C. K. HOFFMANN. CONTRIBUTION à l’hISTOIRE
d’abord comme une invagination en cul-de-sac, et plus tard comme un vrai canal. Au sujet de sa “gouttière falciforme”, M. Koller lui-même fait ces intéressantes remarques : “M. Gasser a appelé l’attention sur un conduit qui, dans l’embryon de l’Oie , se trouve à la partie postérieure de la gouttière médullaire et, se dirigeant obliquement en avant et en bas, perfore la ligne primitive ; comme ce conduit établit une communication entre le tube nerveux et la cavité regardée eomme la première ébauche de l’intestin, M. Gasser l’avait comparé à ce qui a été appelé l’anus de Rusconi chez les Mammifères inférieurs. Postérieurement, M. Balfour a observé, sur des germes de Lézards, un conduit analogue dans la partie antérieure de la ligne primitive, conduit qu’il a assimilé à celui de Gasser. Mais, comme M. Balfour jugeait que le conduit observé par lui était identique avec l’invagination ectodermique de Kuplfer et Benecke , il crut devoir faire remarquer que ces deux auteurs n’avaient pas vu que leur invagination ectodermique manquait de fond ; en réalité, se serait un canal ouvert aux deux bouts. Je me permets de rectifier cette méprise, en ce sens que, s’il n’est pas douteux que le conduit de Gasser corresponde au canal de Balfour, par contre l’invagination ectodermique de Kupffer et Benecke est probablement l’équivalent de ma gouttière falciforme”. Quand il s’exprimait ainsi, M. Koller ne connaissait pas encore les recherches de M. Strahl, qui, nous l’avons vu, a montré que l’invagination décrite par MM. Kupffer et Benecke est parfaitement semblable au canal neurentérique de Balfour. De là résulterait alors aussi que la. gouttière falciforme de Koller correspond au canal neurentérique des Reptiles.
Tout nous conduit donc à admettre qu’il existe chez les Oiseaux , dans une phase très précoce du développement , un canal neurentérique entièrement analogue par sa situation à celui des Reptiles. De même que chez les Amphibies, les Cyclostomes, les Ganoïdes et l’Amphioxus, ce canal, chez les Reptiles, persiste longtemps. M. Strahl a trouvé, et je puis pleinement confirmer ce résultat de ses recherches, que dans un stade
DU DÉVELOPPEMENT DES REPTILES
de développement où le canal médullaire est déjà complètement fermé et où l’intestin céphalique et l’intestin caudal sont déjà ébauchés, il y a encore une communication libre entre le canal médullaire et l’intestin caudal (voir PI. IV, fig. 7); que dans ce stade , par conséquent , il existe encore un canal neurentérique. C’est ce dont j’ai pu me convaincre, tant sur des embryons de Serpents {Tropidonotus) ^ que sur des embryons de Lézards (Lacerta). Le canal en question est ici, de même que dans les groupes d’Amniotes qui viennent d’être nommés, toujours situé derrière la corde dorsale, mais il ne la traverse pas. Chez les Oiseaux, .un canal neurentérique ap’paraît bien, ontogénétiqiienient , mais il ne tarde pas à s’effacer , ainsi qu’il ressort des observations de M. Koller.
Si donc chez les Oiseaux et chez les Reptiles, dans un état très jeûné du développement, il existe à la partie postérieure de l’axe longitudinal du blastoderme , en des points tout à fait correspondants , un canal neurentérique , avec cette seule différence que chez les Oiseaux ce canal disparaît promptement, tandis que chez les Reptiles, comme chez les autres Vertébrés inférieurs, il persiste longtemps, — s’il en est ainsi, dis-je, la partie du blastoderme des Reptiles, qui est située derrière le canal neurentérique, ne peut être regardée comme une ligne primitive, car alors cette ligne serait située, chez les Reptiles, en arrière du canal neurentérique , chez les Oiseaux , en avant , ce qui n’est guère admissible.
Mais si, chez les Reptiles, la partie du blastoderme qui se trouve derrière le canal neurentérique n’est pas une ligne primitive, quelle signification faut-il donc y attacher? Chez les Anamnia, le canal neurentérique est situé tout à fait à l’extrémité postérieure de l’embryon, chez les Oiseaux et les Reptiles il y a encore , derrière le canal neurentérique , une masse considérable de cellules embryonnaires. Or, si l’on considère que, précisément dans ces deux groupes de Vertébrés, se montre pour la première fois un organe qui manque encore aux Anamnia , à savoir l’allantoïde, il paraîtra probable que c’est la masse