ÉVÉQUES DE SAINT-OMER
'\. Guillaume de Poitiers , i^^Si. Premier évêque de Sainl-Omer. Il ne reçut point la consécration épiscopale. — 2. Gérard de Hamcricourt , 1562. Abbé de St-
cic Saiiit-Omer avait la seconde place aux ëtats de la province et prenait rang dans rassemblée immédiatement après réveque d'Arras.
Nous venons de retracer, dans ses circonstances les plus essentielles, les phases diverses de l'épiscopat de Picardie ; on nous saura gré peut-être d'avoir voulu , en terminant, nous rendre bien compte des principes qui le dominèrent. Aux premiers siècles du christianisme, l'Eglise avait à vaincre à la fois le druidismc
Berlin. Il fonda deux collèges à Louvain et à Saint-Omer. — 3. Jean F' Six^ \^M. Il tint un synode en 1582 , en publia les décisions et fonda le séminaiie épiscopal. Sa devise était : Judicium cogita. — 4. Jacques I" de Pamèle , 1587. Il mourut dans l'année de sa nomination sans avoir été confirmé. — 5. Jean II du bernois, 1591. Prédicateur du duc de Parme. Charitable et éloquent. — 6. Jacques II Blase, ICOO. Nommé par les archiducs. On lui dut l'établissement de la bibliothèque du chapitre. — 7. Paul Boudot , 1618. Transféré à Arras en 1627. — 8. Pierre Saunet, 1628. Confesseur d'Isabelle, infante d'Espagne. — 9. Christophe 1''^ de Morlet , 1632. Il avait été chanoine et doyen de Sainl-Omer. — 10. Christophe II de France, 1634. Sagesse et active charité. Fils du président du grand-conseil de Malines. — 11. Lndislas Jonnart ,\Q&2. Doyen de Cambrai, évêque d'Arras, plus tard de Saint-Omer et enfin archevêque de Cambrai. Vertus évangéliques. — 12. Jacques Théodore de Brias, 1672. D'une noble famille du pays d'Artois. Transféré à Cambrai en 1675. — 13. Charles de Lonyueval, 1675. Il mourut sans avoir été confirmé. — 14. Armand-Anne-Tristan de la Baume, 1677. Il fut d'abord évêque de Tarbes et fut transféré à l'archevêché d'Auch. — 15. Louis -Alphonse de f^alhelle , 1684. Agent-général du clergé et aumônier de Louis XIV , puis évêque d'Alet. 11 légua à sa mort 80,000 liv. à l'hôpital-général de Saint-Omer. — 16. François de Falbelle de Tovrves , 1708. Aumônier de Louis XIV. — 17. Joseph-Alphonse de Falbelle, 1722. Neveu du précédent. Il fut d'abord son coadjuteur avec le titre à'évêqt/e d'Hiéropolis. — 18. François-Joseph de Brunes de Montlouet , 1755. Les états d'Artois , dont il était le député auprès dn roi, arrêtèrent après la mort de ce prélat qu'ils feraient élever un monument à leurs frais pour consacrer sa mémoire. — 19. Louis-François de Conzié , 1766. Transféré à Arras en 1769. — 20. Joachim-François Mamcrt de Conzié , 1769. Frère du précédent et nommé , sur son refus, à l'archevêché de Tours. — 21. Jcan-Autjuste de Chastenet de Puyséijur, 1774. — 22. De Chalabre. — Siège supprimé.
des Gaules et le paganisme romain; il fallait pour cela éclairer les peuples; la vie des éveques fut consacrée aux prédications. L'Empire tomba, et les Franks préparaient déjà par des victoires les destinées futures de la nation ; les éveques portèrent alors la lumière de l'Evangile parmi leurs tribus barbares. Et lorsque Karlele-Grand parut, le pouvoir épiscopal se trouva mêlé aux affaires publiques ; les actes des conciles et les capitulaires , auxquels Karle et ses successeurs attachèrent leur nom, respirent tous l'influence de l'Eglise et sont pleins de sa grandeur.
Après la mort de Karle - le - Grand , l'Eglise perdit comme les possessions frankes le caractère d'unité qui avait fait leur force commune. L'empire de Karle fut divisé; l'Église rétrécit son action et la concentra, pour ainsi dire, dans les circonscriptions diocésaines. Cette époque pourrait être appelée celle de la féodalité de l'Église. Examinons-la bien ; — les éveques ont moins de relations entre eux ; le soin d'afiFermir leur puissance temporelle est devenu leur unique préoccupation. Souvent l'attrait de l'indépendance et le désir des richesses se font jour là oii des vertus évangéliques régnaient autrefois sans partage. L'épiscopat semble n'avoir rien gardé de sa mission divine ; un évêché n'est plus qu'un bénéfice. Beaucoup d'évêques, comme Gaudry de Laon ou François de Ilalluin d'Amiens ', ont leurs meutes et leurs équipages de chasse. D'autres, s'aban-
' Evêque d'Amiens en 4502. Il mourut à la chasse, près de l'abbaye du Gard , blesse par un sanglier qu'il poursuivait.
donnant au goût des armes, délaissent l'étole pour Vépée ^ l'aube pour la cuirasse, le casque pour la mitre, la lance pour le bâton pastoral '.
Tant il est vrai que la féodalité avait alors tout envahi ! Un évêclié était un vrai fief. L'âge et les conditions requises importèrent peu. Jean de Gaucour fut pourvu de l'évêché d'/Vmiens à vingt-deux ans. On donnait des abbayes aux gentils-hommes, lorsqu'ils s'étaient signalés dans un combat; on vit des monastères dont les religieux étaient placés sous le gouvernement d'une femme '.
Le sentiment de l'histoire serait, toutefois, bien gravement méconnu si les temps oii de telles choses se pratiquaient étaient jugés sur les mœurs actuelles. « Le n clergé, dit M. Guizot, fut long-temps associé à toutes 1) les conditions humaines. . . Les évêques , les chefs du » clergé chétien étaient engagés dans l'organisation féo- » dale, membres de la hiérarchie civile en même temps w que de la hiérarchie ecclésiastique. De là des mœurs, 1) des habitudes , des intérêts communs entre l'ordre » civil et l'ordre religieux. »
' Gladium pro stola , loricum pro allia , calceam pro mitra , lanceam pro bactilo pastorali. ... { Remontrances du pape Céleslin m à Philippe de Dreux , évoque de Beauvais. )
* « Or comme un abus en produit aisément un autre , aussi advint-il que d'une )> mesnie licence on donna les abbayes aux gentilshommes et capitaines ; voire nos » roys ne faisoienl conscience de les donner à des femmes. Car , comme j'ay dit » ailleurs , le premier mescontentement de Hugues-le-Grand fut que Chaiies-Ie- » Simple avait osté à Rotilde , sa belle-mère , une abbaye qu'elle avait , pour en « revcslir Haganon. El lorsque nozroys exerçaient ces libéralitez indues, on disoit » qu'ils avoient telles abbayes ^«ro leneficii ; c'estoit à l'instar des fiefs que l'on » appeloit lors bénéfices. » { Pasqcier , Recherches de la France. )
Mais au milieu de tant d'éléments contraires au maintien de la discipline ecclésiastique et aux devoirs de répiscopat , la Picardie eut souvent des prélats qui surent préserver leur esprit et leur cœur de l'influence des habitudes de leur siècle. Rappelons à ceux qui nous ont lu l'évèquc Baudry à qui Noyon, en proie à des dissensions funestes , dut la fin de ses maux ; Charles de Roucy dont le blé , mis en réserve dans les greniers de l'évèché, n'eut à Soissons pendant la disette d'autres acheteurs que les pauvres; rappelons-nous surtout ce GeolTroy dont l'histoire des libertés communales garde avec soin le souvenir, et qui joignit à ses lumières une piété profonde et des vertus dont l'Eglise vénérera toujours la mémoire.