‹ Archives historiques et ecclésiastiques de la Picardie et de l'ArtoisChapitre 17 sur 43 · NOTIONS HISTORIQUES SUR BAPAUME · texte numérisé non relu

NOTIONS HISTORIQUES SUR BAPAUME

8S8. Bapaume» cédé par Karie- le-Chanre à Baudouin-Bras-de-Fer, est compris dans le eomé de Flandre. — ilSa. Célébration do mariage de Philippe-Auguste et d'Isabelle deHainaut dans l'église de Saint-Nicolas. — 1196. Philippe-Auguste accorde une charte de commune aux habitants. — >i207. Louis, fils de Philippe- Auguste , eonllnne les privilèges de Bapaume. —1214. Les prisonniers de la bataille de Boovinea août conduits à Bapaume. — 1217. Cette ville fait partie du douaire de la reioe Blanche de CastiUe. — 1248. B^pdooin de Bapaume est nommé archidiacre d' Ams.— 1248. Confirmation des privilèges de Bapaume par Robert I"*, oiMie d'Arlob.— -12S1. Jean de Bapaume devient dojen de la cathédrale d'Arras. — 1268. Robert II, comte d'Artois, confirme les privilèges des habitants. — 13S5. Eudes , doc de Bourgogne , fortifie Bapaume. Construction do mur d'enceinte. — 4359.

'» et aux ccheTins le pouToir de juger toutes les diffi- » cultes qui naîtront dans Tenceinte de la Tille ^ comme )» du temps de Philippe, comte de Flandre ^ excepté » celles des baillis du roi, des hommes de sa maison » et des ingénus dans ses plaids ^ » La. charte est signée par Gui , le bouteiller ; Mathieu , le camérier ; et Dreux , le connétable.

Peu d*années a^ant cette concession , le 28 avril 1 180, Philippe-Auguste avait épousé Isabelle de Hainaut a Bapaume, dans Téglise de Saint-Nicolas. La magnificence présida à la célébration de ce mariage auquel

Engnerrand d'Hesdin el Oudart de Renti se jettent dans Bapaome pour protéger les tiabitants pendant les incursions des Anglais. — 43Si. Bulle du Saint-Siège pour la fondation d'une collégiale dans le château. — 1407. Jean-sans-Peor, duc de Bourgogne , vieHt tout d^tmjour de Farts coucher à Bapaume (Manuscrits de M. de Hauteclocque.) — 1414. Les troupes de Charles VI s^cmparent de Bapaume. — 1420. ArriTée du doc de Bourgogne , Philippe>le-Bon. — 446S. Passage de Loais XI et du duc de Bourgogne , Charles-le-Téméraire. — 1474. Fondation de Thôpîtal Saint-Pierre. — 1476. Louis XI s'empare de Bapaume. — 1521. Le duc de Guise entre en vainqueur dans la ville et en fait raser les portes. — 1543. Hngues de Fleury, gouverneur de Bapaume , brûle la ville k l'approche de l'armée française et se retire dans le château. — 1570. Constmclion de la tour de l'église Saint-Micolas. — 1577. Achèvement de la reconstruction de cette église. *- 157S. Antoine Lelièvre, capitaine au service de don Juan d'Autriche , livre Bapanme aux Français par trahison. — 1604. Fondation du convent des BécoHets. — 1610. Commencement des constructions de l'hôtel -de-ville. — 1619. Etablissement des Jésuites. — 1623. Fondation de l'hospice Saint-Anne. — 1636. La peste désole Bapaume. — 1641. L'armée française assiège et prend Bapaume sous le commandement du maréchal de la Meilleraye. Les Espagnols rendent la place avec les honneurs de la guerre. C'est alors que Saiot-Preuil , gouverneur d'Arras , poursuivant un parti espagnol k la tète de 600 fantassins et de 300 chevaux , rencontra la garnison qui quittait Bapanme après avoir capitulé. Saint-Preuil la chargea avec beaucoup d'in -

• ( Ordonnances des rois de France. — Hecveil de GoDBraoY. )

assistèrent les comtes de Flandre , de Hainaut, de Namur, de Soissons, de Saint-Pol et de Ponthieu. Isabelle fut ensuite couronnée dans l'abbaye royale de Saint-Denis. L'inscription placée sur sa tombe commençait par ce vers :

Ut Bapalma tvo$ IsabeUa sacravii amores.

Eudes 9 duc de Bourgogne, fortifia Bapaume en 1335. Cette place, depuis lors, eut un rôle important dans les fréquentes ferres qui désolèrent TArtois. Charles

trépidité et la mit en déroute ayant d'avoir reconnu son erreur. Il alla plus tard témoigner ses regrets au commandant espagnol ; mais il avait des ennemis A la cour qui proStèrent de cette circonstance pour le perdre. Arrêté et conduit à Amiens , Saint-Preuil fut condamné à mort et décapité sur la place de Tliôtel* de-ville. Le tribunal qui le jugea se composait de douze conseillers du bailliage d'Amiens et de douze conseillers du présidial d*Abbeville. Ils étaient présidés par l'Intendant Bellejamme dont Todieuse partialité se révéla pendant toute la procédure. 11 6t un crime A Saint-Preuil du résultat déplorable d'une méprise. On accusait aussi ce dernier de fatiguer l'Artois de ses exactions et d'y prélever des impôts sans mesure. Saint-Preuil , pour se justiSer, lut k ses juges ce que lui écrivait Louis XIII sur ce sujet : « Brave et généreui Saint-Preuil, disait le monarque, vivez d'industrie. » Plumês la poule sans la faire crier ; faites comme les autres font dans leurs gou- » vernemens. f^out avez tout pouvoir dans votre empire et tout vous est permis, » En arrivant au pied de l'échafaud , Saint-Preuil s'aperçut qu*il n'était pas encore entièrement dressé et dit à son confesseur : f^oici, mon père, le reste de ma fortune qui s'achève de bâtir. Saint-Preuil se miti genoux et 6t une courte prière. L'épée du bourreau abattit ensuite sa tète et Ton déposa son corpsdans Téglisedes Feuillants. — 4659. Bapaume est définitivement réuni i la France par le traité des Pyrénées. — I6S0. Leducde Navailles est nommé gouverneur de Bapaume. — 46G2. Établissement de la juridiction des fermes. — 1784. <* Le maire de Bapaume autrefois nommé par » leshabitans le fut par Vlnienàani.»{Manuscrits de M, de Hauteclocque.) — 1690. Etablissement du collège. — 1723. Érection de la statue de Louis XV. — 1741. Rédaction de la coutume de Bapaume. — 4744. Passage de Louis XV. —1766. Établissement d'une école d'artillerie. Le célèbre Florian fut an nombre des élèves de cette école.

VI, Louû Xi, le duc de tiuise et le maréchal de ta Meilterayé assi^èrent et prirent Bapaame. Après aroir long -temps appartenu aux ducs de Bourgogne et reconnu ta domination espagnole « Bapanme fut dëfînitivement réuni à la France par le traite de paix des Pyrénées.

|ks commentaires de César nous ont appris hqu'à l'époque où les légions romaines eniTahirent tes Gaules, les peuples Beltovaqus$ ■formaient une tribu redoutable , pouvant ■mettre sur pied jusqu'à cent mille combattants. La fondation de Setlovacum, leur capitale, remonte à une haute antiquité ; mais il serait difficile d'assigner à cette vieille cité une origine certaine. Les uns affirment que Bellovacutn fut fondée par le célèbre fielloTese^et d'autres par Belgius» quatorzième chef des

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peuples gaulois. Scaliger, Adrien de Valois 9 Loisel et beaucoup d'autres historiens ont écrit que ce lieu devait être le Bratuspaniium des commentaires de César ; de savantes investigations ont , depuis lors 9 conduit à reconnaître que ce n'était point à Beauvais qu'il fallait chercher l'oppidum ou forteresse gauloise de Bratuspance.

Après la conquête des Gaules 9 et si l'on en croit Ptolomée, Bellovactim reçut de son vainqueur le nom de Cœsaromagus ; dvL temps de Constantin, on nommait cette ville Cttntas Bellovacum; les capitulaires rappellent Belvctctùs et Hincmar BelgivagiLS ; on trouve aussi Belvacus ^ Bellovaciy Bellocums et enfin BeauvaU.

Khilpérik I", chef des Franks, y entra en vainqueur vers l'an 471. Plusieurs fois ruinée par les Normands ou détruite par les flammes, cette ville soutint un siège de deux années contre les troupes du roi Louis-le-Gros. S'il faut en croire les récits des contemporains , ce prince u prit Beauvais , le démolit jus- » ques aux fondemens, faisant pendre tous ceux de )> dedans. » Les habitants expièrent ainsi la fidélité qu'ib avaient gardée à Lancelin, comte de Dammartin, possesseur de la seigneurie de Beauvais et révolté contre le roi de France, son suzerain.

Il faudrait admirer la rapidité avec laquelle les villes brûlées ou démolies renaissaient alors de leurs ruines, si nous ne savions nous tenir en garde contre l'exagération des anciens chroniqueurs; les villes des siècles reculés se bâtissaient d'ailleurs à peu de frais; le bois

et le chaume pouvaient suffire pour édifier la plupart des constructions; et il faut bien se remettre toutes ces choses en mémoire lorsqu'on voit un concile national s'assembler en 1114 dans cette même yille de Beauvais 9 entièrement rasée en 1100 par Tordre impitoyable de Louis-le-6ros.

Ce prince auquel ^ aujourd'hui encore , on fait un si grand honneur de Taffranchissement des communes accorda le premier des privilèges à la ville de Beauvais . La charte qui les consacrait précéda - 1 - elle le siège et la destruction de cette cité; le spectacle de ses ruines et le malheur de ses habitants portèrent- ils le remords dans le cœur du prince et lui dictèrentils une réparation; ou Theure était -elle venue où le peuple de Beauvais pouvait lui aussi, à l'exemple de celui de Cambrai, exiger de^ garanties contre les excès du pouvoir royal, contre l'omnipotence du clergé et des chevaliers? En un mot, la charte de Louis<le- Gros fut-elle une nécessité des temps ou une concession volontaire? Tel est le point historique qui reste encore à éclaircir. La charte dont il s'agit ne se retrouve plus; mais il en est question dans celle qu'octroya le roi Louis-le-Jeune en 1144 * et cpii porte ces

^ Les dispositions que reofermait la charte de Louis-le-Jeune se retronvent presque en entier dans la charte saifanle que concéda Philippe-Auguste en 1482.

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