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V. EINTHOVEN. QUELQUES REMARQUES SUR LE

dirai quelques mots de l’action d’un des nombreux muscles de l’avant-bras , le carré pronateur.

Mais, avant tout, je dois mentionner que M. Koster *) a déjà contesté les assertions de M. Lecomte. Il a signalé un mouvement latéral du cubitus dans l’articulation huméro-cubitale , mouvement qui paraissait rendre superflues les considérations auxquelles M. Lecomte avait eu recours. On peut se demander, toutefois, si' ce mouvement latéral suffit à expliquer comment la main , dans toutes les positions de l’avant-bras , peut tourner autour d’un axe quelconque. Quant à déterminer quelle part de la rotation doit être attribuée à ce mouvement latéral, et quelle autre au mouvement de l’humérus, cela serait assez difficile et n’est d’ailleurs pas essentiel pour l’intelligence du mécanisme de l’articulation du coude.

Pour expliquer comment la rotation de la main , dans l’anneau fixe, est possible à l’aide , du mouvement de l’humérus , nous commencerons par décrire exactement une rotation de 90°. La fig. 1 (PI. YII), représente la coupe transversale du poignet , environ au niveau des extrémités du radius et du cubitus. Figurons-nous le corps dans l’attitude verticale, le bras appliqué contre la paroi du thorax, l’avant-bras fléchi d’environ 90°, la main en supination (position A). AF CG est la tête du cubitus, CE l’épiphyse du radius, et toutes les deux sont embrassées par l’anneau de Lecomte, A L E O. Le. point B est le centre de la tête du cubitus, M le centre du poignet et par conséquent aussi de l’anneau de Lecomte.

Si l’on fait exécuter à la main une demi-pronation , ’ le cubitus restant fixe , l’extrémité du radius , qui occupe la position C E^ tournera autour de 5, jusqu’à ce qu’elle soit arrivée dans la position F E^ , Le centre du poignet, et par conséquent de l’anneau, ilf, se trouvait, à l’origine, sur la ligne horizontale

*) Weekhlad van het Nederlandsch Tijdschrift voor Geneeskimde , 1880, p. 213.

MÉCANISME DE l’aRTICULATION DU COUDE.

A E. Maintenant , le centre AD se trouve sur la ligne horizontale H K, de sorte que, dans une pareille demi-pronation, l’anneau de Lecomte est déplacé à une distance B AD vers le haut *). Mais le centre AI était aussi situé, à l’origine, sur la verticale L O, tandis que maintenant le centre AD tombe sur la verticale G ; il est donc évident que , par l’effet de la demi-pronation , l’anneau de Lecomte se trouve porté de A L E O en G H E^ c’est-à-dire, que, outre le chemin B AD vers le haut, il parcourt aussi un chemin égal BAL de dehors en dedans.

Si , au contraire , le cubitus ne reste pas en place lors de la demi-pronation , mais qu’une combinaison de mouvements puisse avoir lieu, et si l’anneau est maintenu fixe, de manière que la main soit obligée d’opérer une rotation, la tête du cubitus devra exécuter un mouvement opposé au mouvement circulaire de l’extrémité du radius; elle devra, s’écartant d’une distance B AI^ vers le bas et d’une distance égale 5 ü/ latéralement, se porter de ^ en Le mouvement vers le bas est possible dans l’articulation huméro-cubitale (extension de l’avant-bras) , le mouvement latéral, par une légère rotation de l’humérus autour de son axe longitudinal. Le radius devra suivre le cubitus dans ses mouvements, avec ce résultat que son extrémité ne viendra plus se placer dans la position F E\ mais dans la position PL. Pendant la rotation , l’arc AG de la tête du cubitus glisse le long de l’arc A O de l’anneau , de sorte que G vient tomber en O; et le point E du radius glisse sur l’arc E L de l’anneau, de façon que E vient coïncider avec L. Dans notre figure, nous avons laissé la coupe A C E ^e déplacer dans le même plan frontal. En réalité, il en est un peu autrement, mais cela n’a pas d’influence sensible sur notre explication. La face terminale du radius est à peu près perpendiculaire à son axe de rotation , ce qui fait que dans la position A elle est verticale et que, lors de la pronation et de la supination, elle se meut à peu près dans le même plan , lequel toutefois , en raison de

') Les directions des mouvements sont données relativement à la position A .

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la position de la tête du radius, est déplacé, parallèlement à lui-même , en arrière. Ce plan fait un angle avec le plan frontal , attendu que l’axe de rotation n’a pas la direction sagittale , mais passe par les centres de la tête du cubitus et de la tête du radius •). En outre, les mouvements latéraux et ascendants ou descendants de la tête du cubitus ne s’opèrent pas suivant des lignes droites, niais suivant des arcs de cercle ayant pour centre l’articulation du coude.

Après avoir indiqué les mouvements possibles de l’avant-bras, nous allons en montrer la nécessité. Remarquons que les trois genres de mouvements , — pronation et supination de la main , flexion et extension de l’avant-bras, rotation de l’humérus, — sont indépendants l’un de l’autre, et que, dans ce que nous savons des muscles auxquels ces mouvements sont dus, il n’y a rien qui s’oppose à ce que nous nous les représentions unis en une combinaison quelconque. Dès lors, il paraît extrêmement probable qu’une pareille combinaison s’opère réellement. Et si nous considérons qu’on est bien maître de l’effet de l’action musculaire , mais non du choix des muscles par lesquels cet effet sera produit, que par conséquent, au moindre effort, on est probablement obligé de laisser concourir tous les muscles qui peuvent tant soit peu favoriser l’effet , — nous serons très tentés de conclure, tout en admettant avec M. Koster le mouvement latéral du cubitus dans l’articulation du coude, que, lorsqu’il s’agit de déployer une certaine force, les muscles rotateurs de l’humérus doivent contribuer à faire atteindre le but, que l’humérus doit' exécuter une rotation. Effectivement, il n’est pas difficile de rendre le fait sensible. Qu’on pose le bras à plat sur une table, l’avant-bras faisant avec lui un angle de 90° et étant dirigé verticalement; qu’on glisse ensuite sous les deux

Il serait peut-être très intéressant de connaître le mouvement exact de la face terminale du radius et les conséquences qui doivent en résulter pour l’ensemble de l’articulation de la main. Mais l’examen de cette question nous mènerait trop loin, de sorte que je dois me résigner ici à faire un usage répété du mot „à peu près”.

MÉCANISME DE l’aRTICULATION DU COUDE.

épicondyles de rhumérus quelques feuillets de papier ou un livre mince, laissant tout juste l’espace nécessaire pour qu’on puisse encore placer sous chaque épicondyle un doigt, qui se trouve alors serré entre l’épicondyle et le livre. Les choses ainsi disposées, on fera d’abord tourner l’humérus autour de son axe longitudinal, sans combinaison avec d’autres mouvements, de manière que le poignet entier se porte alternativement à droite et à gauche, et que l’amplitude de ses oscillations soit à peu près égale à sa largeur. On percevra alors très distinctement le mouvement ascendant et descendant des deux épicondyles , surtout celui de l’épicondyle interne. Si ensuite on maintient immobile l’anneau de Lecomte et qu’on exécute la rotation de la main , on observera dans les épicondyles un mouvement ascendant et descendant à peu près de même étendue que précédemment; mais si le cubitus est maintenu fixe autant que possible, et qu’on opère la pronation et la supination de la main , les mouvements susdits ne se produiront pas.

Dans ce qui précède , nous nous sommes occupés de la rotation principale de la main , celle qui a lieu autour d’un axe passant par le milieu du poignet; il me reste à montrer brièvement comment, tout à fait suivant les mêmes principes de mouvement, le poignet peut tourner autour d’un autre axe quelconque. La fig. 2, qui représente ce cas, n’a presque pas besoin d’explication. M est un point arbritrairement choisi sur la ligne A D. Autour de M comme centre, le poignet tourne de telle sorte que D la tête du cubitus est portée de B en ^ l’arc A C de cette tête se mouvant le long de l’arc A et A venant se

placer en A*, (7 en (7‘ ; et que 2® l’extrémité du radius est portée de E D en 1)^ ^ le point D se mouvant suivant l’arc DD' jusqu’en D', et le point E suivant l’arc DD' jusqu’en DL Nous nous représentons l’axe , autour duquel le poignet tourne , comme complètement déterminé par la combinaison des deux mouvements: flexion ou extension de Vavant-hras et rotation de V humérus ; et puisque ces mouvements peuvent être combinés d’une infinité de manières, le nombre des axes est également infini.

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