‹ Archives historiques et ecclésiastiques de la Picardie et l'ArtoisChapitre 77 sur 140 · NOTIONS · texte numérisé non relu

NOTIONS

SUR LES FAMILLES ILLUSTRES DE PICARDIE Eï D'ARTOIS.

GÉNÉRALITÉ d'aMîEKS.

Maison d'Ailly. Originciire d'Ailly-le-Haul-Clocher, en l'onlliieu. Connue dès 1090. Baudouin d'Ailly niouiul à Azincourt. Famille éleinlc. Elle portail do ijiieules à l'alisier d'anjent , en sautoir et en couronne, au chef échiquotà d'arycnt et d'azur de trois traits.

Comtes d'Amiens. « L'histoire ne nous a pas marqué — dit du Cange — les >) noms des premiers comtes d'Amiens dont les commissions n'étaient que pour uu » certain temps et non des charges ou dignités héréditaires, comme elles Vont été » depuis. Nous apprenons que Louis-le-Débonnaire commit à la charge d'intendant >> dans le diocèse d'Amiens Bêrenger, comte, et révêque Bangarius, en l'an 823, » d'où il ne suit pas néanmoins que Bérengcr ait possédé cette dignité de comte en >> la ville d'Amiens. » Voici la chronologie des comtes d'Amiens telle que du Cange la fournit : 1 Bèrenger ; 2 /Jugilguin; 3 f/o»mcH/"(0(/, prétendu comtc d'Amiens;

La miiltiplicilc des châteaux -forts fit naître de IVéqncntes (jnerelles de voisinage parmi les châtelains , et entretint chez eux l'habitude des armes. Mais leur goût pour les combats puisa surtout un aliment dans les croisades. Les chevaliers eurent alors un blason, des devises et des cris de guerre ; et les emblèmes de leur ccu furent souvent la seule récompense d'une bravoure ('prouvée par le fer des batailles. Après une longue absence , le croisé revenait de la Terre-Sainte ; il avait

\ Herbert, comte de Vcrninndois ; 5 Eudes ^ son fils; 6 Herluin, comte de Monlioiiil ; 7 Fioyer, fils d'Herluin ; S Arnoul, comte de Flandre; 9 Baudouin^ son fils; 10 Gti?i//ite»' /•% comte de Pontoise ; 11 Gauthier II , dit le Blanc, fils de Gauthier P' ; 42 Dreux, fils aîné de Gauthier II ; d3 Gauthier 111, second fils de Gauthier II ; 14 Baoul, comte de Crépy ; 15 Simon , son fils, comte de Crcpy ; 16 Gui vi Yves : l'incertitude règne sur leur origine et leur succession ; 17 EiKjucrrund de Boves et de Coucy ; 18 Thomas de Marie, son fils ; 19 Benaud, comte de Clermont ; 20 Charles de Danemarck , gendre de Eenaud ; 21 Huyues Camp d' Avesnes , comte de Saint-Pol ; 22 Robert de Boves; 23 Baoul, comte de Vermandois; 1k Philippe d'Alsace, comte de Flandre; 1185, Philippe d'Alsace cède le comté d'Amiens au roi Philippe-Auguste. Le comté d'Amiens n'eut point de blason spécial ; ceux qui en furent possesseurs conservèrent les armes de leur famille.

Marquisat d'Akcrk. La seigneurie d'Ancre, en Sanlerre, appartint d'abord aux comtes de Ponthieu ; elle passa ensuite aux comtes de Saint-Pol et plus tard à la maison d'Humières-Crevanl. Érigée on n)ar(piisat au mois de juin 157G, la terre d'Ancre fut acquise en 1610 par le célèbre Conciui , qui prit le titre de viurôchai d^ Ancre. Ce marquisat fut confisqué après la mort de Concini et donné par Louis XIII , en 1620, à Charles d'Albert, duc de Luyues, connétable de France. La terre d'Ancre prit alors le nom d'Albert. Elle appartenait . à la fin du X Vil"" siècle, à Louis de Bourbon, comte de Toulouse et duc de Penlhièvrc. Les armes de l'ancienne seigneurie d'Ancre étaient burellces d^anjent et de yueules de dix pièces.

Barons d'Audres. Arnold, premier baron d'Ardres, vivait vers la fin du XP siècle. Il érigea en pairies les douze terres qui dépendaient de sa chûtellenie : Andres , Alembon, Balinijhem, Courtebonne , Crésecques , Fiennes , liâmes, Hervtelinyhem, La Motte d'Andrcs, Licques , JValc en Surqucs c\ Zelthun. Chrétienne d'Ardres épousa le comte Baudouin II de Guîncs eu 1169 et porta la baronnic d'Ardres dans la maison «les comtes de Guînes.

anVoiilé la ("aminé, la peste et les (lèches des Musulmans ; mais ses services étaient payés , car Godefroy de liouillon, Philippe-Auguste ou le roi St-Louis avait dit : — La porte de ton donjon et ton ccu de guerre ])orteront désormais une croix ou des coquilles , symboles des pèlerinages d'outre -mer. — Si le damas des Intidèles avait mutilé le croisé , on plaçait des merlettes sur son écu ; pauvres oiseaux privés de pattes et

Seigneurs d'Argies. La ninison d'Argics, en Amiénois, avait une anliqne origine. L'historien de la Morlière fait mention de Charles d'Argies, cunnùtcMe de France sous le rèijno do Lodewùj le-Dèhonnaire ; la création de l'oHîce de connétable est très-iiostérienre à cette date, et le père Anselme ne fait nullement mention de Charles d'Argies; il ne place pas non pins parmi les connétables Hugues d'Argies qui, au dire de quelques historiens, aurait exercé cette charge pendant le règne de Louis-le-Gros. Mais on s'accorde à reconnaître que la maison d'Argies était déjà connue alors. Jeanne d'Argies porta la seigneurie d'Argies dans la maison de Châlillon , en épousant Hugues de Châtillon, comte de Sainl-Pol. Famille éteinte. Ses armes étaient d''or à l'orle de vierlettos do salle.

Maison de Bailleul en Vimeu. Jean de Bailleul, né à Mons-en-Vimen, village duPonthieu, disputa le trône d'Ecosse à Robert Bruce et à Hastings, seigneurs écossais. H descendait par sa mère de David Huntiugton , unique rejeton du sang royal. On le couronna roi d'Ecosse à Scône. En guerre avec Edouard P', roi d'Angleterre , il fut fait prisonnier et enfermé dans la tour de Londres. Mis plus tard en liberté , il revint en Ponthieu où il mourut portant le titre de roi. Edouard de Bailleul, son fils, épousa la nièce de Philippe-le-Bel. La maison de Bailleul en Vimeu portait d'hermine à Vécusson de (jueules en cœur. Cri de guerre : Hellicourt en Ponthieu ! Famille éteinte.

Maison de Belleforièrk. La terre de ce nom était située en Flandre dans le voisinage de Douai. Les seignems qui la possédaient s'établirent en Picardie vers le milieu du XIII" siècle. Charles-Maximilien de Belleforière , marquis de Sojecourl, comte de Tilloloy et grand-veneur de France, donna beaucoup d'illustration à cette maison. Famille éteinte. Armes do sable semé de fleurs de lis d'or. Cri de guerre : Bernemicourt !

Maison de Blotefierrk. Les Blotefierre étaient seigneurs de Morlancourt , en Santerre ; plusieurs d'entre eux se distinguèrent dans nos armées. Hs portaient écarlelé au, i et i d'or à trois chet^i'ons de sable, au 2 et i d'ar^jent à dix fasces de sable posées en bande. Famille éteinte.

(le bec , les mcrlettes rappelaient les lointains voyages , les dangers affrontés , les blessures reçues.

Deux métaux et cinq couleurs formèrent les principaux cléments du blason. « L'or, dit Vulson de la Colom- » bière, signifioit la richesse, la foy, la justice, lasplen- » deur, la clémence et la pureté ; l'argent dénotoit la )) blancheur, l'humilité et l'innocence; l'azur, nommé » par quelques-uns couleur saphirique et' céleste , repré- » sentoit le ciel , la loyauté , la noblesse et la victoire ;

Maison de Boubeus-Abbeville. Elle eut pour tige les anciens comtes de Pon- Ihieu et posséda la seigneurie de Tune et la vicomte de Bernâtrc dont les titres se perpétuèrent dans deux de ses branches. Jean,à\\ le cardinal d'Abbeville; Bernard d'Abbeville, évoque d'Amiens , et plusieurs vaillants chevaliers, sires de Boubers, donnèrent beaucoup d'illustration à cette noble famille. Ses armes ont souvent varié. M. le comte Amédée-Charles-Marie de Boubers-Abbeville, devenu le chef de sa maison , porte aujourd'hui sur le tout écartolé, au 1 d'azur, semé de fleurs de lis d'or ; au 2 d'argent , à la crois de gueules chargée de cinq coquilles d'or; au 3 I d'or^ à la croix de sahlo chargée do cinq coquilles d''argent , surchargée en cœur d'un écusson do Franco ; au li, d'azur, à trois fleurs de lis d'or; à la lande d'argent, brochant sur le tout, qui sont quatre armes d'alliance ; et sur le tout du tout d'or, à trois cœurs ou écussons do gueules qui est ^'Abbeville ; au chef cousu du champ, chargé de trois haiides du second émail, qui est de PoNTUiEn ancien. Devise : Fidelior in adversis. Cri de guerre : Ahhcville !

Maison de Boufflees. Originaire de la terre de Boufllers en Ponlhicu. Guillaume de Boulïlers était à la bataille de Bénevent en 12G6. Le maréchal de Boufllers s'immortalisa par sa belle défense de Lille en J70S. Famille éteinte. Elle portait d'argent, à neuf croix rccroisetées de gueules en pal, à trois mollettes de même en cœur, deux et une.

Les Boulainvilliers. Celte maison eut sa tige dans celle des sires de Croy et d'Airaines, en Amiénois, où se trouve aussi la terre de Boulainvilliers. Jean de Croy, seigneur de Clairy, le fut aussi de Boulainvilliers dont ses descendants gardèrent le nom. Ils obtinrent de grandes dignités et curent d'illustres alliances. Philippe de Boulainvilliers, quatrième du nom, comte de Faiiquembergues, épousa Françoise d'Anjou-Chabannes-Dammarlin et devint par ce mariage comte de Dammarlin. Le comte de Boulainvilliers, qui nous a laissé de curieux mémoires, ap-

n le rouge ou gueules ( quelques vieux liérauds l'ont » nommé bellic ou vermillon ) signifioit vaillance et » magnanimité ; le sahlc ( noir ) disoit à la fois tris- » tesse , deuil , prudence et sagesse ; le sinople ou vert » indiquoit l'espérance, la joie et la charité; la cou- » leur de poicrpre représentoit la gravité , la tempé- » rancc, l'abondance et la grandeur. »

Les devises et les cris de guerre de l'ancienne no-

partcnait à cette famille aujourd'hui éteinte. Elle portait fascâ (Vanjent et do ijucu- Ics de huit "pièces.

CoMTKs CE Boulogne. Famille illustre à laquelle appartint Godefroy de Bouillon, né au chaieau de Boulogne vers lOoS. Les historiens affirment que l'existence du comté remontait à la fin du V' siècle. Léger, fils de Flandebert, fut le premier comte de Boulogne. Relevant de la Flandre ou de la couronne de France, ce comté eut pour possesseurs les plus nobles familles. Il renfermait quatre cliàlcUeuies : BcUo , Longvilliers , Fiejines et Tiinjry; deux vicomtes : Upen et Amlleteuso ; douze baronnies : Colembert , Baincthvn, Bellchrunc, BernieuUes, Doudeauville, Coursct, Hcsdiyncul , Lianes ^ Ordre , Isacre , Engoudsen et Thiemhronne. Le comté de Boulogne fut réuni au domaine royal par Louis XI en 1477 5 il portait pour armes d'or à trois tourteaux de gueules.

Maisoîi de Bouunel. Connue en Picardie dès !e XP siècle. Hugues de Bournel , seigneur de Thiembronne, fut maréchal de France. Famille éteinte. Elle portait d'argent à Vécu do guetdes , à l'orlo do huit perroquets de sinople , hccqués , ongles et colletés do gueules.

Les Bodrnonville. Vers 40G4, Arnold le Brtin fit construire le château de Bour nonville en Boulonnais; il mourut dans la première croisade. Hugues de Bournonnonville, l'un de ses descendants, perdit la vie à la bataille de Mons-en-Puelle. La terre de Boiunonvillc eut plus tard litre de duché. Le duc de Bournonville , comte de Hennin et chevalier de la Toison-d'Or, fut gouverneur de Lille , pendant le XVP siècle. Famille éteinte. Elle portait d'or à trois cucillers do bois de salle et plus tard de sable au lion d'argent couronné d'or.

Seigneurs de Boves. Célèbres aux XII" et XIII"^ siècles. Ils portèrent le titre de comtes d'Amiens. Enguerrand de Boves et Thomas de Marie, son fils, prirent les armes en 1H3 pour s'opposer à l'établissement de la commune d'Amiens. Leur château de Boves était situé en Amiénois. A la Hu du XP siècle, l'un des sires de Boves usurpa le château de Coucy possédé par Albéric, feudataire de l'église de

blesse picarde ou artésienne nous révèlent à la lois sa valeur et son illustration. On disait , au moyen-âge :

Ailly, Mailly, Ciéquy Tel nom , telles armes, tel cry ; Picquigny, Moreuil , Roye, Ceincls de mesme courroie , Feroient la guerre au roy ; Rambures, Rubempré, Renty Belles armes et piteulx cry.

La maison de Coucy semblait ne pouvoir regretter le trône, tant elle était fière du nom qu'elle portait. Elle prit pour devise :

Je ne suis roy ny prince aussy, Je suis le sire de Coucv !

Le cri de guerre de ces hauts-barons varia. Du Cange en mentionne trois : Nostre-Dame au seigneur de Coucy ! — Coucy à la merveille ! — Place à la bannière !

Reims; il devint la tige des sires de Coucy. La maison de Boves eut d'abord pour armes de gueules^ à la lande d'or à deux cotices de même ; elle porta ensuite les armes des Coucy fascé do vair et do gueules do sis pièces. Famille éteinte.

Maison de Bracquemont. Elle eut pour tige Renaud, seigneur de Bracqneniont, terre du vicomte d'Arqués, en Normandie. Robert de Bracquemont, amiral de France au commencement du XV"^ siècle, donna beaucoup d'illustration à cette famille qui 'se fixa en Picardie. Marie de Bracquemont épousa , en J396, Louis d'Argies, seigneur de Bélhencourt-sur-Somme et de Framerville. Marguerite de Bracquemont, sa sœur, fut mariée en 1404 à Jean Tirel, sire de Poix. L'amiral Robert de Bracquemont avait pour armes de salle au chevron d'argent et au maillet d'or, au canton dextre. Plus tard, Louis Aube de Bracquemont porta de gueules à huit losanges mises en croix. Ces armes sont encore celles de ses descendants.

Maison de Bueteuil , en Beauvaisis. Famille illustre. Evrard de Bretcuil fut de la seconde croisade et périt en 1148 dans les plaines <le Laodicéc. Valeraii de Breteuil épousa Adèle de Dieux, fille de Robert, comte de Dreux et de Braîne, et fils du roi Louis-le-Gros. Ils portaient d'or à la croix d'azur. 11 y avait en Normandie une famille de Breteuil qu'il ne faut pas confondre avec la maison de Bretcuil en Beauvaisis, éteinte depuis plusieurs siècles.

L'histoire a consacre le souvenir de la vaillance des sires de Coucy ; elle fut digne de leurs cris de guerre ; mais nous leur connaissons un autre titre de gloire... Écoutons , pour cela , le savant Brussel . « Dans un <( compte rendu à St-Louis, en 126.5, au sujet de ses 1) troupes d'outre-mer, il est fait recette d'une somme )) de quinze mille livres tournois que M. Enguerrand » ( sire ) de Coucy venoit de prêter pour retirer la » vraie croix qui avoit été engagée pour sûreté du

Maison de Buimeu. Originaire de la terre de Brimeu-sur-Canche, en Vonthieu. Connue dès le XII" siècle. Elle compta des gouverneurs d'Artois, des baillis d'Amiens et des chevaliers de la Toison-d'Or. Gui de Brimeu , sire d'Hunibercourt, surnommé lo Grand, favori de la princesse Marie de Bourgogne , fut décapité par les Gantois révoltés en 4477. Famille éteinte. Armes d'argent, à trois aigles de gueules, deits et un, mejnhrées et becquées d'azur.

Maison de Clermont-Tonkerre. L'une des plus illustres familles de la monarcbie. Originaire du Dauphiné. La maison de Clermont-Tonnerre eut de nombreuses branches ; l'une d'elles, celle des comtes de Thoury, marquis de Clermont-Tonnerre, s'établit en Picardie au commencement du XVIF siècle, par le mariage de Jacques de Clevmont, comte de Thoury, conseiller-d'état, gentilhomme de la chambre de Louis XIII , avec Gabrielle de Glizy, dame de Bertangles. Les alliances de cette branche lui formèrent un magnifique blason de seize quartiers; nous le donnons ici : la France, l'Empire, Constantinople , Navarre , Angleterre , Aragon, Castille, Hongrie, Bourhon- Duché, Bretagne, Bourgogne, Milan, Savoie, Poitiers'l^alentinois , Chôlons et Bohan. M. le marquis Amédée-Marie de Clermont- Tonnerre, colonel d'état-major, chevalier de Malte, possesseur du château de Ber- Ijingles^est le descendant de Jacques de Clermont , comtê^de Thoury. Siboudll, baron de Clermont, l'un de ses nobles ancêtres, rendit d'éminents services au pape Calixle II. Pour en consacrer le souvenir, Calixte promulgua une bulle , le 23 juin 1120, en faveur de Siboud II et de sa postérité. Les Clermont-Tonnerre jusqu'alors avaient porté dans l'écu de leurs armes une montagne d'argent au fond d'azur, éclairée d'un soleil d'or. La bulle leur accorda les armes du Saint-Siège, la tiare pour couronne, avec cette devise : Etiam si omnes te negaverint, ego te nunquam negalo. La maison de Cleraiont-Tonnerre a porté, depuis lors, de guetdes à deux clefs d'argent passées en sautoir, avec la tiare et la devise donnée par Calixte H. Cri de guerre : Clermont !

» payement de la rançon du roi... ftem , de dùmino » Ingerrano de Cauciaco , pro redempticme Crucis. XV"*. » libras turonenses. »

Un hérisson , ou porc-épic , et ces mots Que nul ne s'y frolte formèrent la devise des sires de Créquy ; celle des bouteillers de Senlis était Franc et léal ! Técusson des Mailly portait Hogne qui voura ! le seigneur de Iloye — dit Froissart — criait Roye au Seigneur de Royo! la maison de Bailleul prit pour cri de guerre :

DccHÉ-PAiRiE DE Chaulnes. La terre de Chaulnes, en Santerre, appartint aux maisons de Brimeu et d'Ongnies et fut érigée en comté en 1563 ; elle passa ensuite dans la maison d'Ailly. Charlotte-Eugénie d'Ailly, comtesse de Chaulnes , épousa en 4619 Honoré d'Alhert , seigneur de Cadcnet et maréchal de France. La terre de Chaulnes ne tarda pas à être érigée en duché-pairie par Louis XIII, en faveur d'Honoré d'Albert, qui prit le titre de duc de Chaulnes et commanda en Picardie. Charles d'Albert , duc de Chaulnes , son fils , né à Amiens , fut ambassadeur à Rome et gouverneur de Picardie. Michel-d'Albert d'Ailly, duc de Chaulnes , leur descendant, eut aussi le gouvernement de cette province. Famille éteinte. Elle porta d'abord pour armes d'or à trois lions de sabla. Armes du duché-pairie : écartclc au 4. et i d'or au lion de tjueules , armé, lampassé et couronné de même, qui est d'ALBERT , au2 et S de gueules , Vécu diapré do deux rinceaux d^alisier d'argent passés en sautoir et en couronne, au chef échiqueté d'argent et d''azur.

Seigneurs dï, Contay. La terre de Contay qu'ils possédaient était située en Amiénois. Guillaume-Ie-Jeune, seigneur de Contay, fils de Robert-le-Jeune , bailli d'Amiens, exerça la plus grande influence dans les conseils de Philippe-le-Bon et de Charles-le-Téméraire, ducs de Bourgogne. Famille éteinte. Elle eut d'abord pour armes de gueules, fretlé d'argent, semé de fleurs de lis d^or, et porta ensuite /ascé d'argent et de gueules de six pièces , à la bordure d'azur.

Maison de Contt. Le bourg de Conty en Amiénois lui donna son nom. En 1551 , Éléonore de Roye apporta la seigneurie de Conty dans la maison de Bourbon, par son mariage avec Louis de Bourbon , prince de Condé , qui devint le chef de la branche de Conty, dont les armes étaient de France, au bâton de gueules péri en bandes à la bordure do même.

Maison de CnÉvEcœuB. Elle prit le nom de la ville de Crévecœur en Santerre et devint illustre dès le XW siècle. Jean III de Crévecœur, dit Flamcng, fut fait prisonnier à Poitiers auprès du roi Jean. Antoine de Crévecœur devint grand-louve-

Hellicùurt en Ponthieu ! celle de Tiennes : Artois- le noble ! les Bellcforicrc criaient : Dernemicourt !

Les comtes de Boulogne , ceux de Vermandois et de Soissons, les comtes d'Artois, de Ponthieu et de Valois exercèrent long - temps une entière souveraineté dans leurs possessions. Les nombreux vassaux qu'elles renfermaient fournissaient de véritables armées à ces puissants feudataircs. Au dixième siècle , les comtes de Boulogne avaient un sénéchal , un vidame , un grand-

tier de France. Philippe de Crévecœur, plus connu sous le nom de d'Esqucrdcs, titre d'une seigneurie qu'il possédait , fut gouverneur d'Artois. Fort attaché d'abord h la maison de Bourgogne , il se soumit à Louis XI en d477 et obtint le gouvernement de la Picardie. Armes des Crévecœur : do gueules, à trois chevrons d'or.

Maison de Crot. La maison de Croy est célèbre. En France , en Allemagne , en Bourgogne, dans les Pays-Bas, son nom se mêla <nux noms les plus illustres , aux événements les plus essentiels de l'histoire. Plusieurs généalogistes ont pensé que la maison de Croy était originaire du bourg de Croy-sur-Somme , en Amiénois. Il est cependant constant que les Croy descendaient des anciens rois de Hongrie. Etienne IV, surnommé V Ancien, dépossédé de sa couronne en 1172 , quitta la Hongrie où ses jours n'étaient plus en sûreté; Marc de Hongrie , son fils, partageant son exil , fut accueilli à la cour de France par le roi Louis-le-Jeune et épousa , en 117S, Catherine, dame de Croy-sur-Somme et d'Airaines. Leurs descendants adoptèrent le nom de Croy. Celte illustre maison donna deux cardinaux à l'Église ; elle fournit un grand-aumônier de France, deux évoques et ducs de Cambrai, princes du Saint-Empire; un grand-bouteiller de France et un grand-maître; plusieurs maréchaux ou généraux d'armées ; des chambellans et ambassadeurs. Les ducs de Bourgogne et la maison d'Espagne conférèrent les plus hautes dignités à la maison de Croy qui compta dans l'ordre de la Toison-d'Or jusqu'à vingt-huit chevaliers. Par lettres-patentes du mois de juillet 1598 , Henri IV érigea en duché la terre de Croy-sur-Somme, en faveur de Charles de Croy, duc d'Arschot et prince du Saint- Empire. En 1773, le marquisat de Wailly, en Amiénois, fut aussi érigé en duché de Croy, par lettres-patentes de Louis XV. Les premières armes des Croy étaient d'argent à trois fasces de gueules. Ils ont porté depuis écartelé au 1 contre-écartelé , aux i. et i de gueules , à dix losanges d^argcnt, trois, trois., trois et un, qui est DB Lalain; au 2 et i d'argent, à trois fasces de gueules, qui est de Choy; au second contre-àcartelé de Fbance et d'âlbeut, et sur lo tout de Bueiagkb; au

veneur, un Iwuspilleiir , un rachasseur ^ \\n louvetier et un oiseleur. La connétablie, la maréchalerie , l'office du bouteiller et celui du gonfalonier formaient autant de pairies; quatre chàtellenies considérables et douze baronnies dépendaient alors du comté de Boulogne.

Les comtes de Vermandois eurent long- temps une cour brillante à Saint -Quentin ; on y voyait un vicomte ; un bailli, bajulus, chargé d'administrer la justice dans le comté; un châtelain; un sénéchal, auquel le com-

iroisième contre-écar télé, aux 1 et i losanges d'or et de gueules, qui est n^Cr^xov , et aux 2 et i d'or, au lion de sable lampassé et armé do gueules qui est de Flandre; au quatrième contre - écartelé , aux 1 <?^ 4 de Croy , et aux 2 et 3 d'argent, à trois doloires de gueules, les deux en chefs adossés , qui est D¥. Ren- TY ; sur le tout des grandes écartelures, fascè d''arge7it et do gueules de huit pièces, qui est vzllovGRiE. Devise : Jo maint iendray.

Maison Du Hamel. Wauthier du Ilaniel , d"^ du nom , chevalier, sire du Hamel, vivait en d202. Mathurin Du Hamel fut secrétaire des finances de Louise de Lorraine, femme de Heuri III. La terre du Hamel , que ses descendants possédèrent après lui , est près de Corbie en Amiénois. Les Du Hamel ont pour armes d'argent à la bande de sable, chargée do trois sautoirs nu croix do Saint- André d'or. Devise : /é toute heure !

Les Dammartin. Cette famille, célèbre dans l'histoire, était originaire de la terre de Donipmarlin en Ponthieu. Le rôle du ban et de l'arrière-bau pour la bataille de Bouvines fait mention d'un Dammartin ; on disait alors Dommartin ou Dompmartiîi (Cornes Domini Martini.) La famille des Dammartin eut plusieurs branches; il y avait des comtes de Dammartin de la maison de Trie. AlbéricP', comte de Dammartin , fut grand-chancelier de France. Le comté passa successivement daus les maisons de Chabannes, d'Anjou-Nazièrcs, de Boulainvilliers, de Montmorency et de Bonrbon-Condé. Les premiers comtes de Dammartin , d'origine picarde , portaient fascé d'azur et d'argent de six pièces, à la bordure de gueules.

Maison des Desquesnes, vicomtes de Poix. Robert Desqnesnes était chevalier en 1211 ; Robert II Desquesnes mourut à la bataille de Mons-en-Puelle. Famille éteinte. Elle portait d'argent à la croix de gueules, chargée de cinq sautoirs d'or.

Maison d'Estrées. Originaire de Picardie. Elle a fourni des grands-ofTiciers de la Couronne et plusieurs maréchaux de France. Les d'Estrées portaient d'argent, fretté de sable au chef d'or chargé de trois inerlettes de sable. Famille éteinte.

mandement des troupes était confie; un notaire; des chambellans, cnmcrarii ; un chancelier; des échansons, buliculnrii ; le précepteur, pœdnijoijus ; le physicien ou médecin, clcricus physicus ; l'intendant, prœpositus doiueslicorum ; des écuyers et des pages. La plupart de ces ofTices étaient tenus en fief et les chartes en donnent le témoignage.

Les pairs ou principaux vassaux des comtes devaient, au moyen-age , se rendre une fois par année dans le

Maison d'Estourmel. Famille originaire du Cainbrésis où se trouvait in tonc (rEstoimnel. Raiinbaïui Cietoii d'Esloiumel fut de la première croisade cl entra le premier dans Jérusalem. Jean d'Estourmel se signala au siège de Péronne eu 4536. Les d'Estourmel portent de yueules , à la croix crcleUo d'unjent.

Maison dk Tiennes. Elle prit le nom de la terre de Fiennes en Boulonnais , (pii eut titre de marquisat. Alliée aux comtes de Boulogne , de Guînes et de Saint-Pol. Robert ou Moreau de Fiennes fut connétable de France au XIV"" siècle. Colart de Fiennes mourut à Azincourt. Famille éteinte. Armes d'argent au lion do sahle. Cri de guerre : .-Irtois-le-ttoble !

Seigneurs de Flavy. Maison illustre dès le temps du roi Jean. Hector de Flavv jouta à Arrasen d431, contre Maillotin de Bours , en présence de Pbilippe-le-Bon, duc de Bourgogne. Famille éteinte. Armes d'hermine, à la croix de yueules, char- (jéc de cinq cof/uilles, alias cinq quintes-feuilles d'or.

Seigneurs de Fontaines. Famille originaire du Ponthieu. Aléaume de Fontaines prit part à la troisième croisade et fonda la collégiale de Longpré-les-Corps-Saints en 1190. Enguerrand de Fontaines, fondateur de l'abbaye d'Espagne , fut sénéchal du Ponthieu au Xll= siècle. Famille éteinte. Elle portait d'or à trois écussons de rair.

Maison de Gouffier. L'ill istre famille des Gouffier tirait son origine des anciens seigneurs du Vau-aux-Gouffiers, eu Poitou (d'Hozier. ) Une de ses branches s'établit en Picardie, par le mariage ce Louise de Crévecœur, en Sanlerre , avec Guillaume Gouffier devenu célèbre sous le nom de VAviiral de Bonnivet. Plusieurs Gouffier de Bonnivet, ses descendants, servirent avec distinction dans nos armées. Ils possédèrent la seigneurie de Crévecœur et portaient d'or à trois jumelles de salle écartclé de Montmorency. Famille éteinte.

Maison de Gouulay. Originaire d'Angleterre. Elle s'établit en Ponthieu en 1397. Nicolas de Gourlay fut capitaine de la ville d'Amiens pendant le XV'' siècle. On

chriteau de leur suzerain pour y résider quarante jours ; on appelait cela faire Ve^tagc. La chronique de Ruraet nous apprend que « lorsque Girard 111 d'Abbc- » ville, seigneur de Bouberch, était suftisamment ajour- )> né de faire estage à Abbeville pendant quarante » jours à la cour du comte de Ponthieu , il pou voit » de son droit , s'il plaisoit à lui , venir lui et son mé- » nage en la maison et lieu du béguinage à Abbeville, » et là faire sa demeure et estage quarante jours et

trouve desGourlay baillis de Rue et vicomtes de Domart. Ils portaient d'argent à la croix ancrée do salle. Famille éteinte.

Maison de Grouches. Thierry, seigneur de Grouches, en Âmiénois, vivait à la fin du XIIP siècle. Simon de Grouches servit avec distinction dans les guerres duXIV*" siècle. Il portait d'or à trois fasces de (jucules.

Comtes de Guînes. Adulphe , fils de Siffrid , pirate danois, possesseur du château de Guînes au X<^ siècle , devint la tige de la famille de Guînes. Le comté avait alors douze pairies : Arquinyoul , Audimhroeck , Autingues , Bouvelinghem , Campagne , Evlémy^ Fouquesollcs, Lostharnes, Nielles-lez-Ardres, le prieuré d'Ardres, Recques et Surques. Foulques et Odon de Guînes s'illustrèrent dans les croisades; Arnould III dit le Prodigue, comte de Guînes, céda ses possessions au roi Philippe-le- Hardi. Elles passèrent ensuite à la famille de Clermont-Nesle et furent réunies à la couronne par le roi Jean. Les comtes de Guînes portaient vairé d'or et d'azur. Famille éteinte.

DccHK-PAiRiE D'HALLCiN.Laterrede Maignelay,en Santerre, appartint, au moyenâge, à des seigneurs illustres. A Bouvines, Pierre Tristan de Maignelay sauva la vie à Philippe-Auguste. Jean Tristan de Maignelay devint grand-éclianson de France. La seigneurie de Maignelay passa, au quinzième siècle, dans la maison d'IIalluin, originaire de Flandre, et fut érigée eu duché-pairie sous le nom iVHalluin par lettres-patentes de 1587. Le titre du duché s'étant éteint, Louis XIll le rétablit eu IGll sous le nom de Caudale ; des lettres de 1620 renouvelèrent l'ancien titre d'Halluin qui fut porté par le maréchal de Schomberg, après son mariage avec l'héritière d'Halluin, Le titre de ce duché s'éteignit en 1G5G. Le sceau de Jean Tristan de Maignelay, échanson de France, placé sur une quittance de 1337, est une lande surmontée d'un lion issant ou demi-lion. Armes du duché-pairie d'Halluin : d'argent, à trois lions de sable, armés, couronnés et himpassés d'or , posés deu.T et un.

» quarante nuits, cl en la place grande qui estoit ^1 devant le béguinage il pouvoit faire tendre ses tentes » et pavillons pour lui , ses gens et ménage. »

Sept chatellenies , trois seigneuries et trente- quatre pairies relevaient des comtes de Saint-Pol et se trouvaient aussi soumises à l'estagc. Nous lisons dans du Cange que les pairs n'étaient pas dispenses de conduire leurs femmes chez le suzerain quand la comtesse de Saint-Pol habitait le château. Le jour de l'arrivée,

SEiGNEnns DE IIangest. Florent de llangest était conseiller du roi Louis VIII ; Guillaume de IIangest fut bailli d'Amiens; on trouve dans cette famille un grandpanetier de France et un grand-maître des arbalétriers. Elle portait d'argent à la croix de gueules, chargée de cinq coquilles d^or. Famille éteinte.

Maison d'IIeilly. Jean d'Heilly combattit à Poitiers et Jacques d'Heilly fut tué à Âzincourt. Mademoiselle d'Heilly épousa Guillaume de Pisseleu, capitaine de mille honmies de pied sous le roi Louis XII ; on sait qu'elle devint la maîtresse de François I'''^ qui la fit duchesse d'Étampes. Les d'Heilly portaient de gueules, à la lande ciselée d'or do trois et deux demi-fusées. Famille éteinte.

Seigneurs de Hénekcourt. Adrien de Hénencourt , doyen de la cathédrale d'Amiens au XV" siècle , légua une partie de ses biens aux enfants d'Antoine de Lamelh à la charge de joindre le nom de Hénencourt à celui de Lamelh. La terre deHénencourt était située en Amiénois. Philippe de Lameth de Hénencourt fut niaitred'hôtel de la reine , sous le règne de François IL Armes de la maison de Hénencourt : d'argent à trois maillets de salle, écartelé de Beauvoir , qui est d'argent à deux landes de gueules, sur le tout de Mailly Conty qui est d'or à trois maillets de gueules. Famille éteinte.

Maison d'Hocquincourt. Nom d'une terre située en Ponthieu. Le maréchal d'Hocquincourt s'était distingué à la tête des troupes françaises pendant le règne de Louis XIII ; ses différends avec Mazarin le portèrent malheureusement à prendre les armes contre son pays. Il fut tué au siège de Dunkerque en combattant dans les rangs ennemis. Les d'Hocquincourt portaient de gueules à trois maillets d'or deux et un. Famille éteinte.

Seigneurie be La Ferté. La seigneurie de LaFerté, en Ponthieu , fut possédée depuis le commencement du XIIP siècle jusqu'au commencement du XIV« par une branche de la maison de Roye. Eléonore de Royc , dame de La Ferté , trans-

et celui où l'estagc se terminait , le comte traitait ses pairs ; mais , pendant tout le reste de restnge , ceux-ci devaient pourvoir à leurs dépenses ; ils avaient d'ailleurs droit de chasse dans les garennes et dans les immenses forets du comte. Le prince d'Epinoy fut long-temps au nombre des feudataires de la maison de Saint-Pol; mais il ne relevait pas du comté et ne devait hommage qu'au comte. Il lui offrait , pour cela , un fust de lance de bois blanc et sans fer ; le comte , retirant

mit cette seigneurie à Jean de Châtillon, grand-niaitre et grand-queux de France, fils de G.iucher de Châlillon , connétable. La seigneurie passa aux Roncherolles , barons de Pont-Saint-Piene. Les seigneurs de La Ferlé, de la maison de Cliûtillon, portaient de yueules à trois pals de vair au chef d'or brisé d^une merleite de sable au canton dextre.

Maison de Limeth. Elle eut pour tige un puîné de l'illustre maison de Neuville, qui reçut en partage la terre de Lameth, située dans les Pays-Bas. Thibaut de Lameth fut tué à Azincourt. Antoine de Lameth , premier-écuyer de Charles le-Téméraire, due de Bourgogne , passa au service de France et devint chambellan de Louis XI. Il avait épousé l'héritière deHénencourt et mourut bailli d'Amiens. Antoine de Lameth , général des finances en Picardie, fut ambassadeur de François \" à Rome. La famille de Lameth porte do gueules, à la bande d'artjent, accompagnée de six croix recroisetées de même au pied fiché mises en orle , appelées vulgairement armes des Lameth ; écartelé de Nedville qui est d'or, fretté de gueules, brisé d'un franc canton d'or à une étoile à six rais d'azur.

Maison de Lefebvre de Caumartin. Originaire du comté de Ponlhieu où se trouvait sa terre de Caumartin. Huarl Lefebvre , sieur de Pierrette, fut ennobli par Charles VI en d400 en considération de ses services. Louis Lefebvre de Caumartin , intendant de la province de Picardie pendant trente-deux ans , devint garde-des-sceaux en 1622. Louis Urbain Lefebvre de Caumartin , marquis de Saint- Ange, fut intendant des finances et conseiller d'état. Boileau parlait de lui en disant :

Chacun de l'équité ne fait pas son flambeau

Tout n'est pas Caumartin , Bignon ni d'Aguesseau.

Voltaire commença la Henriade dans son château de Saint-Ange. François Lefebvre de Caumartin occupa le siège d'Amiens au XVIP siècle. Famille éteinte. Elle portait dhizur à cinq trangles d'argent.

alors un anneau de son doigt, le passait au doigt du prince son feudataire.

Les comtes de Saint-Pol battirent long-temps monnaie. Voici les notions que l'on recueille sur les émoluments de leurs principaux officiers. Le sénéchal recevait cent cinquante livres et sept setiers de blé fournis par le moulin de Frévent; on accordait au lieutenant du comté deux portions de bois de cinquante verges coupées dans la forêt de Saint-Pol; le louvetier

Maison de Longueval. Elle prit ie nom de la terre de Longueval en Sanlerre. Les seigneurs de Longueval firent éclater leur valeur dans les croisades. Charles de Longueval sauva la vie à Philippe-le-Bon, duc de Bourgogne, à la bataille de Mons-en-Vimeu. Famille éteinte. Elle portait pour armes handé de vair et de guérites de six pièces.

Maison de Mailly. L'une des plus illustres de l'ancienne Picardie où elle est connue depuis l'année 4070. Elle avait pris le nom de la terre de Mailly en Santerre. Les Mailly firent éclater leur valeur dans les croisades; trois d'entre eux périrent à Azincourt.M. Adrien de Mailly, ancien pair de France, fils du maréchal de Mailly, est le descendant de cette noble race. Elle porte pour armes d'or, chargé de trois maillets 2 et i , de siiiople pour la branche principale et d^émaux différents pour les autres. Devise : Hoytie qui vonra.

Comtes de Monididier. Hilduin l", comte de Montdidier, en Santerre, vivait vers l'an 948. Hilduin IV, l'un de ses descendants, ayant épousé Alix, héritière des comtes de Roucy, devint, par ce mariage, comte de JRoucy., titre que garda sa postérité. Du Gange nous apprend que le comté de Montdidier fut ensuite possédé par Eudes, fils de Manassès, comte de Dammartin ; par les comtes de Crépy, par ceux de Vermandois et de Flandre. Il fut réuni à la Couronne sous le règne de Philippe- Auguste.

Maison de Moreuil. La terre qu'elle possédait était située en Sanlerre. Descendue des anciens rois et comtes de Soissons, la maison de Moreuil commença à être connue en 1119. Bernard III se distingua dans les croisades. L'héritière de Moreuil porta les terres de sa famille dans la maison de Créquy en 1497. Les armes des sires de Moreuil étaient semées de France, OM iion naissant en cceur d'argent. F »mi\\e éteinte.

touchait deux cents livres, plus treize sous quatre deniers prélevés, par année, sur chaque cent de moutons que le comté renfermait. Cet officier revenant de la chasse pouvait s'approprier un mouton choisi dans le troupeau qui se trouvait sur ses pas, pourvu qu'il fût en mesure de placer dans la main du berger la patte gauche d'un loup.

Le marquisat de Nesle , en Santerre , était l'un des plus beaux de France; près de deux mille fiefs en re-

Maison de Picquignï. Originaire du bourg de ce nom en Âmiénois et connue dès l'année d066. Les vidâmes de Picquigny sont célèbres dans l'iiisloire de la contrée. Deux d'entre eux se croisèrent; l'un d'eux, Guerniond de Picquigny, devint pa triarclie de Jérusalem. Jean de Picquigny, gouverneur d'Artois pour Philippe de Valois , défendit avec intrépidité le gué de Blanquetaque contre les troupes anglaises. Etant mort sans héritiers directs , son vidamé et sa baronnie de Picquigny échurent à la maison d'Ailly. Les \idames de Picquigny portaient fascé d'aryent et d'azur de six pièces , à la bordure de ijueules.

Comtes de Ponthieu. Les premiers temps de leur histoire sont pleins d'obscurité. On a prétendu que leur origine remontait jusqu'à Khlowigh V' ; mais on pense avec raison qu'//<?rZi«n , fils d'Helgaud et allié de Karle-Ie-Grand, fut le premier comte héréditaire de Ponthieu. Ses successeurs devinrent puissants; ils donnaient tour à tour assistance à nos rois ou leur faisaient la guerre. Hugues I" rendit de tels services à Hugues-Capct que ce dernier lui accorda la main de sa troisième fille Giselle. Guillaume III épousa Alix de France , sœur de Philippe-Auguste. Ëléonore de Ponthieu, mariée en 4272 à Edouard I"^, roi d'Angleterre, lui porta en dot le comté de Ponthieu qui revint plus tard à la couronne de France Le dernier comte de Ponthieu fut Charles-Philippe de France , comte d'Artois , et plus tard roi sous le nom de Charles X. Les armes des premiers comtes de Ponthieu étaient d'azur à trois landes d'or, à la bordure de gueules.

Les siues de Poix. Connus dès le XP siècle. Les premiers sires de Poix portèrent le nom de Tyrel. Ils prirent plus tard celui de la ville de Poix, en Amiénois. Plusieurs d'entre eux s'illustrèrent dans les croisades et à la bataille d'Azincourt. Ils portaient de (jucules, à la bande d'aryent accompaynée de six croix d'aryent recroisctées. La sirerie de Poix devint une principauté et passa dans la maison de Soissons , par le mariage de Marguerite de Poix avec Thibaut de Soissons , et plus tard dans celle de Créquy.

levaient; on rom])t;iil dans le nombre les quatre haronnies d'A.tliies, (-'apy, l'rcniches et Beaulieu. La jus tice civile et criminelle appartenait au bailli du marquisat ; on appelait de ses sentences au bailliage de Saint - Quentin. Le bailli faisait , de plus , office de maire à Nesle assisté d'échcvins que le marquis désignait. L'usage voulait que les maires de Bouchoir , Landevoisin, Seffour et Begny vinssent, pour l'obligation de leur fief, assister à l'appréciation qui avait

Duché-pairie dk I'oix-Créquï. Érigé par Louis XIV au mois de juin 4652 , en faveur tie Charles de Créquy, prince de Poix , pour reconnaître ses services dans les campagnes de Catalogne et d'Italie. Le titre dn duché s'éteignit le 5 août d7H. La principauté passa dans la maison de la Trémoïlle et plus lard dans celle do Noailles qui porte encore le litre de pri?ice de Poix. Les armes du duché-pairie de Poix-Créqny étaient celles de la maison de Créquy, (Tor au créquicr de ijueules. Famille éteinte.

Les Sires dk Raineval. Raoul de Raineval, grand-panetier de France, rendit d'éminents services à Cliarles V et à Charles VI. Valeran de Raineval mourut à Azincourl. Ils portaient d'or à la croix de sable charyée de cinq coquilles d'anjent.

Maison de Rajiburks. Célèbre dans l'histoire de la contrée. Originaire du Ponthieu, où l'on voit encore son magnifique château de llambures, et connue depuis l'an 1407. Les sires de Rambures occupèrent les premières charges de la couronne. Famille éteinte par les mâles au XVIP siècle. Charlotte de Rambures , héritière de cette noble race , épousa François de la Roche , marquis de Fontenille , dont les descendants occupent encore le château de Rambures. Les sires de Rambures portaient d'or à trois fasces de gueules.

Maison de Riencourt. Connue dès la fin du Xll*" siècle. Elle possédait la seigneurie de Riencourt, en Amiénois. Hugues de Riencourt fut premier-maître d'hôtel d'Antoine de Bourbon , roi de Navarre. Plusieurs seigneurs de Riencourt servirent avec distinction dans les armées. La maison de Riencourt porte d'argent à trois fasces de gueules frettées d'or.

Maison de Rolhaclx-Gamaches. Les Ronhanlt, originaires d'Angleterre, s'établirent en Picardie au commencement du XIV' siècle, par le mariage d'un Rouhaull avec l'héritière de Gamaches, en Ponthieu. Les Rouhault-Gamaches sont célèbres dans l'histoire. Joachim Rouhault battit les Anglais à la bataille de Fourmi-

lien tous les ans, dans la ville de Nesie, des blés, avoines, pains, chapons, oisons, poules et poulets dus an marquis à titre de cens. On procédait d'ordinaire à cette opération dans la grande salle du château en présence du bailli , des officiers du marquis , de ses vassaux , et sur l'avis des boulangers, eabaretiers, mesureurs et gens préposés à loffice. Dans les siècles reculés, l'estimation dont il s'agit avait appartenu au chapitre de la collégiale de Nesle ; plus tard, les cha-

L'ny, fil bi illci- sa v.ileiir au siège de Chalais, en Giiicnnc , à la l)ntaille du Caslillon, et dans la giieiie du Bien Public. Louis XI le nomma maréchal de France. Thibaut <le Ganiaches, son fils, et son neveu, Aloph de Gamaches, se distinguèrent dans les lîuerres du XVP siècle. Les anciennes armes de Gamaches étaient d'anjcnt au chef iVaznr ; les Rouliault portaient de sable à dcti.v léopards d'or couronnés, armés et Inmpassùs de ytieules.

SiBKs DE RoYE. lls prirent le nom de la ^ille de Roye en Santerre, furent connus dès d095 et s'illustrèrent dans les croisades. Mathieu II eut la charge de grandmnitre des arbalétriers ; l'un des sires de Roye servit d'otage pour le roi Jean ; un antre combattit à Azincourt. La maison de Roye avait acquis par alliance les titres du comié de Roucy. Charlotte de Roye, comtesse de Roucy, épousa François III, comte de la Rochefoucauld ; Eléonore de Roye fut mariée à Louis de Rourbon , prince de Coudé. Ainsi s'éteignit la famille des sires de Roye. Ils portaient pour armes de yuculos, à la bande d'urijent, au chef cousu de France el adoptèrent pour cri de guerre : Boye au Seigneur de Boye ! ( Froiss-^rt. )

Seigneurs de Rubempré. Connus dès l'année d291. Ils portaient le nom de la terre de Rubempré en Amiénois. Lancelot de Rubempré fut tué à Azincourt; Jean de Rubempré, grand-bailli du Hainaut et chevalier de la Toison-d'Or, mourut à la bataille de JNancy, où il combattait dans l'armée de Charles-le-Tén>éraire. Famille éteinte. Elle portait d'arijent à trois jumelles de yucules.

Maison de S.unt-Valhry. Issue du sang royal de France. Gauthier, comte de Saint-Valery en Ponlhieu , et petit-fils de Richard-le-Jeune, due de Normandie, prit part à la pren)ière croisade avec son fils Reruard. Thomas de Saint-Valery s'illustra à la bataille de Rouvines où il combattait avec cinquante chevaliers et deux mille vassaux. Il portait dV/awj-, fretté d'or, semé de fleurs de lis de même. Famille éteinte.

iioiiies se dessaisirent de celte attribution en laveur du marquisat, moyennant un hommage dont nous lapporlerons ici les principales circonstances. <( Le sergent à )) cheval de la seigneurie, botté et éperonnc, rëpce au » côté, portant la livrée du marquis de Nesle et la » bandoulière à ses écussons , entre par la principale » porte du chœur des chanoines , à l'intonation du )) Magnificat; il s'arrête devant le banc du chantre; » salue l'autel , le coté droit oii est le doyen , puis le

Màisow DE Sarccs. Pierre de Sarcus , bienfaiteur de la collégiale de Longpré-Ies- Corps-Saints, vivait en 12 J 3. Bcnatit de Sarcus fut prcmier-cliambellnn de Jean- Sans-Peur, duc de Bourgogne, et devint maître des eanx cl forêts en Picardie. Fa • mille éteinte. L'Iiéritièrede Sarcus épousa un Ticrcelin de Brosses dont la famille , étrangère à la Picardie , s'établit dans la province. La maison de Sarcus portait de yueulcs au sautoir d'argent, accompagné de quatre violettes de même.

Maison de Savedse. Connue en Picardie dès le XIP siècle. La terre dont elle porta le nom est en Amiénois, Morlel de Saveuse fut capitaine-général en Picardie pendant le XIV'' siècle. Guillaume de Saveuse mourut à Azincourt. Ils portaient de

gueules, à lu bande d'or, accompagnée de six hillcties do mêrne , trois en chef et trois en pointe. Famille éteinte.

Maison de Soyecourt. Famille célèbre pendant le moyen-âge. Elle prit le nom de la terre de Soyecourt en Santerre. Gilles de Soyecourt, grand-échanson de France , fut tué à la bataille de Crécy. La seigneurie passa dans la maison de Belleforière , à la fin du XV^" siècle , par le mariage de Françoise de Soyecourt avec Ponthusde Belleforière, gouverneur de Corbie. La maison de Soyecourt portait d'argent, fretté de gueules. Famille éteinte.

Principauté de Tikgry. La terre de Tingry, en Boulonnais, appartint long-temps aux seigneurs de Fiennes. Elle passa plus tard aux Luxembourg-Montmorency et devint une principauté. Les princes de Tingry portaient de Montmorency chargé en ccevr d'un écussoii d'argent au lion de gueules, la queue fourchée et passée en sautoir, armé, lampassé et couronné d'or qui est Luxembourg.

Comtes de Yermandois. Les premiers comtes de Vermandois descendaient de Karle-le-Grand. Adèle de Vermandois , dame de Valois, leur unique héritière, épousa Hugues de France , dit le Grand, fils de Henri I' "^ roi de France ; ils formèrent la tige des seconds comtes de Vermandois, dont la puissance était citée. Eléo-

n gauche; il porte avec soi, dans une nappe, sept » pains d'épices, d'un pied de contour, couverts de » dragées et empreints de la figure d'un saint; il se » place en la stalle de son seigneur, au coté gauche » du doyen et pose sur le rebord qui est devant lui » la nappe et les pains d'épices ; quand rantienne se » reprend , il tire de sa poche une serviette blanche » pliée , enlève la nappe et les étrennes ; descend de

noie de Veimaiulois, comlesse de Saint-Quenlin, dame de Valois et leur héritière, mourut dans les premières années du XIII'^ siècle, laissant à Philippe-Auguste, son parent, les comiés de Vermandois et de Valois. La maison de Vermandois, dont Hugues de France fut la lige, portait échiqueté d'or et d'azur au chef d'azur charijé do trois fleurs do lis d'or.

Maisoi» dk ^■IGNACODnT. ElIc cut les plus illustres alliances et donna plusieurs grands-maîtres à l'ordre de Malte. LesVignacourt portent d'argent à trois fleurs de lis de yueulcs au pied coupé.

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