NOTIONS HISTORIQUES SUR DOULLENS
931. Herbert II, comte de Vermandois, est dépossédé par Hugues-le-Grand du château de Doullens. — 936. Déniolilion de cette forteresse. — 1138. Guarin de Châlillon-Saint-Pol , évêque d'Amiens, confirme les possessions de l'abbaye de Saint-Michel de Doullens. ( Voir pour la fondation de ce monastère le I"^ volume de cet ouvrage, page 164.) — 1170. Fondation de la maladrerie de Saint-Ladre. — 1175. St-Tliomas de Cantorbéry dédie l'église paroissiale de Noire-Dame. — 1202. Guillaume II , comte de Ponthieu , concède une charte communale aux habitants. — 1211. Conférences de Philippe-Auguste et de Guillaume II dans l'église collégiale de 5airti-Mar/î/i dont la construction fut achevée cette année-là. — 1221. Philippe-Auguste confirme les privilèges accordés à Doullens par Guillaume II. — 1225. Doullens, jusqu'alors fief mouvant du comté de Ponthieu et tenu en arrièrefief par l'évèché d'Amiens, est réuni au domaine royal. — 1232. Construction de l'église paroissiale de Saint-Pierre. — 1237. Baudouin de Camp d'Avesne, comte de Saint-Pol, abandonne aux habitants le droit de fouage dont il jouissait dans Doullens. — 1264. Gui de Chàtillon , comte de Saint-Pol , exempte les habitants de Doullens de tout droit de travers et de péage à Lucheux. — 1272. Philippe-le-Hardi confirme l'établissement de l'hôtel-Dieu. — 1315. Louis-le-Hutin donne à Guide Châlillon, comte de Sainl-Pol, la ville et châlellenie de Doullens. — 1315. Suppression de la prévôté de Doullens. — 1317. Louis-le-Hutin confirme les privilèges des habitants. — J323. Les Templiers avaient alors une maison à Doullens dans la rue dea Maizeaux. — 1361. Doullens contribue à l'entretien des trois bourgeois d'A-
charte de Doullens. Le trentième article de la charte d'Abbeville se trouve aussi reproduit dans celle de Doullens ; il règle que les bourgeois devront au comte trois aides, Tune pour sa rançon, l'autre pour marier sa fille, la troisième pour faire son fils chevalier. Voici le sommaire des autres dispositions de la charte de Doullens ; elles diffèrent essentiellement des articles de la charte d'Abbeville : 27. Les contestations entre le comte et les bourgeois qui ne pourraient être jugées par ce qui précède le seront par les coutumes d'Abbeville. 28. Le comte cède aux bourgeois son minage de Doullens pour ime redevance annuelle de dix livres
miens envoyés en otage pour le roi Jean. — 1363. Lettres de ce prince , datées d'Hesdin , pour la construction du beffroi de Doullens sur l'emplacement de l'hôtel de Deavval , ancienne maison des comtes de Ponlhieu. — 4365. Charles-le-Sage réunit la ville et châtellenie de Doullens au domaine royal. — 1365. Rétablissement de la prévôté de Doullens. — 4366. Chavles-le-Sage confirme les privilèges des habitants moyennant 500 livres d'or. — 1366. Sentence du bailliage d'Amiens qui maintient l'échevinage de Doullens dans les droits de la vicomte. — 1366. On fabrique des draps à Doullens. — 1386. Établissement de la salle de justice et des prisons dans la tour de Beauval. — 1406. Lettres de Charles VI accordant à l'échevinage la permission de démolir cette tour. — 4406. Construction de l'hôtelde-ville. — 1417. Passage de Jean-sans-Peur, duc de Bourgogne, et d'Henri V,roi d'Angleterre. — 1417. Les habitants de Doullens signent un traité d'alliance avec les ambassadeurs bourguignons. — 1435. Traité d'Arras. Charles VII cède Doullens au duc de Bourgogne, Philippe-le-Bon. — 1438. Établissement des Bétjuines. — 4459. Fondation du couvent des Cordelicrs. — 1463. Louis XI rachète Doullens. — 1464. Passage de ce prince. — 4465. Doullens est de nouveau cédé k la maison de Bourgogne. — 1470-1475. Charles-le-Téméraire, duc de Bourgogne, vient souvent à Doullens. — 1475. Cette ville tombe au pouvoir de Louis XI qui ordonne qu'elle soit brûlée et que l'on rase ses fortifications. Voici ce qu'écrivait ce prince à Labellière : «Monsieur le gouverneur, je vous baille ceste charge et » vous prie que vous dites à M- de Torcy que si ceulx qui sont venus à Dourlens » sont deslogez , que incontinent on y face mettre le feu et que tout snit hrûlé , » réservé les églises ; et s'ils ne sont partis , que incontinent qu'ils le seront qu'on
en monnaie du Poulliieu. 29. Le comte pourra commettre à la 2;arile des poids de la vijle tel bourgeois (ju'il lui plaira, et le droit qu'il en retirera sera le même que celui qu'il perçoit à Abbeville. 30. Les eaux qui sont dans l'intérieur des fortifications appartiennent au comte qui restera tenu de réparer le dommage qu'elles pourraient causer. 31. Les droits de change qui appartiennent au comte se régleront selon l'usage d'Abbevillc. 32. Les entrées des caves empiétant sur la rue , les lavoirs et le travail des maréchaux devront le cens au comte selon la coutume d' \bbeville ; les bourgeois en les abandonnant seront
') le face bien brûler et qu'il n'y ail point défaut. Esciipt à Beauvais le 28' jour de » juillet. Lojs. » — d477. La ville incendiée et rasée était tombée au pouvoir des Bourguignons. Mais, à la nouvelle de la mort de Chailes-le-Téméraiic , le» lialii-. tants reconnuren|£autj)ritédu roi de Fiance. — 1502. Établissement de la compagnie des chevaliers grands-archers de St-Sébastien. — 1507. Rédaction dans l'hôtelde-ville de la coutume locale de DouUens. — 1522. Doullens dont les fortifications avaient été en partie rétablies est de nouveau démantelé par les ordres du comte de St-Pol , à l'approche des Anglais. Ceux-ci s'emparent de Doullens , l'incendient et saccagent les églises. Beaucoup d'habitants se réfugient à Abbeville et à Amiens. —^1523. Antoine de Créqui fait construire un château à Doullens. — 1526. François r ' donne la châlellenie de Doullens à Antoine de Bayencourt. — 1526. Passage de François \" . — 1543. Jean Bitharne compose à Doullens le livre de lu yuerre tant par mer que par terre et l'opération du feu yréyeois. — 1547. Henri II vient visiter les fortifications de Doullens. — 1555. Nicolas de Hautpas , né à Doullens , publie à Paris chez Michel Vascosan le livre de lu contemplation de la nature humaine. — 1567. Les Calvinistes s'emparent de Doullens. — 156S. Ils abandonnent la place en vertu d'un édit de pacification. — 15S0. Ils tentent sans succès de rentier à Doullens. — 1586. Celte place tombeau pouvoir des Ligueurs. — 1594. Doullens reconnaît Henri IV. Ce prince confirme les privilèges des habitants. — 1.595. Les Espagnols s'emparent de Doullens après un siège meurtrier. — 1598. Doullens est rendu à la France par le traité de Vervins. — 1598. Lettres-patentes d'Henri IV portent confirmation nouvelle des privilèges de Doullens. — 1613. Construction de la façade del'hôlel-de-ville. — 1616. Louis XIII confirme les pri-
quittes de cens. 33. Les maisons de la ville réputées franches devront être considérées comme des maisons ordinaires si elles n'ont titre de leur franchise. 34. Celui qui succombera dans sa plainte devant la justice paiera trente deniers d'amende. 35. Celui qui vendrait une chose mise en séquestre paiera trente deniers , à moins qu'il ne soit le bailli. 36. On ne mettra en séquestre ce qui appartient à un bourgeois
viléges des habitants. — d633. Achèvement des courtines de la citadelle, delà place d'arnaes, de l'épaule et face des bastions Richelieu , Royal et Dawphin. — d635. Achèvement des demi-lunes de la citadelle. — Vers 1637. Reconstruction du couvent des Cordeliers. — 1640. Établissement du moulin à poudre. ^- 1642. Fondalion du couvent des 5ceur5-Gn\se*. — 1642. De La Font de Boisguérin , seigneur des Houlières , mari de M™*" des Houlières , dont les poésies ont de la célébrité , était lieutenant du roi à Doullens en 1642. Le gouvernement de celle place eut beaucoup d'importance. On trouve parmi ceux auxquels il fut confié des Lannoy, des Saveuse, des Rambures et des Blotefierre. Nous remarquons aussi parmi les gentilshommes qui , dans le cours du XVIl" siècle , furent lieutenants du roi à Doullens Adrien de Forcheville, seigneur de Bezencourt, dont les descendants existent encore. Plusieurs Forcheville se sont distingués dans nos armées. La terre de Forcheville , aujourd'hui Forceville, est située en Amiénois dans le voisinage d'Oisemont. — 1648. Le père Gabriel , né à Doullens, renommé par son savoir et par l'éloquence de ses prédications, publie à Paris des tables astronomiques. — 1652. Le cardinal Mazarin est exilé à Doullens. — 1672. Démolition des couvents des Cordeliers , des Sœurs-Grises et de l'hôtel de Belloy pour la formation de l'esplanade de la citadelle. — 1678. Passage de Louis XIV. — 1704. Naissance à Doullens de M. de Francheville , conseiller du grand Frédéric , auteur d'un grand nombre d'ouvrages. Voltaire publia sous son nom la premièreédition du Siècle de Louis XIV. — 1710. Les Impériaux tentent sans succès de surprendre Doullens. — 1720. Le duc du Maine , fils légitimé de Louis XIV, est mis en détention dans la citadelle de Doullens, à l'occasion de la conspiration de Cellamare. — 1728. Enregistrement à l'hôtel-de-\ille des statuts de la compagnie privilégiée des chevaliers grands-archers de Si-Séhastien. — 1729. Louis XV confirme les privilèges de cette compagnie. — 1754. Entrée du duc de Chaulnes nommé au gouvernement général de la Picardie. — 1759. Établissement de l'école publique. — 1776. Elle de Beaumont, intendant des finances du comte d'Artois et de Ponthieu , prend au nom de ce prince possession de la châtellenie de Doullens, ancienne dépendance du Ponthieu.
qu'après l'affaire instruilc. 37. Les bourgeois de Doullens jouiront des usages , coutumes et commune dont ils sont en possession dans la banlieue. 38. Le comte ne pourra citer en justice lesdits bourgeois hors des murs de Doullens; il ne pourra avoir d'autre forteresse que Doullens, même dans la banlieue dont les bornes sont fixées ainsi qu'il suit : V épine de Folemhray , la haie d" Ampliés , Sery, Vicognc , la fosse de Candas , Hunort-Fosse y le vieil Ocoche et la croix de Longuevillette. 39. Les bourgeois pourront , sans l'avis du bailli , exercer des saisies dans la banlieue. 40. Toutes ces stipulations ont été jurées par le comte et par les bourgeois.
La charte de Guillaume II fut confirmée par Pliilippe - Auguste en 1221. Le gouvernement municipal de Doullens se composa d'abord de vingt échevins parmi lesquels on choisissait le maïeur; ce nombre fut réduit à sept par Henri IV. On érigea plus tard la mairie en office. En 1757, l'échevinage comprenait: le maire, son lieutenant, cinq échevins, le procureur du roi , le greffier et le receveur des deniers * .
Les premières armes de la ville furent celles de la maison de Ponthieu et représentaient un comte à cheval, l'épée au poing, l'écu de gueules à la main.
* (Voir pour Doullens VHistoire de la ville et du doyenné de Doullens par le père Daire; laS*" édil. i\es Lettres sur le département delà Somme , par M, H. Dusevel ; la description historique et pittoresque du département , par MM. H. Dusevel et Scribe j et l'excellent travail de M. Labourt publié dans le IV' volume des Mémoires de la Société des Antiquaires de Picardie, pages 279 et suivantes.)
Après 1202, époque où la commune fut instituée, les armes de DouUens se composèrent d'un grand cercle portant en relief les douze têtes des pairs , échevins ou juges de la cité, avec l'exergue dont le texte suit :
HI SUNT DUODEKl