JOINVILLE
' (Le livre des Quatre Dames d'AïAin Char !er — La quarte dama se deult et plaint de son amy qui s'en estoit fouy de lu bataille. Parquoy pour son honneur, et selon la loy d^amours, elle l'aimast mieux mort que vif. )
seigneur à la guerre et dans les tournois. Puis le jour arrivait oii il demandait à être admis parmi les chevaliers ; il requérait alors qu informations fussent jyi^ises à son éijard. Voici les principales circonstances qui précédaient sa réception. Dépouillé de ses habits et mis au bain , véritable symbole de purification , on le revêtait ensuite d'une simple tunique blanche. 11 jeûnait pendant vingt-quatre heures et passait la nuit dans l'église, pour y faire sa veille d armes. Le lendemain, le récipiendaire devait porter un pourpoint de couleur brune , et un vêtement broché d'or ; on lui donnait alors les éperons , la cotte de mailles , la cuirasse , les gantelets et les brassards ; et enfin l'accolade et l'épée. Celui qui le recevait disait : Au nom de Dieu , de Saint- Michel et de Saint-Georges , je te fais chevalier. Les formules variaient toutefois ; La Colombière , Favyn et le [)ère Ménétrier en citent plusieurs '. Le nouveau chevalier ne tardait pas à monter à cheval et caracolait
' Voici les principaux cngng;ements que les chevaliers devaient prendre avant leur réception. Ils juraient: — de craindre, révérer et servir Dieu religieusement , de combattre pour la foi de toutes leurs forces , et de mourir plutôt de mille morts que de renoncer jamais au ciiristianisme j — de servir leur prince souverain fidèlement, et de combattre pour lui et la patrie très- valeureusement ; — de soutenir le bon droit des plus faibles, comme des veuves, des orphelins et des demoiselles e» bonne querelle, eu s'exposant pour eux selon que la nécessité le requerrait, pourvu <|ue ce ne fût contre leur honneur propre, ou contre leur roi ou prince naturel ; — qu'ils ne combattraient jamais, accompagnés, contre un seul et qu'ils fuiraient toutes fraudes et supercheries ; — qu'ayant fait vœu ou promesse d'aller en quelque quesle ou aventure étrange , ils ne quitteraient jamais les armes, si ce n'est pour le repos de la nuit. ( Thùàtre d'Honneur dcVuLsos de la Colonbière. — Histoire de lu Civilisation en France ^ par M. Giizoï. )
aussitôt devant la foule, eu brandissant son épée, pendant que la trompette des hérauts d'armes célébrait sa réception par de bruyantes fanfares.