‹ Archives historiques et ecclésiastiques de la Picardie et de l'ArtoisChapitre 40 sur 43 · NOTIONS HISTORIQUES SUR SAINT-QUENTIN · texte numérisé non relu

NOTIONS HISTORIQUES SUR SAINT-QUENTIN

Vers l'an 300. Martyre de St- Quentin. ^Vers 351 . Fondation de l'église cathédrale

de TAngnste de Vermandols. Elle devint collégiale lorsque le siège épiscopal eut

été transféré à Noyon par St-Médard. (Voir pour cette église le V^ volume,

page 116.) — Vers 365. Établissement de l'évèché de l'Auguste de Vermandois.

— 407. Invasion des Vandales. Ils saccagent cette ville et la livrent aux flammes. — 451 . A peine relevée de ses débris l'Auguste de Vermandois est ruinée par Attila. ^ 531. St-Médard transfère le siège épiscopal dans la ville de Noyon. — Commencement du Vil* siècle. Fondation de l'abbaye de Saint' Quentin 'tn-VIsU. (1*^ volume, page 222.) — Fin du Vin<> siècle. Saint-Quentin devient la capitale du comté de Vermandois. — 848. Premier concile de Saint-Quentin. — 851. Les Normands désolent le Vermandois. Ils brûlent l'abbaye ^eSaint-Quêntin-ên-Vlêle.

— 852. Karle-le-Chauve vient k Saint-Quentin. — 853. Le chanoine Hilrade fonde un hôpital à Saint-Quentin. — 855. Rarle-le Chauve repasse à Saint-Quentin. — 857. Un parlement s'assemble dans cette ville. On y règle las conditions de la paix accordée k Lother par Karle-le-Chauve. — 858. Passage de Louis de Germanie. — 865. Karle-le-Chauve signe à Saint-Quentin un diplôme en faveur de l'abbaye de Saint-Bertin. — 874. Un nouveau parlement s'assemble à Saint-Quentin. — 883. Passage des Normands. Ils brûlent la collégiale. — 883. On fortifie Saint-Quentin dans la crainte que les Normands ne viennent à reparaître. — 896. Guerre entre Herbert l"*', comte de Vermandois , et les comtes Baudouin de Flandre et Raoul, Ceux-ci s'emparent de Saint-Quentin au détriment d'Herbert l^, — 896. Herbert

et nouveaux (que Ton présente par quartier sur deux pains blancs tenant ensemble ) de grosses noix et de gâteaux secs sans être fourrés. On ôte la seconde nappe ; chaque échevin est alors versé d un grand verre d'hypocras qu'on accompagne d'une large distribution de métiers ou oublis qu'il leur est permis d'envoyer à leurs femmes, à leurs filles ou à leurs parentes. L'un des clercs servants 9 attentif aux besoins des échevins, leur demande ensuite s'ils veulent réitérer de la liqueur. Quand le repas est fini, les grâces rendues par le plus ancien échevin et par les autres ensuite , selon leur ordre de réception , on se couvre de bouquets et de couronnes ,

rentre dans cette Tîlle à l'aide des Normands. — 932. Hugues, doc de France, assiège Saint-Qnentin et s'en rend matlre. — 933. Herbert reprend la ville; elle retombe la même année au pouvoir de Hugues son compétiteur. — Vers 944. Fondation de Tabbaye de Saint-Prix aux portes de Saint-Quentin. (I'^ Tolume, page 222.) — 1045. Fondation de l'église paroissiale de Saini-Bemy. — 1047. Passage du roi de France Henri 1*^'. ^ d088 , d'autres disent d090. Fondation de l'église collégiale de Sainte-Pécinne. — 1096. Un grand nombre de prélats et de chevaliers s'assemblent k Saint-Quentin pour régler les préparatifs de la première croisade. — 1109. Hugues- le-Grand , comte de Vermandois, confirme les franchises de Saint-Quentin. — 1H5. Gonimencement de la reconstruction de la collégiale de Saint'Quêniin. — llSO.Les Templiers avaient alors un monastère à Saint-Quentin. — 1161. Établissement d'un hôpital pour les pèlerins elles hjdropiques. — 1164. Constmction de l'église paroissiale de Saint-Eloi, — 1465 , d'autres disent 1145. Fondation de la Léproêêriê dans le faubourg d*Iêle, — 1166. Un hôpital pour les pestiférés fut construit celle année-là dans le faubourg de PontoUles, — 1182. Fondation de l'église paroissiale de Saint-Thomas de Cantorbèry, — 1183. Philippe-Auguste s'empare de cette ville après la mort d'Isabelle de Vermandois. — 1195. Ce prince confirme par une charte les privilèges de Saint-Quentin. — 1200. Des manufactures de draps et de sayetteries s'établissent dans cette ville. — 1213. Désordres à Saint- Quentin k l'occasion des démêlés existants entre les clercs et le peuple. — 4214. Mort d'Eléonore de Vermandois, comtesse de Saint-Quentin. Béunion de cette ville à la Couronne de France. — 1214. Erection en paroisses des églises de <Satiil«-A#af9ii#-

» et Ton plie la dernière nappe de la table c[ui reste n couverte de sa tapisserie.»

Le maïeur et les officiers du roi étaient ordinairement conviés à ce festin ; mais ils mangeaient sur une table séparée 9 ne pouvaient être servis avant les échevins et devaient se retirer après les grâces ; car alors les échevins ordonnaient à Tun des clercs servants de procéder à la lecture des statuts qui autrefois avaient réglé Tordonnance du festin ; et si Tune de leurs prescriptions se trouvait omise 9 le châtelain restait tenu de donner un nouveau repas ; il devait de plus quelques deniers tournois à chaque échevin, pour Favoir fait assister à un festin tronqué. Vers 1290, le châtelain

rtif, Saini-J9an'Bapti9t9^ Saint-Martin , Saint- André , Saintê-Catkêrinê et Saint- JaeqtiM. Fins tard les églises de N,'D, de la Gréanee^ la Toussaint eiSaint-Piêrreau-Canal devinrent aussi paroissiales. — 1216. Un second concile s'assemble à Saint-Qaentin pour réprimer les violences exercées par Engoerrand de Coocy contre les chanoines de Laon. — Vers 1221. Fondation du couvent des Dominicains, — 1222. Etablissement des Cordsliers. — Vers 1223. Fondation du couvent des Sœmrs^ Grisss, — 1231. Troisième concile de Saint-Quentin. Le comte de Flandre est sommé, sous peine d'excommunication , de donner satisfaction au chapitre de Saint- Donatien de Bruges. — 1233. Quatrième concile. On y traite des différends existants entre l'évèque et le maire de Beauvab. — 1235. Gérard, sénéchal deVermandois, fonde un béguinage à Saint-Quentin. — 1235. Cinquième concile à Toccasion des troubles qui a£Qigeaient la ville de Reims. — 1239. Un sixième concile s'assemble k Saint-Quentin pour mettre un terme aux violences exercées sur le prévAt de l'église de Reims par les seigneurs de Rumignj. — 1257. Achèvement du chœur de l'église collégiale. — 4271. Septième concile. On y promulgue plusieurs canons pour la discipline de TËglise. — 1272. Fhilippe-le-Hardi restreint les privilèges de la ville et déclare qu'à l'avenir la connaissance des causes criminelles n'appartiendra qu'au roi. — 1297. Passage de Philippe-le-Bel et de Jeanne de Champagne.— 1303. Fondation du béguinage de la rus ds la Fosss, — 4317. Fhilippe-le-Long abolit la commune de Saint-Quentin. {Ordonnances des rois ds Francs , tome XII.) — 1322. Gharles-le-Bel la rétablit. — 1330. Fondation de l'hôpital de Saint -Nicolas, ^ 4331. Depuis 1331 jusqu'en 1415, les chapitres de la province ecclésiastique de

de Saint-Quentin ayant voulu se soustraire à ces obligations une lettre de Philippe-le-Bel , transcrite dans les cartulaires de la ville 9 maintint les prérogatives des échevins.

Les différends de Téchevinage et du chapitre royal de Saint-Quentin furent nombreux au moyen-âge. Dans Tannée 1213, Robert d'Àissonville et Oudart de Saint- Simon, chanoines de la collégiale, eurent des démêlés avec plusieurs bourgeois ; les habitants prirent parti pour ces derniers et la querelle devint si vive que des clercs furent maltraités ; on profana même les choses saintes. Eléonore , comtesse de Saint-Quentin , que ces désordres affligeaient nomma des commissaires pour in-

Beims s'assemblèrent tous les trois ans à Saint-QaeDtin. — 1334. Foodation dubègninage de la rue Susanne. — 4339. Constmction de ThApital de Lamiaiê, — 4340. Ëtabliasement de ceux du Porchet , des Loges et du Roi, — 4344. Gérard d'Esqaeheries , bourgeois de Saint-Quentin , fonde le béguinage des Flatiumds ou de Sainte- Anne. — 4346. Philippe de Valois voulant reconnaître la fidélité des habitants de Saint-Quentin augmente leurs privilèges. — 4347. Jean III , duc de Brabant , conclut à Saint-Quentin le mariage de ses trois filles avec le duc de Gueldres, les comtes de Flandre et de Luxembourg. — 4352. Fondation de ThApital du Petit- Pont, — 4365. Établissement du bailliage de Saint-Quentin. — 4443. Passage de Charles VI et d'Isabean de Bavière. — 4420. Le duc de Bourgogne, Philippe-le- Bon , maître de Saint - Quentin , y reçoit les ambassadeurs d'Henri V, roi d'Angleterre. — 4435. Traité d'Arras. Saint-Quentin est au nombre des villes cédées par Charles VU à Philippe- le-Bon. — 4456. Achèvement de la nef de la collégiale. — 4463. Louis XI rachète Saint-Qnenlin de Philippe-le-Bon. — 4465. Traité de ConOans. Saint-Quentin retourne au duc de Bourgogne. — > 4470. Les habitants reconnaissent la domination de Louis XI. — 447i. Ce prince leur accorde des privilèges. — 4473. Le connétable de Saint-Pol , révolté contre Louis XI , s'empare de Saint-Quentin. — 4475. Louis XI et Charles-le-Téméraire signent un traité de paix à Yervins. Saint-Quentin est cédé au duc. — 4477. A la mort de ce dernier, les habitants font leur soumission au roi de France. — 4477. Achèvement du portail de la collégiale. — 4486. Les états du bailliage de Yermandois s'assemblent à Saint- Quentin. —4486. Tentatives de Frédéric de Homes pour surprendre cette ville.

former contre les coupables et fit accepter leur médiation par le peuple et par le clergé. Voici la teneur de la sentence que les commissaires rendirent : — Romain , surnommé Nez^de-^Cat ^ maïeur de Saint-Quentin pendant la sédition , mérite un châtiment , car sou devoir lui commandait de réprimer le désordre ; il ne pourra plus exercer d'emploi public et devra , avant la Toussaint, se rendre à Rome pour implorer l'absolution du pape ou de son grand -pénitencier. Les jurés sont déclarés inhabiles à remplir désormais leur office, à moins que le chapitre qu'ils ont laissé outrager ne permette qu'ils soient réélus. Pierre, fils de Jean Musart, et Besart , fils de Chocart , iront comme le maïeur cher-

ses troupes sont repoussées par les habitants. «- 1503. Achèvement de la reconstruction de l'église paroissiale de Saint-Eloi au faubourg d'Isle. — 1504. Mort de Jean Lenglet, chanoine de Saint-Quentin, né dans cette ville. Il devint premiermédecin de Charles YlII. — 1507. Première rédaction de la coutume locale de Saint-Quentin. — 1509. Construction de ThAtel-de-ville. — 1530. Achèvement des fortifications de Saint-Quentin commencées pendant le règne de Louis XI. — 1536. Tentatives infructueuses du prince de Nassau pour surprendre Saint-Quentin. — 1540. Passage de François !*>' et de Charles-Quint. — 1550. Fondation du béguinage des Bonnet-Dames d'EtreiUer». — 1554. Jean Carpentier fonde celui de ynie- Choies. — 1557. Bataille de Saint-Quentin. La ville assiégée par les Espagnols et défendue par l'amiral de Coligny est prise d'assaut le 27 août. — 1659. Traité du Cateau-Cambrésis. Restitution de Saint-Quentin à la France. — 1562. Edit portant interdiction du culte calviniste dans la ville de Saint-Quentin. — 1567. Passage de Charles IX. — 1570. Fondation du béguinage de Gibercourt, — 1576. Saint-Quentin reconnaît la Ligue. — 1578. Mort de Jean Hennuyer, né à Saint-Quentin en 1497. On sait qu'étant évéque de Lisienx il refusa d'exécuter l'ordre donné par Charles IX de massacrer les protestants de son diocèse. — 1579. Armand Crommelin , de Courtrai , introduit à Saint-Quentin la fabrication des batistes et des linons. — 1586. Fondation de l'hospice de BorÊtnioal, — 1588. Les habitants reconnaissaient l'autorité royale depuis plusieurs années lorsque Balagny entreprit de s'emparer de la ville pour y rétablir le pouvoir de la Ligue. Sa tentative échoua. — 1689. Saint- Quentin garde fidélité au roi de France , malgré les intrigues des Ligueurs ; on frappe

cher leur pardon à Rome et devront rapporter la preuve qu'ils Font obtenu. Pour Texpiation du forfait dont la commune entière est solidaire , deux bourgeois feront le même voyage. Enfin, le jour de FÂssomption , le maïeur , les jurés 9 et tous ceux qui prirent part aux attentats commis , partiront du village de Rocourt , en chemise , nu-pieds 9 avec leurs caleçons seulement ( omnino ntcdi prœter braccas y et ccbmiHam et discaloeati ) ; ils entreront ainsi dans Saint - Quentin et iront faire amende-honorable à tous les clercs de la collégiale.

Robert d^Âissonville et Oudart de Saint-Simon n*étaient pas exempts de reproches ; ils furent exilés pour un an de la ville et tenus de se rendre à Rome avant

dans cette fille des quarts d'écus portant les mots : Pro Christo et Htgê, ~ 1500. Passage d'Henri IV. — 1594. Ce prince revient à Saint-Quentin. «- 1598. Désordres k l'occasion de l'établissement d'un impôt sur les toiles. — 1610. Fondation du couvent des Capucins, — 1616. Tentatives infructueuses du duc de Longueville, l'un des principaux chefs des Mécontents, pour s'emparer de Saint-Quentin. —1617. Les Mécontents parviennent à s'en rendre maîtres. Mort de Concini. Fin de la guerre civile. — 1621. Les calvinistes de Saint-Quentin sont désarmés. — 1635. Passage de Louis XIII. •— 1636. La peste désole Saint-Quentin. — 1636. Mort de Claude de Lafons, né dans cette ville , annotateur des coutumes du Yermandois et auteur d'une histoire de Saint-Quentin. — 1646. Désordres dans cette ville à l'occasion d'un nouvel impôt sur la bourgeoisie qu'on appela taxe des aisés. — 1650. Mort de l'historien Claude Hémeré , né à Saint-Quentin , auteur de VAugusta FironuM^ duorum iUustrata. — 1668. Mort du peintre Michel Dorigny, né à Saint-QQ6nlin« gendre de Simon Youet et son élève. —1670 , 1671 , 1672. Passages de Louis XIV. — 1682. établissement des FiUes de la Crois. — 1684. Fondation de la commanderie de Garend , ordre de Saint-Lazare , dans le faubourg de PontoiUes. — 1685. Mort du célèbre bénédictin dom Luc d'Achéry, auteur du Spicilige, né à Saint- Quentin en 1609. — 1685. Etablissement des FUUs de Saint- Fincênt. — 1697. Mort de Claude Bendier, né à Saint-Quentin, docteur de Sorbonne, auteur de la

la Toussaint pour se faire relever des censures qu'ils avaient encourues. Les bourgeois payèrent une amende de sept cents livres. Ce jugement, rendu à Paris dans l'église de Sainte - Geneviève - du - Mont • reçut la sanction de Philippe-Auguste ; et les maïeur, jurés et échevins restèrent tenus de prêter au chapitre, après leur élection , le serment dont la formule fut réglée ainsi qu'il suit : Nous y maîeur y jurés et échevins de la pille de Saint-Quentin y jurons ^ sur les saints évangiles posés sur cet autel y de défendre y protéger et conserver les personnes et biens des doyen y chamoines et membres de cette église. On prêtait ce serment au grand-autel de la collégiale devant le saint - sacrement et le chef de Saint-Quentin martyr.

Défens9 des principales prérogatives de la ville et de Piglise royale de Saint ' Quentin. — 17d0. Etablissement du tribunal consolaire. — 4724. Edit pour rétablissement de la navigation de la Somme de Saint-Qnentin à Amiens. — 4744. Mort de Jean Papillon , célèbre graveur sur bois, né à Saint-Quentin en 4664. — 4744. Passage de Louis XV. — 4749. Réunion au bailliage du siège de la Prévôté. — 475S. Démolition de Téglise de Tbôpital Saint-Jacques, — 4764. Mort du jésoite Gharlevoix , né k Saint-Quentin en 46S2 , célèbre par ses missions apostoliques et par ses voyages. — 4761. Etablissement de la société d*agriculture. — 4764. Naissance à Saint-Qnentin du démagogue ùi^lus Gracchus Babeuf, mort sur Téchafaud en 4797. — 4768. Lettres de noblesse accordées en vertu de Tédit de 4767 à Henri Daniel Cottin , négociant à Saint-Qnentin , pour honorer les talents dont il avait fait preuve dans les affaires commerciales. — 4772. Les habitants privés par Pédit de 4774 , sur l'érection en offices des fonctions municipales , du droit d*élire les magistrats de la ville sont rétablis dans leurs anciens privilèges par un arrêt du Conseil. — 4787. Etablissement d'une assemblée d'élection k Saint-Quentin. — 4788. Mort de Blaurice Delatour, peintre de portrait, fondateur de l'école de dessin, né à Saint-Quentin en 4703. — 4789. Mort de Louis Hordret, né k Saint-Quentin. Jurisconsulte et historien , Louis Hordret publia en 4784 V Histoire abrégée de la ville de Saint-Quentin et de ses franchises. — 4789. Réunion du bailliage de Saint- Quentin. Election des députés pour les étals-généraux.

ao4

La formation du corps de réchevinage (ut souvent modifiée depuis Tépoque oii s'accomplit la réunion des échevins et des jurés. Avant 1670, le corps - de - ville se composait de vingt-cinq officiers. Il y avait le maïeur en exercice ; le dernier maïeur, qui restait dans Féche • vinage pendant un an en qualité de premier - échevin; onze jurés; douze échevins. Le 10 novembre 1670, Louis XIV réduisit le corps -de -ville à un maïeur et six échevins.

Le maïeur avait le commandement de la ville en Tabsence du gouverneur ; dépositaire des clefs de la cité, il donnait ses ordres à huit sergents massiers et se faisait suivre d*un sergent hallebardier. Un brevet de 1617 lui accorda le droit d*avoir Tépée ; en 1746 , un second brevet régla c[u'il porterait , pendant le temps de sa charge, une croix frappée en or émaillé, ornée de fleurs de lis aux quatre angles et à deux faces; Tune ayant Tempreinte des armes de la ville et pour légende Ludovioo regnanti 1746, Tautre une épée, une clef en sautoir avec ces mots : Fidelitatis prcBmium. Cette croix fut suspendue à un ruban couleur de feu broché d'un liseré d'or.

Saint-Quentin mérita , à toutes les époques de l'histoire , la légende Fidelitatis prœmium ; mais son respect pour l'autorité royale et le courage de ses habitants, lorsque l'ennemi assiégeait leurs remparts , se révélèrent surtout pendant le siège de 1 557 , l'un des plus célèbres de nos annales. On sait qu'après la funeste bataille de Saint- Laurent ^ plus communément appelée

bataille de Saint-Quentin^ les Espagnols prirent la ville et la dëyastèrent. Ce que les habitants avaient déployé de dévouement et d'intrépidité pour sauver leur cité de la domination étrangère peut difficilement se retracer ; et c'est pour consacrer le souvenir de leurs héroïques efforts que le poëte Santeuil fit ces beaux vers qui furent gravés en lettres d'or au frontispice de l'hôtel-de-ville :

BELLAT&IX, I, &OMa! TUOS KUHC OBJICE MU&OS:

PLUS DEVERSA M À H U , PLUS NOSTEO EMC TINCTA CEUORR MœiIA LAUDIS HABEHT : FUAIT HOSTIS ET IMMIRET URBI.

C1TI8 MUEUs eeat; satis est SIBI CIVICA TIETUS.

UEBS MEVOE AUOACIS fACTI DAT M A E 11 O EK IH ISTO PEO PATEIA CGBSOS JITREEUM YITEEE CITES.

La Ligue exerça peu d'action à Saint- Quentin et les habitants restèrent fidèles à Henri III dans un temps oii Soissons, Laon et beaucoup de villes picardes étaient au pouvoir des Ligueurs. Henri IV vint a Saint-Quentin en 1590 et sa présence y fut l'objet de l'allégresse publique. Il logea dans une maison de la Grand' Place au coin de la rue de la Poterie. On dit que plusieurs bourgeois lui ouvrirent leurs bourses et que le prince mit leur bonne volonté a profit car son trésor était épuisé. Le corps - de - ville lui offrit un repas et lorsqu'on voulut 9 selon Tusage, goûter les vins et les viandes placés devant lui, le prince s'y opposa et dit : Je ffuis avec mes amis ; je nai rien à appréhender d*eux. Henri IV répétait souvent que malgré ses ennemis , il étoit asstiré d'être toujours le roi de sa

chère ville de Saint- Quentin, Lorsqu'il j reyint en 1594, on Tentendit déclarer sur la place de rhôtelde-ville qnil n entendait pas qu'il y eût jamais de citadelle en cette capitale. — Je n'en veux pas d'autre^ ajouta- t-il, qi^ le ccetir de ses habitants.

L'histoire des corporations de métiers est encore à faire ; et celui qui entreprendrait de l'écrire ne tarderait pas à reconnaître combien fut grande Tinfluence de ces corporations sur les destinées des villes du moyenâge. L'échevinage puisa long- temps sa principale force dans ses fréquents rapports avec les chefs des confréries. L*action réelle q[ue ces chefs exerçaient sur les gens de métier vint souvent en aide aux pouvoirs publics dans les temps de désordres; lorsque la France fut livrée à Tambition des grands vassaux, lorsque les villes, cherchant Vautorité royale et ne la trouvant plus nulle part, se donnaient aux Armagnacs ou à la maison de Bourgogne, que de fois ne vit-on pas les

corporations dicter les résolutions de Téchevinage !

L'organisation des confréries de métiers pourrait offrir plus d'un rapprochement avec l'institution communale. On retrouve dans leurs anciens statuts ce même esprit d'association, ce même instinct de protection mutuelle, cet impérieux besoin d'égalité dont la commune fut le plus puissant symbole. Les membres d'une corporation de métier devaient en toute occasion se prêter assistance ; ils juraient de respecter l'autorité du maïeur ou maitre de métier qu'ils avaient

élu. Des banquets les réunissaient à des époques déterminées; la dépense était acquittée à frais communs. Lorsqu'un membre de la corporation mourait , ses frères se réunissaient pour accompagner son cercueil et mêler leurs prières à celles de Féglise. Ainsi mêmes plaisirs 9 mêmes douleurs , mêmes travaux, mêmes destinées , mêmes affections ; et souvent mêmes haines , mêmes vengeances !

Chaque corporation avait sa bannière et son saint patron. Le maïeur était tenu, la veille de la fête patronale , de porter Timage du saint chez tous les membres de la confrérie; ils se rendaient le lendemain à Féglise avec leur bannière. L'élection du maïeur 8*accomplissait ordinairement ce jour-là. Les corporations étaient aussi dans Fusagc d'assister aux processions du saint -sacrement et figuraient dans les solennités dont la venue des princes était souvent l'occasion*.

* CORPOlATIOnS DE MÉTIRB8 DE LA VILLE DR S A 1 If T • QU EM T I N

AU XYll* SIÈCLE.

Apoticaires ; fête patronale : St-Aîarcoul. — Bonnetiers. — Bouchers ; Ut Présentation de la f^iergt. — Boulangers et Tourtonniers. — Brasseurs. — Charrons ; Ste -Catherine, — Charcutiers ; St-Antoine, — Chapeliers ; Ste-Barbe. — Charbonniers. — Charpentiers; St-Joseph. — Chaudronniers; St-Eloi. — Cordiers; la Conversion de St-PauU — Cordonniers ;iS*-Cr^«ji. — Corroyeurs; St-Crèpin. — Couvreurs d'ardoises , de tuiles et de plomb ; St-Eloi. — Drapiers et Ghaussetiers; Ste-Madeleine. — Gohorliers j •S/-£'/ot. — Maçons et Tailleurs de pierre. — Mandeliers ; St- Antoine. — Marchands de pain d'épices ; St-Qaude. — Mégissiers et Gantiers. — Menuisiers; Ste-Anne. — Merciers, Ciriers et Epiciers; St-Marcoul. — Meuniers; St-yictor. — Mulquiniers. — Orfèvres. — Pâtissiers et Cuisiniers; St-Honoré. — Potiers d'éUin ; St-Eloi. — Savetiers ; St-Crèpin. — Selliers ; St- Eloi. — Serruriers ; St-Eloi. — Taillandiers ; St-Eloi. -^ Tailleors d'habito ; St- Boniface. — Tannenrs et Fourreurs. — Tisserands. — Tuiliers - Lingers ; St^ Mnrcoul. — Tonneliers ; Notre-Dame. — Tourneurs. — Vitriers; St-Lvc,

Les anciens statuts des corps de métiers de Saint- Quentin méritent d'être étudiés. Ils ont été recueillis dans un manuscrit de 1696 qui peut nous consoler, sous ce rapport, du vide que les désordres révolutionnaires ont produit dans les archives de Thôtel-de-ville ' . Chaque feuillet de ce manuscrit offre une sage prescription ou un détail de mœurs d*autant plus précieux qu'il s'applique à une portion du peuple dont l'histoire ne nous parle jamais. La rédaction de ces statuts est naïve et rappelle d'autres temps. <c Vous jurez » Dieu votre créateur, dit le maïeur des pâtissiers au » récipiendaire, et sur la part que vous prétendez en )) paradis, que vous n'habillerez aucune viande pour » entrer en corps humain que premier ne voulassiez » manger vous-mêmes. » Une amende sévère est imposée aux ciriers et droguistes cpii vendraient des dragées où le suore seroit meslé d* amidon; la confrérie du pain d'épices , dont St-Claude est le patron , est tenue d'employer « bonne paste, bien pannissée, » bien cuite , composée de bon miel et de bonnes )) espices. » Les règlements de la boulangerie et des tourtonniers sont des modèles de sagesse et de prévoyance. On exigeait le droit de bourgeoisie pour l'admission dans la corporation des boulangers. <( Personne,

*■ Nous devons la commanication de ce manuscrit h Tobligeance de M. Le Serurier, conseiller à b cour royale d'Amiens et membre de la Société dês Jntvijvairos dt Picardie. M. Le Serurier a mis è notre disposition avec un empressement dont nous lui savons gré les nombreux imprimés ou manuscrits sur l'histoire locale que sa bibliothèque renferme.

» disent les statuts, ne sera maitre-boulanger qu'il ne » soit apparu de ses bonnes rie et mœurs et qu'il a » été receu bourgeois de Saint-Quentin. Il sera tenu » de faire chef-d'œuvre et à cette fin façonner trois » sortes de pains d'une même cuite scavoir : pain » blanc, pain molet et pain bis. »

Nous terminerons ces aperçus par la curieuse formule du serment imposé aux membres de la corporation des Apotiquaires de la ville de Saint-Quentin. — ce Je prends à tesmoins , devant tout le monde , le » créateur de l'univers, un seul Dieu en trois per- » sonnes^ que j 'observera j toutte ma vie ce qui s'en » suit : — Je vivray et mourraj dans la foy catho- » lique , apostolique et romaine. — J'honoreraj mes » parens et messieurs mes magistrats. — J'obéiray aux » médecins et porteray honneur à mes anciens. — )> Je feray tous mes efforts pour embellir ma profession. » — Je n'en divulgueray jamais les secrets. — Je ne » donneray jamais de poison et je ne souffriray pas » qu'on en donne même à mon ennemy. — Je ne î) touche ray aucunes parties secrettes que pour y appli- )) quer des remèdes en cas de nécessité. — Je désap- » prouveray toujours la méchante et dangereuse nié- » thode des empiries et charlatans. — Je ne diray ja- » mais d'injures à mes anciens ni à tout autre. — » Ou ne me verra pas dans les maladies aiguës donner » aucun purgatif sans l'avis du médecin. — Je re- » fuseray tout remède pour provoquer l'avortement. » — L'espérance du gain ne me fera rien faire d'im-

> prudent. — J'otteraj de ma boutique les médica-

> mens mal conditionnez. — En gardant et obserrant ■ etaclement touttes ces choses, je prie le bon Dieu

> de me secourir dans le cours de ma vie. Ainsi

> 90it-il! »

AKS l'année 1127^ Guillaume Cliton, comte de Flandre , confirma par une charte les ^ privilèges dont les habitants de Saînt-Omer I étaient alors en possession. Mais l'histoire ■ nous apprend que Guillaume ne tarda pas à mettre en oubli l'engagement qu'il avait contracté , puisque dès le commencement de 1128 les bourgeois étaient en insurrection et réclamaient le maintien de leur charte que le comte venait de violer. Celui-ci assiégea et prit Saint-Omer ; et comme la Force faisait alors le seul droit, les bourgeois se soumirent et, de plus, Turent tenus de payer au comte de Flandre une

amende de six cents marcs d'ai^nt. Thierry d* Alsace, successeur de Guillaume Qiton, répara de son mieux les maux que les bourgeois de Saint-Omer avaient endurés; il confirma leurs anciens privilèges; l'institution communale de Saint-Omer se régularisa ; les habitants eurent leur halle échevinale/ La charte du comte Thierry reçut la confirmation de Philippe d'Alsace en 1164'.

Les annales de Saint-Omer ont consacré le souvenir du passage de St-Louis en 1231. Ce prince et Blanche de Castille, sa mère, logèrent dans Fabbaye de Saint-

^ ÂHCIENRES LOIS DE SlINT-OMEB.

Le comte protégera les bourgeois et établira des échevins pour rendre la justice.

Si un bourgeois de Saint-Omer doit de Targent à quelqu*un , et s*n ne paie pas au jour marqué , après avoir reconnu la dette , on pourra Tarrèter lui et ses biens ; mais sil ne f eut pas payer, on pourra le retenir prisonnier jusqu'au paiement.

Les ecclésiastiques de la ville de Saint-Omer j seront jugés par Tévéque, Tarchidiacre ou le curé , conjointement avec les échevins, excepté pour troiscas, savoir : pour délit commis dans Téglise ou dans son âtre ; pour lésion de clerc et pour viol de femme. Mais s'il j a d'autres querelles , elles seront terminées par les juges et par le prévôt, ainsi qu'il a été ordonné en présence du comte Charles et de Tévèque Jean.

Le comte leur a accordé la même liberté que ses prédécesseurs de ne sortir de la ville pour servir à la guerre que lorsque les ennemis seront entrés dans la Flandre.

Tous ceux qui habiteront la ville et le district seront libres de tout, tant au port de Gravelines qae dans les terres nouvellement prises sur la mer {seewerp.)

Ils paieront à Bapaume le même tonlieu que les habitants d'Arras, et h Gand le même que les bourgeois de Bruges.

Ceux qui commerceront dans la terre de l'Empereur ne seront pas obligés de payer en Flandre le droit de hanse.

Les habitants ne pourront être jugés que par leurs échevins sur les demandes que Ton formera contre eux en justice } et si le duel est ordonné , ils ne seront obligés de se battre que dans leur ville.

Les habitants ne paieront point de capilation ni de droit d'avouerie.

Berlin. St-Louis revint à Saint-Omer en 1254 et y repassa en 1259. Marguerite de Provence raccompagnait. Le roi Jean vint aussi à Saint-Omer après sa captivité; il fut reçu' avec acclamations. Les habitants avaient fourni deux otages pour lui et s'étaient imposés de grands sacrifices; aussi le prince reconnaissant eiempta-t-il la ville d'impôts « pour sa bonne amour » et les fortes sommes qu'elle avoit baillées lors de » sa délivrance. »

Les habitants de Saint-Omer vouèrent plus tard aux maisons de Bourgogne et d'Espagne , dont ils recon-

PersoDoe ne pourra chaoger leur commune ; iU auront les meilleures lois qu'il y ait en Flandre et ils seront exempts de toutes tailles et impôts.

Ceux qui garderont la Tille pendant la nuit , dans le cours d'une année ne pourront exiger des habitants d'autres droits qu'un pain et deux deniers à la natif ité de Notre-Seigneur.

Ceux qui habiteront Nieurlet auront la liberté de venir à Saint-Omer avec leurs effets quand ils le voudront.

Le comte accorde aux habitants le droit de pâture dans le bois appelé Lo , dans les bruyères et marais qui sont près de la ville et dans VHongrecoUre^ ainsi que du temps de Robert-le-Barbu (le Frison.)

Ceux qui habiteront dans le territoire de l'avoué de Saint-Berlin seront exempts de toute imposition en donnant par an douze deniers à la fête de Saint-Michel ^ douze deniers de droit sur le pain et autant sur la bière.

Le comte accorde à Guillaume Legros, son homme et son bourgeois, la seigneurie des maisons qu'il possède dans l'étendue de la juridiction de Saint-Bertin.

Si un étranger insulte un bourgeois de Saint-Omer et qu'étant appelé par le châtelain , sa femme ou son sénéchal , il ne vienne pas en faire satisfaction , on pourra réparer l'injure par la vengeance ; et si en se vengeant on brûle une maison , ou si l'on blesse quelqu'un , celui qui l'aura fait ne courra aucun danger. Si celui qui a commis l'injure se présente en justice , il sera jugé selon la coutume de la ville et il perdra œil pour œil , dent pour dent et tète pour tète.

SI quelqu^un veut inquiéter les bourgeois de Saint-Omer , au si^et de la mort d*£ustache de Stainfort , il sera regardé comme coupable de la mort du comte

Durent la domination, la même fidélité qu'ils avaient gardée a nos rois. Philippe-le-Bon , touché de leur dévouement, vint souvent à Saint-Omer; il y tint trois chapitres de la Toison-d'Or. Les historiens contemporains et les archives locales fournissent les détails des fêtes brillantes dont l'entrée de Philippe II fut l'occasion en 1549. Charles -Quint raccompagnait; car il avait voulu présenter lui-même aux Artésiens son héritier bien-aimé qu'il venait de créer comte souverain d'Artois. On comprendra tout ce que Saint-Omer pouvait déployer de magnificence dans ces solennités par

Charles ( Charles dit leBon^ comte de Flandre, assassinée Bruges le 2 mars 1127) parce que ce qui a été fait a été fait pro fideliiate tneo , et que le comte a promis de réconcilier les bourgeois aTcc les parents d*Eustache.

Les habitants cèdent au comte le droit qu^ils avaient de faire battre moonaie.

Le comte leur remet rimi)ét appelé theloneum , moyennant une rederance de cent sols.

Si un habitant étant en Flandre néglige pendant un an de demander à son cohéritier le partage d'une succession qui lui est échue, celui-ci la gardera en entier ; il en sera de même si , n^étant pas en Flandre , il néglige de la demander un an après son retour.

Si , depuis son retour , il demande partage et que son cohéritier prétende lui avoir donné sa portion , 8*il prouve par le témoignage de cinq échevins que cela est faux , ce cohéritier lui rendra ce qui doit lui revenir.

SUl ne fait pas cette preuve et que le cohéritier prouve par le témoignage de quatre officiers publics qu'il lui a donné sa portion , ce cohéritier ne pourra plus être inquiété à ce sujet.

Lorsqu'un mineur devient héritier , son père ou sa mère , son tuteur ou son curateur devra, dans l'année de la mort de celui auquel il succède, demander aux échevins les effets de la succession qui appartiennent à l'héritier ; si les échevins le croient bon et sûr , ils pourront les lui donner sinon les garder pour être remis au mineur à sa majorité.

Le bien d'un mari ou d'une femme morts sans enfants reviendra à leur père et mère s'ils vivent encore ; sinon aux plus proches parents de la femme on du mari.

ai5

le récit des fêtes dont furent roccasion le sixième chapitre de la Toison-d'Or et le mariage de Marie de Clèves, nièce de Philippe -le -Bon, avec Charles d*Orléans, père de Louis XII et fils de Louis d'Orléans assassiné dans les rues de Paris par Tordre de Jean-sans-Peur.

Dans les derniers jours d'octobre 1440, les magistrats de Saint-Omer s'assemblèrent pour régler les préparatifs de la réception de Charles d'Orléans qui revenait d'Angleterre après une captivité de vingt-cinq ans. Fait prisonnier à Azincourt, en cherchant à rallier les troupes, et pleurant sa patrie qu'il croyait ne plus revoir, Charles avait souvent gémi sur les malheurs de la France, déchirée par la faction des Armagnacs, livrée à la fois à l'ambition de la maison de Bourgogne et à la haine des Anglais. Plus d'une fois le roi Charles VU avait fait bien des efforts pour obtenir la délivrance de Charles d'Orléans; mais l'Angleterre, enhardie par ses victoires, demandait pour rançon la Normandie et le duché de Guienne affranchis de toute suzeraineté. Le roi de France ne pouvait attacher son nom à un pacte déshonorant et Charles était resté captif ! Le mauvais état de leurs finances rendit enfin les Anglais plus traitables, et la rançon fut réglée à cent vingt mille écus d'or. On dit que tous les princes français se rendirent cautions de la somme; Philippe- le- Bon donna trente mille écus qu'il avait garantis pour sa part. Les historiens ajoutent que ce dernier put seul conduire à. bonne fin la négociation.

Ce qui est hors de doute c*est qu'elle servit ses desseins et que Charles promit d'épouser Marie de Clères, nièce de Philippe-le-Bon , qui vivait alors a la cour de ce prince auprès de la duchesse de Bourgogne. Charles débarqua a Calais suivi de quelques gentilshommes anglais ; il se rendit a Gravelines où la duchesse le reçut; Philippe-le-Bon ne tarda pas à les joindre et ils firent ensemble leur entrée dans Saint- Omer.

La venue d'un prince captif pendant vingt-cinq ans et dont rinfortune rappelait un malheur public , puisqu'elle datait d'Âzincourt , ne pouvait manquer d'être en France l'objet de la commune allégresse. Aussi princes et chevaliers, bourgeois et gens de métier

NOTIONS HISTORIQUES SUR SAINT-OMER, Vers le milieu da VII* siècle. Adroald , l'un des principaux officiers de Khlovigh II , bâtit le donjon de Sithieu. — 64S. Fondation de Tabbaje de Saint-Btrtin. (Voir pour ce monastère le P*" volume, page 209.)— 667. Mort de St-Omer.— 698. Mort de St-Bertin. — Vers 700. « Saint-Martin (S. Martini in Insula) troi- » sième cure de la ville , fut bâti vers 700 par Rigobert, abbé de Sithieu, à la sol- 9 licitation de St-Berlin qui y fut enterré. » {Manuscrits de M, de HatUeclocque.)

— Vers 795. Karle-le-Grand vient à Sithieu et visite Tabbaye de Saint-Bertin. — S45. Saint-Omer brûlé par les Normands. — 851. Second passage des Normands.

— 852-853. Les reliques des églises de Saint-Omer sont transportées à Laon. — 861. Troisième paasage des Normands. — 881. Les Normands reviennent à Saint- Omer et achèvent de ruiner la ville. — 891. Cinquième passage des Normands. L'abbaje de Saint-Bertin avait été fortifiée par Tabbé Foulques et fut sauvée de leurs profanations. — 902. La ville se relève de ses ruines. Baudouin- le-Chauve , comte de Flandre, fait bâtir une enceinte de murailles pour la protéger. — 4031. Incendie de Saint-Omer. — 1042. Erection de la paroisse du Saint-Sépulcre, Comme Sainte- Aldegonde et Sainte- Marguerite , Téglise du Saint-Sépulcre fut surmontée d'une belle tour carrée et d'une flèche en pierres blanches. — 1053. Le comte Bandouin-le-Pieux fortifie SaintrOmer et y fait construire un château. (Voir la page 34 de ce volume.) — 1070. Erection des paroisses de Sainle-Marffueriie et de

an

s'étaient-ils rendus à Saint-Omer de tous les points du royaume. <( Chacun jour on yenoit pour le veoir des » marches de France comme des pays de Picardie. » Saint-Omer avait pris un air de fête. Les riches tapisseries d'Arras s'étalaient sur ses murs ; on avait dressé dans les carrefours des théâtres oii de nombreux personnages célébraient par des allégories, comme on en fesait alors, Tunion étroite des maisons de Bourgogne et d'Orléans. Bientôt le cortège parut. On y remarquait Philippe-le-Bon ; la duchesse de Bourgogne , étincelante de pierreries, suivie des femmes de sa cour magnifiquement vêtues, portant des robes et chaperons enrichis de perles et de broderies; Charles d'Orléans et Dunois , son frère ; le comte de Vendôme ;

Saint-Martin. — 4074 . Le roi de France, Philippe I*S s'empare de Saint-Omer au détriment du comte de Flandre, Bobert-le-Frison. — 4084. Incendie de Saint- Omer. — 4099. Un concile s'assemble à Saint-Omer. Manassés , arche? èque de Reims , et ses suffragants viennent y prendre part. — 1449. Incendie de Saint- Omer. — 1127. Guillaume Cliton , comie de Flandre , concède aux habitants une charte communale. — 1128. Guillaume porte atteinte aux privilèges consacrés par cette charte ; les habitants méconnaissent son autorité ; le comte assiège la ville et exige d'elle une forte amende. — 1128. Thierry d'Alsace, successeur de Guillaume Cliton, confirme les privilèges de la commune. — 1151. Incendie de Saint-Omer. Les flammes détruisent un grand nombre d'habitations, les églises de Saint-Bertin , de Saint-Denis , de Saint-Martin et de Saint-Jean. Elles furent plus tard rétablies. — 1453. Mort de l'illustre Suger, abbé de Saint-Denis et ministre de Louis- le-Gros. Il était né à Saint-Omer en 1082. — 1164. Philippe d'Alsace , comte de Flandre , confirme la commune deSainl-Omer. — 1191. Le congrès d'Arras adjuge la ville de Saint-Omer à Louis, fils de Philippe- Auguste. — 1198. Baudouin IX, comte de Flandre, assiège Saint-Omer et s'en rend maître. — 1211. Confirmation des privilèges de Saint-Omer par Louis , fils de Philippe- Auguste. — 1230. Le pape Grégoire IX excommunie les habitants qui refusaient de rendre des marais et des eaux appartenant à l'abbaye de Saint-Bertin. — 1231. St- Louis vient à Saint-Omer et confirme ses privilèges. Blanche de Castille accompagne le roi. — 1233. Fondation du couvent

Tarchcvéque de Reims, grand -chancelier de France; Tarchevéque de Narbonne; les évêques de Thérouanne et de Toumay ; le chancelier de Bourgogne ; lord Comwallis; les ambassadeurs de France; les chevaliers de la Toison-d'Or et plusieurs gentilshommes anglais. Puis venaient réchevinage; les Yierskaires; le maïeur et les échevins des Francs- Alleux ; les corps de métiers avec leurs bannières; les Récollets, les Chartreux, les frères du Tiers-Ordre de Saint-François et les Dominicains. La marche était fermée par le roi d'armes de la Toison-d'Or , les hérauts et trompettes , et par de nombreux archers portant la riche livrée de la maison de Bourgogne. Le peuple, groupé sur les places publiques, échelonné aux bords de TAa, suspendu aux

des BécoUets, — 4247. Lettres de Robert P'*, comte d^Artois, pour la cUVliirede la Grande-Mer appelée plus tard le Trou de la Mer ou la Maire, — 4254. St-Loais revient à Saint-Omer. — 1259. Ce prince accompagne à Saint-Omer Henri lU , roi d*Angleterre. — 1269. Robert II , comte d'Artois , établit une foire à Saint- Orner. — 1269. Fondation de Thôpital Saint-Louis, — 1280. Constraction de la chapelle de Notre- Dame-des- Miracles. — 1291. « Le comte de Flandre et les Gan- » tois s*en rapportent au jugement des Audomariens.» {Manuscrits de M. de Htm^ teeloc<iuê,) — 129S. Jean de Sainte-Aldegonde fonde les Chartreux et fait centtruire Téglise paroissiale de Saint-Quentin. — 1302. Philippe- le- Bel confirme les privilèges de Saint-Omer. — 1302. Simon Hanebart, échcvin de Bergnes, est roué vif à Saint-Omer. Il voulait livrer la Tille au comte de Flandre. — 1306. « Saint-Omer abat les portes et les ponts de sa cRadelle et détruit l'hôtel de Mail haut, comtesse d'Artois. » {Manuscrits de M. de Hauieclocque.) — 1322. Fondation du couvent des Dominicains. — 1324. Fondation du couvent des hospitalières du Soleil. — 1326. Reconstruction de l'église de Saint^Bertin. — 1338. Les communiers de Saint-Omer vont au siège de St- Valéry. — 1340. Vaines tentatives des Anglais pour prendre Saint-Omer. — 1347. a Les cardinaux médiateurs entre » les rois de France et d'Angleterre se retirent à Saint-Omer ainsi que les pauvres w Calaisiens chassés par Edouard. » {Manuscrits de M. de Hauieclocque.) — 1355. Le roi Jean vient h Saint-Omer. — 4360. Saint-Omer envoie deux bourgeois en

fenêtres et aux arceaux des édifices ou couronnant leur sommet, montrait une vive allégresse et criait Noël! Philippe -le -Bon, Charles d'Orléans, Dunois, son frère; les prélats et les principaux seigneurs allèrent loger dans Tabbaye de Saint-Bertin. Jehan de Gribonèle qui gouvernait alors ce monastère avait déployé beaucoup de magnificence pour recevoir dignement une aussi noble compagnie. Les beaux tapis de Flandres, les bahuts sculptés, les dressoirs surchargés de riche vaisselle, ce que les Hollandais exécutaient alors de plus somptueux pour les ameublements des princes, tout ce que les peintres flamands savaient placer de choses ingénieuses sur les panneaux, sur Tencadrement des portes ou aux lambris des plafonds, on le pou-

ôtages pour le roi Jean. — 1360. Passage de ce prince. Il assiste à nn tournoi. — 1382. Loais de Mâle, comte d'Artois, meurt à Saint-Omer. — 1383. Passage de Charles VI. (Froissart.) — 1395. Le duc de Bourgogne , Philippe-le-Hardi, YÎent à Sainl-Omer. — 1396. Charles VI repasse à Saint-Omer. — 1402. Sainl-Omer donne cent nobles pour le mariage d'Antoine de Bourgogne. — 1406. Les Anglais brûlent les faubourgs. « Ils saccagent les Dominiqnains qui se racheptent en donnant le tin » que le duc de Bourgogne leur avoit envoyé. » {Manuscrits de M, ds Havteeloeqne,) — 1408. Fondation de Thôpital Saint-Jean. — 1413. Bulle du Saint-Siège pour les Frères du Tiers-Ordre de Saint-Omer.— 1433. Philippe-le-Bonetledoc de Bedfort viennent à Saint-Omer. — 1434. Fondation de la chapelle de Saint-Eloi dans le cimetière de Sainte^Aldegonde, — 1435. Ordonnance de Philippe-le-Bon pour la mairie des Francs- AVUms, — 1439. Mariage k Saint-Omer de Charles-le- Téméraire et de Catherine de France. — 1440. Philippe-le-Bon tient un chapitre de la Toison-d'Or à Saint-Omer. ( Voir le texte de ce chapitre et le I*' volume, page 210.) — 1441. Achèvement de la reconstruction de la cathédrale. — 1450. Bannissement de Jean de Wissocq qui avait tué le maître des hautes-œuvres. — 1459. Louis XI , encore dauphin , vient à Saint-Omer. — 1461. Nouveau chapitre de la Toison-d'Or. (Voir les détails au I"" volume , page 211.) — 1463. Rédaction des statuts de la Maladrerie, — 1467. Sédition à Saint-Omer pour secouer le joug desBoorguignons. Charle»-le-Téméraire fait exécuter les priucipaax coupables.

yait admirer dans les salles spacieuses oîi la cour de Philippe-le-Bon était d'ordinaire reçue. Jehan de Gribonèle avait pris soin de mêler aux armoiries du monastère les armes de la maison de Boui^ogne; leurs ccussons entrelacés parsemaient les boiseries et les riches tentures.

Les fiançailles du duc d'Orléans et de mademoiselle de Clèyes furent célébrées le 6 novembre dans le chœur de Téglise de Saint-Bertin. On apporta le traité d'Arras ayant la cérémonie. « Là fut leu hault et » entendiblement , premier en latin puis en françois, » par maistre Jacques Trançon , archediacre de Bruxelles » en Brabant, présens les deux ducs, les archeyes- » ques et eyesques là assistans avec grand nombre de

— 446d. Conférences de Charles-le-Téméraire , de Maximilien d'Autriche et da comte de Warwick. — i47i. Ctiapitre de la Toison-d*Or. — d474. On fondit cette année - là la cloche Julienne placée dans la grosse tour de la cathédrale. — d475. — Trois cents frères mineurs se réunissent pendant les fêtes de la Pentecôte dans le couvent des Récollets. — 4477. L^armée de Louis XI menace Saint-Omer. Les habitants détruisent les faubourgs pour qu'elle ne puisse s'y loger. — 1477. Démolition des couvents des Récollets et des Dominicains. Ces derniers se retirent chez les religieux dn Tiers-Ordre de St-François. L'historien Turpin fnt profèsdant le monastère des Dominicains de Saint-Omer et il y mourut. — 1478. Démolition du couvent des Riches Clairisses appelées aussi Riches Claires ou Urbanistes, "ElltB s*étaient établies à Saint-Omer à la fin du XIIP siècle et firent plus tard reconstruire leur couvent placé sous le patronat du chapitre de la cathédrale. — 1479. Mort à Saint-Omer de Pierre Leprestre, abbé de Saint-Riquier , auteur du manoscrit qui a pour titre : Chroniques abrégées des rois de France. — 1485. Fondation du couvent des Filles de la Madeleine. — 4487. Les Français s'emparent de Saint- Omer sous le commandement du maréchal d'Esquerdes. — 1488. Tentatives infroctueuses de quelques bourgeois pour enlever Saint-Omer à la France. Ils sont décapités. — 1489. Saint-Omer reconnaît l'autorité de Maximilien d'Autriche. -* 1496. Achèvement de la reconstruction de la lourde Téglise «Satu^-A/aran.— 1499. Achèvement de la grande tour de la cathédrale. (Voir pour cette église l'excellent

» chevaliers, esciiyers, gens d'église, bourgeois et au- » très officiers. » Le duc jura sur la Croix et les saints évangiles de respecter le traité. Dunois, son frère, fut requis de prêter le même serment. On dit qu'il parut hésiter « et délaya un petit ; )> mais sur Tordre de Charles, Dunois s'exécuta. L'archevêque de Narbonne fit ensuite la cérémonie des fiançailles. « On » commença alors à mener grande joye et à faire » moult grans festes et esbatements. Les gens du duc » envoyèrent en plusieurs et divers lieux de ses pays » de Coucy, Soissons et Valois pour avoir provision a » fournir les festes des noces. » Le mariage fut célébré huit jours après les fiançailles. Le lendemain les deux époux se rendirent dans Féglise de Saint-Bertin.

Irairail de M. Qaenson, inséré dans le !*■' folunie, page 128.) — 1499. Le Magbtrat de Saint-Omer fait étrangler et brûler une sorcière. — 1502. Dédicace de la nouYelle église des RécoUeU. — 1508. Privilège accordé à Tabbaye de Saint Berlin de pouvoir élever deux couples de cjrgnes dans les eanx et garennes de la Mtêre» — 1609. Bédaction de la coutume du bailliage de Saint-Omer. ^ 1511. Dédicace de U nouvelle église des religieuses de Sainte- Catherine. •— 1520. Entrée de Charles- Quint dans Saint-Onier. -» 1520. AchèTenient de la tour de Saint-Bertin. — 1522. Démolition de Téglise paroissiale de Saint-Michel, Elle était située hors des murs. Celle qui la remplaça fut placée dans la ville et sous la même invocation. Sa dédicace eut lieu le 10 septembre 1526. — 1523. La peste à Saint-Omer. — 1523. Le Magistrat achète la maison des Bégnineê pour y placer les pestiférés. — 1531. RédactioQ de la coutume de Saint-Omer. — 1533. Etablissement des religieuses de Saimie- Marguerite. — 1539. Le chapitre de Saint-Omer permet à révèque de Thérouanne d*officier dans Téglise de Sainte- Aldegonde, Placée sur le terrain le plus élevé de la ville , cette église fut aussi surmontée d*une haute tour et d'une flèche de pierres blanches. — 1540. Règlement de Charles-Quint pour la garenne des cygnes. — 1549. Passage de ce prince. Son fils Philippe II raccompagne. — 1558. Fondation du séminaire ou collège de Saint-Bertin. — 1559. Erection de réTèché de Saint-Omer. —1559. Entrée à Saint-Omer du comte d'Egmont, gouvemeur-géoéral pour TEspagne des pays de Flandre et d'Artois. — 1565-1567.

(( Et menoit le duc Philippe sa nièce en la tenant » par le senestre bras. Et au droit costc estoit sur le » derrière messire Jean , bastard de Saint-Pol , sei- )> gneur de Hautbourdin, qui portoit la manche de la )> duchesse d'Orléans; une dame portoit la robbe par » derrière qui moult estoit riche ; et après , un petit )) plus derrière 9 suiyoit le duc d'Orléans qui menoit )) la duchesse de Bourgogne accompagnée des plus » grands seigneurs comme des comtes d'Eu , de Ne- » Tcrs, d'Estampes, de Saint-Pol et de Dunois; et sj » avoit grand nombre de grans seigneurs, chevaliers » et escujers, dames et damoiselles qui suiyoient Tar- » chevesque de Narbonne lequel chanta messe pour » iceluj jour. Avec lui estoient très-grande quantité )) de gens d'église qui feirent la procession autour du )) chœur; et quant aux rois d'armes, héraulx et pour-

Fondation du collège français appelé d^abord Collège fVàlUm. Êlablitaernent des Jésuites, — 1570. Dédicace de leur église. — 4577-1578. Troubles à Saint-Omer à Toccasion des dissentiments existants entre les partisans de la maison d'Espagne et ceux du prince d*Orange. — 1581. Fondation du séminaire épiscopal. — i68S. Un synode s^assemble à Saint-Omer. — 1583. Le premier évèque d*Tpres est inhumé dans la chapelle des Sœurs-Noires de Saint-Omer. - Il y avait amri des Sceurs-Grises , placées sous la direction des K. P. Récollels. — 1685. Fondation de la maison de charité des Bleuets réunie en 1702 à rhôpital-général. •— 1590. Fondation du couvent des Capucins, — 1591. Ëtablissement des Oarisses de la réforme de Ste-Colette , appelées aussi Us Pauvres Claires. — 1594. Tentatives infructueuses des Français pour surprendre Saint-Omer. — 1594. Lettres-patentes de Philippe II, roi d*£spagne, portant confirmation du collège royal anglais. — 1610. Ëtablissement d'une école dans le faubourg du Haut-Pont. — 1614. Achèvement de la chapelle de Sainte-Elisabeth, — 1615. Fondation de l'école do Jardin de Notre-Dame. — 1619. Fondation de la Maison des jtpâtres où les vieillards étaient recueillis. — 1625. Ëtablissement des Carmes. ^1626. «Le curé de u Sainte-Marifuerite est mis en pénitence par l'abbé de Saint-Bertia.» {Manuserits

>» suiyans, trompettes ^ meiiestriers et autres jouans de » divers instruments de musique , il y en avoit large- )) ment. Elstoient lesdits officiers d'armes vestus de leurs » cottes d'armes où Ton voyoit les blasons des sei- » gneurs à qui ils estoient, entre lesquels se trou voit » le roy d'armes de la jarretière d'Angleterre. »

Il y eut ensuite des joutes sur le grand-marché, ce Et » le soir, après soupper, en la grand'salle de Saint- » Bertin tout hault^ sur petits chevaux de six heaul- » mes seuUement, on vit moult grand foison de lances » rompues et les faisoit moult bel veoir. » Peu de jours après on tint dans Tabbaye le chapitre de la Toisond'Or. Les chevaliers se rendirent d'abord dans le chœur de Saint-Bertin vêtus des manteaux et chaperons de l'Ordre, portant le collier d'or. Les armes de leurs maisons, leurs devises et leurs cris de guerre étaient

de M. de Hautûcheque.) Sainte- Marguerite était la seconde cure de Saint-Omer. — 1632. Achéfemeot des constructions de l*église des Ursulines. — d635. La peste à Saint-Omer. — 1638. Le maréchal de Châtillon assiège Saint-Omer sans succès. — 4638. Construction des fortifications extérieures. — d640. La guerre continue. Le conseil d* Artois se retire à Saint-Omer. -- 1647. Tentatives infructueuses du maréchal de Gassion pour surprendre Saint-Omer. — d653. Mort de Thistorien Malbrancq, né à Saint-Omer en 1580, auteur de Toutrage qui a pour titre De Morinis et Morinorum Rêhus^ Sylvie, Paludihua , Oppidie. -> 4655. Achèvement des constructions de l'église des Jéeuitee. — 1657. Le grand Coudé , don Juan d'Autriche et le doc dTork à Saint-Omer. — 4659. Paix des Pyrénées. La possession de Saint-Omer est laissée à TEspagne. — 1675. Construction de l'oratoire de Notre-Dame -de-Bon-f^off âge sur la petite place de Ljsel. — 1677. Les Français s'emparent de Saint-Omer. — 1678. Paix de Nimègne. Elle consacre la réunion définitive de Saint-Omer à la couronne de France. — 1680. Passage de Louis XIV. — 1680. Établissement des Frères dee Ecolee Chrétiennes.^iGSO. Démolition du fort Saint-Michel — 1683. Achèvement de Tèglise des Carmee. — 1696. Passage de Jacquet II d'Angleterre. Le duc de Berwick et le maréchal deBonfflers Taccom-

placés au dessus des stalles qu'ils occupaient. Les blasons des chevaliers trépassés , depuis le dernier chapitre de rOrdre , se faisaient remarquer par un entourage de drap noir brodé d'argent. Bientôt les officiers d'armes allumèrent autant de cierges que l'Ordre comptait de chevaliers assis dans les stalles , morts ou absents. Le roi d'armes se plaça ensuite devant Philippele-Bon et s'agenouillant par trois fois il lui dit : a Monseigneur le diic de Bourgogne 9 de Lotrich, de' » Brabant , de Lembourg et de Luxembourg ; comte )) de Flandres, d'Artois et de Bourgogne; palatin de » Hollande , de Zélande et de Namur ; marquis du )) Saint-Empire; seigneur de Frise, de Salins et de » Malines; chef et fondateur de la noble ordre de » la Toison-d'Or ; allez à l'offrande. » Le duc prit le cierge et s'agenouilla sur un carreau de drap d'or ; tous les chevaliers présents remplirent ensuite le même

pagneiît. — 4702. Fondation de Thdpi lai- général. — 4705. AL'évèqae de Saint- » Omer veut empêcher Tabbé de Saint-Bertin de marcher en habits pontificaux i » la procession. » {Manutcrits de M, de Hauteclocque.) — 1747. Établissement des Petits-Pèret. — 4719. Le chevalier Folard présente à Louis XY la carte topographiqne de Saint-Omer. — 1722. Démolition du yrand-pont de pierre. — 17^. Piouvelle rédaction de la coutume de Saint-Omer. — 1738. Fondation du Ben Paeieur. — 1744. Passage de Louis XY. — 1748. Le savant Lebœuf vient à Saint- Omer pour y compulser les manuscrits de Saint- Berlin et de Clairmarais. — 1753. Construction du Pont-Fert détruit à la fin du siècle dernier. — 1754. On répare le pont de Sainte-Cécile, — 1762. Les Jésuites wallons et anglais sont expulsés de Saint-Omer. — 1768. Edit pour Torganisation du collège français de Salnt-Omer. — 1768. Passage du roi de Danemark. ~ 1769. Edit relatif au collège rojal anglais. C'est dans ce collège que furent èleféi le poète Petterson, Burke, Lord ChatUm, père de Pitt, et Téloquenl défenseur de l'Irlande O'Connell. — 1782. Onvertare de la porte actuelle de Lysel. —1789. M. deChalabre» évéque de Saint-Omer, fait rebâtir la maison de charité du Tambeur,

devoir, et ceux qui n'avaient pu venir à Saint - Oraer firent l'offrande par procureur. Après quoi le roi d'armes alla se placer dans la stalle aux armes des Crévecœur et prononça ces mots : « Je vais à l'offrande » pour le bon chevalier Jacques de Crëvecœur dont » Dieu veuille avoir Tâme. » La même formalité s'accomplit pour quatre autres chevaliers morts comme Jacques de Crëvecœur depuis le chapitre de 1433.

Le duc de Bourgogne déploya une rare magnificence dans cette solennité. Elle ne le cédait guère qu^aux richesses dont les moines de Saint-Bertin avaient paré le chœur de leur église et le grand -autel où Ton voyait le chef de St - Berlin , précieux reliquaire en vermeil émaillé de pierreries, et la belle croix offerte à Tabbaye par Karle-le-Grand. Le rétable était d'or, enrichi de pierres précieuses. C'est sur ce rétable que Guillaume Fillàtre, évèque de Toul et de Tournay, devenu abbé du monastère, peignit peu d'années après la vie de St-Bertin avec une perfection telle que Rubens voulut l'acquérir offrant de la couvrir de pièces d'or.

Après le service religieux, le chapitre de l'Ordre s'assembla dans la grand'salle de l'abbaye pour procéder à la réception de cinq chevaliers. Les membres présents se placèrent autour d'une table recouverte de velours noir richement brodé, sur lequel se dessinaient les armes de l'Ordre et celles des ducs de Bourgogne. Une seconde table avait été disposée pour les quatre officiers de la Toison-d'Or. Là s'assirent le chancelier, maître Jean Germain , évèque de Ghàlons ; Petter

Brandelain , trésorier ; maître Martin d'Estinbergue , greffier 5 a notable clerc et moult bien stilë à mettre » par escrit en latin, en françois et en allemand; » et enfin le roi d*armes, Jehan, seigneur de Saint-Remy, natif d'Abberille en Ponthieu.

Philippe-le-*Bon avait préparé toutes choses pour que Tun des colliers fût dévolu à Charles d'Orléans. L'évêque de Tournay et maître Nicolas RouUin, chancelier de Bourgogne, allèrent, au préalable, s'assurer des dispositions du duc. Celui-ci répondit qu'il se tiendrait pour très-honoré de recevoir le collier de la Toison-d*Or et se rendit incontinent dans la salle ou le chapitre tenait séance. Là le sire de Lannoy le harangua en ces termes : a Monseigneur, vous voyez en )> votre présence mon très-redoubté seigneur monseigneur )) le duc de Bourgogne et messeigneurs ses frères de » la Toyson-d'Or qui ont advisé et conclud en leur » chapitre que pour la très-haute renommée, vaillance )> et preud'hommie qui est en vostre noble personne, » ils vous présenteroient le collier de l'Ordre, afin » que la très-fraternelle amour qui est entre vous et » mon très-redoubté seigneur se puisse mieux entre- » tenir et persévérer. » Le duc d'Orléans s'inclina devant Philippe - le - Bon qui lui plaça le collier. c< Puis le roi d'armes afiubla le duc du mantel et du » chaperon des chevaliers. ))

C'est pendant la réunion de ce chapitre que les députés de Bruges vinrent à Saint-Omer pour fléchir la colère de Philippe-le-Bon qui ne pouvait pardonner

aux habitants d'avoir méconnu son autorité en 1437. Charles d'Orléans intercéda pour eux, et Philippe-le- Bon finit par promettre d'aller, comme ils Ten suppliaient, visiter leur ville en signe de pardon. Les historiens de Flandre donnent de curieux détails sur la réception faite à Philippe-le-Bon quand il se rendit à Bruges. Les magistrats et qtiatorze cents bourgeois allèrent nu - pieds et sans chaperons attendre le duc à une lieue de la ville. Le clergé les suivait avec la croix, les bannières et les saintes reliques de toutes les églises. Le vin coula dans les fontaines; un opulent bourgeois fit tapisser les murs de son logis de feuilles d'or ; des feuilles d'argent recouvraient la toiture. L'expiation fut complète comme on le voit; et Philippe-le-Bon ne put guère refuser, après ces marques de repentir, de rendre à sa bonne ville de Bruges son estime et son amitié.

Ces temps sont loin de nous! Le peuple alors se pliait à sa bonne comme à sa mauvaise fortune. Il dansait sur les places publiques et criait Noël pour fêter la venue de ses maîtres, oubliant que la veille la guerre et ses fureurs avaient désolé son territoire, et pouvant se demander si le lendemain serait prospère. Car une seule bataille ou, à défaut, un seul assassinat changeait alors sa destinée et le rangeait sous une autre domination. Quelle époque que ce règne de Charles VI et que les commencements du règne de Charles VU! La trahison est partout; les étendards anglais flottent sur les remparts de nos villes; le roi

de France est abandonné de tous ; plus d'armée , plus de trésor; les .Vrmagnacs et les Bourguignons se disputent le royaume... Temps de douleurs et de honte où la France fut lirrée à l'ennemi , où les factions déchirèrent ta patrie, ne revenez jamais pour nous ! Lorsqu'en H40 le peuple s'arrêtait devant les théâtres dressés dans les carrefours de Saint-Omer et j vit célébrer , par des allégories dans le goût du temps , l'union étroite des maisons de Bourgogne et d'Orléans, ce peuple , qui oublie si vite , se souvint - il qu'en 1407 Jean - sans ' Peur, père du duc Phitippe-le-Bon,, faisait assassiner dans tes rues de Paris le père de Charles d'Orléans; et se remit-il en mémoire le meurtre vengeur du pont de Montereau ?

Ç| ouis-LK-JEtiNE concéda une charte comj munale à la ville de Senlis dans l'année 1173. Les articles de la charte de Com- I piègnc sont textuellement reproduits dans ^ ce document '. La seule dificrence à signaler s'applique aux rcderances imposées aux habitants par la charte octroyée. La commune de Senliii paiera au roi deux cent quatre-vingts livres parisis ,

( Voir lacliarle deCompiègae, page tiH. )

soixante muids de mëteil et soixante muids de vin. Lorsque le roi séjournera à Senlis , les habitants de- Tront fournir au château , a titre gratuit , Fail , le sel , les pots et les écuelles {providebunt nobis in olliSj in scutelliSj in alliis et sale.)

Ces redevances étaient considérables et devinrent si onéreuses qu*au WS^ siècle la ville de Senlis demanda à en être allégée, renonçant pour cela à son droit de commune. Un arrêt du parlement, rendu en 1319, accueillit le vœu des habitants. Ils furent déclarés quittes à Tavenir de toutes redevances ; mais on supprima le maïeur, les échevins, les jurés, le sceau communal, le coffre public , le beffroi et la cloche. Un prévôt royal gouverna la ville.

Peu d'années après, Charles-le-Bel remit les habitants en possession de quelques privilèges et leur rendit le beffroi *. Le roi Jean, Charles-le-Sage et plusieurs de leurs successeurs, voulant reconnaître la fidélité des habitants, ajoutèrent encore à ces privilèges. Les couleurs de la ville étaient d'abord le blanc et le rouge ;

* « Le prévdt sera teno , sur la réquisition des habitants, de faire arrêter leurs » débiteurs ou les cautions , comme faisait autrefois le maïeur de Senlis.

» Le roi accorde aux habitants Tusage des cloches du beffiroi j mais ils ne s'en » serviront qu'avec l'agrément du prévdt.

» Le roi permet que les revenus de la ville soient employés au paiement d*an- » ciennes renies viagères.

» Le roi autorise son bailli à accorder aux habitants des droits pour nn temps » déterminé \ mais le produit de ces droits devra servir à l'entretien des ponts, des » fontaines et des chemins. »

( Ordonnancêt dêt rois de France , tome XIL )

on leur substitua plus tard le rouge et le jaune. Senlis eut pour armes de gueules au pal d*or , un lis pour ëcusson et pour devise :

Liliati GaUiœ Begum flores , cœlitus demissi.

Les arquebusiers de Senlis furent renommés par leur adresse et rendirent de grands services pendant le siège de 1589. Leur drapeau était d*azur aux armes de la ville avec cette inscription : Ils ont soutenu la gloire

Page 1