IU
La ville de Saint-Oincr dut son agrandissement et sa prospérité à l'établissement de l'abbaye. \u temps où les Normands ravageaient la contrée, les religieux de Saint -Berlin fortifièrent les bâtiments claustraux qui furent jusqu'au dixième siècle la seule sauve-garde des habitants. Baudouin-le-Chauve , comte de Flandre , renferma alors la ville et le monastère dans une enceinte de murailles qui mit à la fois en sûreté les habitants et les religieux.
Les annales de Saint-Bertin sont fécondes en souvenirs historiques. C'est dans son cloître que le dernier des Mérovingiens, l'infortuné Khildéric III, vint revêtir le sombre habillement des moines. Déposé par les intrigues de Peppin, ce jeune prince se vit dépouillé de sa longue chevelure , symbole de la toute-puissance chez les peuples franks. Dans le cours du quinzième siècle, le duc de Bourgogne, Philippe-le Bon , assembla dans l'église de Saint-Bertin deux chapitres de l'ordre de la Toison d'Or. Le premier fut tenu en 1440. On y créa chevaliers Charles, duc d'Orléans,
monastère avant 648. Lorsqu'ils entrèrent cii possession de celui qu'ils devaient à la générosilc d'Adroald , quelques moines continuèrent à résider dans l'ancien ; on l'appelait /^e/Ms Templum ou Monasterivm {Cnvhû. i\e St-Bertin.) — Yperius a avancé que le premier monastère fut fondé en 626 ; il donne la date de 640 à l'établissement du second. — Le père Lecointe et le Gallia Christiuna affirment que St-Mommelin , premier abbé du vieux monastère , l'abandonna en 659 , pour occuper le siège de Nojon. St-Bertin l'ayant remplacé aurait fondé le second monastère vers 662. — La donation d'Adroald, consignée dans les cartulaires de l'abbaye , prouve clairement que l'époque de celte dernière fondation doit être fixée a l'année 648.
père du roi Louis \ll; .Kan , «lue de Hourgoone ; Jeun, duc d'AIencon , et Mathieu de Foix , comte de Commiiiges. Dans le chapitre de 1461, Philippe - le -Bon admit dans Tordre Jean, roi d'Aragon; Vdolphc, due de Gueldrcs; Louis de Bruges , seigneur de la Gruthuse ; Gui, sire de Boye ; et Thibaut de Neufchàtcl, maréchal de Bourgogne.
La magnificence avait présidé à la construction de l'église de l'abbaye oii les femmes , disent les historiens , ne pénétrèrent jamais. Le rétable de l'autel était d'or, enrichi de figures en vermeil et de pierres précieuses. La vie de St-Bertin , peinte sur la couverture de ce rétable, avait été exécutée avec une perfection telle que Bubens voulut l'acquérir offrant de la couvrir de pièces d'or ! Le trésor de l'église renfermait une très-belle croix, antique témoignage de la munificence de Karle - le - Grand , et le chef de St-Bertin , précieux reliquaire en vermeil émaillé de pierreries. Les cloîtres étaient voûtés , éclairés par de vastes verrières. La bibliothèque renfermait de nombreux manuscrits dont quelques-uns aujourd'hui auraient plus de mille ans de date ; on y voyait un antiphonier dans lequel des lettres d'or, exécutées avec un art ingénieux, rehaussaient le principal titre et ornaient toutes les hymnes des grandes solennités *.
On comprend que les revenus et les privilèges de l'abbaye devaient être considérables. Ses religieux per-
' ( Cartulairc Je FoLgiiiN. )
cevaieiit des dîmes dans presque toutes les parties de l'.Vrtois ; Le Grand d'Aussy fait mention de celles qui leur étaient attribuées dans le Calaisis , sur la pêche au hareng ; nous lisons dans dom Devienne que les possessions de Saint - Bertin s'étendirent jusqu'en Angleterre ; et c'était peut-être pour mieux consacrer encore sa suprématie féodale que l'abbaye faisait faire le guet au grand clocher de son église. Les portes de la cité ne s'ouvraient le matin que lorsque ce guet avait, par un signal, donné avis que rien dans la campagne ne menaçait la sûreté de Saint-Omer '.
a Vous serez — disait Grégoire IX dans une bulle » qu'il adressait aux religieux de Saint-Bertin — sous » la garde et la protection de l'église romaine. Votre 1) monastère aura toute liberté , sauf les droits réservés )) à l'évoque et à l'église de Thérouanne '. Vous payerez » chaque année une once d'or au Saint-Siège. Nous » confirmons votre exemption de la juridiction de Cluni.
* Les religieux (le Sainl-Beilin eurent de fréquents différends avec les habitants, à l'occasion de la possession des terrains qui avoisinaicnt leur monastère.» L'an 1201, )i lesbourgeois de Saint-Omer ayant retenu quelques marais que Saint-Bertin préten- -) dail lui appartenir, l'abbé s'adressa au pape qui nomma l'évêqué d'Arras, le doyen » de la cathédrale de celle ville et l'abbé de Sl-Remy de Reims pour juger celle af- » faire. Leur décision fut favorable à l'abbaye. Les bourgeois n'ayant pas voulu » l'exécuter , Innocent 111 ordonna qu'ils seraient excommuniés toutes les fêles et » dimanches , au son des cloches et les chandelles éteintes, et que tous les habi- » tanls de la métropole seraient obligés de les éviter jusqu'à ce qu'ils fussent revenus » à résipiscence.» (Dom Deviem<e. )
* Cette exemption s'appliquait aux délits commis hors du cloître par des religieux de Saiiit-Bcrtin. Les cas de ce genre étaient soumis à la juridiction de l'éTêque diocésain.
Lorsqu'il y aura un interdit général, vous pourrez réciter l'office , portes closes et sans sonner les cloches. Prenez un cveque de votre choix pour la bénédiction des ornements et des vases sacrés , pour la consécration des autels et l'ordination de vos moines. Aucun archevêque ou évcque ne pourra vous obliger d'assister au synode. Le pape seul ou son légat pourrait vous y contraindre. »
L'once d'or que Saint-Bertin devait au Saint-Siège fut plus tard remplacée par une taxe qui s'élevait à 2,000 florins en 1772. Les revenus de l'abbé étaient alors de 25,000 livres; il avait entrée aux états d'Artois. Frédegise, chancelier de Lodewig-le-Débonnaire et disciple d' Alcuin ; Hugues I»', fils de Karle-le-Grand ; Hugues II , oncle de Karle-le-Chauve ; Yperius , auteur d'une chronique du monastère, gouvernèrent l'abbaye de Saint-Bertin. Le cardinal Dubois mourut le jour oii son représentant prenait possession pour lui du pouvoir abbatial.
Le diocèse de Saint -Orner, dont le territoire était fort circonscrit , renfermait de nombreuses abbayes. Nous citerons Saint-Augustin-lez-Thérouanne ',Baversberghe%
' (Snnctiis Amjvstinus juxtà Tervanam.) Abbaye d'hommes (le l'ordre de Prémonlvé fondée en HM et située près de la Lvs.
• Outoff, OuUonf ( Ravensbertjetisis Parthennn.) Abbaye de filles de l'ordre de Citeaux , fondée près de Saint-Onier, an cnmmenroment du Ireizième siècle. Tlevenns de l'abbcsse en 1772. . . 5,000 livres.
liLAMlKCQUKS ', WaSTINE " et BeALPRK "; (vHOQlhS ', IIaM-
LEZ-LiLLERS ' et Clairmarais '' ; les abbés de ces trois der-
' Ulniulccli ( Saticla Culiimba in Ulunderk scii BUmducum vel BlanJcku.) Abhaye de fiUcs de l'ordre de Cilcaux, fondée en dlSO dans le voisinage de Sainl- Oiner. Une bnllc du pape Clément approuva cette fondation en H89. Revenus de l'abbesse en d772. . . 7,000 livres.
- Wesline, Ostine ( fVastinu. ) Abbaye de filles de l'ordre de Citeanx fondée i-n 1295 près de Saint-Omer. Revenus de l'abbesse en 1772. . . 5,000 livres.
^ ( Bellum Pratum. ) Abbaye de filles de l'ordre de Citeanx , fondée sur la Lys en 1295. Revenus de l'abbesse en 1772. . . 7,000 livres.
"•Chooqnes (Sanctus Johannes in Pratis seu Choquensis.) Abbaye d'hommes de l'ordre des augustins fondée à la fin du onzième siècle par les sires de Bélhune. « La Révolution — dit M. Harbaville dans son Mémorial Historique — n'a » laissé debout que le quartier abbatial. Les vastes bâtiments claustraux et l'église '» ont été balayés du sol. Les caves sépulcrales, violées par des mains impies, ne » |)rotégèrent pas leurs morts. Les ossements des religieux , arrachés à la paix du )> tombeau , blanchirent à la rosée du ciel. « Revenus de l'abbé en 1772. . . 11,000 livres. Taxe en cour de Rome. . . 100 florins.
* Saint-Sauveur de llani ( Salvator Hamensls seu Sanctus Salvator Hajnmensis vel Ham?7ium, Hamrun et fiameturn.) Abbaye d'hommes de l'ordre de St-Benoît, fondée en 1080 ( Gallia Chrisliuna ) 1084 ( Y-perius) par Enguerrand de Lillers. " En 1080 — dit M. Harbaville — un accident fut la cause de la fondation de n l'abbaye de Ham. Ingelran» , châtelain de Lillers , revenait d'une lointaine expé- » dition. Son fils unique, informé de son retour, était allé au-devant de lui. A » son approche, le jeune homme s'élança avec impétuosité pour lui donner des )) marques de sa tendresse. Le cheval d'Ingelram , effrayé de ce mouvement, seca- » bra et le jouvenceau en reçut un coup qui l'étendit raide mort. Le père au déses- » poir, quoique avancé en ûge , prit le bourdon de pèlerin , et de compagnie avec )) son allié , le comte Baudouin de Guisnes, se rendit à Saint-Jacques-de-Compos- » telle. Il fonda l'année suivante l'abbaye de Saint-Sauveur conjointement avec » Emma , sa femme, et Sarra , leur fille unique. Il dota ce monastère de toute la » terre de Ham et de diverses autres propriétés. L'édifice fut achevé en 1082. Le » premier abbé se nommait Gérard Cricket. Le fondateur imposa aux religieux l'o- » bligation d'exercer l'hospitalité envers les pauvres et les étrangers. Les tours et » le quartier abbatial sont encore debout. «Revenus de l'abbé en 1772. . . 11,000 livres. Taxe eu cour de Rome... 1,100 florins.
" Clairmarest , Clairniaresch ( Clarus Mariscus seu CUiromariscuvi. ) Abbaye
niers monastères avaient entrée aux états d'Artois. L'abbaye de Clairmarais passait pour l'une des plus considérables de l'ordre de Citeaux. La beauté de son église aurait seule suffi d'ailleurs pour lui donner de la célébrité. Elle était éclairée par cent soixante et dix fenêtres ornées de magnifiques vitraux ; ses chapelles , oii l'artiste prodigua tous les trésors de la sculpture , étaient en si grand nombre que chaque religieux put avoir la sienne ' ; il y disait la messe et la parait lui-même pour les solennités religieuses. On admirait le pavé du chœur et la belle exécution des stalles ; les tombeaux et les statues; l'aiguille d'une seule pierre et d'une très-grande dimension placée derrière le sanctuaire; le buffet d'orgues dont l'harmonie était citée en \rtois et dans les Pays-Bas ; le tabernacle en granit et le riche travail du calice de l'abbé. L'élégance des constructions et leurs dimensions majestueuses se faisaient remarquer dans le réfectoire de Clairmarais où l'on avait établi de nombreux lavoirs en marbre. Le voyageur qui visitait l'abbaye s'étonnait à l'aspect de la salle abbatiale , du
«i'honinies de l'ordie de Citeaux fondée eiH 140 par Tliien y d'Alsace , conile de flandie. Revenus de l'abbé en 1772. . . 28,000 livres. Taxe en cour de Rome. . . S50 florins.
' Foyaije Littéraire. — L'historien doit écrire ponrconsacrer les choses vraies et non pour le simple plaisir de raconter des faits extraordinaires. Aussi ferons-nous remarquer que l'assertion des doctes auteurs du f^oya>je Littéraire se rapporte à (les temps où le nombre des moines de Clairmarais se trouvait fort restreint. Ce monastère compta jusqu'à deux cent vingt religieux dans les premières années du dixseptième siècle ; assurément , ciiacun d'eux n'aurait pu alors avoir une chapelle particulière.
(|uartit'r des liùtcs cl de la trésorerie. Les dortoirs de Clairmarais reçurent jusqu'à deux cent vingt religieux.
Morand Blomme, qui gouvernait ce monastère au dixseptième siècle , contribua beaucoup à sa prospérité. Voici l'épitaphe que la reconnaissance des religieux lui consacra dans la nef de l'église de Clairmarais :
Atiopos , siins pitié la fleur nous a ravi
Des abbés dom Morand Blomme qui a régi
Vingt ans en grand bonneur Clair-Marés sanr rcproccs,
Et fait beaux ornemens à l'église et tes cloccs ,
llacbelé les deniers preslez et anentis ;
Les reliques et calices par luy sont enricis,
Pour la mître obtenir premier enconnnença,
Dom Martin successeur du pajic rimpétra:
Car Dieu permit, bêlas! que la tiiorl l'ut sa prinse
Du soir vingt et buit jours en ni.irs seize cens quinze;
Profes de cinquante ans, âgé hoixaiite et buit,
Le nombre d'abbé mort quarante trois emplit,
Priez, ami lecteur, que Dieu par sa puissance
De repos éternel lui donne joiiissance.
Clémence de Bourgogne , femme de Robert de Jérusalem, comte de Flandre, avait fondé à Bourbourg *, au commencement du douzième siècle , une abbaye de filles nobles qu'elle dota richement-. Ce monastère fut
* ( B iirbttgensis vel Broburijus. ) Abbaye de filles de l'ordre de St-Benoît fondée en U02 dans le voisinage de la ville de Gravelincs. Revenus de l'abbesse en 1772... dO.OOO livres.
• Une bulle du pape Pascal II confirma , en IdJS , les donations faites à l'abbaye par la comtesse Clémence. Cette bulle accorde aux religieuses de Bourbourg le privilège de célébrer l'office divin , en temps d'interdit , pourvu que les portes de l'église soient fermées ; elle exempte le monastère de toute juridiction épiscopale ou séculière.
|iius lartl erie;e en chapitre de dames chanoinesses. L w. fortunée Marie-Antoinette, reine de France, prenait le titre de première chanoinesse de Bourbourg et régla que les dames de ce chapitre porteraient une croix émaillée , suspendue à un ruban de couleur jaune liseré de noir. L'image de la Sainte-Vierge fut gravée sur un côté de la croix ; le portrait de Marie-Antoinette était placé sur Tautre. Il fallait faire preuve de seize quartiers de noblesse pour être admise dans l'ancienne abbaye de Bourbourg et voici avec quelles curieuses formalités la réception des religieuses se pratiquait. Après un soigneux examen des titres exigés , et quelques jours avant la prise d'habit, le gouverneur de la ville présentait la postulante à l'abbesse , en présence de la communauté. La veille du jour fixé pour la prise d'habit, elle devait se rendre dans l'église accompagnée de sa famille et y prendre du pain et du vin. Le lendemain , vêtue avec la plus grande magnificence et les cheveux épars , elle recevait une couronne de diamants que l'abbesse plaçait sur sa tête; la famille dansait pendant quelques instants devant l'abbesse et en présence du juge de l'abbaye ; la postulante demandait ensuite la bénédiction de ses parents et se séparait d'eux. Elle ne tardait pas à s'acheminer vers l'église, précédée de violons et de hautbois ; les religieuses , dont elle allait devenir la compagne, portaient des corbeilles de fleurs ou des cierges allumés; l'une d'elles tenait la queue de sa robe. On la dépouillait alors des riches habits dont on l'avait parée, et elle prenait la robe bordée d'her-
mine des religieuses de Bourbourji;, et le manteau i'ouiré de petit-gris. L'abbesse lui plaçait au doigt une bague enrichie de diamants; et avant la fin du jour, la postulante prononçait ses vœux solennels.
i temps de l'épiscopat de St-Eloi, un monastère placé sous l'invocation de St-Loup ' " existait déjà dans la ville de Noyon. Après la mort du saint évèque, on déposa ses restes dans l'église de ce monastère qui prit plus tard le nom de Saixt-Eloi '. Les Normands détruisirent ce pieux asile au neuvième siècle ; église , cellules, lieux réguliers, tout fut livré aux flammes.
' { Saticiv f EHijius I^ovioînonsis.) Xbbaye iVhommes de l'oidie de St-Benoît. Revenus de l'abbé en 1772. . . 2i,000 livres. Taxe do l'abbaye en cour de Rome, . . 3,000 norins.
Les reliques échappèrent seules à la fureur des Barbares. Rétablie par les évêques de Noyon , l'abbaye de Saint-Eloi recouvra dans la suite son ancienne splendeur ; elle eut d'illustres abbés, et reçut en 1631 la réforme de la congrégation de Saint-Maur.
La cellule que St-Fursi s'était construite sur le Montdes-Cygnes près de Péronne , donna naissance , au septième siècle , à l'abbaye du Mont-Saint-Quentin ' qui compta au nombre de ses religieux Geoffroy , érèque d'Amiens , et le célèbre Pierre l'Ermite. Une chronique de ce monastère , soigneusement conservée dans les archives départementales de la Somme % renferme de curieux détails sur ce moine enthousiaste qui remua le monde par ses prédications , qui savait à la fois parler à l'imagination du peuple et émouvoir le cœur des plus fiers chevaliers. « Sur la fin de lonziesme siècle — dit » la chronique de l'abbaye — certain personnage nom- » mé Pierre l'Hermite , natif du diocèse d'Amiens , vou- >> lans se consacrer au service de Dieu, se rangea et » prist l'habit de religion en ce monastère du Mont- » Saint - Quentin ou lors l'observance régulière etoit
* {Mons S. Quintini vel S. Quintinus de Monta. ) Abbaye d'hommes de l'ordre de St-Benoît , fondée au septième siècle. Revenus de l'abbé en 1772... 18,000 livres. Taxe en cour de Rome. . . 400 florins.
= Nous devons la communication de ce manuscrit à M. Dorbis , arcbivislo du déparlement , dont l'obligeance et le zèle éclairé nous sont souvent venus en aide. Grâce aux travaux de M. Dorl»is , les archives départementales de la Somme ont reçu un clas.scment régulier et métiiodiqucqui mamiue encore à beaucoup de dépôts de ce cenre.
'1 en grande vigueur , en laquelle s'etant exercé avec n persévérance , durant plusieurs annéez , et rendu re- » commandable par ses esclattantes vertus , luy, pour les » cacher aux yeux des hommes et satisfaire à la de- 1) votion , demanda et obtint licence de son abbc d'al- » 1er visiter les sainctz lieux ou s'est opéré l'œuvre de )) nostre rédemption.
» Arrivé qu'il fut en la ville saincte , il alla ren- )> dre ses vœux à Dieu en son sainct temple , ou il )) ne cessoit d'espandre ses larmes et d'élancer ses sou- » pirs vers le Ciel pour le fléchir a miséricorde vers » la saincte église , qui soulTroit et gémissoit soubz la )i tyrannie des Mahometans et portoit avec des regretz )> indicibles l'opprobre et la peine que ces infidelles » faisoient souffrir à ses enfans.
» Enfin , les vœux , les larmes et les prières de ce » bon moyne furent exaucez de nostre Seigneur en fa- » veur des fidelles; a quel effet sestant apparu à luy » en une vision , il luy commanda d'aller trouver de » sa part son vicaire en terre , qui estoit alors Urbain )) Second , et autres princes chrestiens , pour leur decla- ■)•> rer en son nom que sa volonté estoit quilz missent » en diligence des arméez en campagne pour aller » vanger l'injure du Crucifié , luy restituer et aux siens » son principal domaine , quil avoit acquis au prix » de tout son pretieux sang, et en chasser et extern miner la tyrannie turquesque , leur promettant que )) son secours et assistance ne leur manqueroit en une » expédition si glorieuse et importante.
» Ce bon hcrmite s'acquitta avec tant de ferveur et de >) bon succèz de la commission , que toultc la chrétienté » ( qui d'ailleurs ne respire que la douceur et la paix ) » se veit toutte emeiie pour les armes et boiiillonnoit > dardeur davoir promptemcnt l'occasion de faire res- » sentir sa force et sa valeur aux ennemis de la foy '...»
Le diocèse de Noyon renfermait trois autres abbiiyes de l'ordre de St-Benoît '. Celles de Vermand '' et de
' Note marginale, d'une éciilure postérieure à celle du manuscrit : « On ne trouve » rien qui prouve que Pierre l'Hermite ait été religieux ny de cette al)baic,n\ d'au- )) cune autre, sinon lorsqu'il s'est retiré à Huy. Son nom l'IIerinile a pu tromper et >> faire croire qu'il avoit fait profession de la vie eremitique , quoique ce fut son i> nom de famille. » ( /Jrchwes Départementales de la Somme. )
'' Saint-Prix en Vermandois ( Sanctus J'rœjectus in F'iromandcsio, ali.is Sanctîis Priscus. ) Abbaye d'hommes fondée vers 944 aux portes de Saint-Quentin cl transférée dans cette ville en M75. Revenus de l'abbé en 4772. . . 4,000 livres. Taxe en cour de Rome. . . 133 florins.
HoMELiÈRES ( fJumolaria vel Huviularia aut Huvihertus aliàs de IJomoMcriis seu Humolariis vel Humolaricnse Monasterium. ) Fondée au septième siècle dans le voisinage de Saint-Quentin. Des religieuses l'habitèrent jusqu'en 948 j cette annéelà , des bénédictins vinrent les remplacer. Revenus de l'abbé en 1772. .. 9,000 livres. Taxe en cour de Rome. . . 400 florins.
Saint-Quentin en Lisle ( Sanctus Quintinus in Insulû. ) Abbaye d'hommes fondée au commencement du septième siècle , et sécularisée dans le dixième , mais rentrée dans la règle dès l'année 960 , et transférée au seizième siècle dans la ville de Saint-Quentin. Le célèbre dom Luc d'Acbéry fut religieux de Saint-Quentin eu Lisle. Revenus de l'jibbé en 1772... 25,000 livres. Taxe en cour de Rome... 400 florins. ^
' Notre-Dame de Vermand {Bcatu Maria de ^''crmando seu Viromandii ^ Fermandwn , Firomandua. ) Abbaye d'honuues fondée à la fin du onzième siècle dans le voisinage de Saint-Quentin. Les revenus de l'abbé s'élevaient à 4.000 livres eu 1772. La taxe de l'nbbaveen cour de Rome était alors de 33 florins.
GeiNLIs ' furent habitées par des religieux prénioiitrés ; Saint-Bauthklemy dh Noyon ', Nothe-Oami: de Mam '' et Saint-Eloi -Fontaine * par des chanoines augustins. Fer- VACQUES % l'Abbaye-au-Bois % BiACHE ' ct (3uRscAMP '^ reconnaissaient la règle de Citeaux.
' ( Genliacuw. ) Fondée en 4246 pour des filles de l'ordre de Saint-Augustin ( GaUiaChristiana.) Occupée, par des religieux sous le gouvernement d'un prévôt en 1421 , érigée vers 4496 en abbaye de prémontrés. Les seigneurs de Genlis y avaient leur sépulture. Revenus de l'abbé en 1772... 2,000 livres. Taxe en cour de Borne. .. 24 florins.
* ( S. Bartholomeus Noviomensis . ) Fondée en 1064 par Baudouin 1", évêqiie de Noyon. Revenus de l'abbé en 4772... 7,000 livres. Taxe en cour de Home... 24 florins .
' ( flavium seu Sancta Maria Hamensis. ) Collégiale de cbanoincs avant le douzième siècle, érigée en abbaye dans l'année IIOS. Revenus de l'abbé en 1772. . . 42,000 livres. Taxe en cour de Rome. . . 800 florins.
•• ( Sanctus Elùjius Fons. ) Fondée en 1130 dans le voisinage de Chauny. Revenus de Vabbè en 1772. . . 6,500 livres. Taxe en cour de Rome. . . 750 florins.
' Saint-Aventin de Fervacques ( Fervaqnia , Fervachia , aliàs Ferventes seu Fcrvidœ Aqvœ, Favurchiœ , Ferrachœ , Fons-Suminœ seu Fons-Sovimœ. ) Abbaye de filles, dans le voisinage de Saint-Quentin, fondée en 1140 par Reinier, sénéchal de Vermandois. «St-Bernard traça lui-même — ditCollielle — le plan de ce monastère « au-dessus des marais de Fervacques, près la source de la Somme. Le nom de Fer- » vacques vient de deux mots latins , /"ervewfe* aqvœ , eavx bouillantes^ telles « qu'elles sont ordinairement dans les sources des rivières. » L'abb.->ye de Fervacques fut transférée au dix-septième siècle dans la ville de Saint-Quenlin.
* Notre-Dame-au-Bois, la Franche Abbaye-au-Bois, Bois-aux-Nonains ( Ablatia in Bosco. ) Fondée en 1202 entre Noyon et Roye par Jean , châtelain de Nesie; habitée par des religieuses jusqu'en 1652. Les désordres de la guerre forcèrent alors celles-ci k se retirer à Compiègne ; elles s'établirent à Paris peu d'années après.
'■ Biache-lez-Péronne (fiiacfcia, .fiiffcwwt seu £tac/ii«OT. ) Fondée en 1235 aux portes de Péronne. Des religieuses l'habitèrent jusqu'en 4764. Elle fut alors réiniic à l'abbaye de Fervacques.
' Ourcham , Orcamp (Sancta Maria de f/r5R«m;)o. ) Abbaye d'hommes située
Les richesses d'Oiirscamp et la sainteté de ses religieux rendirent ce monastère célèbre. Les historiens sont en désaccord sur l'époque oii il avait été fondé. Quelques-uns affirment qu'il dut son établissement à Simon de Vermandois , évêque de Noyon , qui vivait en Il 29. D'autres ont cru trouver l'origine de l'abbaye d'Ourscamp dans un petit oratoire construit par St-Eloi. Le nom d'Ourscamp f Ursi Campus ) a aussi beaucoup occupé les étymologistes , et la plupart des légendaires se sont plu à raconter les ravages d'un ours cruel, qui désolait autrefois le lieu oii s'éleva le monastère. Voici ce qu'on lisait dans un vieux manuscrit de l'abbaye :
Eligii sancti bos dentibus interit ursi , Ad cuius jiissum trahit ursus pio bove plauslium , El tempUim domino parât ursus saxa trahendo, Hinc ursicampus, ursi velut antea campus. Âliud.
Ghristi uiilleno centeno ter <iuoque deno Uno sublato, campus transferlur ab urso, Ut statuatur eo campo cistertius ordo , Quarto decembris idus , qiiinto Nicolai.
Flodoard ne suit point les légendaires ; urhs campus, ville champêtre, voilà pour lui toute Y èiyvaoXo^iG à' Oiirscamp.
dans le voisinafçe de Noyon. Revenus de l'abbé en ■J772. . . 45,000 livres. Taxe en cour de Rome. . . 1,800 florins.
Le cardinal Charles de Bourbon, arciievèquc de R(nien, mon en J590. — Louis de Lorraine 1", cardinal de Guise , archevêque de Reims , mort en 102 1. — Henri de Loiraine , archevêcjue de Reims , successeur du cardinal de Guise. — dG42. Le cardinal Ma/nrin. — Henri de Bourbtwi , (hic de Verneuil , fils naturel d'Henri IV , jusqu'en 1608. — Jean Casimir, roi de rolosnc. — 1723. René Tôlier île Gesvres , évêque de Beauvais et cardinal.
La ferveur régna toujours clans celte sainte demeure. « Ce monastère si petit en son pépin, dit Jacques Le » Vasseur, fit avec le temps un tel progrès en zèle » de charité, œuvres de piété, amour de religion, et )) en réputation de toute saincteté espandiie partout, » que nul autre , après Clervaux sa mère , ne put pré- )> tendre le dessus. » Les possessions d'Ourscamp devinrent considérables. Lorsque les Anglais pillèrent l'abbaye en 1358, ils y prirent quatre cent vingt-trois chevaux, plus de deux cents juments ou poulains, cinq cent cinquante betes à cornes et huit mille moutons ou brebis '. Ourscamp recevait de si nombreuses donations ! Beaucoup de seigneurs du Vermandois et du Noyonnais lui léguèrent leurs biens ". On compta dans le cloître cent vingt moines de chœur et quarante convers. Ecoutons CoUiette . « C'étoit le Ciel même que » ce monastère. La majesté de Dieu l'avoit rempli; et » ses religieux étoient autant d'anges revêtus de corps
*■ L'abbaye d'Ourscanip fut souvent dévastée pendant les guerres du mojen-âge. De fréquents combats eurent lieu dans son voisinage et les vainqueurs ne manquèrent pas de piller ce monastère où ils trouvaient en abondance des vivres, des fourrages et de l'argent. Le pillage de d358 s'effectua après un combat sanglant aux portes de Noj on ; l'abbaye fut livrée aux flammes, «c Là eut grand' bataille — dit » Froissart — et dur butin et moult de gens morts et renversés entre Noyon et 'I Ourquans l'abbaye et entre Noyon et le Pont l'Évêque et tout là entour ; et gi- » soient les morts et les blessés à monceaux sur le chemin de Noyon et entre haies 1) et buissons... Si firent ceux de Mauconseil , depuis celte besogne avenue , assez » plus de maux que devant , et ardirent la plus grand' partie de l'abbaye d'Onr- » quans , dont ce fut grand dommage. »
- Les revenus de l'abboye dépassaient deux cent mille livres.
» humains. La prière, le chant, le travail des mains, » les plus grandes veilles , une étude assidue , faisoient » leur occupation. Les pauvres et les pèlerins y ctoient » reçus; Tignoraiit y étoit instruit; on y faisoit enfin » tout le bien possible , et on n'y connoissoit du vice » que le nom. Plusieurs y prirent l'habit, y denian- » doient la sépulture ou se croyoient heureux d'y avoir, « au moins, fait recevoir leurs aumônes. »
ouïs -LE -Gros Fonda l'abbaye de Chaalis ', ,;h dans raiinée 1136, en mémoire de son frère
Charles qu'il chérissait. Un prieuré de St- Benoît avait précédé cette abbaye que les successeurs de Louis-le-Gros se plurent à enrichir de leurs dons. Elle dut beaucoup aussi aux bienfaits des Grands-Bouteillers de France de la maison de Senlis.
* Chaaliz, Cliaalid, Clialy, Chailly, Chahalit, Caëlith, Kaeliès {Calisium vel Caroli Locus , Carli Locus aut Karoli Locus. ) Abbaye d'hommes de l'ordre de Cilcnux. Revenus de l'abbé en 1772. . . 36,000 livres. Taxe en cour de Rome. . . 266 florins.
(( L'église de Chaalis — dit M. Graves — était riche » ment déeoréc à l'intérieur, ornée de tableaux prén cieux, de statues, de bas-reliefs et des tombes de )i plusieurs évêques... Elle a été détruite par la Révo- » lut ion. Quelques arcades restées debout permettent de » reconnaître que cet édifice appartenait au style go- » thique caractérisé par des rosaces ; le chœur reposait » sur de grosses colonnes dont les chapiteaux étaient » ornés de feuillages et sur lesquels renaient appuyer )) de longs et minces piliers gothiques. L'ensemble de » la construction se faisait remarquer par sa noblesse » et par son élégance '. »
Le cartulaire de lA Victoire ^ a consacré l'origine de cette célèbre abbaye. « L'an de grâce 1214 — y est-il » dit — Philippe -Auguste deuxième du nom , dit le » Conquérant ou Dieudonné, roy de France, eut grosse n guerre au Pont à Bouvines contre Othon empereur )) des AUemagnes et. Dieu aidant, chassa ledit empe- » reur et print plusieurs de ses procères et chevalliers n à leur confusion et obtint , par le vouloir de notre » Créateur et par l'intercession de la benoiste vierge » Marie , victoire miraculeusement contre ses ennemys ; )) pareillement son fils qui estoit en une autre armée )) contre les adversaires du royaume , et son connétable
' ( Annuaires IJistorifjvcs. )
' La belle Victoire , Nolre-Dame-de-la-belle-Victoire ( Beata Maria de Fïcio- Tiave\ Ahbalia Fictorina.) Ahhaye d'hommes de l'ordre des augiislins. Revenus de l'abbé en 1772. . . 14,000 livres. Taxe en cour de Rome. . . 8S florins.
)) en une autre armée, lesquels tous obtinrent victoires, « pour lesquelles victoires et au lieu oîi les messagers » apportant nouvelle desdictes victoires se rencontrèrent )i auprès de Scnlis, en rendant grâce à notre Créateur » et à la sainte vierge Marie, fonda en révérence d'i- » celle l'abbaye de la Victoire par le conseil et advis ■>•> de Guarin évoque dudit Senlis et chancelier de )■> France. »
Louis \I eut toujours la plus grande prédilection pour Tabbaye de la Victoire ; il y conclut la paix avec François 11, duc de Bretagne , le 0 octobre 1475.» Et n souvent et presque tous les jours , alloit le roy en îi l'abbaye de la Victoire prier et aorer la benoiste » vierge Marie , illec requise : à l'honneur et loiienge >) de laquelle il feit faire au prieur de bien grans dons » en or content, qui bien montèrent dix mille escus » d'or '. «
Un décret de l'archevêque de Reims prononça, en 1783,. la suppression l'abbaye de la Victoire dont les revenus furent réunis à ceux de la mense épiscopale de Senlis. Quelques arcades qu'une tourelle domine sont tout ce qui reste des constructions de ce monastère. Ses armoiries étaient d'azur, à trois fleurs de lis
' ( Chroniques «le Monstrelet. )
Les hommes de guerre dévastèrent plus d'une fois cette abbaye qui possédait de grandes richesses. Louis VIII, roi de France ; Guérin , évoque de Senlis , et le célèbre cardinal Chollet l'avaient comblée de leurs dons. Le Saint-Siège lui accorda de nombreux privilèges. Elle avait le titre à^é<jlisc patriarchalc ; ses abbés purent porter la mitre et les autres ornements pontificaux.
(l'or, deux et une, cette dernière accompagnée de deux étoiles d'or. L'écu portait trois branches de sinople.
Eléonorc, comtesse de Valois, fonda le-Parc-aux- Dames ' en 1205, dans le voisinage de Crépi -. Une bulle d'Innocent III , dont le Gallia Christiana rapporte le texte, confirma l'institution de ce monastère en 1210, et ses dispositions peuvent servir à témoigner combien les désordres de ce temps étaient sans mesure ; la bulle défend de causer aucun tort aux religieuses dans leurs personnes ou dans leurs biens , de les voler, de les assassiner , de les brûler ou de répandre le sang dans le monastère; d'en enlever les serviteurs ou de leur oter la vie '\
En 1242, des religieux de Citeaux se présentèrent dans Fabbaje du Parc-aux-Dames pour en examiner les constitutions. Délégués par le chapitre de l'ordre , ces religieux étaient porteurs d'un règlement dont l'adoption venait d'être prescrite à toutes les communautés de Citeaux. Les commissaires furent fort mal reçus au Parc-aux-Dames. Les religieuses , liées par un serment
' Le Parc , le Parc Bouille ( Parcus Dominnrum. ) Ahbayc de filles de l'ordre de Cileaux.
'^ Le monastère de Saint-Arnould de Crépi, fondé dans ies premières années du onzième siècle , ne fut gouverné par des abbés que jusqu'en lOSO. Aussi n'est-il point traité dans cet ouvrage d'une manière spéciale. A la Un du onzième siècle, Hugues, abbé de Cluni, surnommé Cassa- Crosse ^ réduisit en prieurés plusieurs abbayes parmi lesquelles on comptait celle de Saint-Arnoul de Crépi.
^ ( Gidlin Clirisliana. )
mutuel, résistèrent à toutes leurs injonctions. Les injures et les menaces donnèrent une telle gravité à cette rébellion que les commissaires indignés prononcèrent l'excommunication des religieuses; mais cellesci , n'en tenant nul compte , se rendirent dans l'église pour y chanter les offices, menaçant les visiteurs de Citeaux de leur faire un mauvais parti s'ils ne se retiraient. Les commissaires, prenant conseil de la prudence, quittèrent alors le monastère. L'abbesse et la trésorière se firent surtout remarquer par la vigueur de leur résistance dans cette mutinerie de cloître dont les annales monastiques offrent plus d'un exemple. Dans l'année qui suivit, le chapitre de Citeaux prononça la déposition de l'abbesse et de la trésorière et mit une sage réforme dans ce monastère indiscipliné.
L'abbaye de Saint-Vincent ' de Senlis, fondée dans l'année 1060 par Anne de Russie, veuve du roi Henri I^', s'éleva sur les ruines d'une petite chapelle ^ Des religieux augustins s'y fixèrent peu d'années après; la fondation fut confirmée en 1069 par une charte de Philippe I". Ce monastère eut de fréquents démêlés avec les évêques de Senlis qui prétendaient exercer leur
* ( Sanclus Ficentitis Silvanectensis.) Abbaye d'hommes de l'ordre desaugustins. Ruinée par les guerres du quinzième siècle. Les constructions qui existent encore s'élevèrent vers 4660. Un collège renommé prospérait dans l'abbaje de Saint- Vincent au dix-septième siècle. Revenus de l'abbé en J772. . . 4,000 livres. Taxe en cour de Rome ... 24 florins.
• ( Gallia Christiana. )
juridiction dans son cloîlre. Les religieux de Saint- Vincent portaient des robes et capuchons de couleur rouge en mémoire du martyre de leur saint patron. Le lendemain de l'octave de sa fête, un ancien usage voulait qu'ils donnassent à dîner à treize pauvres veuves dans le réfectoire de l'abbaye.
PRÈS la mort de St-Médard , Khlother, chef des Franks , voulut que la magnificence présidât à ses funérailles. Le corps de Tévêque de Noyon fut transporté à Soissons avec beaucoup de solennité, dans un cercueil étincelant de pierreries. Une église s'éleva près de son tombeau et fut desservie par une communauté de religieux. Telle est l'origine du monastère de Saint-Médard ' de Soissons.
* ( Sanctus Medardus Sucssioncnsis. ) Abbaye d'hommes de l'ordre de Sl- Benuît , fondée vers l'an 562 ( Gullia Christiana. ) Revenus de l'abbé en 1772. . . 50,000 livres, Taxe en cour de Rome, . . 200 florins.
Les successeurs de Khlother enrichirent celte abbaye de leurs dons , et un diplôme de Lodewig-le-Débonnairc lui concéda le privilège de battre monnaie '. I/abbé de St-Mëdard se trouvait à Bouvines avec trente chevaliers, et ceci peut suffire pour nous faire comprendre l'importance des possessions de ce monastère. 11 compta au nombre de ses abbcs le cardinal Jean de Lorraine , Hypolite d'Est, cardinal de Ferrare, Mazarin et le cardinal de Bernis.
Le diocèse de Soissons renfermait vingt - six abbayes ^ Les plus célèbres étaient Notre-Dame de Sois-
' ( DoRMAT , Histoire de Soissons. )