‹ Archives historiques et ecclésiastiques de la Picardie et l'ArtoisChapitre 102 sur 140 · NOTIONS HISTORIQUES SUR BAPAUME · texte numérisé non relu

NOTIONS HISTORIQUES SUR BAPAUME

863. Bapaume, cédé par Karlele-Chauveà Baudouin-Bras-de-Fer, est compris dans le comté de Flandre. — 1180. Célébration du mariage de Philippe-Auguste et d'Isabelle deHainaut dans l'église de Saint-Nicolas. — 1196. Philippe-Auguste accorde une charte de commune aux habitants. — 1207. Louis, fils de Piiilippe-Augusle, confirme les privilèges de Bapaume. — 1214. Les prisonniers de la bataille de Bouvines sont conduits à Bapaume. — 1237. Cette ville fait partie du douaire de la reine Blanche de Castille. — 1248. Baudouin de Bapaume est nommé archidiacre d'Arras.— 1248. Confirmation des privilèges de Bapiume par Robert 1", comte d'Artois. — 1261. Jean de Bapaume devient doyen de la cathédrale d'Arras. — 1268. Robert II, comte d'Artois, confirme les privilèges des habitants. — 1335. Eudes, duc de Bourgogne , fortifie Bapaume. Construction du nmr d'enceinte. — 1359

» et aux ëchevins le pouvoir de juger toutes les diffi- » cultes qui naîtront dans l'enceinte de la ville, comme » du temps de Philippe , comte de Flandre , excepté » celles des baillis du roi , des hommes de sa maison » et des ingénus dans ses plaids '. » La charte est signée par Gui , le bouteiller ; Mathieu , le camérier ; et Dreux , le connétable.

Peu d'années avant cette concession, le 28 avril 1180, Philippe-Auguste avait épousé Isabelle de Hainaut à Bapaume, dans l'église de Saint-Nicolas. La magnificence présida à la célébration de ce mariage auquel

Engiierrand d'Hesdin et Ondart de Renli se jettent dans Bapaume pour protéger les habitants pendant les incursions des Anglais. — 1381. Bulle du Saint-Siège pour la fondation d'une collégiale dans le château. — 4407. Jean -sans-Peur, duc de Bourgogne , vient tout d'un jour de Paris coucher à Bapaume (Manuscrits de M. de Hauteclocque.) — 1414. Les troupes de Charles VI s'emparent de Bapaume. — 1420. Arrivée du duc de Bourgogne , Philippe-le-Bon. — 1468. Passage de Louis XI et du duc de Bourgogne , Charles-le-Téméraire. — 4474. Fondation de l'hôpital Saint-Pierre. — 1476. Louis XI s'empare de Bapaume. — 4521. Le duc de Guise entre en vainqueur dans la ville et en fait raser les portes. — 4543. Hugues de Fleury, gouverneur de Bapaume , brûle la ville à l'approche de l'armée française et se relire dans le château. — 4570. Construction de la tour de l'église Saint-Nicolas. — 4577. Achèvement de la reconstruction de cette église. — 4578. Antoine Lelièvre, capitaine au service de don Juan d'Autriche, livre Bapaume aux Français par trahison. — 4604. Fondation du couvent des Récollets. — 4610. Commencement des constructions de l'hôtel-de-ville. — 4619. Établissement des Jésuites. — 4623. Fondation de l'hospice Saint-Anne. —4636. La peste désole Bapaume. — 4641. L'armée française assiège et prend Bapaume sous le commandement du maréchal de la Meilleraye. Les Espagnols rendent la place avec les honneurs de la guerre. C'est alors que Saint-Preuil , gouverneur d'Arras, poursuivant un parti espagnol à la tête de 600 fantassins et de 300 chevaux, rencontra la garnison qui quittait Bapaume après avoir capitulé. Saint-Preuil la chargea avec beaucoup d'in ■

' ( Ordonnances des rois de France. — Rervcil de Godefroy. )

assistèrent les comtes de Flandre, de llainaut, de Naniur, de Soissons , de Saint-Pol et de Ponthieu. Isabelle fut ensuite couroiuiée dans l'abbaye royale de iSaint-Denis. L'inscription placée sur sa tombe commençait par ce vers :

Vt liapalma tiios I.tabellu sacravit cnnores.

Eudes, duc de Bourgogne, fortifia Bapaume en 1335. Cette place , depuis lors , eut un rôle important dans les fréquentes guerres qui désolèrent l'Artois. (Charles

li'épidité et la mit en déroute avant d'avoir reconnu son erreur. Il alla plus tard témoigner ses regrets au commandant espagnol ; mais il avait des ennemis à la cour qui profilèrent de celte circonstance pour le perdre. Arrêté et conduit à Amiens, Saint-Preuil fut condamné à mort et décapité sur la place de l'hôtel- de-ville. Le tribunal qui le jugea se composait de douze conseillers du bailliage d'Amiens et de douze conseillers du présidial d'Abbeville. Ils étaient présidés par l'Intendant Bellejamme dont l'odieuse partialité se révéla pendant toute la procédure. 11 fît un crime à Saint-Preuil du résultat déplorable d'une méprise. On accusait aussi ce dernier de fatiguer l'Artois de ses exactions et d'y prélever des impôts sans mesure. Saint-Preuil , pour se justifier, lut à ses juges ce que lui écrivait Louis XIII sur ce sujet : « Brave et généreux Saint-Preuil , disait le monarque , vivez d'industrie. » Plumez la poule sans la faire crier ; faites comme les autres font dans leurs gou- I) vernemens. f^ous avez tout pouvoir dans votre empire et tout vous est permis. » En arrivant au pied de l'échafaud , Saint-Preuil s'aperçut qu'il n'était pas encore entièrement dressé et dit à son confesseur : Foici, mon père, le reste de ma fortune qui s'achève de hâtir. Saint-Preuil se mita genoux et fit une courte prière. L epée du bourreau abattit ensuite sa tète et l'on déposa son corpsdans l'églisedes Feuillants. — 1659. Bapaume est définitivement réuni à la France par le traité des Pyrénées. — 1660. Le duc de Navailles est nommé gouverneur de Bapaume. — 1662. Ftablissement de la juridiction des fermes. — 1781. « Le maire de Bapaume autrefois nommé par » leshnbitans le fut par rintendant.))(MaMw*cn75 de M. de Hauteclocque.) — 1690. Établissement du collège. — 1723. Érection de la statue de Louis XV. — 1741. Rédaction de la coutume de Bapaume. — 1744. Passage de Louis XV. — 1766. Établissement d'une école d'artillerie. Le célèbre Florian fut au nombre des élèves de cette école.

VI, Lonis XI, le duc do Gnisc et le maréclial de la Mcilleraye assiégèrent et prirent Bapaume. Après avoir long -temps appartenu aux ducs de Bourgogne et reconnu la domination espagnole , Bapaume fut définitivement réuni à la France par le traité de paix des Pyrénées.

8glM^— — ^Es commentaires de César nous ont appris [qu'à l'époque où les légions romaines envahirent les Gaules, les peuples Bellovaqiies 'formaient une tribu redoutable, pouvant mettre sur pied jusqu'à cent mille combattants. La fondation de Bellnvacum , leur capitale, remonte à une haute antiquité ; mais il serait diflflcile d'assigner à cette vieille cité une origine certaine. Les uns affirment que Belloiacum fut fondée par le célèbre Bellovèse , et d'autres parBelgius, quatorzième chef des

jjcuples gaulois. Scaliger, Vdrien de Valois, Loisel et beaucoup d'autres historiens ont écrit que ce lieu devait être le Bratuspantium des commentaires de César ; de savantes investigations ont , depuis lors , conduit à reconnaître que ce n'était point à Beauvais qu'il fallait chercher l'oppidum ou forteresse gauloise de Bratuspance.

Après la conquête des Gaules, et si l'on en croit Ptolomée, Bellovacum reçut de son vainqueur le nom de Cœsaromagus ; du temps de Constantin, on nommait cette ville Civitas Bellovacum ; les capitulaires l'appellent Belvacus et Hincmar Belgivagus ; on trouve aussi Belvacus y Bellovaci , Belloacus et enfin Beauvais.

Khilpérik 1" , chef des Franks , y entra en vainqueur vers l'an 471. Plusieurs fois ruinée par les Normands ou détruite par les flammes, cette ville soutint un siège de deux années contre les troupes du roi Louis-le-Gros. S'il faut en croire les récits des contemporains , ce prince « pr\t Beauvais , le démolit jus- )) ques aux fondemens, faisant pendre tous ceux de » dedans. » Les habitants expièrent ainsi la fidélité qu'ils avaient gardée à Lancelin , comte de Dammartin, possesseur de la seigneurie de Beauvais et révolté contre^ le roi de France, son suzerain.

Il faudrait admirer la rapidité avec laquelle les villes brûlées ou démolies renaissaient alors de leurs ruines, si nous ne savions nous tenir en garde contre l'exagération des anciens chroniqueurs ; les villes des siècles reculés se bâtissaient d'ailleurs à peu de frais ; le bois

et le chaume pouvaient suPTuc pour édifier lu plupart des constructions; et il faut bien se remettre toutes ces choses en mémoire lorsqu'on voit un concile national s'assembler en 1114 dans cette même ville de Beauvais , entièrement rasée en 1109 par l'ordre impitoyable de Louis-le-Gros.

Ce prince auquel , aujourd'hui encore , on fait un si gremd honneur de l'affranchissement des communes accorda le premier des privilèges à la ville de Beauvais. La charte qui les consacrait précéda - 1 - elle le siège et la destruction de cette cité; le spectacle de ses ruines et le malheur de ses habitants portèrent- ils le remords dans le cœur du prince et lui dictèrentils une réparation ; ou l'heure était-elle venue où le peuple de Beauvais pouvait lui aussi , à l'exemple de celui de Cambrai , exiger des garanties contre les excès du pouvoir royal, contre l'omnipotence du clergé et des chevaliers ? En un mot , la charte de Louis-le- Gros fut-elle une nécessité des temps ou une concession volontaire? Tel est le point historique qui reste encore à éclaircir. La charte dont il s'agit ne se retrouve plus; mais il en est question dans celle qu'octroya le roi Louis-le-Jeune en 1144 ' et qui porte ces

' Les dispositions que renfermait la charte de Louis-Ie-Jeur.e se retrouvent presque en entier dans la charte suivante que concéda Philippe-Atiguste en 1182.

Page 1