‹ Archives historiques et ecclésiastiques de la Picardie et de l'ArtoisChapitre 28 sur 43 · NOTIONS HISTORIQUES SUR COMPIÈGNE · texte numérisé non relu

NOTIONS HISTORIQUES SUR COMPIÈGNE

SltO. KhloYher I^ chassant dans la forêt de Cuise tombe malade et s*arréte à Compiègne. Ou le transporte dans le château de Choisir où il meurt. — dll. Khiother II signe à Compiègne un traité de paix avec Théodebert. — Règne de Dagobert I**^. Ce prince établit un atelier de monnaies à Compiègne dans la tour des Forges et règle dans cette Tille la fondation de la célèbre abbaj^e de Saint-Denis. — 757. Peppin-le-Bref assemble un concile à Compiègne. Ce prince fait placer dans la chapelle du palais le premier orgue connu en France. Il fut donné i Peppin par Constantin Copronyme , empereur d'Orient. — 833. Un parlement assemblé à Compiègne dépose Lodewig-le-Débonnaire. — 850-876. Karle-le-Chauve fait bâtir deux châteaux à Compiègne. — 876. Fondation de Tabbaye de Saint-Corneille. — 877. Soixante et doozeévèques se réunissent i Compiègne. Le pape Jean VllI préside rassemblée. Consécration de Téglise de Saint-Corneille en présence de Karle-le-Chauve. — 877. Couronnement de Lodewig-le-Bègiie dans l'église de Saint-Corneille. — 879. Ce prince meurt k Compiègne. — 888. Couronnement d*Eudes. — 900. Les Normands brûlent Compiègne. — 912. Incendie de l'abbajre de Saint-Comeille. Karle-le- Simple la fait rétablir. — 919. Fondation de la collégiale de Saint -CUmênt. — 987. Couronnement de Louis V. Il meurt i Compiègue la même année. — 987. Les états-généraux assemblés à Compiègne reconnaissent roi Hugues-Capet. — 4025. Hugues-le-Grand , fils du roi Robert , meurt à Compiègne. — 1120. Louisle-Gros supprime Tatelier de monnaies fondé à Compiègne par Dagobert ^^ —

grandes solennités, montraient aux vieillards, aux enfants et aux femmes, les reliques vénérées de St-Cyprien et de St-Comeille; le peuple savait que ces hommes pouvaient conjurer tous les maux de la terre en portant processionnellement le voile de la Vierge, ofiTert à Tabbaye par la piété de Tempereur Karlele-Chauve.

L*énumération des possessions et des droits de Saint- Corneille ne saurait trouver place dans cette courte notice; il n*y sera question que de ceux qui pesèrent surtout sur les habitants de Compiègne. Depuis le temps de Karle-lc-Chauve , les moines furent les tenanciers d'un vaste enclos situé dans la ville et

4431. Schisme dans Téglisc. Innocent II el Anaclet se dispatent la papauté. Le premier fixe sa résidence «n Compiègne sons la protection de Lonis-le-Groâ. — 1136. Ëlablissenient du siège de V Exemption. — ii53. Louis- le- Jeune octroie une charte communale à la ville de Compiègne. — H79. Ce prince accorde aux habitants le droit de chauffage dans la forêt. — 1186. Philippe-Auguste confirmé et augmente les privilèges des habitants. — 1193. Un concile «^assemble à Compiègne et prononce la nullité du mariage de ce prince avec Ingelburge de Danemark. — 1199. Fondation des églises de Saint-Jacques et de Saint-Antoine. — 1!200. De nombreux chevaliers se réunissent à Compiègne et partent pour la croisade sous le commandement de Thibaut de Champagne. — 1209. Philippe-Auguste arme chevalier son fils, Louis VIII , en présence des grands vassaux de la couronne assemblés à Compiègne. — 4210. Privilèges accordés aux habitants par Philippe-Auguste. — 1237. St-Louis réunit i Compiègne cent jeunes gens de la meilleure noblesse et les arme lui-même chevaliers. — » Ce prince fonde h Compiègne ThÀtel-Dieu , le couvent des Jacobins et celui des Cordeliers. Il donne aux Dominicains le château que Karle-Ie-Chanve avait fait élever sur les bords de TOise et permet aux Matlmrnis- Trinitaires d'édifier nne église que ces religieux dédient k St-Nicolas. — 12S2. Lettres-patentes de Philippe-le-Hardi portant établissement à Compiègne d*iiiie cour de Champions , siège judiciaire où les parties venaient demander de défendre leurs droits en champ clos. — 1297. Philippe-le-Bel assemble les états-généraux i Compiègne et y arme chevalier le comte d'Evreux , son frère ; Louis de Bourbon ,

connu sous le nom de Culture de Charlemagne. Le jardin du palais leur appartenait; ils percevaient la neuvième part des revenus du château en vin, en foin et en seigle; ils avaient droit de péage 8ur TOise et la pèche depuis le clocher de Clairoix jusqu'au clocher de Jaux; ils possédaient de plus dans Cornpiègne plusieurs moulins et un grand nombre de fiefs. Bientôt , Thôpital , Saint - Clément , Saint - Germain , Saint-Maurice , Saint-Pierre , Saint-Nicolas-du-bout-du- Pont et la paroisse du Crucifix, les chapelles, les léproseries de Compiègne relevèrent de Saint-Corneille. Des constructions s'étaient élevées dans la Culture de Charlemagne; mais ce fut à charge de mouvance et

800 cousin y et cent vingt genlilshommes.— Vers 1308. Naissance à Compiègne de Jean Fillion de Venette , célèbre légendaire , aulenr d'an poëroe de quarante mille vers ayant pour titre : Roman des trois Maries. — 1310. Fhilippe-le-Long relire la justice à la ville et règle qu'elle sera exercée par des préTÔts royaux. — 1319. Ce prince accorde des privilèges aux habitants. — 1327. Nouveaux privilèges concédés à Compiègne par Charles-le-Bel. — 1350. Naissance à Compiègne du célèbre cardinal Pierre d*Ailly, chancelier de Tuniversité et aum^ier de Charles YI. — 1358. Le dauphin assemble les états-généraux à Compiègne. — 1360. Compiègne eoToie deux de ses habitants en otage pour le roi Jean. — 1380. Bévolte des Maillotins. Pillage à Compiègne du bureau des deniers publics. — 1412. Les Armagnacs s'emparent de Compiègne que les Bourguignons occupaient. — 14i4. Charles VI assiège et prend Compiègne. L'église et le faubourg St-Germain sont brûlés pendant le siège. — 1418. Les Bourguignons reprennent Compiègne. — 1423. Charles Vn et La Hire surprennent cette ville. Elle retourne bientôt après au pouvoir du doc de Bourgogne. — 1429. Charles VU se rend maître de Compiègne. — 1430. Siège de Compiègne. Jeanne d*Arc est prise sons les murs de la ville et livrée aux Anglais. — 1430. Pour reconnaître le courage et la fidélité des habitants , Charles YII leur accorde Pexemption des tailles et plusieurs autres privilèges. — Règne de Louis XL « On tient par tradition que Louis XI fit couvrir d'ardoise Tèglise de » Saint-Jacques , une pieuse dame lui ayant remonstré que son chasteau estant >• couver t d'ardoise , il estoit messeant que l'église de cette grande paroisse ne le

mojrenniuil divers droits dont Tabbaye fit son profit.

Tout ne se bornait pas là. Ce monastère percevait la dime à 0)mpiègne ; l'institution des prêtres des pait>isses lui fut dévolue; ses religieux eurent seuls le droit de chanter dans les rues et eœcommunièrefU tous ceux qui voulurent user de cette faculté. Un prêtre n'aurait pu prêcher à Compiègne sans avoir reçu , au préalable , la bénédiction de Tabbé ; et ce dernier pouvait seul conférer le baptême ou donner Textrême - onction , dans Toctave de Pâques et à la Pentecôte. Il a déjà été question dans cet ouvrage de rinstitution des fieffés de Saint-Corneille. L*ablMr|re avait aussi sa justice particulière ; les vieilles chartes font

» fust que de tuiles et de chaume. » (CHiRPEKTiEm. ) — i463. Privilèges accordés par Louis XI aux habitants. — 149S. Louis XII vient i Compiègne et j confirme ces privilèges.— 1499. Construction de l'hôtel-de-ville. — 1516. Passage de François I^. — 1527. François l*** crée des chevaliers de Tordre de Saint-Michel dans Tèglise de Saint-Corneille. — 1545. Charles-Quint visite Compiègne dont François V' lui fait les honneurs. « Je ne m*étonne pas , disait le monarque espagnol y » que les rois de France aient tant d'attachement pour Compiègne. Le séjour en » est tout aimable. » — 1555. Jean Leféron , avocat au parlement , né à Compiègne, publie une histoire armoriale en douze volumes. — Règne d*Henri II. « Catherine » deMèdicis, faisant reparer le chasteau, fit faire le Jardin du Roy, entre le » chasteau et la forest, jardin dont les plaisirss'espanouïrent lorsqu'il en fallut des- » mollir les murailles pendant les guerres civiles. Le roi , son espoux , fit faire dans • la forest , vis-à-vis de ce jardin, le beau Paille-Maille où il récent les premières » nouvelles de la bataille de Saint-Quentin. » (Cbaspertiee. ) — 1563. ÉtabUaaement du tribunal consolaire. — 1571. Noël Gautier etCharmolue, habitants de Compiègne, fondent le collège.— 1575. Henri III rétablit i Compiègne la fabrication des monnaies supprimée par Louis-le-Gros. — d5S9. Henri lY accompagne à Compiègne les restes mortels d'Henri III assassiné à Saint-Cload. On les dépose dans l'église de Saint-Corneille. — 1590-1591. « Henri quatriesme , la périodes » rois et l'ornement de la France , fit douze voyages à Compiègne es années 1590 » et 1591. Lors de son entrée le sixiesme juin 1590 , voyant les présens qui se font

mention de son prévôt et de son bailli. Sergents , prisons, fourches patibulaires, rien ne manqua à la juridiction des moines de Saint-Corneille.

Les actes des conciles, les capitulaires et les archives des établissements monastiques font foi que la discipline et les bonnes mœurs ne furent pas toujours respectées dans les clottres. On en vit des exemples à Saint-Corneille. Le dérèglement y était tel au temps de Louis-le-Gros que ce prince, cédant aux exigences de son époque et voulant d'ailleurs par des concessions prudentes mettre un terme à des abus plus grands encore, concéda aux moines de Saint-Corneille la permission d'avoir des concubines et voulut que

» d*ordiiiaire i rentrée des rois, il lai plust de dire ; Je reçoit vos présens y mais » j*ayme bien mieus vos coeurs, » (Chàspeiitiik.) — - 1598. Assemblée à Compiègne pour les prélimiiuiires de la paix de Yervins. — 4602. Naissance à Compiègne de Jacques de Billy, astronome et mathématicien. — 1605. Naissance d'Antoine Moldrac y auteur du f^ahis royal et d'une chronique du diocèse de Soîssons. — 1624. Louh Xni conclut à Compiègne avec l'ambassadeur anglais le mariage de sa sœur Henriette d'Angleterre. — 1641. Louis XIII aimait le séjour de Compiègne. Il y vint pour la dernière fois à la fin de 1641 ; « et comme il partoit , se mettant dans » son carosse, il dist à M. le marquis de Gèrres , capitaine de ses gardes : Je me » plaie fort ici et je m'y porte Inen. » (CnAmPEiiTm.) — 1654. Naissance à Compiègne du savant bénédictin Pierre Contant mort dans l'abbaye de Saint-Germaindes-Frés en 1693. — 1656. Louis XIV reçoit Christine de Suède h Compiègne. — 1662. Lettres-patentes de Loois XIV pour l'établissement de l'hôpital. --1698. Ëtablissemeot du célèbre camp de Compiègne dans la plaine qui sépare Margny de Coodun. Le maréchal de BoufBers le commande sous les ordres du duc de Bourgogne. Les Mémoires de Saint-Simon ont consacré le souvenir de la magnificence que déploya le maréchal pour faire à Louis XIV les honneurs du camp. — 1724. Mort de Marc-Antoine Hersan , né à Compiègne , célèbre professeur du collège Duplessiset du collège de France, fondateur du collège de Compiègne. — ^750. Loois XV pose la première pierre du Pont-Neuf. -^ 1739. Ce prince assemble un camp à Compiègne. — 1763. Naissance à Compiègne du littérateur Mercier.

les clercs pussent se marier, à la chai^ toutefois de ne point posséder de bénéfices. Ceci était bien loin des habitudes d*austérité qui, dans les premiers siècles du christianisme, fesaient fleurir les institutions monastiques ! Les richesses et surtout Texercice d'une autorité temporelle presque sans contrôle donnent le secret du changement qui s'opéra dans les mœurs des cloîtres. Celui de Saint -Corneille parait n'avoir rien gardé alors des pieuses pratiques que la règle de St- Augustin lui imposait. On voit les moines, montés sur les bateaux de Tabbaye, parcourir les riantes rives de rOise et aller chercher la dissipation dans le délicieux château des Ajeux, véritable maison de plaisance faite pour les plaisirs des rois mais bien peu favorable , à' coup sûr, au recueillement et à la prière. Ces deux vertus des monastères ne paraissent pas d'ailleurs avoir régné alors à Saint-Corneille; car nous voyons, en 1262, le pape Urbain IV accorder aux moines de cette abbaye, pour déférer à leurs supplications réitérées, le privilège de parler pendant l'office.

Les concessions de Louis-le-Gros n'ayant pu mettre un terme aux désordres qui affligeaient le cloître de Saint -Corneille, le roi Louis - le - Jeune supprima la communauté de chanoines qui occupait ce monastère et la remplaça par des Bénédictins. Depuis long-temps, le grand Suger conseillait cette mesure qui reçut la sanction du pape Eugène III. Mais lorsqu'on voulut prendre possession de l'abbaye, les injures accueillirent les commissaires du roi , et les chanoines fermèrent

toutes les portes. La résistance (îit telle que Louisle-Jeune dut se rendre à 0)mpiègne avec de nombreux soldats. Le roi fit ouvrir Téglise et procéder à la publication du bref de réforme, en présence du peuple et du clergé de Compiègne. Les Bénédictins furent installés dans le chœur; ensuite le roi se retira.

Cependant les chanoines de Saint-0)meille ne se tenaient pas pour battus. Dès que le roi eut quitté « Compiègne, ils parurent armés dans Féglise, brisèrent les portes du chœur, ouvrirent le trésor, en enlevèrent Targenterie et les pierres précieuses dont les ornements des grandes solennités et la couverture des livres saints étaient enrichis. Les rases sacrés ne furent pas respectés. Que pouvaieDt les pauvres Bénédictins pour s'opposer à cette spoliation sacrilège !

Les chanoines ne s'en tinrent pas là. Ils voulurent s'emparer du Saint - Suaire. Cette relique vénérée était gardée par une triple armoire de fer qu'ils se mirent en devoir de forcer. Mais les Bénédictins, cette fois, résolurent de mettre un terme à tant de profanations et parcoururent les rues de Compiègne, en s'écriant : uiuw armes ! Attx armes ! On enlève le SaintStiaire ! Eu un instant le peuple eut envahi Tcglise pour préserver la sainte relique des outrages qui la menaçaient. Le3 habitants indignés chassèrent ensuite les chanoines de Tabbaje oîi la règle bénédictine eut bientôt ramené la prière, Tétude et les pieuses pratiques des anciens jours.

La mesure prise par Louis - le - Jeune n'avait point

pour unique but de mettre fin aux désordres des moines de Saint-Corneille. Depuis long-temps les habitants de Compiègne se plaignaient de leurs exactions; et pour rendre la réparation plus complète, Louisle-Jeune concéda en 1153 une commune et des coutumes aux habitants. On lit dans le préambule de la charte que la ville et Téglise de Compiègne , autrefois fort considérables, avaient beaucoup déchu; que le roi s'était trouvé dans la nécessité d'éloigner de Féglise ceux qui la desservaient et de les remplacer par d'autres religieux; que les chanoines ayant chassé les nouveaux venus avec ignominie (oorUumeliosè)^ le roi avait rappelé ces derniers ; et qu'enfin , par le conseil de Samson de Mauvoisin , archevêque de Reims , de l'abbé de Saint-Denis et de la reine Adélaïs, qui tenait Compiègne en douaire, il concédait une commune et des coutumes, jurées au nom du roi, de la reine, de l'abbé de Saint-Corneille et des habitants *.

*■ PRIRCIPALBS DISPOSITIOnS DB LA CHAETB COIlCÉDiB AUX HABITANTS DE COMPliOirB

PAB LK BOI LOUIS- LB-JEURE.

Il a été jaré qu'an dedans des remparts de Compiègoa et an dehors dans les fanbonrgs nn habitant prêtera secours i l'antre en tonte occasion ; il ne souflhrira point qu'il soit rien enlevé à quelqu'un ; qu'on l'assujétisse k une taille ; ou que l'on prenne quelque chose chei lui ; sauf toutefois le droit qu'aura l'abbé d'exiger trois mois de crédit de tout habitant qui lui fournira pain , viande ou poisson ; mais l'abbé ne pourra ultérieurement exiger aucun autre crédit, s'il ne rend point ou ne paye point après ce délai.

La durée de ce crédit sera réduite à quinze jours pour les pécheurs étrangers à la ville ; et s'ils ne sont pas payés après ce temps , ils saisiront ce qu'ils pourront des biens de la commune jusqu'à concurrence de ce qui leur sera dû par Tabbé.

Toute infraction à la présente charte, à l'exception cependant de celles qui intéresseraient la paix et la sécurité de la ville , entraînera une amende de cinq sols.

Philippe - Auguste confirma les privilèges de Compiègne en 1186, abandonnant de plus aux habitants divers droits que Louis-le-Jeune n*avait concédés qu'à titre de cens. « Nous leur accordons , dit la charte » de Philippe - Auguste , le minage de Compiègne, Vil- » leneuve, les forestières de Compiègne et de Grand- » ménil, la prévôté de Compiègne, les droits de ton- » lieu, de change, de four, de corvée, et deux places » de moultns au pont de 0)mpiègne. Les habitants » seront dispensés de plaider hors du lieu oii se tien- » nent leurs plaids; ils pourront bâtir une halle pour » y vendre leurs marchandises et en retirer profit; )) ils ne seront point tenus de compter les deniers )) du roi ailleurs que dans leur cité; la convention » entre le roi et les moines de Compiègne sera nulle, » sauf ks trois jours de foire dont Tabbaye jouissait

Si Tarchidiacre cite un habitant, ce dernier ne sera point tenu de répondre, i moins que le plaignant ne soit présent on qu'il ne s'agisse d'un flagrant délit. Si , toutefois, il 7 a témoin contre lequel l'accusé ne puisse se défendre , Tamende sera encourue.

Personne, excepté le roi ou son sénéchal , ne pourra conduire à Compiègne un homme coupable de délit envers un citoyen de la commune, à moins que Tamende prononcée par la loi n'ait été préalablement payée.

Si Tabbé laisse par ignorance entrer un coupable dans la ville il ne pourra , dés qo*il aura reçu la preuve que cet homme est ennemi de la commune , le soustraire à la juridiction de la ville sans le consentement des échevins.

Quiconque négligera de se rendre aux réunions de la commune dès que la cloche sonnera , paiera une amende de douie deniers.

Voulant suivre l'exemple de Louis, notre prédécesseur, nous avons octroyé à nos bourgeois de Compiègne une commune semblable k celle que notre père leur a concédée, selon la charte authentique insérée dans celle-ci,sauf nos droits et ceux de l'Église.

Donnés Paris, Tan de notre Seigneur 4453 et le dix-septième de notre règne.

» anciennement. » Et pour bien persuader à ceui qui nous liront que les concessions royales de cette époque étaient rarement désintéressées ; pour qu'on n'oublie pas que « dans l'époque réodale , le cœur des princes fut peu accessible à la phîlantropie , noua dirons que les dispositions finales de la charte que Philippe -Auguste concéda s'appliquent aux nombreuses redeTBDces en aident et en grains qui furent imposées à la rille de Compiègne, en Change des droits nouveaux dont on la mit en possession. La vérité importe à l'hisloire ; pouripioi donc verrions-nous un témoignage de la bonté rojale dans l'octroi d'une charte dont la pénurie du trésor du prince fit probablement les seuls frais.

HOTCLDE VILLE DE COMPIEGNE.

diplôme de Khiother II] qui régla eu |662 la fondation de l'abbaje de G>iiiie Ifait mention de Doullens (Dominicus-Lacus) Idont aucun document authentique n'est venu Iconstaler l'existence avant cette date. Flodoard, Sîghebert, Mejer, Malbrancq, Froissart et Mons- Irelct ont désigné ce lieu sous les noms ■ de Donincum , Donencum , Doningium , Dureîinum , Durlentum ou Durletidium, Doletu , Dorleru, Doullent ou Vourtaru.

Depuis la fin du X* siècle, la chàtellenie de Doullens était an nombre des fiefs possédés par les comtes de Ponthieu. Un ricomte, logé dans la Tour de Beauval y rendait la justice en leur nom et y percerait les redevances seigneuriales. Cependant les habitants d^Abbeville avaient été mis en possession par le comte Guillaume de Talyas d*uné institution commu* nale, précieuse garantie pour eux contre les exactions des officiers du comté. Pour condescendre aux tçbux des bourgeois de Doullens, Gui II, Fun des successeurs de Guillaume de Talyas, promit de leur octroyer aussi des priyiléges, moyennant une somme qu'il détermina; mais lorsqu'elle eut été comptée Gui, mettant en oubli ses promesses, refusa de délivrer la charte qui devait consacrer les droits concédés ou plutôt vendus aux bourgeois de la ville de Domlens.

Indignés d'une telle conduite, ces derniers ne tardèrent pas à se révolter. Ils méconnurent Tautorité du vicomte et refusèrent d'acquitter les taxes que le comte prélevait. Mais comme le droit ne pouvait rien alors contre la force , les tentatives des bourgeois furent bientôt réprimées ; et nous lisons dans le cartulaire ou Livre Bouge de Doullens que plusieurs d'entre eux durent abandoimer leurs familles et leurs biens pour sauver une vie que le courroux du comte menaçait.

Guillaume II n'imita point la conduite de Gui, son aïeul. Le 2 juin 1202, il octroya aux habitants la charte pour laquelle ils avaient enduré de si grands

maux. On lit dans le premier paragraphe de ce document que Gui II, comte de Ponthieu, ayant autrefois vendu 4a commtme aux bourgeois de DouUens, pour les mettre à Tabri des injures et des exactions des grands de sa terre , mais sans qu*aucune charte eût consacré ce qui s'était accompli alors, Guillaume, petit-fils de Gui II, avait touIu en octroyer une selon le droit et la coutume dont les habitants d'Abbeville jouissaient en vertu de leur charte communale.

Ce dernier document est en entier transcrit . à la page 70 de ce volume, et ses vingt-cinq premiers articles sont les mêmes en tout point qae ceux de la

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