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E S Annales du Hainaut nous apprennent que la ville de Guise était , au ix' siècle , l'une des douze pairies du comté de Flandre. Colliette et le père Lelong ont pensé que le château de Guise fut bâti au xf siècle et ils affirment que Godefroi , seigneur de Guise en 1080, est le plus ancien châtelain de ce lieu dont le nom soit parvenu jusqu'à nous. Devisme, cependant, fait mention de Wautier qui aurait, dès l'année 1058 , possédé la seigneurie de Guise.
Le château de Guise, l'une des plus fortes places de la Tiërache , joue un rôle important , au moyenâge, dans les annales de la Picardie. Assiégé en 1337 il servit à immortaliser le nom de Jeanne de Hainaul. La France alors était menacée par une coalition redoutable ; Edouard III d'Angleterre , l'empereur Louis de Bavière , le duc de Brabant , les comtes de Namur et de Hainaut , Artevelle et ses Flamands s'étaient ligués contre Philippe de Valois. Une armée anglaise venait de pénétrer en ïiérache, pillant les villes, incendiant les monastères , portant la dévastation dans les campagnes. Guise appartenait à Louis de Châtillon , comte de Blois , mort à Crécy peu d'années après, marié à Jeanne de Hainaut, comtesse de Soissons, dont le père avait pris parti contre la France et s'était emparé de Guise. « Il avoit bien cinq cens ) combattans, disent les chroniques de Froissart, et en- ) tra dans la ville et la fit toute ardoir ( brûler ) ) et abattre les moulins. Dedans la forteresse étoit 1 madame Jeanne sa fille , femme au comte Louis de ) Blois , qui fut moult effrayée de l'arsure et du con- ' venant monseigneur son père , et lui fit prier que ) pour Dieu il se voulût déporter et retraire et qu'il ) étoit trop dur conseillé contre lui quand il ardoit ) l'héritage de son fils le comte de Blois. » Mais ne tenant nul compte des supplications de sa fille , le comte de Hainaut se mit en devoir de s'emparer du château. C'est alors que Jeanne de Hainaut , faisant appel aux hommes d'armes qui lui restaient fidèles,
se reiirenna dans celte forteresse , y soutint un siège meurtrier et la défendit avec une intrépidité telle que le comte dut renoncer à ses projets. Ce que fit Jeanne de Hainaut dans cette circonstance a mérité l'admiration de la postérité. Et ce qui donne à sa belle conduite un prix plus grand encore , c'est que Jearme garda fidélité à Philippe de Valois lorsque la trahison surgissait de toutes parts , dans un temps où l'on vit les plus grands seigneurs du royaume méconnaître le drapeau de la France et mêler leurs bannières aux étendards ennemis !
Le siège de 1650 est célèbre. Le château , cette fois , dut sa conservation au courage des habitants. Les alliés ravageaient la Tiérache , et Ribemont venait d'être pillé , lorsque l'ennemi résolut de s'emparer de la ville et de la forteresse de Guise. Le comte de Fuen-
NOTIONS HISTORIQUES SUR GlUSE.
H56. Rétablissement du chapitre de Guise dont la fondation était antérieure au XII* siècle et que l'abbaye de Fesmy avait remplacé en 1142. — 1177. Le château de Guise est rasé par les troupes des comtes de Flandre et de Hainaut en guerre alors avec le sire de Guise, Jacques d'Avesnes. — 1191. Mort de Jacques d'Avesnes, sire de Guise, l'un des plus vaillants che\'alliers de la troisième croisade. Il périt à la bataille d'Arsur et combattait encore après avoir perdu une jambe et un bras. Les annalistes des croisades comparèrent quelquefois sa valeur à celle de Richard- Cœur-de-Lion. Jacques d'Avesnes était né à Guise. — 1339. L'armée d'Edouard III ravage la Tiérache. Guise est pillé et livré aux flammes. Jeanne de Hainaut , fille du comte de Soissons, s'enferme dans le château et repousse les assiégeants. — 1396. Mort de Jean de Noyelle ou Nouelle, né à Guise, abbé de Saint-Vincent de Laon , auteur d'un recueil diplomatique et du Miroir historial. — 1424. Les troupes royales, l'armée du duc de Rourgogne et des corps anglais couvrent la Picardie. Guise est la seule ville de la province qui tienne encore pour le roi. Jean de Luxembourg , capitaine bourguignon , assiège le château. — 1425. Guise se rend à Jean de Luxembourg. — 1440. Jean de Luxembourg meurt à Guise. — 1444. Lettres-
saldagnc commandait les Flamands et campa à Flavigny-le-Petit ; dom Estevan de Gamarc arrivait par Vadancourt avec les Espagnols ; le comte de Ligneville plaça ses Lorrains à la Censé de CourccUes , dans le petit bois et jusqu'à celui des Agneaux; Sfrondate commandait les A-llemands et prit quartier au-dessus du bois de Fay et vers la Bussière ; enfin , et ceci est plus triste à dire , le grand Turenne que des dissentiments séparaient alors de la cour s'était mêlé aux assiégeants et prit position à la Mothe avec le corps français qu'il conduisait. M. de Bridieu, gentilhomme poitevin, commandait dans Guise où tenaient garnison les régiments de Clermonl -Tonnerre et de Persan, un régiment polonais, deux compagnies suisses de Salis et soixante chevaux d'une compagnie d'ordon-
patenles poilant donation de Guise , avec litre de comté, à Charles d'Anjou, comte du Maine. — 1486. Los Impériaux assiègent Guise sans succès. — 4487. Guise de nouveau assiégé, i'iédéric de Hoin , seigneur de Montign}' , est dangereusement blessé devant celle place. Les assiégeants renoncent à leur projet. — 4491. Lettrespatentes portant donation du comté de Guise en faveur de Jean d'Armagnac et de Louis , son frère. — 4499. Naissance de Claude de Lorraine , premier duc de Gnise et tige de la maison de Guise. — 4520. Twuisaclion entre François F% les maisons de Lonaine , de Luxembourg , de Rolian et d'Anjou touchant la possession du comté de Guise accordé par cette transaction au célèbre Claude de Lorraine. — 4510. La duchesse de Lorraine établit à Guise une compagnie de l'are. — 4528. Erection du comté de Guise en duché-pairie en faveur de Claude de Lorraine. — 1536. Prise de la ville et du ciiâtean de Guise par les Impériaux. — 1549. Claude de Lorraine bûtit le château actuel. — 4580. Naissance à Gnise du jurisconsulte Dumesnil Romery, élève de Jusle-Lipse et auteur d'un savant commentaire sur les Institutes. — 4594. Les Ligueurs commandent dans Guise. Henri IV attaque les faubourgs et les brûle. — 1613. Fondation des Minimes. — 1644. Établissement de l'élection. — 1621. Les Calvinistes de Guise sont désarmés — 4633. Mort de Jean-Baptiste Buridan , né à Guise , commentateur des coutumes du Vermandois.
iiaiice. La ville lïil einporléc aj)rès onze jours de siège; mais le château résista, grâce à la bravoure des troupes et au courage que déployèrent les habitants. Le 2 juillet, l'ennemi leva le siège après avoir perdu six mille soldats. — Pour consacrer le souvenir de cette belle défense , Louis XIV accorda de nombreux privilèges à la ville de Guise, fit frapper une médaille et anoblit le maïeur Poulain , le lieutenant Desforges et l'èchcvin de la Chasse.
Nous éprouvons quelque plaisir à pouvoir, en inscrivant ici ces trois noms , donner aussi un souvenir aux habitants de Guise qui commandaient les douze compagnies bourgeoises. Voici leurs noms : Lefèvre , de Mardigny , Desforges, Haiiy , de Vives, de Lastre , Guyart , le Blond , Chimai , Loiseau , Pierrot et Ba-
— 1636. Le prince Thomas de Savoie assiège Guise sans succès. — Vers d650. Mort de Nicolas Abraham delà Framboisièrc, né à Guise, médecin d'Henri lY et de Louis Xin. — 1650. Belle défense de la ville et du château de Guise assiégés par les Espagnols. — 1654. Naissance à Guise d'Hyacinthe Ravechel, savant théologien et docteur de Sorbonne. — 1668. Fondation de l'hôtel-Dieu, — 1671. Mort du clianoine Claude Dorrtiay, né à Guise , auteur de VHistoire de Soissons. — 1673. Naissance à Guise du savant bénédictin Nicostrat Bara. — 1675. Naissance à Guise de Prosper Marchand, bibliographe érudit, long-temps rédacteur du célèbre Journal Littéraire , publié à La Haye , auteur de VHistoire de Vorigiîie et des premiers progrès de V Imprimerie. — 1704;. Guise est de nouveau érigé en duché-pairie en faveur du prince et <le la princesse de Condé. — 1704. Établissement du grenier à sel. — 1740. Établissement du collège. — 1762. Naissance à Guise du conventionnel Camille Desmoulins , publiciste éloquent du vieux Cordelier et mort sur l'èchafaud pendant la tourmente révolutionnaire. — 1766. Lettres-patentes portant que le bailliage royal de Ribemont sera transféré à Guise. — 1787. Établissement d'une assemblée d'élection dans la ville de Guise. — 1789. Le bailliage de Guise s'assemble à Laon avec ceux de Chauny, Noyon,La Père, Laon et Marie. Election des députés aux états-généraux.
lagrii. (les compagnies formaient un corps de huit cents hommes et rendirent les plus grands services; on les vit faire plusieurs sorties meurtrières pour enlever des convois à l'ennemi ou protéger le ravitaillement du château; et ce fut parmi ces hommes courageux que se trouva Pierre Ouateau dont l'intrëpidilé mérite d'être citée. Les Espagnols venaient de construire un pont de bateaux pour donner l'assaut à la place ; Pierre Ouateau , méprisant tout danger , se jette dans l'Oise à la nage , sous le feu de l'ennemi ; ses dents retiennent un couteau dont il a pris soin de se munir et qui lui sert à couper les nombreuses amarres du pont. Il revient ensuite à Guise dans un bateau dont il a su s'emparer, échappant ainsi, comme par miracle, aux balles et aux boulets des Espagnols.
j^ LU SIEURS historiens affirment que vers ^\ Fan 1 1 78 les Hesdinois ayant méconnu l'autorité de Philippe d' A.lsace , comte de Flandre , ce dernier abolit la commune d'Hesdin, fit transporter à Aire la cloche de son beffroi et précipiter du haut d'une tour les principaux chefs de la rébellion. La charte d'établissement de cette commune antérieure à 1178 n'est point parvenue jusqu'à nous ; il n'en est pas question
dans le recueil de Godcfroy ; et le préambule de la charte communale que Philippe-Auguste concéda à la ville d'Hesdin, en 1191 , a tous les caractères d'un titre d'établissement primitif , rien n'y indique qu'on ait voulu reconstituer une commune autrefois abolie. La charte comprend six articles et fut octroyée à la demande faite par les bourgeois d'une concession royale d'union et communauté.
Louis VIII, fils de Philippe - Auguste , devenu possesseur du pays d'Artois à la mort de Philippe d'Alsace, autorisa en 1220 la construction de la halle échevinale d'Hesdin, après avoir confirmé, en 1215, la charte concédée par son père et dont nous transcrivons ici les principales dispositions :
« Il y aura dans la commune vingt jurés dont un » sera maïeur. On les changera chaque année. Un » juré ne pourra l'être deux ans de suite. Les anciens » choisiront cinq jurés qui éliront tous les autres.
» Celui qui tuera quelqu'un de la commune d'Hes- » din , dans les limites du château ou de la ban- M lieue , perdra sa tête à moins qu'il ne se réfugie n dans une église. Sa maison et ses biens appartien- » dront au seigneur. Si le meurtrier s'évade , il ne » pourra rentrer à Hesdiri ou dans la banlieue sans » s'être réconcilié avec les parents de la victime et » sans payer dix livres à la commune.
» Celui qui fera perdre un membre à quelqu'un » sera privé d'un pareil membre , à moins qu'il ne » fasse la paix avec les parents du blessé ; il conser-
») vcra alors ses membres , donnera cent sols à la M commune, outre le droit de soixante livres au pro- » fit du seigneur.
» Celui qui violera une femme sera juge par les » ëchevins , sauf le droit du seigneur dans le cas de » rapt. Il pourra l'épouser, si les parents de la femme » violée l'agréent. S'il ne peut être pris dans la » commune , il en sera banni pour sept ans. »
L'institution communale d'Hesdin fut modifiée en 1243 avec le consentement des bourgeois. Robert 1«', comte d'A.rtois, Robert II et la comtesse Mahaut confirmèrent successivement les privilèges de la ville que les ducs de Bourgogne respectèrent à l'exemple de leurs prédécesseurs. En 1395 l'un d'eux, Philippe -le -