‹ Archives historiques et politiquesChapitre 7 sur 32 · II. Lettre de Buonaparte à Pie KII, du 7 Janvier · texte numérisé non relu

II. Lettre de Buonaparte à Pie KII, du 7 Janvier

Très-Saint-Père, je reçois une lettre de V. S., sous F Ja dak: du \ 5 novembre. Je n'ai pu qu'être vivement •fiffeclé de ce que , quand tontes les puissances à la solde de l'Angleterre s'étoîent coalisées pour me faire une guerre injuste, V. S. ait prêté l'oreille aux mauvais conseils , et se soit portée à m'écrire une lettre si peu ménagée. £]te est parfaitement

maàtreâse de garder mon ministre à Ronie ou cle lii à renvoyer. L'occupation d'Ancone est une suite immédiate et nécessaire de la mauvaise organisation de l'état militaire du Saint-Siège. V. S. avoit intérêt à voir celte forteresse plutôt dans mes mains que dans celles des Russes, des Anglois, des Turcs.

V. S. se plaint que, depuis aon retourde Paris, elle n'a eu que des sujets de peine; la raison en est que, depuis lors, ceux qui craignoient mon pouvoir, et me témoignoient de l'amitié, ont changé de sentimens, s'y croyant autorisés par la force de la coalition, et que, depuis le retour de V. S. à Rome , je n'ai éprouvé que des refus de sa part sur tous les objets, même sur ceux qui éloient d'uu intérêt du premier ordre pour la religion, comme par exemple lorsqu^ils'agissoit d'empêcher les protestans d'élever la tête en France;

Je nie suis considéré comme le protecteur du Saint-Siège, et à ce titre j'ai occupé Ancone. Ja me suis considéré, ainsi que mes prédécesseurs de la seconde et de la troisième race, comme le iilsaîné de l'Église, comme ayant seul l'épée pour la protéger et la mettre à l'abri d'être souillée par les Grecs et les Musulmans. Je protégerai conatamUient le Saint-Siège, malgré les fausse^ démarches, l'ingratitude et les mauvaises dispositions des hommes qui se sont démasqués pendant ces trois mois. Ils me croyoîent perdu ! Dieu a fait éclater, par le succès dont il a favorisé mes armes^

là protection qu'il accorde à ma cause. Je seriâ ^l'ami de V. S. toutes les fois qu'Elle ne consultera -que son cœur et les vrais amis de la religion. Je le répète , si V. S. veut renvoyer mon ministre, Elie est libre de le faire, Elle est libre d^accueillir de préférence et le Russe et le calife de ConstaB.tinople; mais ne voulant pas exposer le cat^inal Fesch à ces avanies, je le ferai remplacer par un séculier; aussi bien la haine que lui porte lé cardinal Gonsalvi est telle, qu'il n'a constamment éprouvé que des refus, tandis que le» préférences étoient pour les Anglois el pour les Russes. Bieu est juge qui a le plus fait pour la religion, de tous lés princes qui régnent.

Sur ce, je prie Dieu ^ T. S. P. , qu'il vous con- >serve longues années au régime du gouvernement de notre mère, la sainte église. '

A Munich , le 7 janvier 1806.

Votre dévoué fils, l'empereur ^es François , roi dltalie,

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