ÉVÊQUES DE NOYON
LES QOATOR/K ÉVÈQUES DE l'aUGUSTE DK VERMAÎiDOIS.
d. Hilaire I". — 2. Martin. — 3. Germain. — 4. Maxime. — 5. Fossonie ou Fossoîie. — 6. Alterne ou ^Eterne. — 7. Hilaire II. — 8. Domitien. — 9. Remédie ou Remède. — iO. Mercurin. — dl. Promote. — 42. Sophronie. Commencement du sixième siècle. — 13. Alomer ou Ailomère. — 14. St-Médurd , 530.
ÉVÊQUES DE l'église DE NOYON REUNIE A CELLE DE TOURNAY.
En 532, St-Médard transféra son siège épiscopal à Noyon. Tournay fut alori réuni à ce siège. — 15. Faustin. — 16. Gondulphe. — 17. Chrasmare. — 18. Ehrulphe. — 19. Bertonde. — 20. St-Achard ou ./c/iat're, vers 621. — 21. St-Eloy^ 640. — 22. St-Mummolin , 660. — 23. Atityaire , 686. — 24. Gondui. — 25. Guarulphe , 721. — 26. Fravienyer. — 27. Hunvan. — 28. Gui I". — 29. St-Evnvce.
— 30. Elisée, 745. — 31. Adelphride, l'ai. — 32. Dodon. — 33. Gilbert, avant 769. — 34. Plèon. — 35. fVandelmare , après 799. — 36. Rantgaire , vers 818.
— 37. Aichard ou Fichard, 830. — 38. Immon, 839. — 39. Rayinclme , 860. — 40. Hedilon, 879. — 41. Rnmbert.— kl. Airard, 924. — 43. fValbert ,932. Il fut d'abord pourvu de l'abbaye de Corbie. — Son élection fut l'occasion de graves désordres ; Âdalelnie ou Âdeline, comte de Noyon , s'opposait à sa nomination. Les partisans de Walbert étaient les plus forts; il massacrèrent dans la cathédrale le comte et tous ses adhérents. — 44. Transmarus ( outre-mer ), 937. — 45. Raoul 7^' , 950. — 46. Fiilclier, 954. Ce prélat deshonora l'épiscopal. Jacques le Vasseur, en
nioiitrèrcnt fort jaloux de leurs prérogatives. Au quatorzième siècle, le bailli royal du Valois avait fait pendre un clerc tonsuré ; l'évêque Gilles de Lorris s'é-
ses mémoires , l'appelle un loup entre les Médards. — 47. Hadulphe ,956. — 48. Lindulpho , 977. — 49. JRadbod /", 989. — 50. Hardouin de Croy,997. — 51. Uuijues, 4030. — 52. Baudouin /", 4044. — 53. Radbod II, 4068. Son savoir et son éloquence fuient célèbres au onzième siècle. — 54. Baudry ou Balderic , 4098. Prélat remarijuable par ses lumières. Il concéda, de son propre mouvement, une charte communale aux habitants de Noyon. — 55. Lambert , 4143. — 56. Simon de f^er mandais , 1121. Princedusangroyal.il fonda la célèbre abbaye d'Ourscamp. La catliédrale de Noyon fut consumée par les flammes sous son épiscopat.
ÉVÉQUES DE l'église DE NOYON DEPUIS SA SÉPARATION DE CELLE DE TOBRNAY,
61. Baudouin H de Boulo(jne ,liiS. — 58. Baudouin 111,110,1. — 59. Renaud , 4174. Il assista au concile de Latran. — 60. Etienne I" de Nemours, 4488.
— 61. Gérard de Bazoches ,1222. —62. Nicolas de Boye, 1228. — 63. Pierrel" Chariot , 4240. Fils naturel de Philippe-Auguste. — 64. JVermond de la Boissière, 4250. — 65. Gui fl des Prés , 4272. Il eut de grands différends avec son chapitre.
— 66. Simon II de Clcrmont-Nesle, 4297. — 67. Pierre II de Ferrières , 4301. — 68. André ou le Moine de Crécy , 1304. Frère du célèbre cardinal Lemoine. — 69. Florent do la Boissière, 1315. Président de la cour des comptes de Paris. — 70. Foucault de Rochcchouart , 4347. Il devint archevêque de Bourges. — 74. Guillaume I" Bertrand, 4331. Il devint évêque de Beauvais. — 72. Etienne II Albert, 4338. Il passa de l'évêché de Noyon à celui de Clermont ; devint évêque d'Ostie , cardinal et pape sous le nom d'Innocent VI. — 73. Pierre III d'André, 4339. — 74. Bernard le Brun , 4342. — 75. Gui III de Camborn , 4348. — 76. Firmin de Cocquerel, 4349. Chancelier de France, né à Amiens. — 77. Philippe I" d'Arbois, 4350. Il devint évêque de Tournay. — 78. Jean I" de Meulan, 4351. — 79. Gilles de Lorris, 4352. — 80. Philippe II de Moulins ,liSS. L'un des plus grands bienfaiteurs de l'église de Noyon. — 84. Pierre IV Fresnel , 4409. — 82. Raoul II de Coucy , 4415. Il fut d'abord évêque de Metz et assista au concile de Constance. — 83. Jean 11 de Mailly , 4420. Président de la chambre des comptes de Paris. Dans les temps de désordres où l'on vit les factions des Armagnacs et des Bourguignons désoler le royaume, ce prélat se soumit au roi d'Angleterre Henri V et assista, dans la cathédrale de Paris , au couronnement de Henri VI, proclamé roi de France par ses partisans. — 84. Guillaume 11 de Marufin,im. Il eut de grands dillércnds avec son chapitre. — 85. Charles de Hamjcst , 4501. Seigneur de Genlis. — 86. Jean 111 de Ilangest de Genlis , 4525. Sous l'épiscopat de ce prélat, Calvin fut curé de Pont-l'Évêquc , aux portes de Noyon. — 87. Claude d'Angennes de Ram-
tant plaint tle cet abus de pouvoir , un arrêt du parlement de Paris, lui donna satisfaction en 1364. « Le » clerc, dit ce jugement, sera dépendu et enterré avec » honneur , en présence du bailli , avec réparation » honorable de sa part, au profit de Tévèque; le bailli » condamné de plus à lui présenter une image pesant » vingt marcs d'argent. . . ' » Lorsqu'un évêque de Noyon
ioui//ef , 4578. Frère du cardinal de Rambouillet. —88. Gabriel de Blaiyny, 1588. — 89. Jean IF Munier. — 90. Charles de Balzac, 1596. — 91. Henri de Baradat,\G2Q. — ^2. François de Clerviont-Tonnerr e , i66i. — 93. Claudc- Maur d'Auligné , 4701. — 94. Charles-François de Châteauneuf do Rochehonne , 1707. — 95. Claude de Jiouvroy-Saint-Sivion , 1731. — 96. Jean-François -de-la- Crofte-de-Bourzac , 1733. — 97. Charles de Broglie, 1766. — 98. Louis-André de Grimaldi , 1777. — Siège supprimé.
' M. de la Fons, baron de Mélicocq, dont les publications sur l'histoire du Noyonnais révèlent beaucoup d'érudition et de recherches , nous a fixé sur les émoluments des officiers de l'évêque de Noyon au quinzième siècle :
OFFICIERS DE l'ÉVÈQUE.
« 1463. Au bailli de Noyon , xxiiii liv. — Au recepveur , ix liv. x s. — Au procureur ( il se nommait Noël Maressol ), viii liv. — A Robert de Mailly, capitaine et garde du chastel deCarlepont , xii liv. — Au capitaine du château d'Erchieu , VIII I. X s. viii d. — A Jacotin Courtier, sergent à masse, ix s. — A Pierre le Mannier, sergent à verge , iiii liv. — On trouve ailleurs : A Jehan Musart , sergent à verge de mondit seigneur , pour avoir esté de Noion à Paris porter l'annonce très-importante pour le Roy , nostre sire, comme il appert de la certification de maistre Noël Maressal , procureur de mondit seigneur , xiiii s. ii. d. — Au maître sergent, xl s. — Au sergent, xl s. — Au sergent de la solle St-Martinlez-Noion , estably par mondit seigneur pour la garde de la chaussée, néant. Pour l'an de ce compte n'y a pas eu de sergents pour garder ladite chaussée. — Dans un autre endroit on lit : dudit Mathieu le maistre , pour la ferme de la chaussée de la solle St-Martin,vii liv. xs. — Au barbier d'office,. . . — A Jehan Dupuiz , mesureur, un liv. — A Raoul le Normant , mesureur et arpenteur, iiii liv. — Au pourvoyeur des vivres... — A Regnault le Faulqueur, douter des vingnes de mondit seigneur à Noion , un liv. »
( Une cité picarde au moycn-uijc. )
avait pris possession de son siège , il se rendait en grande hâte à Saint-Quentin , pour visiter le tombeau du martyr qu'on y révère. Les chanoines de Saint-Quentin étaient tenus, dans cette circonstance, de payer à l'évêque un droit de procuration ou de gîte. En 1 304 , l'évêque André de Crécy refusa avec dédain les douze livres tournois que le chapitre lui offrait, aux termes des bulles papales. La dépréciation des monnaies rendait cette somme très -modique au quatorzième siècle. « Le chapitre voulait la paix , dit ->•> Jacques le Vasseur; il l'acheta, en poussant ses offres » jusqu'à trente-cinq livres tournois qu'André de Crécy » reçut.
L'archidiacre Baudry fut appelé à l'évêché de Noyon en l'année 1098. De profonds dissentiments partageaient alors le clergé et la bourgeoisie. Baudry s'en affligeait ; et pour qu'ils eussent un terme , ce prélat conçut le dessein de réunir les bourgeois en commune à l'exemple des bourgeois de Cambrai. La charte que Baudry promulgua réalisa ses espérances ; le calme revint dans Noyon. La commune approuvée par Louis-le-Gros fut confirmée plus tard par Philippe- Auguste '.
Les successeurs de Baudry regrettèrent souvent les concessions que ce prélat avait faites aux habitants. Plus d'une fois ils profitèrent de leur crédit auprès des rois de France pour porter atteinte à la charte jurée et leurs empiétements occasionnèrent de fréquents
' ( Ordonnances des rois de France, tome xi , IISI , page 224. )
désordres. Mais les ëvêques sortaient presque toujours vainqueurs de ces luttes. En 1222, un clerc de l'église de Noyon avait été insulté ; la ville fut excommuniée et plus tard un arrêt condamna le maire et les jurés à faire amende honorable. Le mardi avant l'ascension de l'année 1 223 , en présence de l'évêque Gérard de Bazoches et dans son palais épiscopal , ils firent serment, sur les sainctes reliques de Monsieur Sainct- Eloi 3 pour eux et pour tous les habitants, de ne plus mettre la main sur les chanoines ou sur les clercs et de s'interdire la faculté de crier commune , commune , au son de la cloche du beffroi '... — Ce mot de commune, symbole précurseur d'une émancipation plus ou moins tardive mais inévitable , portait alors le trouble dans tous les esprits; s'il causait de l'effroi à quelques-uns, d'autres l'accueillaient comme une précieuse espérance ; car en menaçant les privilèges il promettait des garanties aux opprimés!
La ville de Laon eut aussi sa charte communale dès les premières années du douzième siècle ; mais elle l'acquit à prix d'argent de son seigneur temporel l'évêque Gaudry. Moins heureux que les bourgeois d'Amiens et de Noyon ceux de Laon ne trouvèrent point
^ « Item maior et jurati , et communice singulis annis jurabunt episcopo quod » non miltent manum in canonicos aul clericos de choro Noviomensis ecclesiae. . . » Item singulis annis publiée edicitur, et sub pœna corporis , et catalli inhibebitur » firmiter, ne propter discovdiani motam contra aliquam canonicum Novionienseni, » vel clericani de chora Novioniensis ecclesiae, vel dictos servientes audeat aliquis >> clamore, communia , communia. . . Actum Noviomi anno Domini 1223. . .»
( Jacques le Vasseur. )
un protecteur dans leur évêque. « C'était un de ces » hommes d'église qui , après la conquête de l'Angle- )) terre par Guillaume -le- Bâtard , étaient allés faire » fortune chez les Anglais, en prenant le bien des » vaincus. Il avait des goûts et des mœurs militaires, » était emporté et arrogant, et aimait par-dessus tout » à parler de combats et de chasse , d'armes , de che- » vaux et de chiens. Il avait à son service un de ces » esclaves noirs que les grands seigneurs, revenus de )) la première croisade, venaient de mettre à la mode, » et souvent il employait cet esclave à infliger des tor- )> tures aux malheureux qui lui avaient déplu '. »
Depuis plusieurs années la ville de Laon était en possession de sa charte communale , lorsque l'évèque Gaudri résolut d'obtenir de Louis-le-Gros l'abolition de la commune. Les intrigues des courtisans qu'il sut mettre à profit , et l'offre d'une somme de sept cents livres , en faveur de l'épargne royale , servirent si bien son dessein que le roi déclara nulle la charte qu'il avait autrefois confirmée. Les habitants indignés se révoltèrent; le palais épiscopal assiégé resta en leur pouvoir; et un grand nombre de chevaliers, plusieurs clercs et Gaudri lui-même y furent impitoyablement massacrés '-.
Ces désordres préparaient aux habitants de Laon une
' ( M. Auijuslin Thierry. )