NOTIONS HISTORIQUES SUR SAINT-POL
855-S58. Les lettres de St-Folqoin font mentioo k celte date du liea de Têrvana qui prit plus tard le nonn de Saint-Paul et par cormptioD Saint-Pol ^ en mémoire da patron de sa première église. — Vers 970. Le comte GoiUaome fait construire à Saint-Pol une enceinte de murailles. —1050. Fondation de la collégiale ôeSaint- Sauvêur dans le château des comtes. — 1117. Baudouin, comte de Flandre, vieut assiéger Saint-Pol. — 1119 ou 1120. Le comte Charles-le-Bon , successeur de Baudouin , s'empare de Saint-Pol, le livre aux flammes et fait démolir les murailles élevées au X^ siècle par les soins du comte Guillaume. « Charles blocqua la ville » etchastean. On lasche les furies de batailles; on frappe, on tue, renverse; le » chasteau est gaigné, aussi est la ville ; on y voit nn montgibel de flammes et un » déluge de sang; les murailles sont culbutées du hault en bas; les fossés sont ra- » clés et mis à Tesgal des anltres terres ; bref ce qui estoit de chasteau et de Tille , » le tout est effacé. (Femlt ds Locu.) — 1175. Bulle du pape Alexandre III portant confirmation de la dotation du chapitre de Sainl-Sanvenr. «— 1190. L'hôpital est doté par le comte Hugues VI Camp d'Avesne. — 1201. L'église àe Saint»Sauvêur cède À Hugues YI le moulin du Maisnil ou de MUUhourg moyennant une redevance annuelle de quatorze seliers de froment. Ce moulin était alors situé près de la fontaine des Lavoirs doot il est question dans Ferry de Locre : « Esdictz lavoirs se » voit une tonne de gré crocqoeté et poly, eslevée de six pieds, à six coings, em-
le premier est Tétat des effets qu'il possédait lors(pi*il quitta son couvent ; le second s'applique aux soins qu'avait reçus de lui la bibliothèque de la communauté. En voici quelques extraits * : — c< Le père Turpin
» a procuré plusieurs livres à la bibliothèque, entr*au- » très les suivans : les comtes de Flandres , en petit » folio ; une histoire de France par Nicolas Gille , in )) folio ; les chartes du pays de Hainau , in octavo ; » deux tomes de Tannée dominicaine ; Catena Patram » Grecorum , in folio ; trois tomes in quarto de Thistoire » des évéqntes de Liège, Tongres, Mattrich, etc., in )> quarto. — Il a nétoiéz tous les livres et les a ran- » gés selon les matières... — Il a eschangé quel- » ques livres doubles , sçavoir : une Vie des Saints en » vieux gaulois pour deux tomes in folio , sçavoir : un
» bouchée de sixtoyaax de enivre, Tomissans continuellement eaox très-lympides... » ce qui sert de grande commodité aux bourgeois. » — 122i. Fondation de la Maladrerie &BDs\e voisinage deSaint-Pol. — iZZi, Chartes d'Elisabeth Camp d'Avene, femme de Gaucher ou Gaultier de Châtilloo , portant confirmation des privilèges accordés par son père aux habitants. — i227. Hugues YII de Châtilloo confirme la commune de Saint-Pol. — 1231. Il concède aux habitants des droits d'usage dans ses forêts. -^ 1251. Gui III de Châiilion, comte de Saint-PoI , transfère dans rintérieor delà ville la collégiale de Saint-Sauveur.^ 1263. Gui III de Châtillon fonde un hôpital à Saint-Pol. — 1369. Charles-le-Sage assemble les états do royaume à Saint-Pol. « S'y trouvèrent le cardinal de Beauvais, l'archevêque de Sens , les » évéques d'Orléans , d'Arras et d'Auxerre et plusieursgrands princes et seigneurs. » ( Feb&t de Locbb. ) — Vers 1430. établissement des Sœurs-Noires. — 1464. Louis XI et Philippe-le-Bon , duc de Bourgogne, viennent à Saint-Pol. — 1469. Louis de Luxembourg accorde des privilèges à la compagnie des archers de Saint-Sêboêtiêu, — 1471. Entrevue dans le chflteau de Saint-Pol de Charles-le-Téméraire et d'Edouard d*York, roi d'Angleterre, détrôné par les intrigues du comte de Warvrick.
* ( f^oir le travail publié par M. Qvxiisoii dans le Puits Artésien , 1S38.)
» tome des œuvres de St-Jérôme, que nous n'avions » pas, et un tome de Thistoire de i?ai?onfW. — Pour » ce qui est des cinquante escus de don de mademoi- » selle Dubois pour acheter des livres à mon usage , » ils m'ont été remis par ordre du R. P. provincial » Thiriar pour être employés en achats des livres sui- » vans... Les Scriptores de notre ordre 2 folio ; le 3.' » tome du Gallia Chrisiiana , 30 livres ; le Glofsarium » de M. du Gange ; Tannée dominicaine , du mois de » novembre ; VOriens Christianus du R. P. Lequien. »
On éprouve je ne sais quel charme à lire ces détails qui nous initient si bien aux mœurs bénédictines d*un autre temps. Que de candeur, que de savoir se cachèrent à la fois au fond des cloîtres oii les moines vivaient ; et combien il faut de courage pour oser écrire
— 1483. « Louis XI donna à Téglise paroissiale on calice d'or fin pour éijours » plos solennels célébrer la messe principale. » ( Fulet db Loc&k. ) — 1537. Les Français s*eniparent de Saint-Pol. Les Impériaux prennent d'assaut cette place la même année. Le comte de Bures les commande. Il fait incendier la ville et raser le château. — 1546. «Charles le Quint, empereur, cognoissant qu'il importait » beaucoup de remettre sus la ville très-désolée de S. Paul , fait revÎTre chascon » sien privilège, et fnstle magistrat de la ville restably. » (Feeet os Locab. ) — — 1553. Les Françab reprennent Saint-Pol. — - ISSl. Siège et prise de Saint-Pol par le comte d'Alençon. La ville est brûlée. — 1593. Les Espagnols rentrent dans Saint-Pol. — 1614. Reconstruction de l'église paroissiale de Saint-Paul brûlée en 1553. — 1614. Mort de Ferry de Locre , né à Sainl-Pol en 1571, appelé souvent Locrius. — 1615. Ëtablissement des Carmêê. — 1649. Turenne s'empare de Saint- Pol. — 1659. Paix des Pyrénées. Saint-Pol est définitivement réuni à la Couronne de France. —1661. Passage de Louis XIV. — 1661. Les étate d'Artois s'assemblent à Saint-Pol. — 1690. Achèvement des constructions de l'église des Carmes, —Vers la fin du XVII* siècle. Naissance à Saint-Pol de l'historien Thomas Turpin. — Après 1709. Démolition des remparts. — n66. Incendie du couvent et de l'église des Sasurs'Grùes. — 1766. Reconstruction de la Sénichaussée,
l'histoire après eux , pour ne pas laisser tomber sa plume au souvenir de tant d'érudition , de tant de travaux ! On comprendra mieux encore combien ce courage est nécessaire, et de combien de résignation il faut pou- Toir le fortiBer, lorsqu'on Tott M. de Chateaubriand écrire ceci: « Il n'y a pas, dit l'illustre écrirain, de » frère lai déterrant dans un obituaire le diplôme pou- » dreux que lui indiquait dom Bouquet ou dom Ha- » billon qui ne fût mille fois plus instruit que la » plupart de ceux qui s'avisent aujourd'hui , comme » moi , d'écrire sur l'histoire ; de mesurer du haut de » leur ignorance ces larges cervelles qui embrassaient » tout , ces espèces de contemporains des Pères de )> l'Eglise , ces hommes du passé gothique et des vieilles » abbajes qui semblaient avoir écrit eux-mêmes les )) chartes qu'ils déchiffraient. »
I EUDO, maieur de Saint-Quentin, souscrivit une charte d'A.lbert I" , comte de Ver- I mandois, dans l'année 986. Les historiens r s'accordent à reconnaître que le gouTernemcnt d'Albert I" fut paternel; aussi les habitants de Saint-Quentin obtinrent-ils de lui des privilèges et élurent-ils leurs magistrats avant l'époque où l'émancipation communale s'accomplit dans les autres TÎUes de la Picardie.
Raoul I" , Fun des successeurs d'Albert , confirma les privilèges de Saint-Quentin ; mais Thistoire fait foi qu'il exigea pour cela une forte somme. Ces privilèges ainsi achetés reçurent la sanction royale après la réunion du Vermandois à la Couronne. Une charte de Philippe -Auguste , à la date de 1195, confirma toutes les coutumes dont les bourgeois de Saint-QuerUin avaient joui du temps des comtes de Vemumdois '.
Le pouvoir municipal de cette cité fut d'abord dévolu à deux corps distincts : onze jurés et le maîeur formaient le premier ; le second se composait de douze échevins. Le maîeur et les onze jurés connaissaient
' SOMMÂIEB DES rRIIICIPÂLES DISPOSITIONS DE LA CHÂATB COMMU- NALE DE SAINT-QUKNTI N.
Les hommes de la commune seront libres de leurs personnes et de leurs biens. Le roi ne pourra rien exiger d'eux que par le jugement des écbevins. Ils seront exempts de main-morte.
Si le roi cite en jugement la commune, il la fera juger par les hommes libres, les nobles et le clergé de Saint-Quentin. Si celui qui est condamné refuse de se soumettre à la décision qui sera prise , il pourra en appeler par le duel dans la ville de Saint-Quentin.
Le roi ni ses sergents ne peuvent citer par gages un homme de la commune. Le roi peut faire mettre les fers aux pieds d'un homme qui a forfait, mais il ne peut le faire lier autrement , ni le faire conduire hors de la ville , ni le forcer à nourrir ses gardes.
Tout bourgeois pourra être cité en justice , à toute heure du jour, partout où il sera rencontré , soit dans un jardin , soit en chambre ou ailleurs ; mais il ne pourra être cité de nuit.
Les Yoitures à deux roues non ferrées paieront une obole ; à quatre roues non ferrées un denier ; le double pour les voitures ferrées. On emploiera le produit à faire une chaussée.
Les sergents de la ville et les gardes des portes ne doivent répondre en matière civile que devant le maire et les jurés ; les domestiques des ecclésiastiques seront justiciables du doyen du clergé.
seuls de ce qui avait trait au patrimoine de la ville et aux franchises des habitants ; à Tentretien des murailles , des portes et des ponts ; à la garde de la cité et aux actions civiles intentées aux bourgeois.
Les échevins reconnaissaient l'autorité d'un châtelain appelé quelquefois vicomte dans les vieilles chartes. Jusqu'à la réunion du Vermandois , cet échevinagc constitua la justice particulière du comte. Plus tard un prévôt royal remplaça le châtelain, et le roi nomma les échevins ; leur autorité s'étendit sur les saisies et les amortissements 9 les poids 9 le mesurage et la
Le boargeoU de la commone sommé par le roi sera jugé dans Saint-Quentin par les échefins.
Tout homme de la commune qui, au son de la cloche, voudra se rendre h l'assemblée de la Tille pourra y Tenir et s'en retourner librement.
La commune prendra les armes toutes les fois qu'elle en sera sommée par le roi ; et ceux qui seront armés ne pourront être poursuivis en justice après le jour de la sommation.
Le maire et les jurés pourront fortifier la Tille sur le terrain de qui que ce soit.
Les boulangers ne feront du pain qu'à une obole. Les hommes de la ville pourront moudre et cuire leur pain où ils voudront.
Le roi ne pourra changer la monnaie sans le consentement du maire et des jurés. Mais il sera libre d'en frapper du même poids.
Chacun peut établir son étal au marché en payant les droits requis et pourvu qu'il n'obstrue point l'issue des maisons habitées.
Le bourgeois peut sans forfaiture demeurer hors de la ville depuis la Purification jusqu'à la fin d'avril , et depuis la Saint-Jean jusqu'à la Saint-Martin.
Si le maire , les jurés et la commune ordonnent une levée de deniers pour les besoins de la ville , ils la pourront faire sur toutes les possessions des bourgeois , en terres ou en argent , et sar tons tes profits pécuniaires perçus dans Saint-Quentin.
Tout ce qui précède n'est concédé que sous la réserve expresse du droit du roi et de son honnenr ; des droits de ses hommes libres ; de ceux de l'église de Saint- Qnentin et des antres églises.
A Compiègne, l'an de l'incarnation du Verbe 1495.
taxe des principales denrées. Divers cas de justice criminelle leur furent aussi réservés. On comprend , toutefois, que de nombreux conflits durent s'établir entre le maïeur et les jurés 9 le prévôt et Féchevinage ; et le mal devint tel qu'en 1352 le roi Jean se détermina à réunir les deux juridictions. Jusqu'à leur suppression , les échevins s'assemblèrent dans l'hôtel des comtes de Vermandois appelé Maison de la Monnaie. Un antique usage voulait qu'un repas fût offert chaque année à l'échevinage par le châtelain. Nous emprunterons aux mémoires de CoUiette la description des préparatifs de ce repas et des mets dont il se composait.
(( Dès que le festin a été fixé et annoncé au chà- )> telain, huit jours avant sa célébration par les éche- )) vins 9 ils s'assemblent dans une salle tendue de ta- » pisseries; leur table doit être couverte de même » étoffe et de trois nappes 9 et leurs bancs garnis de » paillotg, \ssis en un même rang , ils sont servis » par deux clercs de la ville ( le procureur et le gref- )) fier aux causes ) portans serviettes blanches sur l'épaule n et un chapeau ou couronne de fleurs. A la première » entrée , on sert un grand potage , bon pain , bon » vin ; succèdent à ce mets poulets bouillis aux pois )) et pâtés de poulets encore ; ensuite vient un oison )> pour deux échevins. Après ce service, on distribue » de la carpe et du brochet par quartier sur des » tranches de pain avec du verteille ou verjus d'oseille. » Le châtelain obligé de fournir ce repas aux dépens
» du domaine ne pourrait pas en imposer aux con- )> vives sur la qualité de ces poissons ; il doit les » montrer vifs, la veille de la fête, à deux échevins » ou à deux députés par eux à Teffet de les visiter. » On apporte ensuite bœuf salé et moutarde ; chaque )) couple d'échevin a son plat. La viande rôtie qui » suit est au choix du châtelain. On lève la première 1) nappe et Ton sert alors une tarterelle à chaque éche- '> vin et des cerises , car Ton fait toujours tomber le » temps de ce repas en été et , ordinairement , au )» mardi le plus voisin de la Saint-Bamabé. La crèn^e » que Ton ajoute à ces petits desserts est couverte » d'un large craquelin et entremêlée de fromages vieux