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APRÈS LE TREIZIÈME SIECLE

Saiste-Claire d'Arkas (Parthennn Atrelntcnsis Ordinis S, Clarœ. ) Abbaye ^fci

Margiieiilo de Dampicrre l'ouda près d'Orchies , en 1234, une abbaye de religieuses de Citeaux sous le titre de V Honneur de Notre-Dame. Transporté à Flines en 1251 , ce monastère devint riche et puissant. Ce ([u'il fit pour ramélioration des campagnes s'est conservé dans les souvenirs de la contrée. La ville de Flines se ressentit surtout des bienfaits de l'abbaye. Les habitants ne virent plus le sol de Flines couvert d'eaux stagnantes ; on détourna la rivière du Boulcnrieu pour faire couler l'eau vive sur des terres dont jusqu'alors l'agriculture n'avait tiré nul profil. Flines devint la plus illustre et fut toujours la plus régulière des abbayes de filles de Citeaux , en Artois et en Flandre. Quatre-vingt-dix religieuses y partageaient leur vie entre la prière et le travail. Elles filaient les laines de leurs troupeaux et tissaient elles-mêmes des étoffes pour leur usage. Le revenu de l'abbesse en 1772 était de 50,000 livres.

L'abbaye d'A.nchin s'éleva sur un îlot de la Scarpe en 1077 et dut sa fondation à Wautier, seigneur de Montigny. En l'année 1096, un tournoi célèbre réunit dans ce monastère trois cents chevaliers; Baudouin de Jérusalem, comte de Hainaut , v assistait avec les évoques de Cambrai , de Noyoïi et d'Arras. Nous donne-

(le lillos de l'ordie île T'réinoiitré, foiulée dans la ville d'Anas en 1457 pat Philippe <!e Saveuse , siie de Bailleuliiiont.

N. D. de-i.a-I'aix ( Bcatœ Muriœ de Puce Purlhcnonc.) Abbavc (le filles de l'ordre |À (le St-Benoil, fondée en 1004 dans la ville de Dniiai.

rons dans la partie de cet ouvrage qui traitera de la noblesse , des tournois et de la chevalerie , les détails du tournoi d'Anchin. La plupart des chevaliers qui vinrent y prendre part appartenaient h. la noblesse artésienne.

L'abbaye d'Anchin acquit de grandes richesses; les revenus de l'abbé s'élevaient à soixante et dix mille livres en 1772. La taxe en cour de Rome était alors de quatre mille florins. La bibliothèque renfermait de précieux manuscrits ; on y voyait la Vie do Charîemagne par Eginhard ; les ouvrages de St-Cernard , écrits lorsqu'il vivait, et les lettres de Pierre-le- Vénérable. Ce qu'il reste de cette bibliothèque enrichit aujourd'hui celle de la ville de Douai.

''^STi.LI lit-' "l"'

A tradition a consacré qu'une chapelle construite au commencement du quatrième siècle, en l'honneur de St-Lucien , ayant été détruite par les Huns, Khildebert et Khilpérik , chefs des Franks , établirent sur ses ruines un monastère oii l'on transporta le corps du saint martyr. Les évêques de Beauvais gouvernèrent d'abord l'abbaye

de Saint-Lucien '. Dévastée par les Normands vers la fin du dixième siècle et rétablie dans son antique splendeur par la piété des fidèles, elle eut depuis lors des abbés et devint exempte de la juridiction épiscopale. Ces derniers purent porter la mitre , la crosse et l'anneau; et les religieux de Saint-Lucien ne furent plus tenus, pour témoigner leur soumission à Tévèque , de lui présenter chaque année au jour de la Toussaint une paire de bottes de cardoûen à double semelle , feustrées jusqu aux genoux , et une pelluce de fins agneaux.

Les curieux différends qui s'étaient élevés entre les religieux de Saint-Lucien et le chapitre de la cathédrale, à l'occasion des petits pains ( paslilli ) (\yiç, les chanoines exigeaient de l'abbaye, nous ont déjà fait comp endre combien les établissements monastiques se montraient jaloux du respect de leurs privilèges. Les longues contestations dont le droit de préséance fut l'occasion, entre l'abbaye de Saint-Lucien et celle de Saint-Quentin-lez-Beauvais , nous en fournissent un nouvel exemple. Un arrêt, homologué par le parlement de Paris en 1372, donna gain de cause à Saint-Lucien. c< Notre église — disaient ses religieux — est la plus an- )) cicnne du Beauvaisis et de la Picardie ; elle eut l'hon- » neur d'être fondée par les premiers rois chrétiens

' {Sunctus Lvcianus propc Bchacum. ) kbhaye d'hommes de l'ordre de Si- Benoit fondée aux portes de Beauvais vers 582 ( Gallia Cliristiana. ) Revenus de l'abbé de Sninl-Liicien en 1772. . . 16,000 livres. Taxe en cour de Rome. .. 300 florins. 1^

» Childebert, Chercbcrt et Cliilpéric, lesquels y mirent » des cénobites environ l'an 580, afin de servir Dieu » et de lui faire continuelles prières pour la conscr- )) vation du royaume. Elle est la plus célèbre et » renommée de toute la France ; l'asile commun des » malades et des démoniacles ; abbaye ornée et décorée ->■> d'insignes privilèges, l'abbé d'icelle portant mytre , » anneau et baston pastoral , ayant puissance d'imparti tir la bénédiction au peuple comme un evesque. St- » Pierre et St-Paul sont les patrons de cette église ; » Enfin , elle est de fondation royale et porte , pour ce , 1* des fleurs de lis sans nombre. »

L'abbaye de Saint-Lucien devint l'un des plus riches monastères du royaume. Le cardinal Chollet la combla de ses dons. Il était frère d'un abbé de Saint-Lucien et fut chanoine de la cathédrale de Beauvais. On voyait son mausolée dans l'église de l'abbaye. Odet de Coli gny, cardinal de Châtillon ; le cardinal de Bérulle ; Richelieu ; Mazarin et Bossuet furent abbés de Saint- Lucien.

L'abbaye de Saint-Germer-de-Flaix ' avait été fondée vers le milieu du septième siècle. Ansegise, l'un des hommes les plus célèbres de son temps , à qui l'on dut la première collection des capitulaires , gouverna

' Saint Geiiuer de Fly ou de F\i\ {Sanctvs Gerernarus de Flaviaco seu cir Fluxaco aut de Flaïuco, Fluijiuco\e\ Sanchis Gcrmanus de Fleio. ) Abbaye «rfiomines de l'ordre de St-Beiioît, fondée par St-Germor vers 66J. Revenus de l'abbé en 4772. . . 12,000 livres. Taxe en cour de Rome. . . 4,000 florins.

cette abbaye au neuvième siècle. On élevait gratuitement à Saint -Germer les fils des gentilshommes sans fortune ; les religieux leur enseignaient avec une bonté fraternelle la rhétorique et les humanités. Le monastère était construit en forme de croix. On admirait la beauté du cloître , l'hôtellerie , la maison abbatiale et la magnificence des jardins. Guibert de Nogent avait été moine de Saint-Germer ; le cardinal de Tournon et le fameux Odet de Coligny, cardinal de Châtillon , gouvernèrent cette abbaye.

A. la fin du sixième siècle, Ste-Ângadresme , patronne de Beauvais , fonda un monastère dans le bourg d'Oroër. Détruit par les Normands , les propriétés qu'il possédait servirent , vers l'année 1 040 , à élever l'abbaye de Saint-Paul-en-Beauvaisis '. On y comptait au dix-huitième siècle quatre-vingts religieuses dont la vie se partageait entre la prière, l'aumône et le travail. L'abbesse n'avait point de logis abbatial; elle mangeait au réfectoire et couchait dans le dortoir commun. L'origine des monastères de Breteuil% Saint-Symphorien "'

' Saint-Paul-Ies-Nonains ( Sanctus Paulus Bellovacensis. ) Abbaye de filles de l'ordre de St Benoît. Revenus de l'abbesse en 1772. . . 16,000 livres.

* ( Sancta Maria de Brethnliosea de Bertholio vel Brctolium.) ,\bbayc d'hommes de l'ordre de St- Benoit, fondée en 1030 dans la ville de Breleuil. Elle reçut la réforme des Bénédictins de Saint-Maur en 4 G44. Revenus de l'abbé en 1772. . . 20,000 livres. Taxe en cour de Rome. . . 600 florins.

' ( Sanctus Symphoriunus propè Belvacum. ) Abbaje d'hommes de l'ordre de St- Benoît, fondée près de Beauvais en 1035 par Drogon, évoque de cette ville. Revenus de l'abbé en 1772. . . 2,500 livres. Taxe en cour de Rome. . . 312 florins.

et Saint - Quentin - lez - Beauvais ' remonte au onzième siècle. Celui de Beaupré - fut fondé en 1 1 35 par Manassès de Milly, seigneur de Bulles , dont on voyait le tombeau dans le cloître. Les cartulaires de Beaupré nous ont conservé la sentence rendue par le lieutenant du bailli de l'abbaye contre un taureau qui avait tué Lucas Dupont , âgé de quinze ans, serviteur de Jean BouUet , censicr du monastère. La sentence condamna le taureau à être pendu aux fourches patibulaires de la seigneurie du Caurroy, jusqu'à mort inclusivement et pour la détestation du crime d'homicide'^.

' ( Sancttis Quint invs prnj>è Behacum seuSaitcttis Quintinus Bclvacensis. ) Ahbaje de chanoines réguliers de l'ordre de Sl-Augustin fondée en 1067 par les libéralités de Gui , évoque de Beauvais. Le célèbre Yves de Chartres fut son premier abbé. Le revenu abbatial s'élevait en 1772 à 7,000 livres. La taxe en cour de Rome était alors de 500 florins.

- ( Bclliis Prutus. ) Abbaye d'hommes de l'ordre de Citeaux. Revenus de l'abbé en 1772. . . 9,000 livres. Taxe en cour de Rome. . . 700 florins.

' CONDAMNATION d'uN TAUREAU POUR CRIME D'hOMICIDE.

n A tous ceux qui ces présentes lettres verront ; Jean Sondar, lieutenant du bailly

» du temporel de l'église et abbaye Notre-Dame de Beaupré de l'ordre de Citeaux,

» pour vénérables et discrètes personnes et mes très-honorez seigneurs , messei-

» gneurs les religieux abbé et cornent de ladite abb.iye, salut. Comme à la requeste

» du procureur de mesdits seigneurs , et par leur justice temporelle qu'ont en leur

■> terre et seigneurie du Caurroy, eût été nagaires prins, et mis en la main d'icelle

» !eur justice , ung thorreau de poil rouge , appartenant à Jean Boullet , censier et

•> fermier de mesdits seigneurs, demeurant en leur maison et censé dudit Caurroy,

•) lequel thorreau étant aux champs, et sur le teiritoiie d'icelle église, auroit par

•> furiosité occis et rois à mort un joine fils , nommé Lucas Dupont, de l'âge de

" quatorze à quinze ans, ou environ , serviteur dudit censier, lequel il avoit mis à

" la garde de ses bestesà corne entre lesquelles estoit ledit thorreau. Duquel thor-

'> reau ledit procureur de mesdits seigneurs requeroil la justice estre faite, et qu'il

« fut exécuté jusqu'à mort inclusivement par la justice de mesdits seigneurs pour

Les annales du moyen-âge nous fournissent plusieurs exemples de ces sortes de jugements. En 1313, un taureau avait tué un homme à Moisy, bourg situe aux confins du Valois. Les officiers de justice se rendirent sur les lieux et sur la déposition des témoins, le taureau fut pendu '. Les vieilles lois du peuple juif dictaientelles alors ce point du code criminel ? Nous lisons dans

i> occasion d'icelui ciimuie d'homicide et de la délestalion d'iceluy. Sur quoi en- ' queste et information eussent été faites de la forme et manière iceluy homicide, " pour laquelle ledit procureur nous eust requis sur ce luy estre fait droit. Savoir » faisons que veu ladite enqueste et information et sur tout eu conseil et advis, nous » par nostre sentence et jugement , avons dies et jugié que, pour raison de l'ho- " micide , dont dessus est touchié , fait par ledit thorreau en la personne d'ice- ' luy Lucas , et pour la détestation du crime d'iceluy homicide, ledit thorreau

> nommé confisquée mesdits seigneurs sera exécuté jnsquesà mort inclusivement

> par leurdite justice et pendu à une fourche ou potence es mettes de leur dite terre ' et seigneurie dudit Caurroy, auprès du lieu ou soUoit estre assise la justice; et à ' ce le avons condamné et condanmons. En tesmoing de ce avons mis nostre scel à ■ ces lettres qui furent faites et pronuncUiées, ctc . . Le seizième jour de may , l'an " mil quatre cens quatre-vingt-dix-neuf. »

' Le 14 juin 1494, le hailli de l'abbaye de Saiut-Marlin de Laon condamna à la même peine un pourceau qui avait étranglé un enfant. — « En 141)7, dit Carlier » dans ses Mémoires du Falots, une truie ayant mangé le menton d'un enfant fut « condamnée par la sentence du juge à être assommée. On ordonna , en outre, (pic

> ses chairs seroient coupées et jetées aux chiens ; que le propriétaire et sa femme ' feroient le pèlerinage de Notre-Dame de Pontoise, où étant le jour de la Pente- " côte , ils crieroient merci ; de quoi ils rapporteroient un certificat. »

Une ordonnance de police de la >ille d'Amiens avait réglé que les pourcheaux Saint-Anthoine qui vagueraient dans les tnes seraient mis en prison. (Eschevinage tenu à la Maie-Maison, le XPjouv d'octobre 1445. Archives de la Mairie d^ Amiens, y.' registre , coté T — 1438 à 1446. )

M. Dufour, avoué à la cour royale d'Amiens, a lu récemment îi la Société des Antiquaires de Picardie , dont il est membre vésidant , un travail relatif à plusieins autres condanmations appliquées par des juges à des animaux reconnus coupables dlioviicidc. C'est aussi à M. Dufour que nous devons la publication du Cataloijuc des manuscrits de dom Grenier. Grûce aux laborieuses recherches dont ce travail

l'exode : « Si nu ba'uf frappe de la corne un homme » ou une femme et qu'ils en meurent, le bœuf sera » lapidé et on ne mangera point de sa chair ; le maître » du bœuf sera jugé innocent '. » Les mœurs du moyenagc sont d'ailleurs bien loin de nous , et ce qui éveille l'incrédulité de nos jours était alors chose très-naturelle. N'oublions pas qu'en 1120 l'évèque de Laon excommunia les chenilles et les mulots qui détruisaient les récoltes.

Les statuts de l'abbaye de FroiDxMont * pourraient seuls suffire pour nous initier à la vie monastique des siècles passés. Ecoutons leurs prescriptions : — le silence est recommandé; on interdit la chair des oies, des canards, du bœuf et du gibier de la forêt ''. L'usage des matelas est proscrit si ce n'est dans l'infirmerie ; ils seront alors placés sur le plancher. Le médecin ne doit être requis qu'en cas d'extrême nécessité. Le prieur défend l'usage des mets recherchés , les semences de foin , l'oseille et les herbes de la montagne. Nul religieux ne pourra monter à cheval, s'il n'y a urgence et sans l'a-

esl le résultai ceux qui étudient riiistoire de la contrée pounoul compulser avec plus (le fruit les nombreux documents que le savant bénédictin nous a laissés.

' « Si bos cornu perçussent virum aut mulierem et mortui fnerint, lapidibus » obruetur, et non comedentur carnes ejus ; dominus quoque bovis iunocens erit. » ( Ex. ch. 21. § 28. )

" Frémont, Fresmonl ( Frigidus Mons , Fractimons, Sanctu Maria de Friyidomonte.) khhaye d'hommes de l'ordre de Citeaux, fondée en 1134 par Valeran, abbé d'Ourscamp. Revenu abbatial en 1772... 20,000 livres. Taxe en cour de Rome. . . 133 florins.

' « Carnes anserinœ et annticae et bovinœ non edaninr et silvestres non cmanlur.»

grément de ses supérieurs '. Les devoirs du cellerier sont nombreux ; il devra , au moins trois fois par an , se rendre un compte fidèle des bestiaux et du gibier de l'abbaje '. Rien de mondain ne doit trouver place dans le costume des religieux ; les bottes et chaussures élégantes seront laissées aux séculiers. D'autres dispositions s'appliquent à la grange, aux aumônes, à l'infirmerie , à la réception des hôtes. On recevra les pauvres et les voyageurs ; mais que les femmes libres et coquettes soient repoussées '\

L'abbaye de Froidmont eut pour bienfaiteurs plusieurs seigneurs du Beauvaisis et acquit de grandes richesses. Elle comptait , au treizième siècle , cinquante religieux et cent convers. Claude de Beze , l'un de ses abbés , contribua beaucoup à sa prospérité. Lorsqu'il vint prendre possession de l'abbaye, les religieux refusaient de le recevoir en lui disant : Nolumus te quia non te eligimus ; Claude de Beze méprisant leurs clameurs répliqua : Non vos me eligitis sed ego elegi vos. Le cardinal de Châtillon , évêque de Beauvais ; deux cardinaux de Bourbon , archevêques de Rouen; Louis de Bourbon, comte de Soissons ; et l'archevêque d' Auch , de la Mothe Houdancourt , possédèrent en commande l'abbaye de Froidmont.

* « Nec equitandi nisi urgente utilitate evidenti et ex consilio eorum per quos » domiis regitur. »

' R Omnes bestias etiam silvestres et nostras ter in anno ad minus per se vel per u nliuni faciat computari. »

* (( Mulieres lascivas et comptas repellat.»

Celle de Lannoy ' avait été fondée en 1 1 34 dans le village de Biiostel et fut transférée , en 11 37 , au lieu à'Aulnay ou Aulnoy. Les preuves du Gallia Christiana

* ( Briostelum , IhiostcUum , Alnclxim vel Lanneium. ) Abbaye d'hommes de l'ordre de Citeaux , détruite par les Calvinistesen 151)2. Il ne reste à Lannoy que la maison abbatiale.

Les autres abbayes du diocèse de Béarnais étaient : Saint-Martin-au-Bois {Sanctus AJarlinus in Boscn, liuriciiitis, Jitiricuria seu Rurictirtcnsis. ) Abbaye d'hommes de l'ordre de St- Augustin fondée à la fin du onzième siècle.

SAiNT-JnsT ( Sanctits Justus. ) Abbaye d'hommes de l'ordre de Prémontré, fondée en dd 07 par Godefroy 1" , évoque de Bcauvais ( Go/Z/a Chrisliunu.) Revenus de l'abbé en d772... dO,000 livres. Taxe de l'abbaye en courde Rome... 600 florins.

Pa>thémoî(t ( Partus Mons seu Panteo Mons vel de Pente Monte. ) Abbaye de filles de l'ordre de Citeaux fondée en 12d7 (Moréri); réduite en prieuré d'hommes en 14S3 ; restituée plus tard aux religieuses de Citeaux et établie alors dans la ville de Beauvais ; transférée enfin à Paris en d67d.

MoNCHT, Monchy-le-Ficrreux , { Monciacum Petrosum.) Abbaye de filles de l'ordre de Citeaux, fondée en d238; gouvernée par des abbesses jusqu'en 1460 , réduite alors en prieuré d'hommes ; rendue aux religieuses en d67d. Revenus de l'abbesse en d772. . . 7,000 livres.

RoYAUMONT ( Reijalis Mons. ) Abbaye d'hommes de l'ordre de Citeaux, fondée par le roi St-Louis en d227. 11 combla de ses dons ce monastère où il venait souvent oublier les grandeurs du trône. Il y servait les malades, mangeait au réfectoire, couchait dans le dortoir des religieux. St-Louis laissa , lorsqu'il mourut, sa bibliothèque à l'abbaye de Royaumont. L'église renfermait les tombeaux de Louis de France , Jean , Louis , Philippe et Blanche , tous enfants de St-Louis. On y vovail aussi ceux de Philippe d'Artois , mort en d29d ; de Louis, fils du comte d'Alençon; et celui de Henri de Lorraine, comte d'Harcourt et grand-écuyer de France. Les revenus de l'abbé de Royaumont s'élevaient à 11,000 livres en 1772. La taxe en cour de Rome était alors de 268 florins.

MoMCEL {MontceUum vel Moncellum propè Pontem Sanctœ Maxenciœ ) Abbaye de filles de l'ordre de Sle-Claire, fondée en 1309 par Philippe- le-Bel, près de Pont- Sainte-Maxence. Revenus de l'abbesse en 1772. . . 7,000 livres.

Saint-Just {Sanctus Justus.) Khhaye de l'ordre de Sle-Claire, fondée en 1572 par le roi Charles IX, près du monastère de Saint-Just de l'ordre de Prémontré. Les religieuses de Saint-Just soignaient les malades du voisinage et recueillaient les soldats blessés ou que la fatigue du voyage accablait. Ce monastère fut réuni en 1750 à l'abbaye de Montcel.

nous ont conservé une curieuse sentence rendue en 1571 par Barthélémy, évéque de Bcauvais, sur la plainte de l'abbé de Lannoy. Jean de Fontaine avait eu des différends avec l'abbaye; un religieux fut maltraité par l'un des vassaux de ce seigneur. L'évcque condamna le coupable à aller implorer à Rome le pardon du Saint Siège. Il se rendra ensuite — dit la sentence — aux abbayes de Beaupré , Froidmont et Saint-Lucien , allant nu-pieds depuis la porte du monastère jusqu'au chapitre , oii il sera réprimandé. Le coupable recommencera cette expiation dans l'abbaye de Briostel , couvert de laine, tenant des verges qu'il présentera aux religieux pour être fustigé. — La sentence eut son exécution ; et Jean de Fontaine jura, pour ses vassaux et pour lui, qu'ils ne nuiraient plus désormais au monastère et qu'ils respecteraient les droits de l'abbé.

ORSQUE la sainte image de Notre-Dame ar- \ riva d'Orient sur les plages de Boulogne , un oratoire s'éleva pour y recueillir ce précieux objet de la vénération publique. Des religieux furent préposés au service de ce saint lieu et leur communauté donna naissance à l'abbaye de Notre-Dame-de-Boulogne '. Ils appartenaient à l'or-

^ (B, Maria Bohniensis.)

drc (le St-Augustin et vécurent sous le gouvernement d'un abbé jusqu'à l'époque où l'évéché de Boulogne fut fondé. Ils formèrent alors le chapitre de la nouvelle cathédrale.

L'établissement des monastères de Blangy ', Samer et Auchy-les-Moines date du septième siècle. Le premier eut pour fondatrice Ste-Berthe , veuve du comte Sighcbert. Brûlé par les Normands vers 882, il fut rétabli en 1053. Des moines venus de Fécamp, en Normandie, remplacèrent alors les religieux qui l'avaient autrefois habité. L'abbé de Blangy était, au moyen-âge, l'un des pairs du comte de Saint-Pol. Il portait le titre de comte et avait entrée aux états d'Artois. — St-Wilmer, l'apôtre du Boulonnais, fonda à Samer " un monastère que les Normands détruisirent en 882. Des religieux le rétablirent dans le siècle suivant. « L'abbaye, qui existe » encore , a un aspect triste et sévère. L'église qui , n par sa construction , paraît remonter au treizième n siècle, est obscure et humide; elle n'a que deux nefs; » les piliers de celle de gauche sont encastrés dans le » mur'^.»

' ( Blanyiacum vel Blanziacum aut Sancta Bertha de Blajigiaco.) Ahhaye d'hommes de l'ordre de Sl-Benoîl , fondée vers 686 ( Gallia Christiana ) près de la ville d'Hesdin. Revenus de l'abbé en 4772. . . 18,000 livres. Taxe en cour de Rome. . . 800 florins.

• Sanier-au-Bois ( Salmerium , Sarnerium vel Sanctvs fVlviarvs in Neinore. ) Abbaye d'hommes de Torche de St-Berioît , hmdée en 688 ( Galliu Christiana. ) Revenus de l'abbé en 1772. . . 8,000 livres. Taxe en coni de Rome. . . 24 florins.

' ( Mémorial hislnriqtic du Pai-de-Culriis , par M. Harbavilie. )

\ucHY - i-ES - Moines ' dut sa fondation à Adalscairc , comte d'IIcsdin et seigneur d'Auchy. Comme Samer, comme Blangy, Auchy-les-Moines fut brûlé par les Normands dans le neuvième siècle. En 1079, Enguerrand, comte d'Hcsdin , fit reconstruire les bâtiments claustraux où des religieux bénédictins se fixèrent. L'abbé d' Auchyles-Moines avait entrée aux états d'Artois.

Les seigneurs artésiens et ceux du Boulonnais fondèrent un grand nombre d'abbayes aux onzième et douzième siècles, temps de ferveur et de vives croyances. Ruis- SEAUVILLE * s'éleva en 1099 par la piété d'un sire de

* ( Alciacum seu Sanctus Silvinua de Anchiaco. ) Abbaye d'hommes de l'ordre de St-Benoît fondée vers 673 (Ferry de Locres ) vers 700 ( Gallia Christiana) , dans le voisinage d'Hesdin. Revenus de l'abbé en 1772. . . 8,000 livres. Taxe de l'abbaye en cour de Rome. . . 165 Qorins.

' {RuisselH-yuia seu Bivovilla.) Khhjt^G d'hommes de l'ordre de St-Augustin fondée en 1099 près de Renty en Arlois. Les revenus de l'abbé en 1772 s'élevaient à 8,000 livres. II avait entrée aux étals d'Artois. Taxe en cour de Rome. . 150 florins.

Le champ de bataille d'Azincourt n'était pas éloigné de ce monastère. Après le combat , l'abbé de Ruisseauville , assisté du bailli d'Aire, fit ensevelir les morts dont la plaine était couverte. «Et à ce faire furent commis l'abbé deBoussianville ■> et le baillif d'Aire , lesquels feirent mesurer en quarrure XXV verges de terres ' en laquelle furent faits trois fossez de la largeur de deux hommes: dedans les- > quels furent mis par compte fait cinq mille huit cens hommes sans iceux qui « avoientesté levés par leurs amis ; et aussi les autres navrez à mort qui allèrent « mourir es bonnes villes, aux hospitaulx et ailleurs tant aux villaiges comme par )> les bois qui estoient au plus près. Desquels il y eut un très grand nombre comme » dit est ailleurs. Laquelle terre dessus dicte et fossez fut assez toct beneiste cl '• faicte cymetiere par l'évesque de Guines, au commandement et comme procureur » de Loys de Luxembourg, evesque de Théroiienne. Et après furent faictes tout au » tour fortes hayes bien espinées par dessus , afin que les loups , chiens et autres » besles ne peusseni entrer dedans ou déterrer et manger lesdessusdicls corps. »

( MOKSTRELET. )

Créquy. Beaulieii ' fut construit par Eustachc , baron de Fiennes, qui voulut ainsi expier le meurtre involontaire d'un chevalier-. Ide, comtesse de Boulogne , accueillit dans ses possessions des religieux bénédictins qui formèrent l'abbaye de Capelle '\ Celles d'ANDREs * et de Saint-Léonard ' durent leur établissement à la maison des comtes de Guînes. Eustache, comte de Boulogne, et père de Godefroy de Bouillon, fut le fondateur de l'abbaye de Saint-Wilmer ". Bobert, seigneur de Licques,

' ( B ellus Locus sea Bello Locus.) Abbaye d'hommes de l'ordie de Sl-Auguslin , fondée en 1150. Revenus de l'abbé en 1772. . . 5,000 livres. Taxe en cour de Rome. . . 24 florins.

- « Au nord-est de Ferques et dans une situation agréable entre un ruisseau et un

» bois étendu , apparaissent dans l'enclos d'une métairie quelques arcades d'un

» cloître aux fenêtres en ogives , une tourelle privée de son couronnement, une

» tour plus élevée servant de colombier et , dans la cour , une chapelle gothique

» qui n'a échappé au marteau des démolisseurs que par son affectation à un usage

)) rural. Ces restes sont ceux de l'abbaye de Beaulieu fondée en 1150 par Eustache

» II, baron de Fiennes, pour expier un meurtre involontaire commis dans un

» tournoi.» ( Mémorial historique du Pas-de-Calais , par M. Harbaville.)

^ Notre-Dame de la Chapelle (Capei^a.) Abbaye d'hommes de l'ordre de St- Benoît, fondée en 1091 , détruite par les Anglais au quatorzième siècle. La coninumauté fut transférée à Ypres.

* Andernes ou Saint-André (5. Salvator et S. Rotrudis Andresis.) Abbaye d'hommes de l'ordre de St-Benoîl , fondée en 1084 par Baudouin F*^, comte de Guînes.

' Saint-Léonard de Guînes {S. Lconardus de G/iz*«j5. ) Abbaye de femmes de l'ordre de St-Benoît , fondée en 1117 ( Gallia Christiana ) par Manassés , comte de Guînes.

• {Sanctus fVltnarus in Boloniâ.) Abbaye d'hommes de l'ordre de St-Augustin fondée en 1113 dans la ville de Boulogne. ( De fundatio Sancti JVlmari ordinis

avait pris part aux croisades de la Terre- Sainte ; il revint dans sa patrie et embrassa la vie monastique. Des religieux ne tardèrent pas à vivre avec lui en communauté et donnèrent naissance à la célèbre abbaye de LiCQUES , Tune des plus illustres de Tordre de Pré-

S. Amjustini. Galliu Christiana. Instru7n. ) Revenus de l'abbé en 1772. . . 4,8*^*^ livres. Taxe en cour de Rome. . . fifi florins.

ABBAYES DE D 0 IJ U E A U V I L L K , !JAI N T - J E A W - A U - M 0 M - L E Z - T H K - ROCAKNE, LICQUES ET LONGVILLERS.

DoiiUEAD VILLE ( Satictus Johunnes Evanijelista de Domdevillâ. ) Abbaye d'fionimes de l'ordre des Augustins, fondée en 1099 ( Gallia Christiana ) et ruinée par les guerres. Quelques historiens affirment que l'établissement de ce monastère remonte au septième siècle ; sa fondation daterait de C50 ; ruiné par les Normands en 881 , il aurait été reconstruit dans le siècle suivant. L'abbaye de Doudeauvillc était l'un des vingt-huit monastères qui reconnaissaient la règle de la congrégation d'Arrouaise.

Saint-Jean-au-Mont-lez-ThÉrocanne ( Sunctu.1 Johannes propè Teruannam.) Abbaye d'hommes de l'ordre de St-Benoît fondée sur une petite éminence voisine de la ville de Tliérouanne. Elle fut soumise au onzième siècle à l'abbaye de Fécamp en Normandie. L'abbé de Saint-Jean-au-Mont avait entrée aux états d'Artois. Thérouanne ayant été ruinée, l'abbaye partagea le sort de cette malheureuse cité. Les religieux de Saint- Jean-au-Mont s'établirent plus tard dans la ville d'Ypres. — Une ferme occupe aujourd'hui l'emplacement de l'ancienne abbaye de Saint-Jean-au- Monl-lez-Thérouanne.

LiCQUEs (Licum seu Likeum vel Liquensis.) Abbaye d'hommes de l'ordre de Prémontré. Robert , comte de Boulogne, établit d'abord à Licques un prieuré où il vécut avec cinq religieux. Baudouin de Licques, son fils, y créa cinq nouvelles prébendes eu 1130, avant d'aller dans la Terre-Sainte avec ses quatre enfants. La règle de Prémontré pénétra dans ce monastère en 1132 par les soins de Milon, évèquede Tliérouanne. Revenus de l'abbé de Licques en 1772. . . 5,000 livres. Taxe en cour de Rome. . . 24 florins.

LoNGViLLERs ( vSa«c«« Maria de Lon<jovillari.) Abbaye de filles de l'ordre de Citeaux , fondée en 1135 par Etienne de Blois , qui fut plus tard roi d'Angleterre , et par sa femme Mathilde, fille d'Eustache, comte de Boulogne. Si- Bernard contribua à cette fondation. Lne lettre qu'il écrivait à la reine Mathilde rappelle la promesse d'une dîme en faveur du monastère de Lonijovillarc , filium suum.

montré. Elle acquit de grandes richesses et Godefroy nous apprend qu'on y tenait des plaids pendant le treizième siècle.

RUNEHAUT , femme de Sighebcrt, roi d'Austiasie, fonda l'abbaye de Saint-Vincent-de- Laon ', à la fin du sixième siècle. Dévasté par les gens de guerre , ce monastère fut souvent abandonné. Des religieux de Saint- Denis , des bénédictins et des chanoines l'habitèrent pendant les temps de calme. Philibert de Brichanteau , évêque de Laon , y introduisit la réforme de Saint-3ïaur en 1643.

' (Sanclus f^inccnltus Laudiinensis.) Ahhayc ^'hommes de l'ordre deSt-Benoîl. Reveniis de l'iibl»} en 1772... 30,000 livres. Taxe en cour de Rome.. 4, 000 florin».

L'abbaye de Saint -Vincent était h second siège de rëvêque du diocèse. Ce prélat s'y rendait le jeudi-saint pour donner la bénédiction solennelle au peuple; la veille de Pâques, les religieux de Saint-Vincent fournissaient le feu bénit à la cathédrale de Laon. L'abbé prenait place après l'évéque dans les synodes diocésains; les évoques et la noblesse du pays eurent long-temps leur sépulture dans l'église de l'abbaye.

L'origine du monastère de Saint-Jean-de-Laox ' remonte au septième siècle. Il eut Ste-Salaberge pour fondatrice. Trois cents religieuses s'étaient placées sous son autorité; parleurs soins, sept églises s'élevèrent dans les dépendances de l'abbaye. La première et la plus belle de ces églises fut placée sous l'invocation de la vierge Marie ; les six autres avaient pour vocables : St- Michel et tous les Anges ; St- Jean-Baptiste , les Patriar^ches et les Prophètes; St-Pierre et tous les Apôtres; la Ste-Croix ; Ste- Marie Magdeleine ; St-Evre , èvéque de Toul. Plusieurs reines de France furent abbesses de Saint- Jean-de-Laon. Le roi — disent les vieilles chroniques — portait la couronne d'or dans les fêtes solennelles du monastère. // n'y entrait qu'à pieds ^ avec sa suite, mais sans chevaux , ni chiens. Les saintes filles de Saint-Jean chantèrent long-temps sans interruption les louanges de Dieu au sanctuaire de leurs églises; c'était le Laus Perennis en usage à Saint-Riquier et dans quel-

' ( Sitnclus Jolutnncs Laudtincnsis.) Al)b;t}c (l'Iiomines de l'oKlie <lc St-Beiioil. Taxe en cour de l\ome. . . .3,000 (lorins.

ques autres abbayes ; mais , plus tard , la ferveur qui régnait dans leur pieux asile fit place au relâchement de la discipline. H devint tel qu'au douzième siècle des moines furent substitués aux religieuses de Saint- Jean-de-Laon. La réforme de Saint-Maur pénétra dans ce monastère en 1648; la mense abbatiale fut réunie en 1760 à récole militaire de Laon.

Quelques historiens ont affirmé que l'abbaye d'ORiGNY ' avait été construite en 680 par un comte de Vermandois. Mabillon et le Gallia Christiana ont prouvé qu'elle eut pour véritables fondateurs Pardule , évêque de Laon, et la reine Hermentrude, qui vivaient au neuvième siècle. Saint-Michel-en-Tiérache ' et Bucil- LY '' durent leur établissement à la piété d'Eilbert , comte

' ( Oripiiacum vel Avriniacum ad Oesiavi. ) Abbaye de filles de Tordre de Si- Benoît , près de Ribemont , en Tiéraclie. Presque toutes les religieuses d'Origny appartenaient à des familles distinguées. On exigeait que l'abbesse fut de noble extraction. La châsse de Ste-Benoîte, fort en vénération dans la contrée, était conservée à Origny. On la portait en procession le lundi de la Pentecôte ; et ceux qui tenaient des fiefs du monastère y assistaient et faisaient ce jour-là hommage à l'abbesse. L'abbaye d'Origny fut plusieurs fois ruinée par les Anglais et par les troupes espagnoles. Oii admirait la magnificence de la maison abbatiale reconstruite au dixhuitième siècle par les soins d'Eléonore de Rohan. Les possessions d'Origny étaient considérables; ses revenus annuels s'élevèrent à plus décent mille livres. Ceux de l'abbesse étaient de d2,000 livres en -1772.

* (Sanctus Michacl in Tcrasciâ vel Suncttis Michaël de Tarascâ.) kbhaye d'hommes de l'ordre de St-Benoît, fondée en 945. Plusieurs fois dévastée par les Espagnols et pendant les guerres de In Réforme. Revenus de l'abbé en 1772. . . 45,000 livres. Taxe en cour de Rome. . . 600 florins

' ( Bucilium.) Abbaye d'hommes de l'ordre de Prémontré , fondée en 946 près d'Aubenton en Tiéraclie; habitée par des religieuses bénédictines jusqu'en dl47. Connue Origny, comme Saint-Michel , Bueilly é|)rouva plus d'une fois les maux

de Vermandois, et de la comtesse Hérésiiide. Des différends s'étaient élevés en 1218, à l'occasion d'un moulin, entre l'abbaye de Saint-Michel et Gilles, seigneur du Hainaut. Les gens de ce dernier tuèrent l'abbé Gober l dans l'enceinte du monastère. Gilles, en proie aux remords , car il avait commandé ce crime , se rendit à Rome et se jeta aux pieds du grand-pénitencier. Nous rapporterons ici la sentence que celui-ci prononça: u Gilles cédera le droit contesté, établira un » prêtre dans l'abbaye qui dira à perpétuité ime messe » pour l'abbé défunt. Le dimanche qui précède la fête » de St-Michel , le jour de la fôte de ce saint et le » dimanche qui suivra, Gilles ira à la procession, les » bras nus, portant une verge à la main. Là il pré- » sentera la verge à l'abbé de Saint-Michel pour re- )) cevoir de lui la discipline. ( eci durera trois ans. » Gilles enverra en croisade un homme de service qui » y restera six mois. Il jeûnera enfin quatorze ans, » le vendredi au pain et à l'eau, ne mangeant que » des fruits secs le mercredi ; et lorsqu'il ne pourra » jeûner, Gilles nourrira quatre pauvres le vendredi , n et deux le mercredi. »

Geoffroy, évéque d'Amiens , et le célèbre Guibert de Nogent gouvernèrent l'abbaye de Nogenï-sous-Coucy '.

qireiilinînc la gnerre. — Louis XIV se rendant à l'armée de Flandre logea dans l'abbiye le 1"^ mai idHO. Revenus de l'abbé en 1772. . . G,000 livres. Taxe en cour de Koine. . . 2'4 florins.

' ( iVosiru Domino de Noijcnln vel SiincUi AJuriu de Nntjctiio anl lieatu Muria

Ori voyait dans ce lieu, avant la fondation du monastère, une petite chapelle sous l'invocation de la Vierge et en vénération dans toute la contrée. A.lbéric , seigneur de Coucy, Mathilde , sa mère , et quelques chevaliers y placèrent des religieux en 1059; et ceci sert à expliquer le singulier hommage que rendait Fabbaye aux seigneurs de la maison de Coucy. « Le fermier de l'abbé — dit le père Lelong — entroit à Coucy, le matin des jours de Pâques , de la Pentecôte et de Noël , revêtu d'un semoir plein de bled auquel étoient attachées des rissoles '. Il étoit monté sur un cheval isabelle , auquel on avoit coupé les oreilles et la ) queue , harnaché comme pour labourer, suivi d'un ) chien roux , sans queue ni oreilles , portant au cou ) une rissole. Il attendoit en cet équipage les officiers ) de justice qui venoient à lui avant la messe parois- ) siale. Il partoit alors , à cheval au milieu de tous , ) ayant devant lui un panier de bât plein de rissoles; ) il avancoit jusqu'à une croix sur la place, en faisoit ) trois fois le tour, donnant trois coups de fouet, et •) alloit ensuite à quatre lions de pierre qui saillissent de l'église , dont un plus grand que les autres se trouve incliné sur une table de pierre. Mettant alors pied à terre , il montoit sur cette table , embrassoit

de Nogento seu j\o(jcntuin.) Abbave d'Iioiiimesde l'ordicdc St-Benoit. Bcveiius de l'abbé en 1772. . . 14,000 livres. Taxe en cour de Rome. . . 66 florins.

' Sorte de pâtisserie composée de viandes liachées mises dans une pâle de seigle et cuites à l'Imilc.

» le lion et recevoit l'acte de son hommage. 11 distri- » buoit ensuite ses rissoles aux officiers et aux assis- » tants '.»

St-Norbert fonda la célèbre abbaye de Prémontré " dans un lieu qui portait ce nom , où se trouvait déjà une petite chapelle sous l'invocation de St-Jean-Baptiste. St-Bernard contribua à l'établissement de ce monastère. Nous avons déjà retracé les commencements de l'ordre de Prémontré, la pauvreté de ses premiers religieux et l'essor rapide de cette institution monastique qui compta jusqu'à mille abbayes dans la chrétienté. C'est à Prémontré que se tinrent tous les chapitres généraux. Situé dans le voisinage de Laon , ce monastère se trouvait environné de marais et de bois. Les lieux réguliers étaient construits avec une véritable magnificence. On admirait la grille de la principale entrée , le logis abbatial et l'ingénieuse disposition de l'escalier. Les revenus de Prémontré s'élevèrent à plus de cent mille livres; ceux de l'abbé allaient à 45,000 en 1772, la taxe en cour de Rome à 2,250 florins. Cuissy % The-

' « S'il nianquoit un clou aux fers du cheval ,1e clicval et tout l'équipage éloionl ■) confisqués au profil du seigneur.» ( Le Père Lelong. )

' (Sunc'.vs Johannes Baplista Prœmonstratcnsis seu Prœmonstratum.) Fondée en U20 près de la forêt de Coucy.

• ( De Cussiaco Partlicnon seu Cussiacensis. ) Abbaye d'hommes fondée près de Craonne en 4117 par Lucas de Roucy, doyen de la cathédrale de Laon , et par deux chanoines, Etienne clGosselin. Revenus de l'abbé eu J772. . . 8,000 livres. Taxf eu cour de Rouie. . . 730 llorius.

N AILLES ' et Saint-Martin -DE -Laon '^ étaient des abbayes de prémontrés. Cette dernière devint l'une des pairies de l'ordre. Elle avait été fondée en 1124 par l'évèque Barthélémy dans une collégiale de Laon oii des chanoines vivaient dans le relâchement de la discipline. Ce monastère acquit de la célébrité et de grandes richesses. Les rois de France le protégèrent ; il compta jusqu'à 500 religieux et récoltait 3,000 muids de vin par année. Mazarin fut abbé de Saint-Martin-de-Laon. Au dix-huitième siècle , la mense abbatiale se trouvait réunie à l'évêché.

Les archives de vSaint-Martin-de-Laon pourraient servir à témoigner combien était rigoureuse la justice qu'exerçaient les abbayes dans leurs possessions. Jean Autrerine vola , avec effraction , des fromages dans le monastère. Les officiers de l'abbé se saisirent du coupable et le condamnèrent à être pendu. Le délit avait peu d'importance ; aussi la sévérité de la peine inspira-t-elle de la pitié aux habitants ; ils demandèrent au gouverneur de Laon la grâce de Jean Autrerine et une fille de Laon appelée HoUesson Latraille , jeune pucelle de bon lieu , bonne renommée et bon état , offrit de l'épouser. Le gouverneur fit aussitôt suspendre l'exécution du jugement ; il s'assura par une enquête du bon port, loyal gouver-

' ( Thenalia aut Tenalia vel Thcnolivm. ) Abbaje d'hommes en Tiérache fondée en 1429 par Barthélémy de Vir, évêque de Laon, Revenus de l'abbé en 1772. . . 8,000 livres. Taxe en cour de Rome. . . 24 florins.

* {Saitctus Murlimis Luudxinensis.)

vement et bonne renommée d'IIollcsson Latraillc, ordonna la restitution immédiate des fromages et la mise en liberté d'A.utrcrine, après l'aceomplissement du mariage qui fut célébré le jour même dans la prison de l'abbajc. Les lettres de grâce sont à la date du 10 juillet

Les abbayes de Saint-Nicolas de Ribemont ' et de Saint-Nicolas-au-Bois ' avaient été fondées au onzième siècle pour des religieux de Saint-Benoît. Celles de Foi-

GNY ', VaUCLAIR % BOHERIES % SaUVOIR " et MONTREUIL-LES-

* Saint-Nicolas des Prés (iSancfu* iVico/aw* de Pratis vel de Ribodi Monte.) Abbaye d'hommes fondée en 1083 aux portes de Ribemont. Revenus de l'abbé en 4772. . . 10,000 livres. Taxe en cour de Rome. . . 200 florins.

" ( Sanctus Nicoîaus in Bosco , aliàs do Sallu. ) Abbaye d'hommes fondée vers 1088 ( Gallia Christiana) entre La Fère et Laon. Revenus de l'abbé en 1772. . . 13,000 livres. Taxe en cour de Rome. . . 80 florins.

' {Fustiniaco aut Fusneio \e\ Fusniacum.) khhnye d'hommes fondée en 1124 par Bartliélemyde Vir, évêque de Laon, dans le voisinage de Vervins. Revenus de l'abbé en 1772. . . 45,500 livres. Taxe en cour de Rome. . . 600 florins.

* ( Fallis Clara.) Abbaye d'hommes fondée près de Craonne en 1134 par Barthélémy de Vir, évoque de Laon. St-Bernard contribua à son établissement. On voyait dans le trésor de l'église une croix en filigrane enrichie de pierreries et d'une très-grande dimension. Les seigneurs du château de la Bove avaient leur sépulture dans cette église.

" ( Sancta Maria de Boériis se\i de. Boclieriis anteà Spinctum , BoherivmyeXBoheriu. ) Fondée en 1441 près de Guise. Revenus de l'abbé en 1772. . . 20,000 livres. Taxe en cour de Rome. . . 80 florins.

" {Salvamcntum seuSalvatorium.) Abbaye de filles fondée en 1239 par Anselme, évêque de Laon. Revenus de l'abbesse en 1772. . . 4,000 livres.

Dames ' appartenaient à l'orclic de Citeaux. Les premiers moines de Foigny furent choisis par St-Bcrnard ; ils entretinrent un hôpital dans leur monastère pour les pauvres et pour les voyageurs, n Ces religieux — dit le » père Lelong — ne mangeoient de viande qu'en cas » de maladie extrême ; rarement ils mangeoient du » poisson , des œufs et du laitage ; les jeunes ëtoient » très-rigoureux et leur silence continuel; en tout temps » ils couchoient sur la paille tout habillés , ne portoient » point de linge , se levoient après le milieu de la nuit » pour l'office divin et chantoient jusqu'au jour les » louanges de Dieu ; leurs occupations journalières ëtoient » le travail des mains , la lecture et la prière. Ils exer- » çoient l'hospitalité avec zèle et avec beaucoup de cha- )) rite... St-Bernard aimoit ses disciples de Foigny avec » prédilection ; il les visita souvent , demeuroit avec eux » un temps considérable et logeoit dans une cellule » qui subsistoit encore en 1634; elle tomba alors de » vétusté. »

La célèbre abbaye de Boheries dut sa fondation à Barthélémy de Vir, évèque de Laon. L'église , l'appartement des hôtes et les lieux réguliers étaient très-remarquables; ce monastère possédait ime croix dont l'or seul valait douze mille livres. Il fut plusieurs fois dévasté par les Anglais et par les Bourguignons ^ — Les rois de France

' La Sainte-Face ou Sainle-Véïoniqiie (Monasterinlumet par corruption Monastprolium. ) Abbaye de filles fondée en 1136 par Barthélémy, évoque de Laon. Bevcnus de l'abbessc en 1772. . . 10,000 livres.

' ( Chroniques do Froissart. )

comblèrent de leurs dons l'abbaye de Sauvoir; elle dut beaucoup aussi aux bienfaits de la maison de Coucy et eut une place dans le testament de St-Louis. — La sainteté des filles de Montreuil était citée. Trois cents religieuses vivaient là dans la prière et le travail ; gardant un étroit silence , elles cultivaient , le jour, les nombreuses terres de l'abbaye et passaient presque toute la nuit dans des pratiques de piété. Vers 1249, Jacques Pantaléon , chapelain d'Innocent IV, envoya à l'abbesse Sybille une précieuse image de la sainte-face du Seigneur. Placée avec beaucoup de solennité au nombre des reliques du monastère , cette image vénérée devint l'occasion de fréquents pèlerinages. Depuis ce temps, l'abbaye de Montreuil-les -Dames fut fréquemment désignée sous le nom de la Sainte- Face; et c'est ainsi surtout que les pèlerins aimaient à la nommer.

fj^'^rrsi^n'^ ORSQLE St- Berlin se rendit en Artois à la ' MMnf'^J P^*^*'^ ^^ St-Omer, éveque de Thérouanne, i un seigneur opulent du nom dWdroald possédait le donjon de Sithieu. Le 6 septembre 648 et la onzième année du règne de Ivhlowigh II , fils de Dagobcrt , Adroald accorda à St-Bertin la villa Sithieu, où ce dernier fonda le monastère qui reçut son nom et acquit plus tard tant de célébrité *.

' Saint-Beutin ■iiiUefois Sithieu (Sanclus Bcrtinux in Sancto Audomaro\c\Sitivum. ) Abbaye d'homiiics de Toidie de Sl-Benoil , située dans la ville de Saiiit- O;iior. — Sl-Beiliiict les lelisieux qui rncroinpngnaienl a\ aient fondé un pioinier

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