‹ Archives historiques et politiquesChapitre 15 sur 32 · I. nature de sa mission divine et avec le premier de · texte numérisé non relu

I. nature de sa mission divine et avec le premier de

- fes devoirs spirituels. Si, par suite des événemens

de ce monde, il arrive que le souverain- pontife

t éprouve la'donleur de voir ces rapports altéré») il

f jie peut au moius, par son propre fait, se placer

^ 4aas une situation qui leur soit constamment ôp-^

■ posée.

Il est inutile de développer le déirimcnt qoeprouveroient les rapports spirituels par la cessation des communications entre le chef et les membres; communications qui seroienl ialerrompues dans

Its pa)'s dont les souverains seroîent offensés, si le Saint -Père adoptoit i?ii système d'opposition permanent à leurs intérêts , et d'adhésion à leurs ennemis. L'interruption de ces communications feroît méoonnoitre dans ces pays l'autorité du chef de la retigion, et y feroit tarir la source d'où les fidèles qui les habitent doivent dériver l'instruction, les pouvoirs spirituels, les concessions désirables, ettfuelquefois même nécessaîc^es. Le détriment qui résuUeroit à la religion d'un tel élat de choses, n'est-il pas assez évident pour que le Saiiit- Pêre qui, par le devoir de son apostolat , doit écarter le Tual et procurer le bien, trouve dans ces réflexions un obstacle pour adopter une mesuco ■d'où jailliroit tant de mal?

L'obUgation de fermer ses ports à l'Angleterre toïftes les fois qu'elle seroit eu guerre avec la France, Comme V. Exe. le demande dans sa première proposition , meltroitS- S. dans une opposition permanente et perpétuelle avec l'Angleterre .laquelle , au fond , deviendroit un élat d'hostilité et de guem; avec cette puissance. S. M. n'ignore pas que,Hansce royaume et ses colonies, un grand nombre de catbohques exercent tranquillement leur culte. Si Bid'mtenant celte puissance accorde sa proteotion à ces nombieux catholiques , et leur permet l'union et la libre conimnnication avec le chef de l'Eglise, le 8aint-Père pourroit-il espérer qu'en Toffensantpar une opposilion persévérante , il ne fera pas perdre à l'Eglise et à la religion catholique un avantage si incalculable? S- M. , qui professe laut d'amour et de

protection pour cette religion dans laquelle' Elle est liée . peiit-Elle vouloic qu'elle souffre un si grand dclriiuent, et que son cheriui-même le loi cause?

Les mêmes obstacles qui empêclient le Saint-Père d'adopter la première proposition, s'étendent ausaï sur l'autre. S'obli^cer à céder, dans chaque guerre , ses forteresses à la France lors de cliaque débarqnement on menace de débarquement d'une année <ji>eli'onque, ennemie de la France, sur un point qneloonque de l'Italie, seroit exposer les états du Saint-Siège, par un fait volontaire, à être, dans chaque guerre , considérés par les ennemis de la France comme n'étant que précairemeut sous sa dominiition , et comme dépendant de la France , et par conséquent comme pays ennemi. Les guerres s'étendent si rapidement sur lecontinenl, et par conséquent la crainte ou les menaces d'un débarquement peuvent être si fcéqueules, qu'un engagement jHir lequel le Sainl-Pêfe prometlroit, dans un tel cas, <1 abandonner ses forteresses , seroit équivalent à l'enj^agenicnt qu'il prendroit de les céder toutes les fois qu'il y auroit guerre, et pju- conséquent se placer cbaque luis dansunétatd'hostilitéavec toutes les nations belligéran les. Cela seroiteu opposition directe avec sa qualité de pèie commun et avec les intérêts de la religion. Tous les autres états, voyant le Saint- Siège lié à perpétuité à la France par des liens de celle Dulure , ne le regarderoieut plus comme un père commun, impartial à l'égard de tous ses enJàns. Xja grandeur du mal qui en résulleroit paitt les relations spirituelles saute aux yeux de ttn(>

itéuiï (Jui savent que l'égalUé des affections filiales des peuples et des souverains est le principal moyea ;poor conserver à l'Eglise la paix et la tranquillité, ^ pour fiiire éf^alenientaiiner ft respecter son chef (IJ'aDS tous les paysoii il existe des fidèles; réciprocité fde setilimens d'oii dépendent spécialement la propagation de la relijjion et sa prospérilé.

Le Saint-Père ne peut pas dissimuler que ces ■propositions ne sont pas seulement idenliques avec celles auxquelles il a déjà fait donner les réponjes Jes plus pertinentes , mais que la seconde propositîoo reuferroe une denuinde aussi forte que nouvelle. *iAqu'à présent on n'avoit pas encore parlé de l'océtipation d'une forteresse. C'est sous ce rapport que ifc nouvelle demande ajoute aux prétentions anté- Ijiéures ; et ce qu'elle ajoute est de nalure qu'îndé- ,Àendamment des autres inconvéniens démontrés «i-dessus , son exécution exposeroit l'Etat pontificat ^ être occupé dans toute guerre, soit par les ennevas de !a France , qui lâcheront de la prévenir, soiÉ ^r la France qui les aura prévenus. En dernière iSiial^se, chaque fois qu'il s'élèveroit une guerre , le g(aint-Siége devroit trembler pour lui et ses mal- ^'eureux sujets , exposés non par les événemens, mais 'jBar suite d'une convention, à être la proie que les fgmis et les eunémisse dispuleroieot.

Le Saini-Père doit cependant , par rapport à cet article, rendre justice à l'équité de S. M. Il a des faisons de croire que S. M. a déjà reconnu la dureté jiite cette demande; car son cardinal-légat vient de

ToM. n. ]4

lui annoncer, par une dépêche très-récente , quc^ dans un entretien qu'il a eu avec S. M., celle-ci ^ s'est bornée à la première demande , qui a pour objet de faire fermer les ports aux Anglois dans toutes les guerres, sans plus parler de la seconde pro- ][^osition.

Après tout cela, il se présente une autre réflexion. L'objet des demandes de S. M. est d'assurer les communications entre la Haute et la Basse-Ilalie, comme s'exprime V. Em. dans sa lettre. Mais, pour la présente guerre , ce but n'a-l-il pas été parfaitement atteint par S. M. ? N'est-Elle pas, malgré les représentations du Saint-Père , en possession des ports de l'Etat pontifical sur les deux mers? Quant aux guerres à venir, le Saint-Père espère de la Providence divine, que non seulement elle exaucera les pBÎères qu'il ne cesse d'adresser au Très- Haut pour le rétablissement d'une paix universelle qui sera l'œuvre la plus grande de S. M. , et fera bénir son nom par toute l'Europe; mais que cette paix donnée au monde par la sagesse et la puissance de S. M. , sera stable, et pourra compenser, par sa longue durée, les maux que la guerre a causés à l'humanité. Ea supposant toutefois que les hostilités recommencent, la magnanimité de S. M. l'engagera à ne pas vou-' loir que, pour un intérêt si éloigné, et que faut de circonstances peuvent faire changer, le Saint -Père consente à une chose qu'il regarde comme si désastreuse, qu'il souffre un si grand tourment, qu'il se compromette d'une manière si contraire à ses obt

( 3„ j gâtions , sans qu'au fond le but pour lequel on venir ■ kii Imposer ce sacrifice, seroit atteint.

L'évideDce des raisons que le Saint-Père vous a expoiées , et qui découlent uniquement de sou devoir spirituel , ainsi que la sagesse de S. M. et son âltachepient filial, font espérer qu'Elle ne fera jamais souffrir à l'Fglise romaine :tucun des désastres dont Elle l'a menacée; qu'Elle consultera la grani^eur de son ame et sa religion, plutôt que sa puissance. En appesantissant sa main sur le suprême, |>asteur , sur le père qui l'aîme , qui lui a donné tant de preuves de son attachement , qui désire si ac-, ^mment lui en donner encore de nouvelles, sea^, lement parce qu'il ne peut imposer silence à la vqix de sa conscience , et trahir ses devoirs essentiels, S. M. diminueroit trop l'admiration que l'âge présent lui a vouée et que la postérité partagera, pour qu'on puisse crnindre que S. M. ne veudle faire un st grand tort à Elle-même et à son nom auguste. S. M. voudra que celui-ci soit toujours inscrit dans le catalogue des protecteurs et des plus illustres défenseurs de l'Eglise et de son chef, et qu'il se distingue d'une manière spéciale par les biens qn'ElIe a. faits au Saint-Siège, et non pour avoir détruit sa domination temporelle.

En exposant à V.Em. ces seotimeos du Saint-Père, le soussigné espère qu'avec l'esprit de conciliation ijui distingue V. Em. , Elle tondra s'empiojer pour jrendre le calme et la tranquillité à S. S-, dont les iotenlions droites pour la France et S- M. I. et R.

ne peuvent être révoquées en doute après tant dç preuves que le Saint-Père en a données aux yeux de rEuroj)e entière.

Le soussigné a l'honneur» etc.

Philippb cardinal CasonL

• S. S. eut, peu de jours après, des nouvfelles positives de l'arrivée de son courrier à Paris. Elle apprit que ses réponses n'avoient pas produit l'effet qu^elle en avoit espéré peut-être. Buouaparle fit déclarer an légat qu'il persisloit dans Topinion que les différends qui s'étoient élevés entre Rome et le gouvernenlent fratiçois, n'a voient rien de commun avec la puissance spirituelle , ef qu'il les regardoik eonime étant seulement du ressort de la politique. Le ministre ajouta que , « puisque Rome mettoit en avant de pareilles maximes, fondées snr l'union du gouvernement spirituel avec le temporel , on n'y voyoit d'autre remède que de séparer Tun de l'autre. »

Ces menaces furent réitérées et développées par Buoùapapte lui-même , dans l'audience qu'il donna, le 1.®^ juillet 1806, à Saint-Cloud , au corps diplomatique. On sait qu'il affectoit y dans les occasions solennelles, d'accabler d'injures le représentant de la puissance qui, à chaque époque, avoit mérité sa çolère^et que, peu maître de ses passions, il se laissoit alors entraîner à dévoiler souvent le secret le plus intime de* son cœur. Ce fut à l'audience diplp^ matique du 1.*^ j^iillet qu'il adressa les plus vi& re«

proches au cardinal-légat, en présence de fous les ministres étrangers et de toutes les personnes composant sa cour. Il enjoignit au cardinal Caprara d'écrire à son souverain que si, dans le plus court délai, il ne prenoil l'engagement qu'on lui demandoit; savoir, de Cermer, non seulenicut dans la guerre actuelle, mais aussi dons toutes les guerres futures, tous les ports de ses états à l'Angleterre, non seulement pour les bàtiniens de guerre, mais aussi pour ceux du commerce, il feroit occuper tout le reste de l'Etat ecclésiasiique; qu'il feroit placer ses aigles sur les portes de tontes les villes; qu'il diviseroit toutes les provinces, possédées encore parle Saint-Père, en duchés et principautés, comme il avoit fait pour Séiiëvent et PouLe-Corvo, et qu'il les conféreroit à qui il jugeroit à propos. Il ajouta que son parti ëtoit pris, et qu'il ne s'en départiroit pas, qu'on se dépêchât eu conséquence de lui faire parvenir les réponses dont dépendoil le sort de Rome.

Cette déclaration, faite devant tant de témoins, £t craindre an Saint - Siège que le nouveau refus exprimé dan;> la -dernière ré[>onse donnée à M. Alquier ne fût immédiatement suivi de l'exécutioit des menaces que Buonaparle avoil proférées.

Voulant que , quoi qu'il pût arriver , on ne dît pas, comme les feuilles francoîses aux ordres de Buonaparte avoieut répandu à l'égard de Béaé- ■yent et de Ponle-Corvo, que cela se fût fait de son Gousentemeot , ou même qu'il y eût tacitement acquiescé, le Saint-Père envoya, par uri courrier- •*,l,raordLDaire, l'oidre au cardinal Captara que ,

dans le cas où les meojices de Buonaparte seroieot réalisées, il eût à ôter de son palais les armes ponlificales et à partir sur-le-cliamp pour Rome. Dans le Tiis oii il eu seroil eiiipêciu'',il devoit cesser immëfU^teiueut ses fuiiclioiis , ses pouvoirs élant dans uoe telle Ii^potlicse expressément révoqués. Le Saint- Père tloniiiiconnoissance de ces ordres à M, Alquier. Cependant les autorités militaiies contiouoient, par ordre exprès de leur gouvernement, à commettre lotîtes sortes d'attentats contre la soaverai-jieté aussi J»ien que coolre la dignité du clief de l'Eglise. Il seroil fastidieux de les rapporter tous; il suffit. d'eD citer quelques exemples. Douze années se sont à peine écoulées depuis que ces actes de Violence ont été commis, et déji) on emploie tous rjes moyens pour les plonger dans l'oTibli, s'il étoit [ j^ossible: on voudroît en soustraire la mémoire à [ ïincorcnptiljle Idstoire. Ou affecte de ne se rappeler ' que les exploits des armées fraucoises; on ne cesse ■ «^'exalter leurs victoires et leurs conquêtes, ache- 7 lées par des flots de saug inutilement répandus, èl I «n 3 l'air de regretter ces beaux lempstoii la vie,et I b. fortune des citoyens uetoient comptées pout^ I rien, pourvu que l'iimbilion pût obtenir des gradeS' I çt des récompenses, et que les champs, eugraissés 1 dp sang des vainqueurs et des vaiociis , cbangés éa dotations, devinssent la récompense de l'audace etdu dévouement; ces temps forinnésoù les principes, libéraux flécliissoient devant l'insolence d'un despote, ,el où les amis de l'égalité se targuoient des coli£ctiels de la vauité que dislrîbuoit un maître

(2,5) qui n'a jamais estimé ceux qui le servoienl avec le plus de zèle.

Ces réflexions, inspirées par les circonstances du temps où nous vivons, sont toutefois étrangères au général qui commandoit les François à Ancone. Tous les documens que nous avons sous les yeux le représentent comme ayant modéré, au moins par les formes, la dureté des ordres qu'il é toit chargé d'exécuter.

■XL VI. Ordre du général Lemarrois adressé , le i^ juillet 1806, à M. Giraldi , député à Ventrée des di'oits de la foire de Sinigaglia.

' Le général commandant les côtes de la mer Adria-* 'tique ,

A M. Giraldi, etc.

Je préviens M. Giraldi que les, fonds provenant des droits de douane perçus à la foiie de Sinigaglia seront versés entre ses mains, et y resteront à ma pleine et entière disposition, sans pouvoir en être distraits sous aucun prétexte quelconque. La personne et les biens de M. Giraldi me répondront de l'exécution de cet ordre- •

Sinigaglia, i4 juillet 1806,

( 3.6 ) XLVn. Ordre du même adressé , le 12 juillet^ a

. Le géiTcrâl Lemarrois , aîdé-de-camp de S. M. Tempereur et roi, commaiicjant de la Légîon- -d'Homieur et commandant les côtes de TAdrialiqwe>.

A M. Marconi , fermier général de la moulure des grains.

• Je vous préviens, Monsieur, que si, le Si de ce mois , vous ne -faites verser entre mes nïâins , conformément à Tordre que vous en avez reçu le 1 .•' da coupant, le montant du prpduit de yotris ferme pour ledit mois , dans Fétendue de la Marche d^Ancoixç et du duché d'Urbin , j'emploierai contre vous et contre votre agent tous les moyens de rigueur* Vous m'apporterez le contrat que vous avez passé avee S. S. Toute résistance seroit inutile, et ne peut avoir que des suites funestes pour vous. .

Sinigagliâ; 23 juiUet i8iÉ^. ^

''' ' LlîMARROrS.

XL VIII. Ordi-e du même , adressé le même jour a M. Rubarli.

Le général Leoiatrois , aîtie-de-camp de S. M. i'emppreur et roi , cominandaut de la Légionr ^'Hontieup et commandant des eûtes de l'Adria-r tique.,

A M. Roberti , caissier de la ferme des sels.

Les revenus des sels dans la Marclie d'Ancone et le duché d'Urbin , à partir du i5 de ce mois , seront versés le 5i entre mes mains, conformément à l'ordre que vous en avez reçu le i.'^'' du courant Prévenez de cette mesure votre fermier généra! , ^ui m'apportera, à cette époque ou avant , le contrat qu'il a passé avec S. S.; laute d'exécution de cet Ordre , j'emploierai tous les moyens de rigueur.

SinigagUa, ce sa juillet 1806.

LEMArnois.

, XLIX. Note du cardinal Cusoni , adressé^ à M. Alquier le i". août.

Le cardinal-secrétaire d'étaiareciide Mgr. legouf Terneiir de Macerata la nouvelle que, dans 1^ inati-î née du sS du mois passé,a trois heures du jour (l}>il

(1) C'est-à-dire à sept heures du maLm.

est arrivé inopinément en cette ville ud escadron iç cavalerie Françoise, et que M. le Kéutenâiït-colokiiE!! Giflenga , adjoint à Fétslt-nia jor du général Lemarrois, s^est transporté, avec cette troupe, à la caisse de la mouture, qii^y tient le fermier Lduis Marconi ^ pour forcer ceux qui la gardent à lui>eâlèttre tout l'argent qu'elle renfermôit N y ajaât pas trouvé là somme qu'il espéroit , il se transporta chez ledit gouverneur, et le requit d y suppléçr par le moyen d'autres caisses du gouvernement.' Le' gouverneur > fidèle à son devoici non seulenient se refusa à cette réqijisition , mais, protesta aussi hautement contre cet acte de violence et de trouble que la force françoise avoit conimis. D'après les instructions dont il étoit muni, il n'opposa pas la force à la force > mais il n'employa que Içs moyens de la.^aisoA et le^ pf^otestations. .-; »

Le r^ipport de c^l; éyénenient a été un nouveau coup porté au cœur du Saint-Père, déjà aÉQigé de tant d'autres faits du même genre qài^ se 'succèdeùl, non plus seulement de jour en jour , mais presque d'heure en heure, et tendent à vilipender son autorité et à ruiner le trésor et les sujets.

S. Si aordonné au -soussigné de réèkmfier ^hîacrtement contre ces actes arbitraires de là^ troupe françoise , et de protester en son nom que ce ne sera que par la force que^cies mesures seront exécutées; mais que S. Su et ses ministres, sâti^ y oppoSéf iÀicoifie résistance de fait , se cdpteiitéront toôfoùrs^ ' de protester de la manière la plus positive.

Il ae suffit pa^ t^uëia troupe françôi^ë ai t bccbj^

lotîtes les côtes des deux mers : elle se répand aussi dans l'intérieur. Il ne suffit pas que le gouvernement soitchargé de son entretien ; il ne suffît pas que , par des efforts qui épuisent toutes ses ressources , il ail , sans pouvoir obtenir le moindre reraboursemeal, employé à cette dépense extraordinaire plus ^e deux millions de piastres , c'est-à-dire le produit ^otal des revenus d'une année; il ne suflil pas qu'il continue , avec la plus grande exactitude , à se courber sous le poids insupportable de cet approvisionnement , non seulement pour les soldats francois stationnés , mais aussi pour ceux qui traversent continuellement ses états. On veut encore, outre tout cela, piller les caisses publiques , c'est-à-dire ces mêmes caisses qui sont déjà engagées et même épuisées, ou plutôt de beaucoup outre-passées par les engagemens contractés pour les approvisionnemens. Oi* veut le faire en exerçant des actes de souveraineté ^qr les fermiers sujets de la seule puissance pontificale, et en abusant de la force pour employer des voies de fait et d'une violence hostile,

Il n'est pas nécessaire d'invoquer les principes du droit public respecté par toutes les nations, et les ihégries les plus connues du droit des gens , pour juger l'exorbitance de ces faits. Il suffit de consulter les principes du bon sens ; Il suUlt d'écouter les avis de l'humanité qui parle au cœur de tous les mortels , pour comprendre que des opérations de cette nature ne peuvent jamais èlre justifiées ni être semrées du caractiTC d'une violation manifeste et iosupportable , tant de la dig^iité que des droit*

essentiels de la souveraineté y droits <)ne tous les potentats de la terre ont toujours respectés.

Toutefois, le Saint Père veut nourrir l'espoir que des opérations poussées si loin proviennent d'un abus de la force militaire^ et n'ont pas leur origine dans la yolpnté de l'auguste souverain qui gouverne la France et qui est trop élevé pour qu'on puisse lui supposer un dessein de cette sature. Il espère aussi que Y. Exc.^ dont les lumières et la droiture lui sont suffisam* ment connues, interpasena toute l'autorité que lui ^onne son caractère de représentant , et emploiera Iqusl^ bons, offices qu'on a droit d'attendre de ce inénie caractère ^ pour faire immédiatement cesser ^ous ces actes arbitraires et violens qui sont exereéa ou annoncés dci la part de 1^ trogpe francoise, actes d'autant pliis déraisqnnables , que les efl&>pts du gouvernerneqt pontifical pour procurer à ces troopçs, malgré 1^ dérangement de l'économie pu-^ Clique, pne réception hospitalière, sont vifs et Royaux.

Le cardinal soussigné se reposant également sur Injustice et la droiture qui distinguent Y. Exe. » pro- Çte dé cette occasion pour lui renouveler les sentimens de sa considération la plus distinguée.

Philippe cardinal CASôm^

( aai )

;Ïj. Note du cardinal Casoni adressée , le l .*■■ août jSoG, au cardinal Caprara.

Du palais Quirinal, le i."aoùl 180G.

La copie ci-încluse d'une note que, par ordre de notre souverain , j'ai adressée à M. Alquier, et Belle d'une lettre de Mgr. le trésorier général à M. le général Lemarrois, feront connoître à V. Eni. les mesures de violence auxquelles le général s'est porté *.ontre les caisses publiques. V. Em. peut croire que la situation du Saint-Père est extrêraement pénible, et qu'il est d'autant plus affligé da cet événement , que sa conscience lui dit qu'il n'a mérité les traiteinens qu'il endure tous les jours. Je ne m'étendrai pas en paroles; V. Em. a trop de pénétration pour ne pas sentir que si l'on ne met pas fin aux vexations qui se succèdent, la durée des jours si précieux de S. S. sera abrégée. Il n'est pas possible que le cœur de S. M. I. et R, puisse nourrir des sentiniens si inhumains envers un souverain qui conserve pour Elle un si sincère attachement. C'est l'intention expresse du Sainl-Pcre que V. Em. se procure une audience , qu'Elle lasse à l'empereur un tableau pathétique des circonstances désolantes où S. S. se trouve placée, et dont Elle obliendra certaiiiement le redressement. On a déjà écrit à V. Em. sur cet objet , sans livoir eu de réponse. Je profite de la commodité que ni'oflVe une estafette pour faire pai'venii' plus promplcmenl à V. Em. des

dépêches qui intéressent si vivement la tranquillité de S. S. et celle de ses sufets*

Je lui renouvelle , etc.

Philippe cardinal Casoïîi.

Toutes lés représentations- furent inutiles. Lés caissiers et fermiers ayant refusé de satisfaire aux réquisitions du militaire françois , oa paina aux voies de fait> contre lesquelles le représentant du souverain pontife > se trouvant hors d'état de faire résistance, ne laissa pas de protester, ainsi qu'on le verra par les pièces qu'on va lire.' Les exécutions militaires ne cessèrent que, lorsque les fermiers, pour éviter un plus grand mal/ eurent payé en leur propre nom plusieurs milliers de piastres par mois. Tout cela, retomba sur le gouvernement qui , trop juste pour sacrifier ses employés qu'il n'avoit pu protéger contre la violence , leur bonifia les sommes qu'on leur avoit extorquées.

LT. Procès-^erhal dressé y le Zo juillet 1806^ par le

notaire de Macèrata.

Au nom de Dieu , amen. Moi , le notaire public soussigné , me trouvant dans la journée d'hier à la halle de celle ville , j'y aperçus le sieur François Bruuelli, quis'entretenoit.avecM.le chevalier

Grazianî et M. l'avocat Ilay, vers les vingt-quafre heures (lu jour. Al'improviste, onvitarriver un piquet de dragons françois, qui entourèrent le sieur Brunelli, l'arrêtèrent et le conduisirent dans la maison de M. le marquis Ricci, oti éloil logé un officier françois de l'é la t- major. Je fus alors requis , par le frère dudit sieur Bru nelli, de le suivre aven deux témoins, qui furenL MM. Anloine Ventura et Charles Contadini. Après que ledit sieur Brunelli fut resté peu de temps dans Ja maison Ricci, nous l'en vîmes sortir, escorté par le même piquet , précédé par ledit officier françois ; il fut conduit dans la maison du sieur Louis Marconi et à la place où se trouve la caisse de la raoûtnre. Ledit officier ordonna au sieur Brunelli d'ouvrir sur-le-champ la porte , parce qu'il avdit ordre du général d'Ancone de prendre de l'argent dans la caisse , et qu'il savoit combien il devoit s'y en trouver. Le sieur Brunelli s'yrefusa, disant qu'il n'avoit pas les clefs. A peine l'officier eut-il entendu cela, qu'il ordonna aux dragons de forcer la porte. Néanmoins , à l'inslant où ils alloient obéir , l'officier dit que celte opposition ne servi roit qu'a faire dépenser de l'argent à M. Marconi pour raccommoder la porte, et que larésistance auroit pour conséquence que le sieur Brunelli lui-même seroit transporté à Ancone , sans empêcher pour cela qu'on n'enlevAt l'argent.

Le sieur Brunelli envoya alors chez lui pour cher* cher les clefs. Pendant qu'on les attendoit, l'officJer dit que le sieur Brunelli secvoit un petit priuce; que lui, l'oâkier, servoil un grand prince; que par cosr

séquent il avoil raison, et que Targeùt étoîlf néeei^'. saire pour la solde des troupes. Le sieUr Brunelli répliqua que M. le général d*Anconè dîênfiandoit le produit du mois de juillet; que celui-ôi n^éntroil dans les caisses qu'en septembre ; qtf il iiè savoît pas ce qui devoit se trouver en caisse ; que ce d'étoit pas à lui à s'exécuter, puisque soft* prince elKlgr. le gouverneur le iui avôient défendu ; mais q'u'il i'inclinoil devant la force, en répélafrrt qne s'il y a^oîtd'érârgent en caisse, ce n*ëtoit pas celui du moîj de juillet. L'officier, entré en fureur, répondit qu'il $av6M tout; qu'il né voulôit pas rfe parole^ , et qufe le siéut Brunelli seroit conduit dans les prisons d'Ancone.

Dans ridtervalle arrii^a ttn^ lettre de Mgr. ïé gouverneur adressée audit o'ffîciei* ; ti on sut que é'étoit trne protestation de ce p't^élrft, "par laquefle il dédaroît n'approuver d'aucune manière tin acte qui Violoit lés droits du* souvéJ^ain.

On ouvrit ensuite les portes de laraîssè. L'officier demanda les clefs^de la caisse forte, que té iieur Brunelli assura ne pas avoir, parce qu'elles se trou- Voient entre les mains du Caissier absent.' L'officier menaça de la faire ouvrir, même avec du canon. TI ajouta ensuite, tout furieux, qa'il devoit y avoir d'autres cassettes où dévoient se trouver trois mille écus qui étoient destinés à aller à Rôûie. Il força,' par ses menaces, le sietir Bfunelli de les ouvrir, et en effet on trouva dans l'une d'elles six paqitelîj. Le àieur Brunelli répéta à plusietirs reprises que cel iVéloit pas de l'argent du mois de juillet, mais de^ mois précédens^, et qu'on ne pou voit l'enlever

tans attenter à la propriété d'un particulier ; Xoais l'officier ordonna que celte caisse fût sur-le- DChamp emportée, et remit à M. BrunelU une réquisition par écrit de complétçr, dans l'espace d'une leure, les quatre mille écus, en l'autorisant à parcourir pour cela la ville, accompagné de dragons. ■Xe sieur Brunelli i-eprésenla l'inipossibilitc de la chose , et pria l'officier de l'en dispenser; mais celuici lui enjoignit de partir sur-le-champ pourAncone. ■le sieur Brunelli fut alors obligé de se taire et de V>arcourir la ville. Il trouva les autres mille écus, c[ui fureut joints auxi5ooo et placés dans la même caisse. Finalement, ou lui intima l'ordre de transporter cette somme à Ancone, aux frais du sieur Marconi; et le sieur Brunelli ne pouvant voyager lui-mém& à cause de sa goutte, obtint de se faire remplacer par un de ses paréos qu'il devoit expédier la nuit avec un b:\timenl. Le sieur Brunelli ayant demandé un reçu de la somme , l'oflicier s'y refusa , en disant que ce reçu lui seroitdélivré àAucone parle trésorier du régiment suisse. Tout ce que dessus s'est passé eu la présence de moi , notaire public , et des deux témoins nommés, les sieurs Veniuri et • Contadici, qui l'ont confirmé par sermeot. Eu foi de quoi, etc. Fuit à Maceratata, le 5o juillet i8d6.

C'est ainsi ;PiERRB Gestili, notaire public d» AI ace rata.

LIL Protestation du président de la Marche,

du 3o juillet i8o6.

A monsieur le lientenant-colonel Gifflengô, adjoint à l'état-oiajor du général Lemarrois.

Mgr. le président de la Marche, averti de la violence qui, de la part des militaires françois , est exercée contre la caisse renfermant le produit de la mouture, proteste hautement, au nom de notre souverain, contre cet abus de force qui viole Jes droits du gouvernement.

Du palais apostolique, le 3o juillet i8o6.

A. RivAROLA , président.

Lin. Ordre du jour dû général Lemarrois p

du ^juillet a 806.

Les troupes composant la division , M.' le commissaire des guerres et les administrations militaires sont prévenus que les troupes de Sa Sainteté font partie des troupes qui sont sous les ordres de M. le général Lemarrois, et qu'elles feront le service avec celles de la division.

Le chef de Télat-major ,

Allonis.

Par suite de cet ordre, la compagnie Ferretti, qui

tenoit garnison à Ascoli , sous le commandement du ^■capitaine Bonfigli, fut appelée à Ancone. Cet ofTieier ajaDt prévenu le gouvernement pontifical et cq ayant reçu l'ordre de ne pas o béir, il se refusa d'exécuter le commandement du général françois, en le prévenant qu'il agissoit ainsi par ordre de son goH-' verncmenl. Il ea résulta ia lettre suivaute.

•IiIV. Lettre du capitaine françois commandant à jiscoli, adressée , le 23 juillet 1806, au gouverneur pontifical.

Ascoli , le a3 juillet 180S.

Le capitaine commandant d' Ascoli, à monsieur le gouverneur.

Monsieur le gouverneur,

J'ai l'honneur de vous transmettre une lettre du ' généralde division Leaiarrois, relativement à la mission dont il m'a chargé.

Je suis peiné, monsieur le gouverneur, d'être déjà»! obligé de préparer des moyens de rigueur pour par- TCnîr à l'exécution de mes instructions.

M. le capitaine Bonfigli refuse de partir pour Ancone, où il doit se rendre avec la compagnie Ferretti , d'après l'intention de M. le général Lemarrois; et je dois vous prévenir, monsieur !e gouverneur, que je ferai exécuter militairement mes OEclres.

. Je serois cependant flliché de rompre Tliarmoniâi qui-, partout ailleurs ^ règne entre les troupes francoises et pontificales > et je (lésîre de tout mon cœur que y par votre entremise, vous empêchiez les désagrémens qui pourroient en résulter pour le^ militaires pontificaux.

J'ai rhonneur de vous saluer avec une parfaite

considération.

Uttiwgew.

Le capitaine Bonfigli et le gouverneur cJ'Asdbli étant restés fermes à exécuter les ordres du Saint- Père, tendant à conserver sa neutralité, on vit, le 26 juillet, arriver à Ascoli un officier de Tétat-major, envoyé par legéhéralLemarrois, avec un détachement de cavalerie, qui arrêta le capitaine Bonfigli et le conduisit dans la forteresse d'Ancgne pour avoir obéi aux ordres de son souverain. En niiême temps on signifia à la compagnie Ferrçlti Tordre de se rendre à Ancone. Indigné d^un attentat si .public contre sa «fouveraineté ; lé Saint-Père fit remettre > le 3o juillet 1806, la note suivante à M. Alquier.

hY^Note du cardinal Casoni, adressée ^^ le ZoJuiUet

iSoiiy à M. ^iquier. )

Il est arrivé, ce matin, un exprès envoyé par Mgr. le gouverneur d' Ascoli, qui a reudiV compte d\in nouveau trait de violentée militaire tendant à vilipeader la dignité et les droits de la souveraineté

{ 2=9 ) pontificale; trait oiilre-passunt toute mesure, et détruisant Ions les principes de l'harmonie et de l'hospitalilé, en prenant au contraire le caraclère d'un abus de force absolu et d'une hostilité décidée.

Le Saint-Père , auquel le soussigné' cardinal-secrétaire d'étal a dû sur-le-champ faire part de cet événement désagréable, a été pénétré de la plus vive douleur, et a donné immédiatement ordre au soussigné de réclamer en son nom, et de la manière la pins forte, auprès de V. Exe, contre un attentat de cette nature.

Afin que V. Exe. soit au fait de cet événemeut , qui, réuni à tant d'autres qui s^accumulent journellement et qui se suivent coup sur coup, rempKt le cœur de Sa Sainteté d'une amertume qu'on ne peut exprimer, le cardinal soussigné se trouve obligé de. Lui dire qu'un officier envoyé, il y a quelques jours, à Ascoli, avec une lettre de M. le général Lemarrois pour le gouverneur de cette place, y porta l'ordre de faire partir le capitaine BonfigH, qui j commande pour le souverain pontife, avec la compagnie Ferretti, et de le remplacer dans le comman- -dementdela place.

Tant le gouverneur qne le commandant refu- ' sèrent, ainsi qu'il éloit de leur devoir, de consentir -à une demandes! extraordinaire et destructive des pouvoirs de h\ sonverainelé , protestant toutefois que, d'après les instructions de leur gouveruement, ils n'opposeroient à la force dont ils éloient menacés ^autre résistance qoe des refus et des réclamations. Le lendemain, il arriva à Ascoli qnelques soldais

( 25o ) françois; leur commandant refusa, à la l'enté, de suspendre entièremenl l'exécu lion des ordres qu'il avoit reçus de son général; mais, en considération

; lui fit le

gouverne or

des justes représentations que I pontifical , il se contenta , pour le moment , de poster quatre de ses soldats ;i la f^rand'g'arde et un planton à la porte. Quoique cette mesure fût par ellemême un acte de violence, néanmoins les représentans du gouvernement pontifical n'y opposèrent qu'une déclaration de non-consentement.

Mais la violence et les irrégularités ne s'arrêtèrent pas là. Dans la matinée du 26 de ce mois, arriva à Ascoli un ofiicier de l'état- major, envoyé par le général Lemarrols , avec un détachement de cavalerie. Il arrêta subitement le commandant Bonfigli pour le faire conduire à Ancone ; il força en même temps à partir la compagnie Ferreiti, qui étoit sons les ordres de cet officier; il menaça aussi de tirer des prisons un individu prévenu de brigandage, et contre lequel il a été instruit une procédure trèsrigoureuse, dont la décision pend au tribunal de Rome, chargé des causes de cette espèce.

Enfin, la troupe franroise s'est emparée du commandement de cette place , après en avoir chassé la garnison pontificale et arrêté le chef, disposant ainsi arbitrairement de cette place sans alléguer le moindre motif. Et quel motif peut-on imaginer pour justifier un tel attentat commis dans un état ami contre ]a force militaire du souverain ?

Malgré cette violence, laconduite du gouverneur a été telle qu'elle lui avoit été prescrite par ses ins-

iTDClicns. Il refusa avec la plus grande fermeté de conseotir à re qui s'est fait par la force ; il n'y oppos.'i «Kaiitre résistance , se bornant à envoyer par un ex- ■ près, à Rome, la nouvelle de ce qui s'étoît passé.

Le Saint- Père ne peut se persuader qu'un acte coDimis par un tel abus de la force, et en foulant aux pieds tons les droits et tous les égards , soil conforme à la volonté et aux ord res de S. M. I. et K. Le Saint-Père croiroit faire un tort trop grave à S. M. , Vil aliribuoit à sa volonté une action si contraire aux principes universels de la justice et de la probité.

Néanmoins le soussigné croit devoir faire remar- <juerà V. E?;c, combiA de circonstances violentes ■et injurieuses non seulement à la dignité, mais à l'essence même des droits les plus sacrés d'un souverain , sont réunies dans cette mesure, dont il n'existe pas encore d'exemple. La chose parle par elle-même d'une manière plus forte que tout ce ^ue pourroient exprimer les paroles, et V. Exe. a 'trop de lumières et des sentimens trop justes pour ne pas sentir par Elle-même, et sans qu'il soil besoin de l'accompagner de beaucoup d'observations, l'exorbitance d'opérations de cette nature que ne ■pottrroit jamais entendre sans frémir quiconque re- «oniïoît un principe de raison et de justice différent de oelui de la force arbitraire.

Le Saint-Père se flatte, en conséqnence, qne V. Exe. , convaincue de la justice de ses réclamations, fera eu sorte qu'en réparation de l'offense dont il se plaint, on rétablisse sur-le-cliarnp Bon-

figli daDs le commandement de la place â*A$coli/ v qu'on y renvoie sa troupe > et quela troupe Françoise l^évacue; enfin» qu'on fasse cesser tout acte tendant à soustraire les détenus à la jurisdiction dn tribunal pontifical. Sans une telle réparation^ Sa Sain-* teté ne pourroit justifier devant Dieu et le monde i devant la postérité ^ enfin devant le cr^i de sa conscience, son silence à la vue d'une violation qui n'offense pas seulement la souveraineté qu'Elle est obligée de conserver, mais qui la détruit jusque dans ses fondemens.

Le soussigné , qui partage cette confiance dans la droiture et l'esprit de conciliation de V. Exe; , ne doute pas qu'elle ne venilieJfem ployer efficacement pour délivrer Sa Sainteté cB profond chagrin que cet événement inattendu lui a causé. Il profite dei cette occasion y etc.

Philippe cardinal Casovu

Lyi. Ordre du général Duhesmé , adressé , le

21 juin 1806, au goui^erneur de Cmta-^Vecchia.

Civîta-Vecckia > le 2 1 jain 'i8o6.

Le général de division Duhesme, g:rand-o($cier de la Légion-d'Honneur et commandaivt un ebrps dé troupes de S. M. l'empereur des François et roi d'Italie, stationné à Civita-Vecchia et sur toute la cote de la Méditerranée dans les États romains ,

Ordonne à M. lé ofouverneur de Civita-Vecchia

jje lui rendre très -exactement le même comple qu'il ,avoit habitude de rendre à la cour de Rome. En conjtinuant d'administrer la justice comme auparavant, ^l n'entrera dans aucun détail de police et d'adminis- .tration sans prendre avant tous les ordres de M. le .commandant de la place.

G. DonESME.

Le prélat, ayant communiqué celle réquisition à .son souverain, en reçut l'ordre de ne pas y obéir. Xe Saint-Père fil adresser des plaintes au général et .au ministre Alquier. auxquels il exposa l'inconve- naoce de changer une occupation militaire en nne usurpation du gouvernement civil. La pièce suivante iîiit connoître le résultat qu'eurent ces démarches.

rLVn. De'pëcfie du goui'ernew général de Gi'itat P^ecchia , adressée , le 8 aaût 1806 , au cardinalsecrétaire d'Etat.

J'ai eu hier un long entretien avec M, le général Dnhesme. Il me fit connoître la nécessité où il se troavoil de faire exécuter l'ordre qu'il m'avoit adressé le 21 juin , et dont j'ai l'honneur d'envoyer encore «ne fois copie à V. Em. 11 veut que dorénavant je ne /asserien sans œ'ètre entendu avec lui, ou, en sou absence , avec le commandant de la place. Il veut laisser au gouverneur de Civita-Vecchia l'administration de la justice civile, mais à condition qu'il dépende du commandant francois, d'après la teneur

êe l'ordre* V. Em. peut être certaine que je ne négligeai pas de faire valoir auprès du générai tontes les raisons qui militent en faveur du gouvernement pontifical y et qui pouvaient lui faire sentir le droit de son représentant d'être entièrement indépendant du commandement militaire; Me donnant alors une preuve de sa confiance , le général me fit lire Tordre qu'il a reçu à cet égard de Milan , et qui est signé par le vice- roi prince Eugène Napoléon. Il est ainâ conçu : « Il eist ordonné au général Dubesme , à la première opposition qu'il éprouvera de là part du gouverneur romain à Civita-Vecchia , de déclarer cette ville en état de siège, et de renvoyer le représentant dtt gouvernement pontifical. »

Dans un cas si difficile, V. Em. voudra me prescrire ma conduite. Je prie V. Em. de réfléchir que le cas de me voir compromis peut arriver d'iin instant à l'autre ; ce qui prouve le besoin que j'ai d^pi^ prompte direction.

Je baise les mains de Y. Em. , etc.

Ci vita-Vecchia , le 8 aoét 1 806.

A. Negaeta , gouverneur générale .

Le Saint-Père ayant faitenîoindre àMgr. Negreta de pet^ter dans son refus ^ le général Dubesme donna les ordres suivans.

IiVni. Lettre adressée , le i8 août 1 806 , par le général Duhesme, à Mgr. Negreta.

Au qua nier- gêné rai , à CÎTila-Vecctia, le 18 aoûl i8o6.

j Le général de division, grand-officîer de la Léaion-d'Honneiir, commandant les troupes sur les côtes de la Méditerraoée dans les Etats romains,

A M. le gouverneur de Civita-Vecchia.

Monsieur le gouverneur,

La ville de Cîvita-Vecchia étant censée en état de çiége, il ne doit y atoir aucune autorité supérieure à celle françoise. Comme vos prétentions et les ordres que vous donnez sont contraires à l'autorité que je dois exercer d;ins une place dont je réponds à S. M. l'empereur des Français et roi d'Italie, je ÇVOus enjoins de vous retirer de Civila-Vecchia. I Je pourvoirai à votre remplacement dans les fonctions que vous y exercez.

J'ai l'honneur de vous saluer,

G. Ddhesme.

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