XLV. Réponse a la. note qui précède^ duiS
juillet ï8o6.
Des appartemens da palais Quirinal^ le i5 juillet i8o6*
Le cardinal secrétaire d'état ayant reçu du Sâint- Père Tordre de répondre en son nom à la lettre qqè V. Em. Lui a adressée le 8 du courant, lui fait con- Doître en cette tiole les sentîmeiis du Saint -Père et les motifs qui le déterminent.
• Le Saint-Père n*a pu entendre rien de pluicoiisolatit que les vœux formés par S, M. pour que les difficultés qui se sont élevées entre Elle et le Saint- Siège soient aplanies. IN^on seulement S. S. partage ees sentimens, mais Elle va même an-devant du vœu formé par S. M. Elle y est poussée par les raouvemeiis de son cceur , par le désir même de ne pés cfemger de conduite envers la France > par la con^ ^idération de l'intérêt de la religion ^ de l'Eglise et de son état» pe pouvant se dissimuler les avantages qui reviennent à celui-ci de son amitié et par&ile harmonie avec S. M.
Son cœur est pénétré de la plus vive douleur
l^outfts ies fois qu'on lui reproche de ne pas accéder ^quelque demande de S. M. , comme si cela dé- ^endoit de sa voloolé , ou que ces refus provinssent ^'im esprit de conlrariélé et d'opposition, ainsi i^ne la lettre de V. Em. semble l'insinuer. Le Saint- ^ère regarde comme une véritable disgrâce que S. M. ne veuille pas voir que si, malgré les avanijages raarquans et les espérances flatteuses que lui procureroit son adliésion anx demandes de S. M. , et ^algré les craintes et les menaces auxquelles Elle l'expose en s'y refusanl , Elle prend néanmoins !e dernier parti; son opposition ne peut pas être attrir ^uée à un mouvement de sa volonté, mais qu'elle Joit être mise sur le compte c!e la force irrésistible de sa cooscieuce, qui ne lui permet pas de s'aban- ■^Onner aux peuclians de son cœur. S'il plaisoit à ^. M. de ne pas détacher te présent du passé , Elle fie convaincroit que , parlout où le Saint-Père n'a pas rencontré d'obstacles invincibles de cette najure, il a, avec le plus grand plaisir, accédé aux: -demandes de S. M. Toutes les fois qu'il fait autrement, cela provient de son devoir, et non de sa i^roloDté.
I Le Saiot-Père se trouve donc dans la douloureuse nécessité de répondre avec loyauté à V. Em»
qu'il auroit désiré que les deux propositions annoncées par sa lettre eussent été de nature à ce qu'il pûty adhérer, et qu'elles ne fussent pas repoussées par ^es réflexions et des raisons qui ont leur fondement ^ans la nature de ses rapports spirituels et de ses ^levoirs sacrés. Quoique les choses qu'on lui propose
«oifint temporelles, elles sont néàDinoins daia uoe lîaûoQ si intime avec les- objets spirituels , et dans ua I Ici t::onnit avec ia qualité principale du S. S, , commç '• phcf de l'Eglise et comme père commua , ainsi qu'avec son miolstcre de paix, que, hiea différent ' de tout souverain purement temporel , il se trouve , placé dans rimpo^âibilité d'y condescendre.
En ses qualités de père commun et de ministPe ^e paix , il ne peut se mettre dans un état perpéUiol 4'inimitié avec aucune des puissances européennes ^ui renferment des catholiques dans leur sein. Il ne peut accéder à des mesures contraires à la nature de ce caractère et de ce ministère, etquiendétruîroîeat l'objet. L'objet de l'un et de l'autre est d'em]^ojer I constamment ses soins pour que l'union , et consé-
■ ^uemment la communication entre le chef et les li ©lembres, ainsi que la surveillance et l'influence de
r l'un sur les autres , se conservent toujours intaetes.
Tout ce qui peut tendre à détruire ou à r-elilcber
[ .ces liens et ces rapports, est en opposition avec la