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çois accumula dans cette place, et que les sujet» du Pape furent requis de fournir, les travaux que l'on entreprit pour réparer les fortifications, et pour leur donner une plus grande éLeudue, furent autant de cîrcoiislauces, d'où l'on pouvoit conclure que l'intention de Buonaparte étoit de se maintenir dans la possession d'une place si avantageusement située. La cour de Borne , exposée, par cette violation de sa neutralité, à se voir traitée en ennemie par les puissances alliées contre Buonaparte , et craignant même que ses provinces ne devinssent le théâtre de la guerre, réclama hautement contre cette atteinte portée à sa souveraineté ; mais le cardinal Fesch , ambassadeur de Buonaparte à Rome, laissé à dessein sans instructions, ou feignant de ne pas en avoir reçu, répondit, à ces plaintes, qu'il ignoroit absolumenlf les évérlemens qui en faisoient l'objet.
- L'Europe entière, ignorant les niotifs d'urB ordre supérieur qui avoient guidé, en i8o4, les déterminations de Pie Vil, étoit disposée alors 9 soupçonner le Saint-Père d'une espèce de partia-" lité pour le gouvernement François, et peut-être même d'une intelligence secrète pour l'exécutioa des plans ambitieux de Buonaparte. Cette opinion, qui ae pouvoit trouver quelque crédit qu'auprès des personnes auxquelles le caractère de ce pontife étoit inconnu, et dont la suite a démontré la fousseté, obligea le Pape de redoubler d'instances, pour faire redresser un grief, qui, en compro-
mettant ;ja réputation , menaçoît ses sujets d'un' danger imminent. Ce fut alors qu'il adressa à Buonaparte, se trouvant à Vienne, la lettre qu'on va lire.
. I. Lettre de Pie VII y adressée à Buonaparte
fe j3 novembre i8o5.
Carissime in Christo fili noster ! salutem et apostolicam benedictionem I
La candeur de notre caractère nous oblige de
dire à V. M. que l'ordre qu'EIle a donné au général
Saint -Cyr d'occuper Ancone avec les troupes
françoises^ et de faire approvisionner cette place,
ne nous a pas causé moins de surprise que de clia«
grin, tant par lui-même que par rapport aux procédés, V. M. ne nous en ayant pas mèmQ pré-»venu d'une manière quelconque.
En vérité, nous ne pouvons dissimuler que c'est avec une vive peine que nous nous voyons traité d'une manière que, sous aucun rapport, nous ne, croyons avoit méritée. Notre neutralité ayant été reconnue par vous aussi bien que par les autres puissances, et pleinement respectée pair celles-ci, nous ne devions pas craindre qu'elle pût être violée par V. M. Nous avions un motif particulier de croire que les sentimens d'amitié qu'EUc a professés envers nous ^ nous garanti-
(5) roient d'un si amer déboire. Nous ^lous apercevons de notre erieur. Nos états exposés an danger de devenir le tliéàtre de la guerre, les j>ertes qu'éprouvent nos sujets , les périls dont ils sont menaces, notre honneur conipiomis à lu. face du public, voilà des épines poignantes qui nous ^rcent le cœur.
Nous le dirons franchement. Depuis l'époque ,de notre retour de Paris, -nous n'avons éprouvé qu'amertume et déplaisir, tandis que la counoissance que nous avons faite de la personne de V. M. et notre conduite entière nous promettoient un avenir bien différent. En un mot, nous ne nous voyons pas traité parV. M., comme nous avions toutes les raisons de l'attendre. Nous sentons vivement que ce que nous devons à nousmême, et aux obligations qui nous lient envers nos sujets aussi bit-n qu'envers les autres puissances belligérantes, parmi lesquelles nous voulons rester absolument neutre , nous force à demander à V. M. l'évacuation d'Ancone. Si nous ne l'obtenons pas, nous ne voyons pas comment nous pourrons combiner, avec notre honneur, lit continuation des rapports avec le ministre de V. M. à Rome, ces rapports étant en opposition avec le traitement que nous continuerions de recevo,ir de V. M. à Ancone.
Que V. 31. soit persuadée qu'en écrivant cette lettre, nous remplissons un devoir pénible à notre cceurj mais nous ne pouvons dissimuler la vérité.
ni Iraiiir no3 devoirs. Toutefois nous voulons espérer qu'au milieu de tant d'amertumes qui nous accablent, V. M. voudra nous délivrer du poids de celles qu'il dépend de sa seule volonté de nous épargner.
Noirs Lui donnons, de tout notre cœur, la bénédiction palernelle apostolique.
Dat'um Romfe apud S. Mariam Majorem, die i3 nov. i8o5j Pontificatus nostri anno sexto.
Plus pp. VIL
Non seulement cette réclamation n'eut aucun succès, mais il se passa même bien du temps avantque S. S. reçût une réponse à sa lettre^ Ce ne fut qu'après la bataille d^'Austerlitz et après la paix dePresbourg, que fiuona parte rompit le silence par la lettre suivante écrite de Munich.