PAM
Cessé l’irritation. Sciatique tailladé.
0,42 , 2 7 BAR | eg SX tr 0,87 , 31°: Le chien à un instant tiré la patte.
De même que dans l'expérience précédente, l’irritation du nerf produisit un renforcement, non une diminution, du courant lymphatique, bien que, durant l’irritation, on ne pût observer aucune trace de contraction dans les muscles volontaires de la patte. Les fibres musculaires lisses de la peau se contracteraient-elles sous l’influence de l’irritation du sciatique et exprimeraient-elles la lymphe ‘déjà contenue dans l’enveloppe cutanée?
La température du pied était élevée au début de l'expérience. Mais son abaissement progressif montre que le sang n’arrivait pas au pied en quantité suffisante pour empêcher le refroidissement, jusqu'à ce que, le sciatique ayant été coupé, la dilatation des rameaux artériels détermina un plus grand apport de chaleur, et en même temps une augmentation notable de l’exsudation lymphatique.
Nos recherches étaient à peu près terminées lorsque parut, sur le même sujet, une communication de M. Rogowiez !), qui, à propos des actions nerveuses dites ,pseudomotrices”? ?), avait étudié l'influence de l’hypérémie active sur le courant lymphatique. Lui aussi trouva que l'écoulement de la lymphe, à la patte postérieure du chien, augmentait manifestement, chaque fois que l’apport du sang y était accru par la paralysie de nerfs vaso-constricteurs ou l’irritation de nerfs vaso-dilatateurs.
I] montra en outre, par d’ingénieuses expériences, que dans d’autres organes encore l’hypérémie active est suivie d’une augmentation de la quantité d'humeur excrétée par les vaisseaux sanguins. Le nerf lingual d’un chien étant irrité, ce qui occasionne par l'intermédiaire du cordon tympanique
1) Pflüger’s Archiv, T. XXXVI, pag. 252.
2) Heidenhein, Archiv f. Anat. u. Physiol., Physiol. Abth. Suppl: band, 1883, p. 133, et Rogowicz, Pflüger’s Archiv, T. XXXVI, p. 1.
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l’hypérémie de la moitié de la langue, une solution: de sulfo-indigotate de soude fut injectée dans une veine. Longtemps avant l'apparition de l’œdème observé pour la pre: . mière fois par M. Ostroumoff, M. Rogowicz vit bleuir la moitié de la langue qui était située du côté du nerf lingual irrité, tandis que l’autre moitié présentait encore la couleur naturelle. La matière colorante bleue n’était pas seulement excrétée plus tôt dans la partie hypérémiée,, mais elle en était aussi emportée plus rapidement, comme l’apprirent des expériences pratiquées sur des lapins blancs. Après que le nerf sympathique eut été coupé d’un côté au cou, du sulfo-indigotate de soude fut injecté dans le sang. L'oreille hypérémiée bleuit plus vite que l’autre, mais aussi elle avait perdu la couleur bleue au bout de 20—24 heures, tandis qu’à ce moment la matière colorante se voyait encore distinctement dans l’oreille normale.
Le fait, que la matière colorante avait pénétré des vaisseaux sanguins dans le tissu, fut mis hors de doute par l’examen microscopique.
On.peut donc regarder comme écartée la difficulté qui semblait s'opposer à ce que l’exsudation lymphatique soit prise pour un simple phénomène de filtration.
Quant à la circonstance qu’une hypérémie occasionnée par un obstacle au cours du sang veineux, même quand il ne sauraït encore être question d’un accroissement de la perméabilité des paroïs vasculaires, favorise ordinairement l’excrétion lymphatique beaucoup plus que le ne fait une hypérémie active, il n’y a pas lieu d’en être surpris. Lorsque, en effet, le sang est arrêté, sa pression augmente notablement dans,les veines et dans fout le réseau des capillaires. En cas dé diminution de la tonicité des artérioles, au contraire, le sang pénètre en plus grande abondance et avec une plus forte pression ‘dans la partie hypérémiée, et son cours s’accélère considérablement. Le sang rencontre alors, précisément à cause de cette vitesse considérable, une grande résistance, dès qu’il arrive dans les
vaisseaux capillaires, I] doit en résulter une forte consommation de pression, de sorte que la pression decroît rapidement pendant le parcours des capillaires, et qu'à la fin du système de ces vaisseaux et dans les veines elle ne dépasse plus guère là valeur normale. Dans le cas seulement où l’augmentation de l’apport sanguin est très forte, la pression s’élève notablement, dans les veines et par conséquent dans tout le système des. capillaires; mais alors aussi — on le voit lors de l’irritation du nerf lingual — l’exsudation lymphatique est activée tout autant qu’à la suite d’une hypérémie par arrêt du sang. Elle augmente au point que les vaisseaux lymphatiques ne peuvent plus emporter toute la sérosité filtrée à travers les vaisseaux sanguins: 1l se produit un œdème, comme nous l’apprend l'expérience de M. Ostroumoff,
Ce n’est pas à dire, toutefois, que nous veuillons présenter les choses comme si la formation de la lymphe était expliquée sous tous les rapports. Bien au contraire, on n’a qu’à se rappeler la variabilité de la proportion d’albumine de la lymphe, dans des circonstances différentes, pour reconnaître que nos connaissances actuelles ne suffisent pas, il s’en faut de beaucoup, à faire comprendre dans le détail par quels moyens les vaisseaux sanguins pourvoient aux besoins des tissus en fluide nourricier.
Mais il s’agit de savoir si, pour le moment, on connaît des faits obligeant à admettre, pour l’exsudation de l'humeur nourricière, d’autres facteurs encore que ceux qui interviennent dans la filtration; c’est-à-dire, s’il y a des raisons de croire à l’existence d’une influence active Re” des parois des vaisssaux sanguins.
Dans l’état présent de la science, cette question “#0 notre avis, recevoir une réponse ie
A priori, il n’est certes guère probable que les cellules de V’endothélium des vaisseaux sanguins, ces lamelles minces et transparentes, puissent fonctionner comme cellules glandulaires.
Mais, abstraction faite des raisonnements à priori, toujours
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dangereux, on devra bien concéder qu’il n’existe pas de raisons de fait pour regarder l’exsudation de l'humeur nourricière comme un phénomène sécrétoire proprement dit, tel qu’on le rericontre dans les glandes.
Récemment, à la vérité, une pareille hypothèse a été indiquée, quoique non développée ni formellement défendue, par M. Adami !), qui, sous la direction de M. Heidenhain, étudia l’excrétion, par les vaisseaux sanguins, de l’hémoglobine dissoute dans le sang. Il rappelle que différents expérimentateurs ont observé un renforcement du courant lymphatique sous l'influence de curare. M. Rogowicz a même trouvé qu'après la section du sciatique, alors que le curare ne produit plus d'augmentation de l’afflux sanguin, le poison peut encore occasionner un accroissement très notable de l’écoulement de lymphe par la patte. Mais cette action du curare se laisse expliquer, pour le moins aussi bien, en supposant que le curare rend les parois des vaisseaux sanguins plus perméables aux liquides, qu'il exerce donc sur elles une influence déprimante, plutôt qu’excitante. Tant qu’une semblable influence, bien que non démontrée, doit être jugée possible, il ne convient pas d’invoquer, en vue de l'explication du phénomène, une fonction active, sécrétoire, des parois vasculaires. On ne connaît pas d’autres phènomènes, en effet, portant à admettre une pareille fonction, tandis que les recherches de M. Cohnheim ont, sinon démontré, au moins rendu extrêmement probable que la perméabilité de la paroi vasculaire, du filtre, peut augmenter fortement sous des influences nuisibles très diverses. |
Dans nos expériences VI, VII, X en XI, où il fut fait usage de curare, le renforcement du courant lymphatique, sous l’action de ce poison, ne se manifesta que peu ou point. Peut-être le eurare dont nous nous sommes servis différait-il légèrement en composition de celui employé par d’autres
1) Journ. of Physiol., M. VI, p. 382.
expérimentateurs (Paschutin, Tarchanoff, Rogowicz, Adami). Au reste, dans les expériences de ceux-ci non plus, l’action sur le courant lymphatique ne fut tout à fait constante.
Les résultats obtenus par M. Adami lui-même ne lui fournirent aucune raison pour chercher dans la formation de la lymphe quelque chose de plus qu’un processus de filtration. Ayant comparé, quant à l’excrétion de l’hémoglobine dissoute dans le plasma sanguin, l’action des reins avec celle des parois des vaisseaux de la patte, il trouva dans l’urine une proportion d’hémoglobine plus forte que celle du sérum sanguin, dans là lymphe, au contraire, une proportion plus faible.
M. Adami rappelle toutefois un autre phénomène, ,qui semblerait venir à l'appui de l’opinion que la lymphe est quelque chose de plus qu’une simple transsudation.” M. Rogowicz, en effet, a vu le courant lymphatique, d’abord renforcé après la section du sciatique, s’affaiblir ensuite peu à peu, bien que les vaisseaux sanguins restassent larges, comme le montrait la température du pied. Dans nos expériences, le même fait s’est produit maintes fois. Mais faudrait-il en conclure que la section du sciatique agit sur le courant lymphatique d’une autre manière encore qu’en dilatant les vaisseaux ? Une explication différente nous paraît beaucoup plus naturelle. Outre les vaisseaux lymphatiques côtoyant la veine petite saphène, il y en a encore beaucoup d’autres qui emportent l’humeur nourricière des tissus du pied. Quand une canule a été introduite dans l’un des vaisseaux voisins de la petite saphène, et que, à raison d’une filtration plus active, la tension de l'humeur nourricière se trouve subitement accrue, l'écoulement par la canule doit bien, au commencement de l'expérience, devenir plus abondant. Mais, par suite même de la tension
plus forte du fluide nourricier, les voiés lymphatiques collaté-
rales seront élargies et livreront passage à une partie de plus
en plus grande de la lymphe. Selon toute apparence: en effet, - ‘. la lymphe ne s’écoulera pas plus facilement par la canule FE (dont la cavité est nécessairement plus étroite que celle “dy# F
CUVE ef.
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vaisseau qu’elle occupe) que par les voies encore libres, où, à chaque pulsation d’une artère située dans le voisinage, l'humeur est poussée en avant, tandis que le reflux en est empêché par de nombreuses drrillés.
De la même manière doit peut-être s'expliquer l’affaiblissez ment graduel du courant lymphatique à partir du moment où la canule est introduite, et aussi le phénomène que, dans les circonstances normales, il ne s'écoule pas de lymphe de la canule tant que l'humeur n’est pas continuellement expulsée . des tissus par des mouvements actifs ou passifs, ou par des pressions exercées du dehors. Admettre , avec M. Emminghaus, que dans les circonstances normales il ne se forme presque pas de lymphe, cela est difficile, si l’on considère que c’est | uniquement par l’exsudation continue d'humeur, à travers les parois des vaisseaux sanguins, que la nutrition des tissus peut se faire. D'ailleurs, comment le réseau si compliqué des vaisseaux lymphatiques se serait-il formé au cours de l’évolution , si dans les circonstances ordinaires ces vaisseaux n ‘avaient, pour ainsi dire, pas d'humeur à charrier?
Dans l’état Aid de nos connaissances, la circule FF ki la lymphe paraît donc pouvoir être Lorités par la vis a tergo à qui dérive de la filtration d'humeur nourricière dans les tissus, et qui dépend de la différence de pression en dedans et au dehors des vaisseaux sanguins, ainsi que de la perméabilité des parois vasculaires: cette circulation est d’ailleurs favorisée par les variations de la tension des tissus, et peut-être aussi par des contractions des parois des vaisseaux lymphatiques, combinées avec l'existence des valvules. La force aspiratrice du thorax , si importante pour le mouvement de ia lymphe. contenue Fes le conduit thoracique, n’a, comme on pouvait sy attendre et comme le montrent arab das E celles de nos expériences où le thorax était ouvert, aucune influence sur la circulation de la lymphe dans les extrémités,
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