‹ Archives historiques et ecclésiastiques de la Picardie et l'ArtoisChapitre 117 sur 140 · EGLISE DE CLERMONT EN BEAUVAISIS · texte numérisé non relu

EGLISE DE CLERMONT EN BEAUVAISIS

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OMPiÈGNE , que les vieilles chartes appellent Compendiurti , Palatium , Karolopolis ou Carlopolis , fut d'abord un rendez-vous de chasse où les chefs des Franks eurent plusieurs palais. Le premier chapitre de ce volume renferme des notions historiques sur ces résidences et sur le château royal qu'Henri TV et Louis XlIT aimèrent à habiter.

L'histoire de la ville de Compiègne se lie étroitement à celle de son abbaye. Nous avons déjà retracé, dans la partie de cet ouvrage qui traite des établisse-

ments monastiques , les richesses et les privilèges de l'abbaye de Saint-Corneille'. Fondée par l'empereur Karle-le-Chauve et comblée de ses dons , tout concourut à lui donner de la célébrité. Plusieurs rois de France furent couronnés au pied de ses autels ; et , lorsqu'ils mouraient , quelquefois les religieux de Saint- Corneille, premiers témoins de leur grandeur passagère , ensevelissaient leurs restes périssables dans les sombres caveaux de l'abbaye.

Lodewig-le- Bègue fut au nombre des rois qui reçurent la couronne et la sépulture à Saint-Corneille, et lorsqu'Henri III eut expiré , frappé par le poignard de Jacques Clément, on vit Henri de Navarre accompagner pieusement à Compiègne le corps du malheureux prince dont il devait porter bientôt la couronne. Louis V , le dernier des roù fainéants , fut aussi inhumé à Saint-Corneille. Voici l'épitaphe qu'une main ingénieuse traça pour la statue de ce prince ; cette épitaphe frappante d'exactitude historique se fait de plus remarquer par l'extrême naïveté du langage :

Loys je suis cinquiesme de ce nom

Roy des François, dont pauvre est le renom :

Dix-hnicl mois je régnai seulement

Moy jeune estant, et fus finallement

A Sainct- Corneille en sépulture mis,

Cest a Compiègne auprès de mes amis

Lan de salut neuf cent et quatre vingts

Avecque sept retournant dont je vins.

Si moy vivant je nay aucun bien fait

Considérez que je nay rien meffait :

Vous suppliant que cela vous provoque

A prier Dieu qués cieux il me colloque.

( f^oir le premier volume , payes 237, 23H, '239 cl 240. )

Les démêlés des liabitants do ( lompiègnc avec les religieux de Saint-Corneille furent nombreux pendant le moyen-age , et l'intervention royale put seule mettre un frein aux abus que ces derniers commettaient, l'enhardis par leurs nombreux privilèges , comptant sur la vénération qu'inspirait leur église pour faire admettre des prétentions intolérables , les moines de Saint-Corneille semblèrent ne vouloir reconnaître aucun pouvoir humain. N'étaient-ils pas les seuls gardiens du Saint-Suaire , oifert autrefois à Karle-le-Grand par des princes orientaux et transporté d'Aix-la-Chapelle à Compiègne ? Que pouvait -on refuser à ces hommes revêtus d'un caractère sacré qui , dans les

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