C. K. HOFFMANN. CONTRIBUTION à l’HISTOIRE
Déjà antérieurement, M. Gegenbaur avait reconnu que dans les œufs encore petits de Lacerta l’épithélium folliculaire est composé de plus d’une couche; “chez des œufs de 2"\ dit-il, j’ai distinctement vu une pareille pluralité de couches dans une partie de l’épithélium” (granuleux). MM. Eimer et Braun s’expriment à peu près de la même manière.
La vésicule germinative est toujours d’une grandeur remarquable chez les Reptiles; dans des œufs ne présentant encore qu’un diamètre de 0,040 mm., le diamètre de la vésicule germinative était de 0,018 mm.; chez des œufs de 0,090 mm., la vésicule germinative mesurait 0,036 mm. Son contenu est parfaitement limpide et enveloppe un nucléole assez gros et très brillant ; la paroi de la vésicule offre distinctement un double contour.
Dès que les œufs commencent à grossir, on trouve, au lieu de la tache germinative jusqu’ici simple et assez grande, une quantité de taches plus petites ; chez des œufs qui avaient atteint un diamètre de 1,2 mm. et dont la vésicule germinative mesurait 0,15 mm., j’ai vu sur des coupes transversales 8 à 10 petites taches germinatives, qui avaient un diamètre de 0,004 mm. à 0,005 mm. et qui étaient réunies en un petit amas au centre de la vésicule germinative. Tout autour de cet amas de petites taches germinatives , on remarquait encore un très grand nombre de globules beaucoup plus petits, qui vers la périphérie s’atténuaient indéfiniment, jusqu’à disparaitre enfin tout à fait. Le reste du contenu de la vésicule germinative — le suc nucléaire — avait encore l’aspect d’un liquide limpide.
Quand les œufs continuent à grossir, la vésicule germinative étend également ses dimensions , et simultanément on voit augmenter le nombre des taches germinatives , qui alors se groupent bientôt en rangées plus ou moins régulières au bord de la partie périphérique de la vésicule germinative, phénomène qui a été exactement décrit par M. Eimer et sur lequel M. Gegenbaur avait déjà antérieurement fixé l’attention.
Vers l’époque de la maturité sexuelle de l’œuf, la vésicule germinative commence à changer de place, en se portant du
DU Dl^VELOPPEMENT DES REPTILES.
centre de l’œuf, position qu’elle occupait jusqu’alors , vers la périphérie. En même temps, les taches germinatives diminuent progressivement en nombre et en grandeur, puis elles semblent disparaître complètement, ce qui doit sans doute être attribué à ce qu’elles se redissolvent dans le suc nucléaire. Finalement, la vésicule germinative vient s’appliquer immédiatement contre la zona mdiata, probablement pour y subir bientôt la métamorphose en fuseau nucléaire.
Au sujet de l’existence d’un micropyle dans l’œuf des Reptiles, et en particulier dans celui du Lacerta agilis^ je ne saurais rien affirmer. A différentes reprises j’ai essayé de faire, sur des œufs approchant de la maturité sexuelle , des séries de coupes à travers la partie où se trouvait, en contact immédiat avec la zona radiata , la vésicule germinative ; mais , en dépit de toutes les peines prises pour obtenir des préparations convaincantes , je n’ai pas réussi. On rencontre ici des difficultés spéciales, que je ne suis pas encore parvenu à surmonter, et ces difficultés sont les suivantes. Quel que soit le liquide employé pour durcir les œufs, toujours le contenu de la vésicule germinative se ratatine beaucoup plus fortement que la couche de vitellus formateur qui l’entoure, d’où il résulte que la vésicule germinative, après l’opération, se trouve située dans une cavité (de formation artificielle, bien entendu). Si alors on pratique une série de coùpes transversales , la zona radiata oppose , dès que le scalpel est arrivé à la place occupée par la susdite cavité, une très faible résistance, , de sorte que souvent elle s’y déchire, ou que du moins elle y subit toujours un renfoncement plus ou moins considérable. Il est très probable pourtant que chez les Reptiles, directement vis-à-vis de la place où se trouve le noyau transporté vers la périphérie, il existe un micropyle,car en cet endroit on observe toujours , même à l’aide d’une simple loupe, une dépression patelliforme. Sur la PI. 4, fig. 8, j’ai représenté une coupe d’un œuf de Lacerta agilis ^ passant par la partie où était située la vésicule germinative après sa migration vers la périphérie. Les nucléoles paraissaient déjà