'institution du monastère.
Depuis le jour où Bërenger fut expulsé de la fortenue de fiapaume , les comtes de Flandre et d* Artois j Unrent des hommes d*annes a leur solde , sous Tautorite d*uii châtelain*. A la fin du XII* siècle , Bapaume acquit plus d'importance; le comte Philippe d* Alsace coneéda des pririléges aux habitants; les documents contemporains constatent que ce lieu reçut alors le n|pi de Franqaevtlle. (Jne charte communale, octroyée par le roi Philippe- Auguste ^ vint encore ajouter, en 1196« aux bienfaits de Philippe d* Alsace; cette charte, datée de Gompiègne , accorde aux bourgeois de Bapaume u le droit de nommer, tous les quatorze mois, un » maïeur, de nouveaux échevins et de nouveaux jurés;
^ La cbâtellenie de Bapaume fut long-lempa possédée par les seigoeora de Beaumelf . ?lii8ieara de ces derniers remplirent l'importante charge de Maréchal du CamkrUiM. Gélic et le Carpentier parlent d'on Gilles de Beamnetz , châtelain de Bapdune , (pli épousa Gémence de Picquigny et qui fut « l'un des plus beaux princes » de la terre vers lequel il sembloit que la nature avoit esté dépêchée de Dieu, ainsi • qu'une fonrrière, ponr luy marquer un corps sortable à son grand esprit, comme » une beUe maison k une belle hostesse. »