‹ Archives historiques et ecclésiastiques de la Picardie et de l'ArtoisChapitre 27 sur 43 · NOTIONS HISTORIQUES SUR CLERMONT · texte numérisé non relu

NOTIONS HISTORIQUES SUR CLERMONT

i070. Le célèbre Guibert de Nogent , né à Catenoy, dans le voisinage de Clermont , est nommé chanoine de la collégiale de Saint-ArnouU ou Notre-Dame. — lil4. Dédicace de l'église de cette collégiale. — iil4. Renaud II accorde une foire aux chanoines. — 1197. Louis de Champagne , comte de Clermont , de Bloii et de Chartres , et Catherine de Clermont , sa femme , concèdent une charte de commune aux habitants. — 1244. Alphonse III, roi de Portugal, et sa femme Mahaut donnent aux Triniiaires de Clermont l'ancien hôtel-Dieu. — 1269. Le château de Clermont fait partie de Tapanage donné par St-Louis à son fils Robert. — 1280. Philippe de Beaumanoir, né à Beaumanoir près Clermont , est institué grand-bailli du Beauvaisis par Robert de France , comte de Clermont. — 12S3. Philippe de Beaumanoir rédige la Coutume de Clermont, — 1294. Naissance de Charles-le- Bel dans le château de Clermont. — 1325. Ordonnance rendue par Charles-le-Bel dans le château de Clermont pour la confirmation de la commune de Mézin. — 1327. Construction d'une nouTclle église paroissiale, dépendance de la collégiale et placée sous la dédicace de St-Samson , évèque de Dol. — 433S. Philippe de Valois signe dans le château de Clermont Tordonnance qui autorise la reine à gouverner le royaume pendant son absence. — Troubles de la Jacquerie, Guillaume Caillet , surnommé Jacques Bonhomme , chef de la Jacquerie , défait par le roi de Navarre , Charles-le-Mauvais*, est conduit à Clermont et décapité. — 1358. Charles ,

concession de Renaud II est rapportée dans une confirmation de révoque Eudes II dont voici la teneur : ce Eudes second , par la pacience de Dieu humble » menistre de Téglise de Biauvez, à tous loyaux en » perpétuité en Christ. Renaus, comte de Clermont, )) donna, en icheli jour de la dédication, Téglise de » Clermont consacrée en Tonneur et mémoire de le » trez beneurée vierge Marie et del honnourauble )> martjr À.moul, octroians aux canoines de Téglise )) foire par trois jours, chest à sçavoir le jour de feste » de St-Jehan et les deux autres jours ensuyvans. Il » donna aux clers, sans aucune retraction, quiconque » chose est coustume estre pris de marcheans en ton- » nelieu , foriage , roage et en travers. Que se par

régent du royaume, signe dans le château de Clermont la confirmation des pri? iléges accordés è la ville de Condom par Philippe de Valois. — 1358. Conférences à Clermont entre le dauphin régent et le roi de Navarre. — 4358. Les NaTarrois, commandés par le captai de Buch , s*emparent de Clermont n une grosse ville , dit » Froissart , qui n'étoit point fermée et bon chastel voire d'une grosse tour à chani> gles tout autour, et adonc sur Tadjoumement le captai de Buz eschella et embla » celle forteresse ,jaçoit ce que à la vue du monde la tour est impossible à prendre , w touttefojs la priot-il par eschelles de cordes et de grauTes d*acier. » — 4359. Démolition de Téglise de Saint-Amovit. — 1369. Isabelle de Valois vient habiter le château de Clermont. Jeanne de Bourbon , femme du régent , visite Isabelle. Une cour brillante l'accompagne. — 1375. Charles-le-Sage signe dans le château de Clermont une ordonnance relative au jugement des vassaux du comté. — 1392. Construction de Téglise des Trinitaires, — 1395. Lettres de Charles VI données à Clermont et relatives au chapitre de Sens. — 1414. On fortifie Clermont. — 1417. Suppression du grenier è set de Clermont. — 1419. Les Anglais assiègent sans succès le château. Ils incendient le faubourg Saint- André. — 4430. Le Maréchal de Boussac assiège Clermont que les Bourguignons occupaient. — 4434. Le duc d*Orléans s'empare de Clermont. — 1434. Le château , repris par les Bourguignons , tombe au pouvoir de La Hire. — i437. Clermout est rendu aux Bourguignons pour la rançon de La Hire , fait prisonnier à Beau? ais pendant qu'il jouait à la paume

» aventure il ara contens, en iches jours , les mar- » cheans avec les hommes dou seigneur de Clermont » ou adechertes avec les hommes des hommes d'icheli, » et de rinjurant et de Tenjurë est des clercs 9 et le

» loy ou bon plaisir d'icheux Renaus, comte,

» donna le chose en ichelle manière divisée en au- » moue à Teglise et octroia dou tout en tout — les » barons et vasseurs dou terrouer de tout Clermont » assentans et otroians ensaule avecques le comte — » que quiconque chose isteroit dedans le Teue denu tour Qermont dou marcogné ou de forfait 9 en tems » des foires, tout seroit de Téglise et des clers, ex- >' ceptë le tierche partie des rentes dou comte. Adew chertés Pierre, notre prédécesseur de bonne me-

l'bôtelleriede Saint-Martin. — 1483. Établisse ment de l'élection de Clermont. — 1486. Passage de Charles YIII. — 4506. Reconstruction de Téglise paroissiale. — 4538. Naissance è Clermont de Jacques Grelin , conseiller et médecin de Marguerite de France , fille de François l'**. Grevin a fait des poésies. Sa description da Beauvaisis est surtout citée. — J589. Henri IV s'empare de Clermont. — i590. Germont tombe au pouvoir de Mayenne. — 4590. Les troupes royales prennent Clermont. Pillage de la ville. On brûle les archives du château. — 4592. Henri IV vient à Clermont. — 4594. Mort de Jacques Charpentier, né à Clermont, aoteor d*un parallèle entre Aristote et Platon. — 4609. Établissement d*un collège calfiniste à Clermont, pour renseignement des langues grecque et latine, de la mosiqne, de la rhétorique, de la logique et de la dialectique. — 4643. Mort à Clermont de Louis Lecaron , surnommé CharondaSy jurisconsulte célèbre , lientenant-général du bailliage. Charondas né à Parb habita Clermont toute sa Tie. — 4645. Le prince de Condé , brouillé a? ec la cour, se retire dans le château de Clermont. Le maréchal d*Encre vient assiéger la place et s*en rend maître. — 4639. Établissement des Ursulines. — 4685. Démolition du collège calviniste. « Les femmes et les enfants, » dit M. de Cambry, le détruisirent en huit^ jours. » — 4696. Lettres-patentes portant réunion de la Maladrerie à Thôpital de Clermont. — 4699. Suppression de la capitainerie des chasses de Clermont. — 4758. Démolition de la porte des prisons appelée porte Breuil-lê-f^ert, — 4780. Démolition de la porte de Paris,

moire 9 escommenia quiconques efibrchissont osier ou amesnuier à Tëglise le deyaut dit bénéfice , lequelle sentence adechertes nous confermons inriolablement et de nostre partie tous les machineurs d'iche yient poarfit dou las deuf. Fait à Sainct-Just, en Tan de rincamation de nostre Seigneur, mcxlvu. »

Le comté de Clermont (ut l'apanage ordinaire des princes. Cédé à Philippe-Auguste en 1218 par Tun des descendants de Renaud II, ce comté devint en 1269 la propriété de Robert, sixième fils de St-Louis et tige de la maison de Bourbon, te Nous faisons, » dit St-Louis dans ses lettres apanagères , chose cognue » tant aux présens corne à Tenir que Nous à Robert, » notre fil, et à ses hoirs de son corps, donnons et » assignons nostre chastel de Clermont avec toutes ses » appartenances , le Nueville en Heê , la forest et les » appartenances d'icelle, Crecey arec toutes ses ap- » partenances, Sachy arec toutes ses appartenances, » et tout ce que nous ayons à Goumay sur jironde^ )) et quelcunques autres choses que nous ayons et » possessons en la comté de Qermont , et Mort avec

» arec les appartenances, fiefs et domaines Et

» toutes ces choses devant dites icil Robert et si hoirs )> seront tenus en fié et hommage lige de nous roi » des Frans... Et pour que ce soit ferme et estable » et permanant à tousjours, nous avons fait garnir n ces lettres par l'impression de nostre séel. A Paris, » l'an du Seigneur m.cc.lxix, au mois de mars. » Le comté de Clermont changea souvent de maîtres.

Il passa en 1 488 de la maison de Bourbon dans celle de Bourbon^Montpensier; fut donné ensuite en apanage par François 1" à Charles ^ son second fils; et plus tard constitué eo dot à- Catherine de Mëdîcis. Charles IX l'engagea en 1569 au duc Elnrick de Brunswick. Il appartint en 1S82 à Marguerite de Navarre, et plus tard à Henri II, prince de Condë; à Charles de Bourbon, comte de Soissons et grandmaître de France ; au prince de Carignan ; à la princesse d'Harcourt; et enfin à Louis Henri, duc de Bourbon, prince de Condé , dont les descendants conserrèrent le comté de Clermont jusqu'à la rérolution de 1789.

OMPiÈGNE , que les vieilles chartes appellent ,,m Compendium , PaJatium , Karolopolis ou

iCarlopolii, fut d'abord un rendez-vous de Pchasse où les chefs des Frank» eurent plusieurs palais. Le premier chapitre de ce volume ren-. ferme des notions historiques sur ces résidences et sur le château royal qu'Henri IV et Louis XIII aimèrent à habiter.

L'histoire de la ville de Compiègite se lie étroitement à celle de son abbaje. Nous avons déjà retracé, dans la partie de cet ouvrage qui traite des établisse-

ments monastiques, les richesses et les privilèges de Tabbaye de Saint-Corneille ' . Fondée par Tempereur Karle-le-ChauTe et comblée de ses dons, tout concourut à lui donner de la célébrité. Plusieurs rois de France furent couronnés au pied de ses autels; et, lorsqu'ils mouraient , quelquefois les religieux de Saint- Corneille, premiers témoins de leur grandeur passagère, enseyelissaient leurs restes périssables dans les

sombres caveaux de l'abbaye.

Lodewig-le- Bègue fut au nombre des rois qui récurrent la couronne et la sépulture à Saint-Corneille, et lorsqu'Henri III eut expiré, frappé par le poignard de Jacques Clément, on vit Henri de Navarre accompagner pieusement à Compiègne le corps du malheureux prince dont il devait porter bientôt la couronne. Louis V, le dernier des rois fainéants^ fut aussi inhumé à Saint-Corneille. Voici Tépitaphe qu'une main ingénieuse traça pour la statue de ce prince ; cette épitaphe frappante d'exactitude historique se fait de plus remarquer par Textréme naïveté du langage :

Loy% je suis cioquiesme de ce nooi

Boy des François, dont pauvre est le renom :

Dix-huict mois je régnai seulement

Moy jeune estant, et fus finallement

A Sainct- Corneille, en sépulture mis,

Cest a Compiègne auprès de mes amis

Lan de salut neuf cent et quatre vingts

Avecque sept retournant dont je vins.

Si rooy vivant je nay aucun bien fait

Considérez que je nay rien meffait :

Vous suppliant que cela vous provoque

A prier Dieu qués cieux il me colloque.

* ( Foir le premier volume , ftaget 287 , 2S8 , 239 «f 240. )

Les démêlés des habitants de Compiègne avec les religieux de Saint-Corneille furent nombreux pendant le moyen^àge^ et Tintervention royale put seule mettre un frein aux abus que ces derniers commettaient. Enhardis par leurs nombreux privilèges, comptant sur la yénération qu*inspirait leur église pour faire admettre des prétentions intolérables , les moines de Saint-Corneille semblèrent ne vouloir reconnaître aucun pouvoir humain. N'étaient-ils pas les seuls gardiens du Saint-Suaire , offert autrefois à Karle-le-Grand par des princes orientaux et transporté d'Aix-la-Chapelle à Compiègne ? Que pouvait - on refuser à ces hommes revêtus d'un caractère sacré qui , dans les

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