XXXIX. Nute du méma au même j du ig jart^' vier
Des appartemens du Quirinal , le 19 jaavier 1807.
V. Exc. n'ignore pas la pénurie eslrème dans laquelle l'Etat pontifical se trouve à l'égartl tla sel. Sa médiation bienveillante a dû s'entremettre pour obtenir du gouvernement de Naples des facilités pour le transport de cette denrée des salines de Trapani.
Néanmoins toutes les sollicitudes du gouvernement, toute l'activité des fermiers , n'ont encora pu assurer à cet égard les besoins de l'état.
Sur la ligne de la nier Adriatique, la pénurie est telle que les fermiers sont obligés d'en faire Tenir par terre de Civita-Veccbia , afin que les habitans des provinces et les troupes françoises qui y sont stationnées ne manquent pas totalement d'un objet de première nécessité. V. ïlxc.' peut bien s'imaginer les frais et les inquiétudes qui en résultent.
Ne doit-on pas être, d'après cfila, surpris et indigné en apprenant que 1? commandant françois de Civita-Vecchia veut opposer des entraves à ce transport?
D'abord il ne permettoit aux bâtimens de d^ charger que contre une rétribution de dix écus romains, qu'il a ensuite réduite à cinq; aujourd'bui il veut qu'auparavant les bàtimen» subissent
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tme quarantaine. Mais qui ignore que le sel li'est pas e:sposé à la contagion ^ et qae, dans-aucâne nation, il n'est sujet à la quarantaine?
II est, en vérité , bien dur de voir que le comnian^ant françois rèconnoisso l'hospitalité ami-< cale dont il jouit, en empiétant aur l'autoiité civile du Saint- Père, et en portant journellement des atteintes à ses droits de souveraineté.
Telles ne sont pas et ne peuvent certainement pas étte les intentions de S. M. Tempereur et roi ni de S. A. I.^ et cependant le cœur de S. S. Mufire continuellement en voyant s'accumuler les abus et les désordres jusqu'au point de vouloir cau/)er dans l'état la disette d'un objet de première nécessité.
C'est par l'exprès commandement du Saint- Père que le soussigné cardinal-secrétaire d'état porte ses plaintes à V. Exe. , et La prie de faire cesser ces obstacles injustes^ et d'obtenir de S. ^. I. des ordres qui maintiennent les Comman- ^ana françois dans lés limites de leurs attributions militaires.
. En exécutant cet ordre , le soussigné renouvelle, etc.
Philippîe cardinal Casoni.
Cette note resta également sans réponse.
Le fameux décret de Buonaparte , du ai novembre 1806, connu sous le nom de décret de Serlin , vint aggraver la situation pénible
( îSi 1 i3a gouvernement pontifical. Les coinniandans françois à Civita-Vecchia , Aticone , Terracine et Porlo-d'Anzo, ayant reçu du vice-roi de Milan l'ordre de veiller à son exécution dans les ports où ils conimandoient, invitèrent les communes à députer chacune deux négocians qui, réunis au militaire , dévoient visiter les charges des bàtiznens, et confisquer toutes les denrées et marchandises angloises qu'on y trouveroit. S, S-, avertie de cette réquisition, défendit expressément aux: communes d'élire des députés, et fit tout ce qui dépendoit d'Elle pour empêcher dans ses états l'exécution d'une mesure aussi absurde qu'injuste. On pense bien que ses efforts furent vains : ils donnèrent lieu aux pièces suivantes.
IjXXX. Lettre adressée , le 8 février 1 807, par le commandant d'armes de Civita-P'ecchia à cette ■ commune.