NOTIONS HISTORIQUES SUR COMPIÈGNE
560. Khiother I*^' chassant dans la forêt de Cuise tombe malade et s'arrête à Compiègne. On le transporte dans le château de Choisy où il meurt. — 611. Klilother II signe à Compiègne un traité de paix avec Théodebert. — Règne de Dagobert P' . Ce prince établit un atelier de monnaies à Compiègne dans la tour des Forges et règle dans celte ville la fondation de la célèbre abbaye de Saint-Denis. — 757. Peppin-le-Bref assemble un concile à Compiègne. Ce prince fait placer dans la chapelle du palais le premier orgue connu en France. Il fut donné à Peppin par Constantin Copronyme , empereur d'Orient. — 833. Un parlement assemblé à Compiègne dépose Lodewig-le-Débonnaire. — S50-S76. Karle-le-Chauve fait bâtir deux châteaux à Compiègne. — S76. Fondation del'abbaje de Saint-Corneille. — 877. Soixante et douzeévêques se réunissent à Compiègne. Le pape Jean VIII préside l'assemblée. Consécration de l'église de Saint-Corneille en présence de Karle-le-Cliauve. — 877. Couronnement de Lodewig-le-Bègue dans l'église de Saint-Corneille. — 879. Ce prince meurt à Compiègne. — 888. Couronnement d'Eudes. — 900. Les Normands brûlent Compiègne. — 912. Incendie de l'abbaje de Saint-Corneille. Karle-le- Simple la fait rétablir. — 919. Fondation de la collégiale de Sainl-Clément. — 987. Couronnement de Louis V. Il meurt à Compiègne la même année. — 987. Les étals-généraux assemblés à Compiègne reconnaissent roi Hugues-Capet. — 1025. Hugues-le-Grand , fils du roi Robert, meurt à Compiègne. —1120. Louisle-Gros supprime l'atelier de monnaies fondé à Compiègne par Dagobert I'^^' . —
grandes solennités , montraient aux vieillards , aux enfants et aux femmes , les reliques vénérées de St-Cyprien et de St-Corneille ; le peuple savait que ces hommes pouvaient conjurer tous les maux de la terre en portant processionnellement le voile de la Vierge , offert à l'abbaye par la piété de l'empereur Karlele-Chauve.
L'énumération des possessions et des droits de Saint- Corneille ne saurait trouver place dans cette courte notice ; il n'y sera question que de ceux qui pesèrent surtout sur les habitants de Compiègne. Depuis le temps de Karle-le-Chauve , les moines furent les tenanciers d'un vaste enclos situé dans la ville et
1131. Scliisme dans l'église. Innocent II et Anaclel se dispulent la papauté. Le piemier fixe sa résidence à Compiègne sous la pioteclion de Lonis-le-Gro?. — dl36. Établissement du siéijc de V Exemption. — 1153. Louis-le-Jeune octroie une charte communale à la ville de Compiègne. — ^479. Ce prince accorde aux habitants le droit de chauffage dans la forêt. — 1186. Philippe-Auguste confirme et augmente les privilèges des habitants. — 1193. Un concile s'assemble à Compiègne et prononce la nullité du mariage de ce prince avec Ingelburge de Danemark. — 1199. Fondation des églises de Saint-Jacques et de Saint- Antoine. — 1200. De nombreux chevaliers se réunissent à Compiègne et partent pour la croisade sous le commandement de Thibaut de Champagne. — 1209. Philippe-Auguste arme chevalier son fils, Louis VIII , en présence des grands vassaux de la couronne assemblés à Compiègne. — 1210. Privilèges accordés aux habitants par Philippe-Auguste. — 1237. St-Louis réunit à Compiègne cent jeunes gens de la meilleure noblesse et les arme lui-même chevaliers. — n Ce prince fonde à Compiègne l'hôlel-Dieu , le couvent des Jacobins et celui des Cordeliers. Il donne aux Dominicains le château que Karle-le-Chauve avait fait élever sur les bords de l'Oise et permet aux Malhurins- Trinitaires d'édifier une église que ces religieux dédient à St-ISicolas. — 1282. Lettres-patentes de Philippe-le-Hardi portant établissement à Compiègne d'une cour de Champions , siège judiciaire où les parties venaient demander de défendre leurs droits en champ clos. — 1297. Pliilippe-le-Bcl assemble les états-généraux à Compiègne et y arme chevalier le comte d'Evrenx , son frère; Louis de Bourbon ,
coiiiui sous le nom de Culture de Charlemagne. Le jardin du palais leur appartenait; ils percevaient la neuvième part des revenus du château en vin , en foin et en seigle ; ils avaient droit de péage sur l'Oise et la pèche depuis le clocher de Clairoix jusqu'au clocher de Jaux ; ils possédaient de plus dans Compiègne plusieurs moulins et un grand nombre de fiefs. Bientôt , riiôpital , Saint - Clément , Saint - Germain, Saint-3Iaurice , Saint-Pierre, Saint-Nicolas-du-bout-du- Pont et la paroisse du Crucifix , les chapelles , les léproseries de Compiègne relevèrent de Saint-Corneille. Des constructions s'étaient élevées dans la Culture de Charlemagne ; mais ce fut à charge de mouvance et
son cousin , et cent vingt gentilshommes.— Veis 1308. Naissance à Compiègne de Jean Fillion de Venette, célèbre légendaire , auteur d'un poënie de quarante mille vers €\vant pour titre : Rnman des trois Maries. — dSlO. Philippe-le-Long relire la justice à la ville et règle qu'elle sera exercée par des prévôts royaux. — 1319. Ce prince accorde des privilèges aux habitants. — 1327. Nouveaux privilèges concédés à Compiègne par Charles-le-Bel. — 1350. Naissance à Compiègne du célèbre cardinal Pierre d'Ailly, chancelier de l'université et aumônier de Charles VI. — 1358. Le dauphin assemble les états-généraux à Compiègne. — 1360. Compiègne envoie deux de ses habitants en otage pour le roi Jean. — 1380. Révolte des Mail- ?o/ins. Pillage à Compiègne du bureau des deniers publics. — 1412. Les Armagnacs s'emparent de Compiègne que les Bourguignons occupaient. — 1414. Charles VI assiège et prend Compiègne. L'église et le faubourg St-Germain sont brûlés pendant le siège. — 1418. Les Bourguignons reprennent Compiègne, — 1423. Charles VII et La Hire surprennent cette ville. Elle retourne bientôt après au pouvoir du duc de Bourgogne. — 1429. Charles VII se rend maître de Compiègne. — 1430. Siège de Compiègne. Jeanne d'Arc est prise sous les murs de la ville et livrée aux Anglais. — 1430. Pour reconnaître le courage et la fidélité des habitants , Charles VII leur accorde l'exemption des tailles et plusieurs autres privilèges. — Règne de Louis XI. « On tient par tradition que Louis XI fit couvrir d'ardoise l'église de » Saint-Jacques , une pieuse dame lui ayant remonstré que son chasteau estant » couvert d'ardoise . il estoil messeant que l'église de cette grande paroisse ne le
moyennant divers droits dont l'abbaye fit son profit. Tout ne se bornait pas là. Ce monastère percevait la dîme à Compiègne 5 l'institution des prêtres des paroisses lui fut dévolue; ses religieux eurent seuls le droit de chanter dans les rues et eoccomniunièrent tous ceux qui voulurent user de cette faculté. Un prêtre n'aurait pu prêcher à Compiègne sans avoir reçu , au préalable , la bénédiction de l'abbé ; et ce dernier pouvait seul conférer le baptême ou donner l'extrême - onction , dans l'octave de Pâques et à la Pentecôte. Il a déjà été question dans cet ouvrage de l'institution des fieffés de Saint-Corneille. L'abbaye avait aussi sa justice particulière ; les vieilles chartes font
» fust que de tuiles et de chaume. » (Chakpektieb. ) — 4463. Privilèges accordés par Louis XI aux habitants. — 1498. Louis XII vient à Compiègne et y confirme ces privilèges. — 1499. Construction de l'Iiôtel-de-ville. — 1516. Passage de François P' . — 1527. François I""' crée des chevaliers de l'ordre de Saint-Michel dans l'église de Saint-Corneille. — 1545. Charles-Quint visite Compiègne dont François 1" lui fait les honneurs. « Je ne m'étonne pas, disait le monarque espagnol , '> que les rois de France aient tant d'attachement pour Compiègne. Le séjour en i> est tout aimable. » — 1555. Jean Leféron , avocat au parlement , né à Compiègne, publie une histoire armoriale en douze volumes. — Règne d'Henri II. « Catherine » dcMédicis, faisant reparer le chasteau , fit faire le Jardin du Roy, entre le w chasteau et la forest, jardin dont les plaisirs s'espanouïrent lorsqu'il en fallut des- )) mollir les murailles pendant les guerres civiles. Le roi , son espoux , fit faire dans >> la forest , vis-à-vis de ce jardin , le beau Paille-Maille où il receut les premières « nouvelles de la bataille de Saiut-Quenlin. » (Charpentier. ) — 4563. Établissement du tribunal consulaire. — 157J. Noël Gautier etCharmolue, habitants de Compiègne, fondent le collège. — 1575. Henri III rétablit à Compiègne la fabrication des monnaies supprimée par Louis-le-Gros. — 15S9. Henri IV accompagne à Conjpiègne les restes mortels d'Henri ÏII assassiné à Saint-Cloud. On les dépose dans l'église de Saint Corneille. — 1590-1591. «Henri quatriesme , la perle des » rois et l'ornement de la France, fit douze voyages à Compiègne es années 1590 » et 1591. Lors de son entrée le sixiesmc juin 1590 , voyant les présens qui se font
mention de son prévôt et de son bailli. Sergents , prisons, fourches patibulaires, rien ne manqua à la juridiction des moines de Saint-Corneille.
Les actes des conciles, les capitulaires et les archives des établissements monastiques font foi que la discipline et les bonnes mœurs ne furent pas toujours respectées dans les cloîtres. On en vit des exemples à Saint-Corneille. Le dérèglement y était tel au temps de Louis-le-Gros que ce prince, cédant aux exigences de son époque et voulant d'ailleurs par des concessions prudentes mettre un terme à des abus plus grands encore , concéda aux moines de Saint-Corneille la permission d'avoir des concubines et voulut que
« trordinaire à l'entrée des rois , i\ \m pliisl de dhe : Je reçois vos présens , viais » fay me bien mieux vos cœurs. » (Charpentier.) — 4598. Assemblée à Compiègne pour les préliminaires de la paix de Vervins. — 4602. Naissance à Compiègne de Jacques de Billy, astronome et malhémalicien. — 4605. Naissance d'Antoine Muldrac , auteur du f^atois royal et d'une clironique du diocèse de Soissons. — 4624. Louis XIII conclut à Compiègne avec l'ambassadeur anglais le mariage de sa sœur Henriette d'Angleterre. — 4641. Louis XIII aimait le séjour de Compiègne. Il y vint pour la dernière fois à la fin de 4644 ; « et comme il partoit, se mettant dans » son carosse, il dist à M. le marquis de Gèvres , capitaine de ses gardes : Je me >> plais fort ici et je m'y porte hieii. » (Charpentier.) — 4654. Naissance à Compiègne du savant bénédictin Pierre Contant mort dans l'abbaye de Saint-Germaindes-Prés en 4693. — 4656. Louis XIV reçoit Christine de Suède à Compiègne. — 4662. Lettres-patentes de Louis XIV pour l'établissement de l'hôpital. — 4698. Établissement du célèbre camp de Compiègne dans la plaine qui sépare Margny de Coudun. Le maréchal de Boufïlers le commande sous les ordres du duc de Bourgogne. Les Mémoires de Saint-Simon ont consacré le souvenir de la magnificence que déploya le maréchal pour faire à Louis XIV les honneurs du camp. — 4724. Mort de Marc-Antoine Hersan , né à Compiègne , célèbre professeur du collège Uuplessis et du collège de France, fondateur du collège de Compiègne. — 4730. Louis XV pose la première pierre du Pont-Neuf. — 4739. Ce prince assemble un camp à Compiègne. — 4763. Naissance à Compiègne du littérateur Mercier.
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les clercs pussent se marier, à la charge toutefois de ne point posséder de bénéfices. Ceci était bien loin des habitudes d'austérité qui , dans les premiers siècles du christianisme , fesaient fleurir les institutions monastiques ! Les richesses et surtout l'exercice d'une autorité temporelle presque sans contrôle donnent le secret du changement qui s'opéra dans les mœurs des cloîtres. Celui de Saint -Corneille paraît n'avoir rien gardé alors des pieuses pratiques que la règle de St- Augustin lui imposait. On voit les moines , montés sur les bateaux, de l'abbaye, parcourir les riantes rives de l'Oise et aller chercher la dissipation dans le délicieux château des Ajeux , véritable maison de plaisance faite pour les plaisirs des rois mais bien peu favorable , à coup sur, au recueillement et à la prière. Ces deux vertus des monastères ne paraissent pas d'ailleurs avoir régné alors à Saint-Corneille; car nous voyons, en 1262, le pape Urbain IV accorder aux moines de cette abbaye, pour déférer à leurs supplications réitérées, le privilège de parler pendant l'office.
Les concessions de Louis-le-Gros n'ayant pu mettre un terme aux désordres qui affligeaient le cloître de Saint - Corneille , le roi Louis - le - Jeune supprima la communauté de chanoines qui occupait ce monastère et la remplaça par des Bénédictins. Depuis long-temps, le grand Suger conseillait cette mesure qui reçut la sanction du pape Eugène ÏIL Mais lorsqu'on voulut prendre possession de l'abbaye, les injures accueillirent les commissaires du roi , et les chanoines fermèrent
fouU's les portes. La résistance fut telle que Louis- Ic-Jeune dut se rendre à Compicgne avec de nombreux soldats. Le roi fit ouvrir l'église et procéder à la publication du bref de réforme, en présence du peuple et du clergé de Compiègnc. Les Bénédictins furent installés dans le chœur ; ensuite le roi se retira.
Cependant les chanoines de Saint-Corneille ne se tenaient pas pour battus. Dès que le roi eut quitté Compiègnc, ils parurent armés dans Téglise, brisèrent les portes du chœur, ouvrirent le trésor, en enlevèrent l'argenterie et les pierres précieuses dont les ornements des grandes solennités et la couverture des livres saints étaient enrichis. Les vases sacrés ne furent pas respectés. Que pouvaient les pauvres Bénédictins pour s'opposer à cette spoliation sacrilège !
Les chanoines ne s'en tinrent pas là. Ils voulurent s'emparer du Saint -Suaire. Cette relique vénérée était gardée par une triple armoire de fer qu'ils se mirent en devoir de forcer. Mais les Bénédictins, cette fois, résolurent de mettre un terme à tant de profanations et parcoururent les rues de Compiègnc, en s'écriant : Aua; armes ! Aux armes ! On enlève le Saïnt-Suaire ! Eu un instant le peuple eut envahi l'église pour préserver la sainte relique des outrages qui la menaçaient. Les habitants indignés chassèrent ensuite les chanoines de l'abbaye où la règle bénédictine eut bientôt ramené la prière , l'étude et les pieuses pratiques des anciens jours.
La mesure prise par Louis - le - Jeune n'avait point
pour unique but de mettre fin aux désordres des moines de Saint-Corneille. Depuis long- temps les habitants de Gompiègne se plaignaient de leurs exactions ; et pour rendre la réparation plus complète , Louisle-Jeune concéda en 1153 une commune et des coutumes aux habitants. On lit dans le préambule de la charte que la ville et l'église de Gompiègne , autrefois fort considérables, avaient beaucoup déchu; que le roi s'était trouvé dans la nécessité d'éloigner de l'église ceux qui la desservaient et de les remplacer par d'autres religieux ; que les chanoines ayant chassé les nouveaux venus avec ignominie (contumeliosè)^ le roi avait rappelé ces derniers ; et qu'enfin , par le conseil de Samson de Mauvoisin , archevêque de Reims , de l'abbé de Saint-Denis et de la reine Adélaïs, qui tenait Gompiègne en douaire, il concédait une commune et des coutumes , jurées au nom du roi , de la reine , de l'abbé de Saint-Gorneille et des habitants '.
' PRINCIPALES DISPOSITIONS DE LA CHARTE CONCÉDÉE AUX HABITANTS DE COMPIÈGNE PAR LE ROI L OU IS- LE-JEUNE.
Il a été juré qu'au dedans des remparts de Compiègoe et au dehors dans les faubourgs un habitant prêtera secours à l'autre en toute occasion ; il ne souffrira point qu'il soit rien enlevé à quelqu'un ; qu'on l'assujétisse à une taille ; ou que l'on prenne quelque chose chez lui ; sauf toutefois le droit qu'aura l'abbé d'exiger trois mois de crédit de tout habitant qui lui fournira pain, \iande ou poisson ; mais l'abbé ne pourra ultérieurement exiger aucun autre crédit, s'il ne rend point ou ne paye point après ce délai.
La durée de ce crédit sera réduite à quinze jours pour les pêcheurs étrangers à la ville ; et s'ils ne sont pas payés après ce temps , ils saisiront ce qu'ils pourront des biens «le la commune jusqu'à concurrence de ce qui leur sera dû par l'abbé.
Toute infraction à la présente charte, à l'exception cependant de celles qui intéresseraient la paix et la sécurité de la ville , entraînera une amende de cinq sols.
Philippe -Auguste confirma les privilèges de Compiègne en 1186, abandonnant de plus aux habitants divers droits que Louis-le-Jeune n'avait concédés qu'a titre de cens. « Nous leur accordons , dit la charte » de Philippe - Auguste , le minage de Compiègne , Vil- » leneuve , les forestières de Compiègne et de Grand- » ménil , la prévôté de Compiègne , les droits de ton- » lieu , de change , de four , de corvée , et deux places n de moulins au pont de Compiègne. Les habitants « seront dispensés de plaider hors du lieu où se tien- » nent leurs plaids; ils pourront bâtir une halle pour » y vendre leurs marchandises et en retirer profit ; » ils ne seront point tenus de compter les deniers » du roi ailleurs que dans leur cité ; la convention )) entre le roi et les moines de Compiègne sera nulle , )) sauf les trois jours de foire dont l'abbaye jouissait
Si l'archidiacre cite un habitant, ce dernier ne sera point tenu de répondre, à moins que le plaignant ne soit présent ou qu'il ne s'agisse d'un flagrant délit. Si, toutefois, il y a témoin contre lequel l'accusé ne puisse se défendre , l'amende sera encourue.
Personne, excepté le roi ou son sénéchal , ne pourra conduire à Compiègne nn homme coupable de délit envers un citoyen de la commune, à moins que l'amende prononcée par la loi n'ait été préalablement payée.
Si l'abbé laisse par ignorance entrer un coupable dans la ville il ne pourra , dés qu'il aura reçu la preuve que cet homme est ennemi de la commune, le soustraire à la juridiction de la ville sans le consentement des échevins.
Quiconque négligera de se vendre aux réunions de la commune dès que la cloche sonnera , paiera une amende de douze deniers.
Voulant suivre l'exemple de Louis, notre prédécesseur, nous avons octroyé à nos bourgeois de Compiègne une commune semblable à celle que notre père leur a concédée, selon la charte authentique insérée dans celle-ci, sauf nos droits et ceux de l'Ëglise.
Donnéà Faris, l'an de notre Seigneur 1153 et le dix-septième de notre règne.
» anciennement. » Et pour bien persuader à ceux qui nous liront que les concessions royales de cette époque étaient rarement désintéressées ; pour qu'on n'oublie pas que , dans l'époque féodale , le cœur des princes fut peu accessible à la philantropie , nous dirons que les dispositions finales de la charte que Philippe - Auguste concéda s'appliquent aux nombreuses redevances en argent et en grains qui furent imposées à la ville de Compiègne, en échange des droits nouveaux dont on la mit en possession. La vérité importe à • l'histoire ; pourquoi donc verrions-nous un témoignage de la bonté royale dans l'octroi d'une charte dont la pénurie du trésor du prince fit probablement les seuls frais.